PIERRE LÉOPOLD-JOSEPH D'AUTRICHE
1765. Pierre -Léopold- Joseph, second fils de l'empereur François de Lorraine , et de Mane-Th< ; rèse d'Autriche , né le 5 mai 17479 nommé au mois de décembre 1753, gouverneur de
ffi CHRONOLOGIE HISTORIQUE
tous les états que l'impératrice-reine , sa mère, possédait en ï-ombardie, marié , le 16 février 1765, à Marie-Louise, infante d'Espagne , succède à son père , le 2.6 août de la même année, dans le grand-duché de Toscane.
11 arriva , le i3 septembre suivant , au milieu des plus grands cris de joie, à Florence, qui cfcepuis vingt-six ans, était privée de la présence de ses souverains. Aux applaudissements , succédèrent les plaintes contre la conduite du maréchal Ijotta , nue le feu grand-duc avait laissé pour gouverner la Toscané en son absence. Mais Pierre-Léopold aima mieux signaler son avènement au trône par un pardon général accordé à tous ceux qui s'étaient rendus coupables envers l'état. J^a bonté de ce prince parut encore d une manière plus éclatante l'année suivante, à l'occasion de la disette qui affligea l'Italie, et en particulier la Toscane. Il fit venir à grand irais des pavs voisins, et même éloignés , de grandes quantités de grains , qui furent distribués à perte aux acheteurs ; et , pour mettre les pauvres en état de subsister par leur travail, il convint avec le duc de Modène, de faire un grand chemin de communication entre leurs capitales respectives. Il donna- encore son application au rétablissement et à l'amélioration des maremmes de Sienne, et par les ordres les plus précis et les plus sages , il a mis ce pays en état de recouvrer peu a peu son ancienne salubrité ainsi que sa population.
Le saint siège étant venu à vaquer , le 2 février 1769 , par la mort subite de Clément XIII , le grand - duc voulut exécuter le dessein qu'il avait formé, dès l'année précédente, daller visiter Rome , pour connaître les principales raretés de cette fameuse métropole. A peine y était-il arrivé, que l'empereur Joseph , son frère , qu'une semblable curiosité avait porté à parcourir l'Italie , vint le surprendre comme il était encore au lit. On peut aisément se figurer la joie des deux augustes frères dans cette entrevue. Dès que le sacré collège fut informé de leur arrivée, il députa huit princes mmains qui, à la tête des chevau-légers el des Suisses.dc la garde pontificale , vinrent Complimenter sa majesté impériale à 1 hôtel qu'elle avait choisi pour son séjour. Mais le comte de Kosenberg, majordome du grand -duc, après les avoir remerciés au nom de l'empereur , leur déclara que ce prince et son frère, voulant jouir de la liberté de voir les objeis de leur curiosité , étaient résolus de garder absolument l incognito. Ils ne purent néanmoins se dispenser de rendre visite au conclave, où l'empereur, entrant comme voyageur, , précédé du grand-duc, et comme simple cavalier , voulut , en arrivant , ôter son épée , suivant
tofeS Ô&ANtok-DtfCS Dfc' tOS.fcANft*' ^ l'usagé ; mais on s'y opposa , en disant que cette ëpée étant le Soutien de la religion catholique, du saint siège et de la liberté de l'élection d'un nouveau pape, dont on était occqpé, il devait s'abstenir de faire un pareil acte, I/empereur étant parti en- Suite pour Naples , fut reçu à Porlki par le roi , son be*u± frère, et la reine, sa sœur, avec toutes les marques de ten* dresse qu'on peut imaginer. De NapleS, après 1 avoir examiné èvec soin , l'empereur partit pqur Fjorence, qu il arriva le j t avril* Pendant le séjour de quarante jours qu'il y fit , la grandedochesse, sa belle-sceur , accoucha , le 6 mai , d'an fd$ qui fut nommé Ferdinand - Joseph. Le grand-duc Pierre - Léppold , l'année suivante, partit pour Vienne avec son épouse , .et en frevint le 22 novembre de la même année , extrêmement satisfait d'y avoir laisse dans une Santé florissante impératrice son auguste mère , et l'empereur, son auguste frew». Tout occupé du soin de rendre ses sujets heureux , il n'a cessé d'entretenir parmi eux , par ses bienfaits , l'amour des sciences et des arts , de protéger le commerce, et d'étouffer, par sa prudence, les germes de discorde que la superstition s'efforçait d'y fomenter. C'est au milieu de ces nobles et paisibles occupations qu'il reçut , le 24 février 1790 , la nouvelle de (a mort de l'empereur Joseph 11, son frère, arrivée le 20 du même mois. Devenu par là héritier des vastes domaines de la maison d'Autriche , il quitte la Toscane , après avoir établi une régence pour gouverner l'état en son absence, et arrive, le 13 mars âuivant, à Vienne. Ce prince assujettit * en 1775 , tous les biens ecclésiastiques , aux mêmes impôts que les autres , et supprima tous les ermitages , ce qui occasiona entre lui et le pape Pie VI , un différent qui néanmoins se termina à l'amiable. Il mourut presque subitement, le i er mars 179? , ayant eu douze archiducs et quatre archiduchesses. ( Voy. Léopôlâ , empereur d'Allemagne.)