DES DUCS DE MAPLE
Etienne. Dé son teins, c'est-à-dire Tan 817 , au plutôt, Sicon» prince de Bénévent , désirant de conquérir la ville de Naples, vint faire le dégât dans ses environs , sans néanmoins oser en faire le siège. Feignant ensuite de vouloir faire un traité de paix avec elle, il y envoya des députés chargés de gagner; les principaux des citoyens à prix d'or , en quoi ils réussirent. Etienne s étant présenté devant l'église de Sainte-rStéphanie, y fut massacré par des conjurés ; ce qui ne dut arriver, au plutôt, suivant M. de Saint-Marc , qu'en 8ao.
Bon , l'un des assassins du duc Etienne , lui fut substitué. Le premier usage qu'il Ht de son autorité , fut de faire arrêter ses complices, dont il priva de la vue les uns , et envoya les. autres en exil. Le caractère de ce duc , dit Muratori , ne répondit nullement à son nom. C'était un scélérat qui fit waiunasse sur les biens de l 'église, et maltraita en toutes manières le clergé. L'évéque Tibère l'ayant menacé de la vengeance «divine, il le fit arrêter et enfermer dans une dure prison, où il le condamna au pain et a l'eau. Non content de ce traitement,, il força les Napolitains, par prières et par mettes , délire un autre évéqur. Le chois tomba sur le diacre Jean , qui s écria : Tant que owra mon ê*équ* , jf * 'surferai pas son siège. Bon. commanda qu'on allât tuer Tibère , et prononça la confiscation de tous les biens de l'évéché. Jean protesta contre la violence qu'on lui faisait, et s'y soumit, en exigeant du duc qu'il lui permît de voir Tibère, et qu'il s'engageât par sermenj Je ne point attenter à la vie de ce prélat, de ne lui faire aucun tort dans ses membres , et de ne point le transférer hors de l'évê— ché. Jean, par ordre de Tibère, consentit eusuite à son élection, et sur-le-champ il fut intronisé : mais on ne put obtenir de lui qu'il se laissât consacrer. Il ne le fut qu'après la mort de Tibère; et tant que cet évéque fut en vie, il ne prit d'autre titre que celui dWçu* élu. Muratori , dit M. de Saint - Marc, que nous copions ici, prétend que Bon ne fut duc que dix-huit mois. Ce savant annaliste se trompe : Bon fut duc, pour le plus tard, en 820, et le fut environ quinze ans. Sicon , prince de Bénévent , eut presque toujours les armes à la main contre lui : son dessein était de lui enlever Naples pour l'unir à sa principauté. Etant venu faire le siège de cette ville, il ouvrit , avec ses machines de guerre , une grande brèche dans ses murs, du côté de la mer. Pour {a sauver du pillage , le duc lion demanda la paix , et donna en otage sa mère et ses deux sœurs ; mais ses députés obtinrent que le prince de Bénévent n'entrerait que le lendemain dans la place. Les Napolitains ne restèrent pas oisifs
pendant la nuit ; ils l'employèrent à couvrir la brèche d'un nouveau mur, sur lequel, à la pointe du jour, ils se firent voir en armes , et résolus de se défendre. Ils envoyèrent cependant Urce, leur nouvel évêque , pour demander encore la paix , mais avec des conditions plus douces que celles de la -veille. Contre toute apparence , Sicon se laissa toucher aux prières du prélat; mais il exigea que le duc de Naples lui payât un tribut annuel, et que la ville lui fit présent du corps de l'évêque martyr, saint Janvier, qu'il fit transporter à Bénévent.
LÉON , fils et successeur de Bon , ne garda que six mois le duché de Naples, et fut chassé par son beau-père , qui suit :
André, après l'expulsion de. Léon, son gendre, se mit eu possession du duché de Naples. L'ayant tiré de prison, presque aussitôt, il le confina, sous bonne garde, dans une chambre voisine de l'église de Saint- Janvier. Vers le même tems , Sicard, prince de Bénévent, non moins ambitieux que Sicon, son père, recommença la guerre , à son exemple , contre les Napolitains. André ne se trouvant pas en forces pour lui résister , appela de Sicile une Hotte considérable de Sarrasins. Alors, Sicard intimidé , prêta l'oreille à un traité de paix , en rendant les prisonniers qu'il avait faits sur André. Mais les Infidèles eurent à peine regagné la Sicile , que Sicard rompit la paix et se mit à persécuter de nouveau les Napolitains. L'anonyme de Salerne dit que la rupture vint de ce que ceux-ci négligeaient de payer aux premiers le tribut dont on était convenu. Quoi qu'il en soit , Sicard vint au mois de mai 836 mettre le siège devant Naples. La ville étant alors dans la disette de vivres , députa au prince un moine de haute renommée, qui s'étant jeté à ses pieds, lui cria miséricorde, et lui persuada que ses concitoyens étaient disposés à se rendre. Sicard attendri par ses* prières , envoya Rotïred , son favori , à Naples , pour connaître les dispositions des habitants. Admis par les habitants, il remarqua dans la place une petite Çuontagne de grains, et demanda ce qu'elle signifiait. On lui répondit que tous les greniers étant remplis de blé , on en avait jeté l'excédent : mais ce monticule n'était cjue du sable , dont on avait recouvert la surface de blé. C'est ainsi que Roffred fut dupé. L'opinion commune fut néanmoins que les Napolitains le régalèrent de quelques flacons qui paraissaient être du vin , mais remplis de pièce d'or, qui firent, comme de coutume , un merveilleux effet. De retour auprès de son maître, Roffred , par le récit qu'il lui fit de l'abondance qu'il avait observée à Naples, l'engaga à se prêter à une capi-
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tulalion qui sauva la liberté des Napolitains, sous la condition néanmoins de payer exactement le tribut ordinaire au prince de Bénévent. Ce traité, signé par Jean, évêque de Naples, et André, maître de la milice (c'est le même que le duc André), a été publié par le Pellegrini , dans son'histoire des Lombards. Mais il fut de courte durée ; car , dans la même année , Sicard reprit les armes contre les Napolitains. (Murât, Annal., t. IV, pag. 570-572.) Il tenait encore Naples assiégée lorsqu'en 839, l'empereur Lothaire lui envoya un de ses barons nommé Contard , pour le porter à se désister de cette entreprise. André retint le baron à Naples, pour contenir la pétulance des citoyens , sous la promesse qu'il fit de lui donner en mariage Eupraxie , sa fille, veuve du duc Bon : mais le mariage ne s'accomplit point. Contard , pour venger la mauvaise foi d'André , le tua de sa main, Tan. 843, dans le baptistère de Saint-Laurent, après quoi il s'empara du duché en épousant celle qui lui était promise. Le peuple ne laissa pas ce crime impuni , et trois jours après , ayant forcé la maison épiscopale où Contard demeurait , il le passa au fil de l'épée, lui, sa femme et tous ses amis qu'il avait rassemblés. On procéda ensuite à l'élection d'un nouveau duc , qui tomba sur
Sergius, personnage des plus distingués de Naples, comme on le voit dans la vie de saint Athanase, évéque de cette ville , publiée par Muratori. (Rer. liai., tom. II, par. IL) Il avait été envoyé , le jour même de la mort du duc André , en ambassade à Siconulfe , prince de Salerne, qui faisait alors le siège de Bénévent , et ce fut son fils qu'on lui dépêcha pour lui annoncer son élection. Sergius justifia, par sa conduite, le choix que ses concitoyens àvaient x fait de sa personne. Les Sarrasins étant venus avec une grande flotte , l'an 845 , faire le siège de l'île de Ponza , le vaillant Sergius , avec ses vaisseaux réunis à ceux d'Araalfi, de Gaëte et de Sorrento, fondit sur eux, et, les ayant mis en fuite, reprit encore l'île de Licosa dont ils s'étaient rendus maîtres. Les Infidèles, de retour en .Sicile, préparèrent , à Palerme , un nouvel armement , avec lequel ils s'emparèrent du château de Misène, d'où ils infestèrent les côtes de l'Italie. ( Joan. Diac. , Vit. episcop. Neap. ) Etant de la partis , l'année suivante , ils entrèrent avec une flotte redoutable dans le Tybre, et pénétrèrent jusqu'aux portes de Rome, qu'ils trouvèrent trop bien fortifiée pour oser en faire le siège. Mais ils déchargèrent leur fureur sur la basilique de Saint- Pierre , qui alors était hors des murs. Après l'avoir pillée , ils tournèrent vers Fondi , qu'ils livrèrent aux flammes , et dont
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ils massacrèrent une partie des habitants , emmenant l'autre en esclavage. Ils allèrent ensuite s'établir à Gaè'te , en atteo-r dont de nouveaux renforts des leurs. Ces funestes nouvelles étant parvenues à Louis H , roi d'Italie , il donna ordre aux Spolettains de marcher , avec toutes leurs forces, contre ces barbares. Jean Diacre raconte que l'empereur Lothaire, sous Je nom duquel Louis, son fils, agissait, fit partir une grosse, armée, qui , ayant atteint les Sarrasins , les poursuivit jusqu'à Gaëte. Mais comme ceux-ci s'étaient mil en embuscade dans les défiles des montagnes , ils surprirent les Chrétiens , qui n'étaient point sur leurs gardes , les ntirent en déroute . et cq tuèrent le phis grand nombre dans leur fuite. Ce qu'il y eut de pire , c'est que Césaire 9 û}s de Sergius , étant accouru avec des brigades de Napolitains et d'Amalfilains , pour arrêter les Sarrasins dans la poursuite , leur livra une bataille oij il fut battu. Les vainqueurs ayant pénétré jusqu'au GariUan, dans le voisinage du Mont-Cas si n 9 à l'entrée de la nuit, s'arrêtèrent là, comptant faire le lendemain un riche butin dans cette mai-? •on. Mais le fleuve, dit Léon d'Ostie , qui était guéable , s'enfla tellement durant La nuit, qu'il s'étendit au-delà de son lit , ce que les Infidèles ayant vu à leur réveil , ce fut une nécessité pour eux de retourner à leur camp sous Gaëte, dont ils avaient commencé le siège. Ils le continuaient avec les plus grands efforts, lorsque Césaire, fils du duc Sergius, ayanj abordé au port de Gaëte avec des vaisseaux napolitains et araalfuains, délivra la place par la terreur qu'il inspira aux assiégeants.
Laadon , prince de Capoue , ét*nt devenu paralytique 9 Sergius, oubliant les traites qu'ils avaient faits ensemble , lui déclara la guerre, vers 8(io, assisté d'Adémar, prince de Sar lerne. Mais Lan don le Jeune, qui avait pris les rênes du gouy vernement pendant la maladie de son père, étant venu à la rencontre de Grégoire et de Césaire, hls de Sergius, fondit sur eux comme un lion , au pont de Theodemond , et , les ayant mis en déroule, fit sur eux huit cents prisonniers , du nombre desquels fut Césaire lui-même, ( Erchernbert. fjist. , c. 27. )
Le duc Sergius ne vivait pins en 86a. C'est tout ce qu'op peut dire de plus précis sur le tems de sa mort. Il laissa plur sieurs fils , dont l'aîné, qui suit, lui succéda. Deux autres de ses fils, Athanase et Etienne, furent évéqqes , le premier de Naples , le second de So/rento,
GaÉGûinx, fils aîné du duc Sergius , était aon collègue long-
tems avant de lui succéder. C'était un prince rempli de sagesse €t de valeur. Tant nu il régna* les affaires <]u duché de Naples dit Muratori, cheminèrent heureusement. LorsquVn 866, l'empereur Louis 11 alla prendre les bains a Poufczoles, il était mécontent des Napolitains et de leur duc : mais Grégoire employa, pour l'apaiser , son frère Athanase, évéque de Naples* «t ce prélat, respectable par la sainteté de sa vie, obtint dé Louis gii'il ne ferait point d'hostilités» et qu'il ne viendrait pas même à Naples.
Grégoire, à quelque tems de là, tomba malade, et , de l'avis de ses frères, il s'associa Sergius , son fils, auquel, dans ses derniers moments, il recommanda fortement de suivre en tout les conseils d'Athanase, son oncle. 51. de Sâint-Marc met sur* la fin de ÎSGG la mort du duc Grégoire ; en quoi il nous semble préférable à Muratori, qui nous donne Grégoire comme encore vivant en 916. (Ann. d'ItaL, tom. VI, pag. 280. ) Grégoire, outre le fils qui suit, en laissa un second, nommé Athanâse comme son oncle , qu il remplaça sur le siège de Naples, après sâ mort , arrivée le id juillet 872, mais dont il n'imita guèra* les vertus. Etienne, évéque de Sorrento, fut le troisième fils de GiégoirC, et Césaire son cfuatnème. (Murât.)
SëUgiusH, fils et successeur du duc Grégoire, remplit d'abord les intentions de son père, et gouverna sagement tant- 4)u'il suivit les conseils d'Àthanase, son oncle. Mais son épouse et la mère de cette femme, également orgueilleuse l'une et l'autre , ne purent souffrir long-tems que Sergius fût comme aoumis à son oncle. Leurs insinuations et les discours de queU
rs flatteurs qu'elles firent parler, livrèrent bientôt ce jeune à ses mauvais penchants , et le portèrent à faire arrêter Àthanase avec ses deux autres oncles, Etienne, évéque de Sorrento , et Césaire. Le clergé grec et le clergé lalin , et les moines avec le peuple réclamèrent leur évéque. Sergius prit du tems pour délibérer, et sept jours après, informé que la clergé l'allait excommunier et mettre les églises en interdit, il se hâta de relâcher ses oncles; mais il fit garder Athanase à vue dans le palais épiscopal , persécuta les ecclésiastiques s Opprima les veuves et tes orphelins restés sans protecteurs, et s'unit plus étroitement aux Sarrasins dans le tems que l'empereur Louis faisait contre eux le siège de Bari. Ce prince* dont Àthanase avait imploré la protection, chargea Martin, duc d'Amalfi, de Palier enlever à ses persécuteurs. Martin exécuta cet ordre avec succès,' et battit plusieurs' fois les Sarrasins sur .mer et sur terre.
Athanase étant allé remercier l'empereur à Bénévent , de là se rendit auprès de l'évêque Ktienne, son frère, à Sorrento. Il ne s'y trouva pas en sûreté : informé que la femme de Sergius pensait à le faire empoisonner, il alla se réfugier à Rome auprès du pape Adrien II. Pendant son absence, Sergius pilla le trésor de Véglise de Naples ; ce qui lui attira une excommunication de la part du pape , qui , dans le même tems , frappa d'interdit la ville , parce que ses habitants avaient refusé de prendre la défense de leur évêque, quoique vivement sollicités par le pontife.
De Rome, Athanase étant allé retrouver l'empereur vers le mois de juin 872, se retira ensuite à Veroli , près du Mont- Cassin. Y étant tombé malade, il mourut en odeur de sainteté, le i5 juillet 872, jour où l'église honore sa mémoire. (Muratori, Saint-Marc.)
Les Sarrasins, que l'empereur Louis II avait repoussés jusqu'à Târente, voulurent se relever de leurs pertes sous Charles le Chauve, son successeur, en K7S. Les Napolitains , les Aimafitains, les Salernitains, alarmés et hors d état de résister par eux-mêmes aux forces de ces barbares , et ne sachant à qui s'adresser pour obtenir du secours, prirent le parti de leur demander la paix : mais elle ne leur fut accordée que sous la condition de joindre leurs armes à celles des Sarrasins, pour les porter contre le duché de Rome et contre cette ville même. Le pape Jean VIII, averti de cette convention, s'empressa de recourir à l'emnereur , qui envoya Lambert , duc de Spolette, et Gui, frère ae Lambert, à son secours. Le pape se mit lui-même à la tête de ses troupes, et les conduisit vers Naples. « Ce fut pour la première fois, dit Giannone, qu'on » vit un pape général d'-armée; certainement le motif en était » plus que spécieux, puisque le péril requérait de grands efforts » pour se défaire des Sarrasins, qui s'étaient proposés de bou- » leverser l'état de l'église et le pontiûcat. I/e pape n'épargna a» rien aussi pour rompre la ligue que les Sarrasins avaient faite » avec nos princes ; et il réussit de manière auprès de Gaifre , » prince de Salerne, que, non-seulement il l'en détacha , mais » qu'il le détermina même à se joindre à lui* contre les Napo- » litains , qui persistaient avec obstination dans leur premier » engagement ». Le pape, à la fin, vint à bout de gagner le duc Sergius, en sacrant, l'an 877, évoque de Naples, son frère Athanase : mais en cela il lui rendit un fort mauvais service; car Athana.se , dévoré d'ambition, se saisit la même année de Sergius , à laide d'uue faction qu'il avait ameutée , et lui ayaut
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fait crever -les yeux , l'envoya prisonnier à Ko me, où il termina misérablement ses jours.
Athanase H , évêque de Naples , s'empara du duché après le traitement barbare qu'il venait de faire au duc Seraius, son frère. La conjuration qui avait fait périr ce prince , n était pas étrangère à la cour de Rome. Il est certain qu'elle fut l'effet de quelques-uns des ministres de Jean VIII. « On n'en saurait » douter, dit M. de Saint-Marc, en voyant ce pape , dans une >• lettre du mois de novembre 877 , dire à l'évéquc Athanase v m devenu duc : Nous rendons d'innombrables actions de grâces m à votre grandeur que Dieu chérit, et notre bouche apos- » tolique vous élève justement au-dessus de tous par des éloges » que vous méritez en agissant selon la parole du Seigneur qui » dit : Si votre œil vous scandalise, arrachez-le et jetez-le loin m de vous. Vous avez vu votre frère persécuter l'église en impie, » et ne pas aller au Seigneur par le droit chemiu ; oser teme- » rairement, comme un autre Holophernc, attaquer l'héritage « sacré de Jésus Christ notre Dieu ; déchirer d'une manière m sacrilège la succession de vos pères. Ainsi, le jugeant indigne » de posséder une aussi grande dignité , vous avez eu soin de » le frapper des traits de la vengeance divine; et vous n'avez » pas épargné votre propre sang pour obéir au Seigneur qui n dit : Quiconque aime son père, sa mère, son frère plus que » moi , n'est pas digne de moi. C'est ce qui nous fait connaître » nue vous serez en tout digne de Dieu, puisque votre sainteté , m par un dévouement fidèle, n'a pas craint de retrancher et de » rejeter loin de votre corps un membre que la gangrène infec- * tait depuis long-lems. C'est par là que le juste jugement de » Dieu s est exécuté sur ceux qui, gouvernant Naples jusqu'ici n parleur propre esprit, et non suivant l'esprit de Dieo, causaient » au dehors et au dedans une infinité de scandales, mettaient » le trouble partout, commettaient des homicides, faisaient » arracher les yeux. C'est par là que l'injustice cesse de dominer, » que le péché prend fin , et qu'un homme de la maison de » Dieu va prendre, avec la crainte de Dieu devant les yeux, *> connaissance de tout, et gouverner comme un digne pasteur » le peuple de Jésus-Christ , en toute justice et sainteté, en n toute vérité et mansuétude, et non comme un mercenaire, » l'abandonner et le perdre ». (JuL César. Capactio, Jlist. Napol., liv. 1.) Croira-t-on que les louanges du pape se convertirent depuis en anathèmes? Guidé par son avarice, Athanase renouvela l'alliance avec les Sarrasins, leur accorda près jde Naples une habitation , et ne se fit pas scrupule de partager XVIli. 24
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avec eux le butin qu'ils enlevaient , non-seulement des terri-» toires de Bénévent, de Salerne et de Capoue, mais aussi du duché de Rome ; ce qui lui attira l'exécration des fidèles ainsi que de leurs chefs. Ughelli , suivant la foule des historiens qui Pavaient précédé, place la mort de ce méchant évêque en 895, mais probablement, dit Muratori, elle doit être recolée jusqu'en 9 .0. « Car si Gemma, sa fille, dit-il, épousa, du vivant » de son père , le fils d'Arnoul (ce qui est vraisemblable), il » faut différer la mort du père jusqu'à Tan 900. {Ann. d'Jtal. , tom. V, pag. 2^2.)
Grégoire II fut le successeur d'Athanaae au duché de Naples. Il s'attacha les Napolitains par les grands services qu'il leur rendit , mais dont le détail n'est point venu jusqu'à no\is. M. de Saint-Marc rapporte sa mort, pour le plutôt, à l'an 916.
Jean III remplaça Grégoire H dans le duché de Naples. Il s'associa son fils Marin , comme l'atteste un de ses diplômes, donné Tan 944 1 pour confirmer à l'abbaye du Mont-Cassin , la possession des biens dont elle jouissait dans son duché. C'est ainsi qu'il commence : Nous Jean , au nom de Dieu t éminentis— sime consul et duc , tant de notre part que de la part du duc Marin notre fils , qui n'est pas encore en âge , etc. On ne voit point de trace de l'existence du duc Jean III, depuis cette époque.
Marin était, comme on vient de le voir, le collègue de Jean III, son père, dans le duché de Naples, en 944, mais 0x1 ignore s'il lui survécut.
Jean IV , successeur , on ne sait pas en quelle année , ou de de Jean M ou de Marin, mourut eu 982. (Saint-Marc.)
Sergius HT paraît après Jean IV dans la suite des ducs de Naples. Après lui, nous voyons un Sergius IV, qui donna retraite à Pandolfe , comte de Téano, poursuivi par Pandulfe V, prince de Capoue, son ennemi. Ce dernier, l'an 1027, étant vertu mettre ie siège devant Naples, serra la place de manière qu'il l'obligea de se rendre. Pandolfe de Téano ayant eu le bonheur de s'échapper , se sauva à Rome , où il finit misérablement ses jours. Jusqu'alors, dit Muratori (Annal., tom. VI, pag. 89) , aucun prince lombard n'avait encore pu mettre les pieds dans Naples; ce qui donne lieu de croire que Sergius IV ne descendait pas des ducs qui l'avaient précédé. « 11 rongeait » son frein dans son exil, continue le même auteur, depuis
1» deux ans et demi , lorsque , sur la lin de Tan 1029 ou au » commencement de Tannée suivante, il vint à bout de rentrer » dans Naples : il est vraisemblable que ce fut avec le secours » que les Grecs lui amenèrent par mer , parce que jusqu'alors » Naples avait toujours été soumis aux empereurs d'Orient ; >► et tien que ses ducs ne fussent qualifiés que maîtres de la » milice , ils jouissaient néanmoins de la pleine seigneurie de » cette ville. Il paraît même certain que, dan3 cette expédition , » ils furent secondés par les Normands, nation qui se multi- » pliait dans ces contrées, et qui, accoutumée à pêcher en eau » trouble, s'attachait tantôt à l'un et à l'autre parti, suivant » les meilleures conditions qu'on lui faisait. Sergius ne man- » quait pas dans la ville même de partisans, qui l'aidèrent » à la recouvrer. Par reconnaissance des services qu'il avait » reçus des Normands, il créa l'un d'entre eux, nommé Rai- » nulfe, comte d'un territoire situé entre Capoue et Naples. » Ce fut alors que les Normands commencèrent à se bâtir dans » ce pays, des édifices qui, peu à peu, formèrent une ville qui *» prit le nom d'Aversa,'et devint un boulevard contre la puis- » sance des princes de Capoue. La-renommée ayant rapporté eu » Normandie l'état d'aisance et de prospérité dont jouissaient » les Normands enCampanie, excita leurs compatriotes à venir » participer à leurs avantages ». M. de Saint-Marc pense qu'on doit mettre en 1040 la mort de Sergius IV , qu'il nomme U troisième de son nom.
JEAN V, dont nous ne pouvons marquer Forigi ne avec assurance , mais vraisemblablement fils de Sergius IV , lui succéda au duché de Naples. Dans les actes de saint Sévère , évlque de Naples, il est dit que l'an 1046, Jean, duc de Naples et de Campanie, vint faire le siège de Pouzzoles, et qu'il resta longtems campé devant cette ville ; mais on ne dit pas quelle fut l'issue de cette expédition. La mort de JeanlV arriva l'an 1064 au plus tard.
Sergius V fut le successeur du duc Jean. Didier, abbé do Mont-Cassîn, faisait alors travailler a- l'édifice de la nouvelle église de son monastère. Entièrement occupé de cet objet , il amassa les malières les plus précieuses en or, en argent, en ivoire, en épène, en marbre > et appela des différentes parties, de r Italie et d r Orient les artistes les plus célèbres., pour orner la nouvelle basilique, et la rendre un des plus beaux temples de l'Univers. Ce luxe religieux, qui de son tems lui mérita degrands applaudissements , a'a pas eu dans la suite l'approbation
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des siècles plus éclairés. Didier, voulant procurer à son ouvrage la dédicace la plus pompeuse, engagea le pape Alexandre H à venir faire celle cérémonie, à laquelle assistèrent dix arche-* vêques, quarante-quatre évoques, Sergius, duc de Naples, avec les princes de Canoue , de Saierne et de Bénévent. M. de Saint- Marc place dans la même année la mort du duc Sergius.
Sergius VI , fils de Satimale, succéda au duc Sergius V, après Tan 1071. Après avoir gouverné le duché l'espace d'environ dix-neuf ans, il abdiqua pour se retirer dans un monastère dont il devint abbé. « Ce fut vers ce tems-là, dit Giannone, » que les moines du Mont-Cassin entreprirent de répandre » quelques lumières sur toute l'obscurité dont les sciences » étaient enveloppées dans nos provinces. Par les soins de leur » fameux abbé Didier , qui fut ensuite pape sous le nom de ji Victor 111 , on commença à prendre quelque connaissance m d'une partie des livres de Justinien et de ceux qui traitent
» des autres sciences Il fit copier à grands frais et avec
» beaucoup de soin tous les livres qu'il put rassembler, et » entr'autres les Instituts de Justinien et ses Nooelles, ouvrages » qui ne se conservaient que dans un petit nombre de riches j> bibliothèques. Les papes, cependant, s'en servirent assez fré- » quemment, de même que quelques empereurs d'Occident, » haTi les citèrent suivant l'occasion. Quant au code de Jus— » tinien, il est certain que dans ces tems-ci on en trouvait » quelques exemplaires en France, comme on peut s'en con- « vaincre par les lettres d'Yves de Chartres. H était aussi connu » en Italie, ainsi que le prouvent quelques lois des empereurs » d'Occrdent , et particulièrement de Henri II, et les décrétâtes j» de ouelques papes, dans lesquelles ce code est cité. 11 faut » néanmoins convenir que peu de personnes le connaissaient , » et que les professeurs eux-mêmes ne l'étudiaîent point, parce >• qu'il ne jouissait point de l'autorité qu'il acquit-clans la suite. » Les pandectes n'avaient point encore été retrouvées à Amalfi , » et nos professeurs ne les connaissaient point ; on en possédait , » à la vérité, quelques exemplaires en France , ainsi cju'en font >» foi les lettres d'Yves de Chartres (46 et 0*9) : mais les lois n des Lombards étaient seules dominantes ; tous les tribunaux >» s'y conformaient: les successions, les testaments, les contrais, » la punition des délits, les confiscations et eu un mot-tous les » jugements èn dépendaient et se réglaient par ce qu'elles m statuaient. »
Jean VI , après Sergius VI , paraît dans la liste des ducs do
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Naples. On ignore la durée de son gouvernement. Une charte rapportée par Capaccio, est le seul monument où il soit nommé. Il eut pour successeur Sergius VU , qui fut îe dernier duc souverain de Naples. Roger , roi de Sicile , et duc de Pouille et de (alabre, voulant ajouter le duché de Naples à ses conquêtes, trouva facilement des prétextes pour lui déclarer la guerre. Sergius, incapable de lui résister, se soumit à lui, Tan n3i f a condition qu'il lui laisserait le titre et le gouvernement de Naples. Mais regrettant la souveraineté qu'il avait perdue, il se révolta plusieurs fois pour la recouvrer, et ce fut toujours sans succès. Kntin il périt dans une bataille, en 11^7.
Roger et les rois ses successeurs , enchantés de la situation de Naples et de l'air salubie qu'on y respirait, s'appliquèrent à l'étendre et à la décorer par de nouveaux édifices. Mais l'empereur Frédéric II, pendant le séjour qu'il fit en Sicile, fut » celui qui donna le plus d'attention à l'embellissement de cette ville.
« Les auteurs, dit Giannone , qui ne veulent pas convenir » que le roi Guillaume 11 fut celui qui fit bâtir dans Naples le » château Capouan , disent qu'il n'y eut que ceux de l'Œuf et » de Saint-Erasme dont les princes normands aient été les » fondateurs, et que celui qu'on appelle Capouan fut construit » par ordre de Frédéric, en 122.3. Ce prince, ajoute t-il, fut » le premier qui , par ses bienfaits envers Naples , jeta les fon- » déments de la grandeur à laquelle cette ville s'éleva par la » suite des tems. En 1224» il y établit une académie pour' a» toutes les sciences ; et par cç moyen , Naples fut peuplée , » parce que non-seulement tous les étudiants des autres pro- » vinces vinrent l'habiter, mais encore qu'il en passait beau - » ctfup de la Sicile... Divers motifs déterminèrent ce prince » à rétablir dans Naples une école si célèbre, ainsi qu'il le dit » lui-même dans ses lettres à Pierre des Vignes, son secrétaire * et son conseiller; i°. parce que celte ville avait toujours élé *> regardée comme la mère et le domicile des études ; 2 0 . à » cause de la douceur de son climat , et enfin en considération w des avantages de sa situation, du voisinage de la mer , de la >» fertilité de son territoire et des .commodités du commerce »> maritime. Richard de Saint-Germain, écrivain contempo- » rain , atteste que Frédéric établit cette académie dans le mois » de juillet 1224, et qu'il envoya , pour cet effet , des lettres » dans toutes les parties du royaume , tant en Pouille qu'eu » Sicile : Mense Julio, dit cet historien , pro ordinando studio w neopolitano imperalor ubique per regnum mittit Uileras gene- » rôles. On trouve quelques-unes de ces lettres dans les six