‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 9 sur 132 · ANTOINE MONTALDO · texte numérisé non relu

ANTOINE MONTALDO

1392. Antoine Montaldo, qui était le chef du soulèvement, est élu doge à l'âge de vingt-trois ans. Mais, Tannée suivante , après avoir soutenu courageusement un rude assaut dans son palais, il est obligé, comme son prédécesseur, de prendre la fuite.

FRANÇOIS GIUSTIN1ANO.

1393. François Giustiniano remplace Montaldo, et peu après abdique , voyant Adorne qui arrivait avec des troupes pour reprendre le dogat. Antoine Montaldo fait tête aux troupes d'Adorne , qui étaient entrées dans la ville , et les met en déroute. En récompense , il est élu de nouveau doge le lendemain 3 août ; mais sur la fin de mai i3i)4 , il s'enfuit pour ne pas être la victime de ses ennemis.

NICOLAS ZOAGLIO.

1394. Nicolas ZoAGLioest substitué à Montaldo, et bientôt après il se démet. On lui substitue Antoine Guarco , qui ne peut tenir la place que quelques jours; et enfin Adorne se fait élire doge pour la quatrième fois.

L'an 1396, Adorne, fatigué des mouvements de Guarco, Hgué contre lui, et soutenu par le duc de Milan, engage les Génois à faire une députation à Charles VI, roi de France, pour lui offrir de se donner à lui. L'offre est acceptée, et , le £5 octobre de cette même année, les conditions auxquelles^ république se soumettait a la France, sont signées à Gênes, par les commissaires du roi. En conséquence , Adorne leur remet , îe 27 novembre , les marques de sa dignité; mais ils le nomment lui-même gouverneur, en attendant celui qui devait venir de France.

L'an 1397, Valéran de Luxembourg, comte de Saint-Pol , étant arrivé , , le 18 mars, de la part de Charles VI , Adorne , sur-le-champ , lui remet sa charge, et lui cède, en même tems, le palais. Adorne mourut le 5 juillet de l'année suivante. Sa patrie, dit M. de Brequigni , perdit, par sa mort, un grand homme , mais un dangereux citoyen. Valéran fit peu de séjour à Gênes. La peste, qui dépeuplait ce pays-, l'obligea de re~

tourner en France. LVvékpie «le M eaux , que la cour Je France lui avait donné pour adjoint , prit le commandement après son départ.

L'an i3o/S , les factions des Guelfes et des Gibelins replongent la ville de Gènes dans le lioneurs de la guerre civile. L'éveqne de Meaux ne pouvant arrêter la fureur des deux partis , quitte Gênes, et repasse en France. I 4 >nhn , après mille combats, les Gibelins se réconcilient avec les Guelfes , et le rétablissement de la tranquillité est annoncé au peuple , le 5 septembre. Calville, nouveau gouverneur, envoyé par la cour de France, n'est pas mieux traité que so« devancier. Après avoir apaisé un premier tumulte, il en voit un autre s'élever, le 12 janvier 1400. Ne pouvant y résister ni le calmer , il se retire à Savone. On lui substitue Baptiste Boccanégra sons le titre de capitaine de la garde du roi de France ; après quoi Ton députe à Cbaries V I , pour lui faire des excases et le prier d'approuver ce choix. La députation est très-mal aecueillie; Boccanégra se démet, et la -ville de Gènes , reste dans le trouble et la confosion.

L'an 1401 , Jean le Mcingre de Boucicaut, maréchal de France, arrive à Gènes, en qualité de gouverneur, le 3<i octobre, à la tête de mille hommes de pied et d autant de cavalerie. Il débute par des actes de sévérité qui rétablissent le calme. Bocram'gra est une des premières victimes qu'il immole a la tranquillité publique. ( Georg. Stella, ann. Genucns. ) L'an i4o3, il reçoit ,1e 22 janvier, l'empereur Manuel, qu'il comble d'honnêtetés, mais sans lui accorder les secours qu'il était venu chercher contre les Turcs. La même année , Boucicairt passe en personne dans l ile de Chypre, pour délivrer Famagouste, assiégée par le roi Janus. 11 y réussit ; mais il essaie en vain de réconcilier Pharadge , dit kiélelella , sultan d'Egypte , avec les Génois. Delà, faisant voile vers la Syrie, il va s'emparer de Baruth ou Bérylhe , qu'il abandonne après l'avoir saccagée. Les Vénitiens, qui avaient un riche comptoir h Baruth, se plaignent du tort que cette expédition leur a fait , et cherchent l'occasion de s'en venger : elle ne tarda pas à se montrer. Le y octobre, Carlo Zeno, qui commandait à Modon pour les Vénitiens, tombe sur la Hotte génoise qui s'en revenait, lui prend trois galères après un rude combat , et met le reste en fuite.

L'an i4©5 , l'antipape Benoît arrive, le 26 mai , à Gènes t où Boucicaut avait disposé les esprits a le reconnaître pour le chef légitime de l'église. Mais la peste , qui avait recommencé ses ravages dans cette ville, l'oblige d'en sortir le 8 octobre suivant. L'an i4°7? I e conseil de Gênes donne à la banque de XV11I. 3 s

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Saint-Georges cette forme et cette consistance qui l'ont rendue; pendant tant d'années , l'une des plus solides ressources de l'état. La république fait , la même année , la conquête de l'importante place de Sarzane. L'an 1 4°9 ^ Jean -Marie Visconti , duc de Milan , ayant résolu de se mettre sous la protection de la France, afin d'être en état de résister à ses ennemis, engage Boucicaut À venir prendre le gouvernement de Milan. Boucicaut part de Gênes, le 3i juillet, avec cinq mille hommes de cavalerie et un grand nombre de çens de pied , sans se délier de la fidélité , des Génois qu'il croyait avoir entièrement soumis. Sa confiance le trahit. Un mois après son départ , les bannis de Gênes , excités par Facin Cane et par Théodore , marquis de Montferrat , se mettent en mouvement avec les gens que ces deux seigneurs leur avaient fournis, pour rentrer dans leur patrie et la remettre en liberté. L'approche de cette armée donne l'impulsion aux habitants de Gênes, tant Guelfes que Gibelins. S'étant révoltés, de concert, le 3 septembre, ils massacrent le chevalier de Chazeron , lieutenant de Boucicaut , avec un grand nombre de Français. On élit le lendemain un conseil de douze personnes, moitié guelfes moitié gibelins pour gouverner, et à leur tête, on met le marquis de Montferrat avec le titre de capitainegénéral et les émoluments du doge. Bientôt après, les Français sont assiégés dans les forts où ils s'étaient retranchés ; ils les abandonnent , et la république se trouve entièrement affranchie du joug de la France. Boucicaut fait de vains efforts pour se rétablir à Gênes. Enfin, Tan i4*o, après avoir épuisé toutes ses ressources , il repasse en France sans argent et sans gouvernement. Tandis que le marquis de Mont ferrât est à Savone pour y apaiser une sédition , les Génois, le 20 mars */fï$, se soulèvent contre son lieutenant , et ne lui laissent que le tems de se sauver avec les autres officiers du marquis. Sept jours après , Georges Adorne , personnage riche, puissant , aimé de tout le monde , est élu doge avec la plus grande solennité. 11 rendit le calme à la république, mais ce ne fut pas pour long-tems. Baptiste Montaldo , aidé des Spinola et de quantité d'autres familles considérables, excite, l'an i^i^, une, sédition contre le doge. Elle commença la nuit du 9 décembre et ne finit que le c) mars i4iS. I.e a3 du même mois, Adorne, en exécution de raccommodement fait avec les rebelles, abdique, et le 29, Harnabé de Goano lui succède. Le 3 juillet suivant , le nouveau doge est chassé parla faction des Frégose et des Adorne, et, le lendemain, Thomas Frégose est élu à sa place. L'administration de Frégose fut plus sage que sa conduite précédente n'avait donné lieu de l'espérer. .

Les Génois, dès le neuvième siècle, s'étaient rendus maîtres de 1 île de Corse , après l'avoir enlevée aux Sarrasins. L'an 1+20 f Alfonse , roi d'Aragon , forme sur cette île une entreprise; et ayant pris d'abord Calvi , il vient ensuite mettre le siège devant Bonifacio. Le doge s'empressa de secourir cette place ; et ayant fait équiper une bonne flotte, il la fit partir sous les ordres de l'un de ses frères. La flotte arriva à tems , et vint à bout de ravitailler Bonifacio , malgré tous les efforts d'Alfonse , qui peu après leva le siège. Cabvi ne tarda p3s à chasser la gar-' nison aragonaise et à se mettre sous l'obéissance des Génois. ( M. de Brequigni. )

L'an i4-2i, Philippe-Marie, duc de Milan, jaloux de conquérir l'état de Gênes que ses ancêtres avaient possédé , lait entrer une armée dans ce pays , sous les ordres du fameux Carmagnole , son général. Apres s'être rendu maître d'Albenga et, d'autres petites places, Carmagnole vient se présenter devant Gênes qu'il assiège par terre , tandis que sept galères catalanes en tiennent le port bloque. Le doge qui , le 27 juin de celte année , avait vendu Livournc aux Florentins, pour subvenir aux besoins pressants de la république , n'omit rien pour la défense, de la ville. Mais le succès ne secondant point son zèle et son, activité , voyant d'ailleurs les Génois disposés à se soumettre au duc de Milan , il prit le parti de renoncer à la dignité ducale.. La république , en considération de cet acte et avec le consentement du même duc Philippe-Marie, lui céda la ville de Sarzane avec tout son district , pour en jouir sa vie durant , et avec la. condition qu'il ne pourrait la céaer ni transférer à d'autres qu'à, la république même.

Philippe-Marie , pour occuper l'esprit remuant des Génois t crut ne pouvoir mieux faire que de les engager dans des guerres continuelles. Dans les trois premières années qui suivirent sa < onquête , il employa leurs flottes en faveur de Jeanne II , réine> de Naples, qui en tira de puissants secours. L'an i43i , il mit les Génois aux prises avec les Vénitiens , sur lesquels la flotte qu'il leur avait fournie remporta une victoire complète, le 2$ mai, suç le Po ; mais le 27 août suivant, ils furent battus à» leur tour dans la Méditerranée, après un combat long- ternit incertain.

La ville de Gaè'te, au royaume de Naples, pour ne point toml>erau pouvoir d'Alfonse , roi d'Aragon , offre aux Génois et au duc de Milan, l'an i4^5, de se mettre en leur garde. L'offre acceptée , François Spinola , envoyé par les premiers, et Oltolin Zoppo, envoyé par le second , vknnent avec une

bonne garnison pour garder la place. Alfonse ne tarde par à

venir l'assiéger. Gaëte, mal pourvue de vivres, est bientôt réduite aux abois. Les Génois, instruits de la situation de assiégés, font partir, le 22 juillet , une flotte sous les ordres de biaise d'Asereto , fameux capitaine, pour aller à leur secours. Alfonse, apprenant qu'elle approche, va au-devant d'elle, monté sur la sienne avec toute sa noblesse et environ onze mille combattants. L'ayant rencontrée, le S août, près de Ponza , il loi livre une batadle qui dure depuis le soleil levé jusqu'à la nuit. La victoire demeure aux Génois : elle ne pouvait être plus complète. Ils firent prisonniers le roi , ses deux frères, Jean,, roi de Navarre, l'infant don Henri, avec quantité de grands seigneurs ; et de quatorze vaisseaux , ils n'en laissèrent échapper qu'un seul. A la nouvelle de cet événement , les Gaëtans font une sortie sur les assiégés , les chassent de leurs lignes, et délivrent la place. Cependant les prisonniers faits par la flotte génoise, sont amenés à Milan. Le duc traite magnifiquement le roi d'Aragon; et ayant fait une ligue avec lui, il le renvoie libre avec tous les siens. Cette générosité, qui faisait perdreaux Génois tout le fruit de leur victoire, les met en fureur. Le 12 décembre, s'étant soulevés, ils prennent les armes , tuent leur gouverneur, chassent les Milanais , et secouent le joug du *luc de Milan. ( Ubert Folietta. ) Après cette révolution, ils élisent , pour doge, Isnaro GUARCO; mais il ne reste que sept jours en place ; et Thomas FrÉgose l'ayant chassé, se fait de nouveau proclamer doge. Thomas avait un frère nommé Baptiste Frégose , qui entreprit , à la sollicitation du duc de Milan , de le supplanter. Il échoua dans cette entreprise; et Thomas en conserva si peu de ressentiment, qu'il le fit nommer chef d'une escadre que les Génois fournirent à René d'Anjou, rivai d'Alfonse , pour le royaume de Naples.

Jean Antoine de Fiesque , qui , mécontent du doge , s'était retiré, l'année précédente, auprès du duc de Milan, rentre dans Gènes , par mer, le 18 décembre i44 2 » s'empare du palais, et fait le doge prisonnier. Après divers arrangements , on nomme doge, le 18 janvier i^^o > Raphapl Adorne. Fiesque et Pierre Frégose , qui n'approuvaient point cette élection, sortent de G60O, et exercent le brigandage aux environs. Les Génois font, l'an 1 444 <> ^\ec le roi d'Aragon , une paix peu avantageuse, mais que leur situation tumultueuse leur rendait nécessaire. L'an 1 44<> , Barnabe Adorue, jeune ambitieux, s'élève contre le doge, son parent, qui, pour le bien de la paix, abdique*, le 14 janvier de l'année suivante. Après sa retraite , liARNAiit Adokne se fait iccuuujutre doge , niais au»

hoot d\in mois , ii est chassé par JeAM Fkegose , que l'on mat

a sa place.

, Un i44«i Louas Fwsgosb est élu doge après la mort de Jean. Il est déposé l'an U5o, et Pierre Feégose, neveu de Thomas , lui succède. L'empereur Constantin Paléologue »i voyant Çonstantinople sur le point d'être assiégée par les Turcs , demande , Tan 1 452 , du secours aux Génois La rép ublique lui in voie cinq gros vaisseaux chargés de provisions» qui entrent dans le port de cette ville à travers une flotte de cent voiles , que le sultan Mahomet leur opposa. ( Ducas et Calcondyle. ) Pendant le gouvernement de Pierre Frégose, qui fut de huit ans , les Àdornes et les autres Génois, qu'il avait £nt "exiler, ne cessèrent de faire des mouvements avec le secours d'Alfonse , roi d'Aragon, son ennemi particulier, pour rentrer dans leur patrie et le faire déposer. A la fin , près Je succomber, il persuade aux Génois, l'an 14^8 t de se soumettre à Charles VII , roi de France. On envoie des ambassadeurs à ce prince, pour négocier cette affaire : elle est heureusement conclue. jean ? duc de Louai ne , envoyé par le roi de France , à Gênes, prend possession de la ville , le 11 mai 14S8 : il reço.it le serment de fidélité au nom du monarque , et on lui remet les principales forteresses de l'état. Bientôt après , le duc de Lorraine se voit assiégé dans Gènes par les Adornes et les autres mécontents, ligués avec Alfonse, auquel il disputait le royaume de Naples. Une flotte aragonaise vient en même tems bloquer le port de Gênes; mais Alfonse meurt sur ses entrefaites, le 28 juin , et le siège est levé.

Lorsqu'en 1483 Mahomet 1! entreprit le siège de Constantinople , nulle des puissances chrétiennes ne contribua plus à la défense 4e cette ville , que la république de Gènes, ou plutôt ce fut elle seule qui s'opposa a*>x efforts de ce conquérant. Ce? fut Jean Giustiiwani , l'un Je ses nobles , que l'empereur grec nomma son généralissime. Si la victoire était toujours le prix de la valeur et du courage , elle eût sans doute couronné la brave résistance des assiégés conduits par un aussi habile chef. Mais une blessure qu'il reçut dans un assaut , l'ayant obligé de se mettre à l'écart pour se faire panser , les Turcs profitèrent de sa retraite pour donner un assaut général , qui les rendit maîtres de la ville. £iusxiaiani ne survécut pas à cette malhcureuse catastrophe , qui emporta en même tems la perte de Gala ta , appartenante aux Génois.

Pierre Frégose le même qui avait appelé les Français à' Gênes , se soulève, en i4%» contre le duc de Lorraine. Ayant ramassé des troupes avec l'aigent que Ferdinand , roi de Naples ,

lui .avait fourni, H surprend Gênes la nuit du*i3 au i4 septembre; mais ses gens sont repoussés, et lui-même périt dansla mêlée. Quelques tems après, le duc part de Gènes pour son expédition de Naples, laissant à sa place Louis Vallier, gentil-* îiomme français.

' Les Génois, excités par leur archevêque, Paul Frégose , prennent les armes contre les Français, et les obligent à se renfermer dans le château. La faction des Adornes se réunit à celle des Frégoses, et, le 12 mars, Prosper Adorne est élu doge sans contradiction. Les Français sont assiégés dans le château. René d'Anjou l«»ur amène du secours par mer. On en vient, le 17 juillet, à une bataille, où les Génois sont vainqueurs, et mettent leurs ennemis en fuite. Paul Frégose, s'étant ensuite brouillé avec le doge, fait élire en sa place, le 8 juillet de la même année, Spineta Frégose, son cousin. Six jours après, celui-ci cède le dogat à Louis Frégose, qui avait exercé cette charge douze ans auparavant. Paul Frégose le supplante aa commencement de 14M, et réunit, en sa personne, la dignité de doge à celle d'archevêque ; mais ce ne fut pas pour longtems.

L'an 1464 » Louis XI, roi de France , à qui il ne restait plus que Savone dans l'état de Gênes, la cède, avec tousses droits sur Gênes, à François Sforce, duc de Milan, moyennant l'hommage. Sforce envoie des troupes qui , secondées par les principaux Génois, soumettent rapidement toute la côte occidentale de Gènes. Paul Frégose, abandonné, se retire par la mer, et. le duc de Milan est proclamé souverain de Gênes avec solennité.

Les Génois demeurent tranquilles sous le règne de François Sforce, et sous celui de Galéas-Marie , son successeur; mais après la mort de ce dernier, les factions se réveillent. L'an i477» ce llc des Fiesques , quoique sans chef, prend les armes; et, ayant soulevé la populace, elle crée huit capitaines de la liberté. Obietto de Fiesque arrive de Rome sur ces entrefaites, avec Paul Frégose et d'autres chefs de factions. Ils s'arrêtent aux environs Je Gênes. Les troupes milanaises se présentent en même tems devant cette malheureuse ville. Mais Prosper Adorne, qui était dans cette armée, ayant trouvé moyen d'entrer dans Gênes, engage le peuple à mettre bas les armes. Pour sa récompense , il est nommé gouverneur de l'état. La duchesse récente de Milan ôte le gouvernement , en i47°\ à Prosper Adorne, dont la fidélité lui était devenue suspecte. L'évêque de Côme arrive | le 25 juin , pouf le remplacer. Les Génois se ré-

voltent, et contraignent les Milanais de se renfermer dans le château. Kobert de Saint- Severin , grand perturbateur de l'Ita-» lie , vient à l'appui des premiers ; et , étant entré dans la ville le 16 juillet , il se concerte avec Adorne pour se mettre en état de faire tète a l'armée milanaise, qui était en marche sous les ordres du bâtard Sforcc Visconti. Le 7 août (et non le 9) , celte armée s'étant présentée devant celle des rebelles, le combat s'engage, et les derniers remportent une victoire complète. La f duchesse de Milan, à celte nouvelle, fait offrir le gouvernement de Gênes à Baptiste Frégose. Il accepte la proposition; et étant entré dans Gènes, il veut protiter de la division des chefs des factions pour s'emparer de l'autorité. Son dessein lui réussit ; mais au lieu de prendre le titre de gouverneur, il se fait nommer doge. Cette élection rétablit la tranquillité. par la retraite de ceux qui ne ^approuvaient pas. Obietto de Fiesqua étant rentré dans Gênes, l'an 1480, soulève une partie du peuple contre le doge. Les deux factions se livrent un combat sanglant le jour de Noël. Obietto périt dans l'action, et son parti met bas les armes.

L'archevêque Paul Frégose , devenu cardinal , forme , en i483 , une conjuration avec plusieurs de ses parents pour dé;posséder Baptiste Frégose , son neveu. Le 2 5 novembre , l'ayaut attiré dans son palais, il le retient prisonnier, Toblige , sous de grandes menaces , à lui livrer les forteresses , et se fait le même jour proclamer doge. La soumission de Baptiste Frégose servit d'exemple à toute la ville , et assura à son oncle la jouis r sance paisible de son usurpation.

L'an 1487, les Florentins se rendent maîtres de Sarzane ,

craignant d'ailleurs que les Florentins, à la faveur des divisions qui commençaient à renaître parmi les Génois , ne fissent de plus grands progrès dans les terres de l'état, il se détermine à remettre Gènes sous la domination du duc de Milan. Les principaux Génois approuvent ce parti. On députe à Ludovic Sforce , régent du Milanez , pour traiter avec lui ; et au retour de la députalion , les bannières du duc Jean-Galéas-Marie sont arborées dans Gènes, dont Augustin Adorne est norumé gouverneur. L'an i4:j5, Charles VIII, roi de France, excité par les Fregoses et les Fiesques . fait une tentative infructueuse sur l'état de Gènes. La flolte qu'il avait envoyée sur les côtes de la république , est battue et pillée; son armée de terre, qui

était sous les murs de la capitale, se retire en apprenant la nouvelle «le cette défaite. , Sarzane , que Charles VIII avait obligé les Florentins de consigner entre ses mains, retourne, en 1.49b", sous la domination des Génois par l'abandon du comte Antoine de Luxembourg qui en était commandant.

Le* Génois, l'an 1499 , Voyant Louis XH , successeur de Chartes VUI , maître de Milan , lui envoient dans cette ville une ambassade pour se mettre sous ta domination de la rrance.

L'àn i5o6, le peuple s'élève côntrè la noblesse, et pousse les choses àù point que les nobles sônt obligés de quitter fa ville, abandonnant à la fureur dè la populace leurs hôtels, qui furent pillés et saccagés. Philippe Ra*stein , gouverneur pour le roi, fait de vains efforts pour éteindre cet incendie. Voyant "ton autorité méprisée , et la populace maîtresse du gouvernement, il quitte Gênés, le octobre , pour retourner eh France, après avoir pourvu le château d\uie bonne garnison

de Roccabertin , son lieutenant. Le départ <l

sous les ordres de Roccabertin , son lieutenant. Le départ dë Kavestein rendit le peuple et les tribuns, qu'il s'était choisis, lus fiers et plus insolents. Favorisés sous main par le pane ules 11 , comme on le reconnut par là suite , ils élurent pouf

doge Paul de Novi , teinturier en sole , abattirent la bannière de France , et y substituèrent celle de l'empire. Louis XII , résolu de punir cette révolte , après avoir inutilement essaye "de la calmer, passe les Alpes à la tête d'urie armée, s'arrête quelques jours à Asti , et dé là , continuant sa route par les •gorges de l'Apennin, force les passages occupés* par les rebelles, £t entre dans Gênes , le 28 avril 1S07 , l'épée hue à la main ', 'sarfs vouloir qu'on lui parle d*aceommodemeht ; mais bientôt les larmfcs des anciens , qui viennent lui démander grâcë a genoux, le désarment. Il remet son épëe dans le fourreau', pardonne au peuple, et se contente de lui imposer une taxe de trois cent mine écus, payable en quatorze mois, dont ensuite il lui remit le tiers. Après avoir changé le gouvernement , ordonné de bâtir une forteresse au cap du Phare , et condamné à mort quelques-uns dés rebellés, il part lë 14 mai, laissant pour gouverneur à Gènes, ftodôlfe de Lan no 1.

Le pape Jules II, l'ennemi le plus implacable de Louis XII , entreprend , l'an i5io, de faire révolter de nouveau les Génois. Déjà Colonne était dans le voisinage de Gênes avec les milices papales ; déjà les galères des Vénitiens , après avoir pris Sestri et Chiavari , paraissaient devant cette ville , espérant f

* DES DOGES t)E cfc^feS. : T,

voir éclbre le sodfê vement que le pape y ménageait : mais j ic(î lie brahla , et Gênes ayant rëfcu divers secours , il fallut se retirer. Il en coûta cher, (lit Muratori , à qui voulut s'en retourner par terre. Au commencement fa septembre , le papë rnvoya contré GÊncs une Ilot te plus nombreuse que lâ première. Il comptait que lés Suisses viendraient eh même tems lui donner la main pour assiéger la placé ; mais les Suisse» ne parurent point, et les Génois, avant armé un grand nombrê de vaisseaux , donnèrent la c liasse à c^ux du pape.'

L'an i^>t2, 1rs affaires des Fiançais" ayant mal tourné èft Italie, les Génois commencèrent à se dégoûter de leur domination. Jules II , qui entretenait ces dispositions par ses émissaires, détacha de l'armée de la ligue Jean Frégose , pour l'envoyer, avec quatre mille hommes , à Cènes. A son àmvéë; le peuple se révolta contre les Français , qui n'eurent qUe Ife teins de se renfermer dans les Forts JfcAN FitÉcoSE. peu de jours après, fut proclamé doge\ L'an i 5 1 3 , Louis Xll ayant fait partir une flotte pour aller soumettre Gênés, les Adornes excitent un si grand tumulte dans la ville, que le doge à peihfe à sauver sa vie par la fuite. Gènes retourne à la France , et Antoine Adorne en est nommé gouvérnéur pour le roi. Louis Frégose était cependant toujours maître «lu château. 11 était

Îtrès de l'abandonner , lorsqu'il apprit la défaite des Français a a bataille de Novarré , donnée le t> juin. Cette nouvelle ranima son courage et celui de ses partisans. Jean Frégose arrive avec une flotte devant Gènes, tandis qu'Oclavien trégose s'y reud par terre, à la tête de trois mille hommes, que le vice-roi de îSaples lui avait fournis. Les Adornes, se voyant sans ressources, sortent de Gé*nes la nuit du îG au Ij juin , et le leuderriain , Octavien FRÉGOSE est proc lamé doge par quatre cents citoyens. Peu de tems après, il assiège le fort de la Lanterne où les Français s'étaient retifés. La place, après une vigoureuse défetisé, se rendit le 26 août 1 5 1 4 -> faute dé secours. L'an i5iS, François 1 , nouveau roi de France , traite avec le doge Frégose , et l'engage à lui remettre Gènes dont il le fait en mêrîlfe tems gouverneur en soh nom.

Le marquis de Pescaire et Prosper Colonne , généraux de l'empereur, accompagnés des Fiesques et des Adornes, viennent se présenter, au mois de mai 1622, devant Gènes. Us assiégeht la place , chacun de sort coté , avéc deux corps d'armée séparés. Pierré JNavârré , pour lors au service de la France, était arrivé dans la ville deux jouis auparavant avec deux mille hommes d'infanterie, faisant espérer un renfort plus considérable. Le gouverneur , pour traîner l'affaire en XV If F, 4

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longueur « négocie un accommodement avec Colonne ; mai* tandis qu'on est sur le point de conclure , le marquis de Pescaire fait donner l'assaut à la place , et y entre par la brèche , avec ses troupes, la nuit du 3o mai. Gènes fut pillée cette nuit et le jour suivant On fit prisonnier Navarre et tous les officiers français. Octavien Frégose se rendit au marquis de Pescaire , qui remmena avec lui , selon les uns , qui le remit en liberté, suivant les autres, moyennant quinze mille ducats d'or. Quoi qu'il en soit, il mourut au bout de quelques mois. Nul doge avant lui n'avait gouverné la republique avec autant de sagesse et d'équité.

Antoine Adorne est élu doge trois jours après la prise de Gênes. Ayant fait venir de rarlillerie de Pise, il se rendit maître aisément des forts, dont les garnisons obtinrent la liberté de retourner en France.

Les Français, l'an i5zj , étant rentrés en Italie, Pierre Navarre et César Frégose viennent bloquer Gênes par terre , tandis qu'André Doria , amiral de France , ferme rentrée du port avec ses galères. La ville, pressée par la disette, et n'espérant point de secours , prend le parti ue rentrer sous la doraination de la France. En conséquence, elle ouvre ses portes aux Français, qui se contentent de piller le palais du doge, qu'ils trouvèrent vide; Antoine Adorne s'était retiré dans le château, lautrec , général des Français , envoie Théodore Trivulce pour gouverner Gênes.

L'an i5a8 , Gênes change encore de maître. André Doria n'ayant pu obtenir, du roi de France, la liberté de sa patrie, passe au service de l'empereur, débauche Philippin, son neveu, pendant qu'Antoine Doria se saisit des galères du roi dans le port de Gênes. André, ayant ensuite surpris Gênes, avec cinq cents hommes, le 12 septembre, oblige Trivulce à se renfermer dans le château , dont il fait aussitôt le siège. Les Génois, ravis de cette révolution, courent, dans le même teins, assiéger Savone, que les Français avaient démembrée de l'état de Gênes. Les deux places se rendirent après une courte résistance ; la première fut démolie , et le port de la seconde fut comblé. Le calme étant rendu à Gênes, pour anéantir à jamais les divisions et les factions entre les nobles et les plébéiens, on établit une nouvelle forme de gouvernement, qui a été trouvée si sage, qu'on n'y a rien chance jusqu'à nos jouis : ce fut d'agréger aux vingt-huit familles Tes pins illustres (à l'exclusion des Adornes et des Frégoses ) , toutes les autres, tant nobles que plébéiennes, qui avaient été admises jusqu'alors aux honneurs et aux magistratures. De là vient, dit Muratori, qu'il y a laut de Doria , tant de Spiuola , tant de Grimaldi, tant de

DFS DOGES DF. GÊNES. 2f

Fiesques, etc. Quant au reste des citoyens,, qui n'étaient que le plus petit peuple, il fut exclus du gouvernement. Il fut ensuite réglé qu'on élirait un doge tous les deux ans pour régir l'état, avec huit gouverneors, et un conseil de quatre cents personnes. On élut sur-le-champ pour doge , Ubert CatanÉS. ( Voyez la liste de ses successeurs à la fin de cet article. ) André Doria fut nommé censeur pour sa vie. On lui érigea une statue, et il continua de servir l'empereur sur mer.

L'année i547 s'ouvrit à Gènes par une scène des plus bruyantes. Cette ville, depuis dix - neuf ans, jouissait d'une grande tranquillité par les soins d'André Doria, que la considération personnelle qu'il s'était acquise avait rendu comme le maître à Gènes. Jean- Louis de Fiesque ,. comte de Lavagna % . jeune homme plein d'esprit , de eourage et d'àmbition,' voyait,, avec un œil de jalousie, l'état et la fortune de ce grand homme. Mais ce qui le blessait encore davantage, c'était la prospérité de Jannetin Doria, son égal en âge, en richesses et en mérite, le bras droit d'André, son oncle, qui n'oubliait rien pour lui faire passer, avec ses biens , son crédit et son autorité. Irrité d'ailleurs par la fierté de Jannetin , moyen sûr de se faire haïr f Jean- Louis de Fiesque pratiquait, depuis long-tems, des intelligences avec la France, pour faire recouvrer à cette couronne la souveraineté de Gênes. Le duc de Parme, ennemi des Doria, était dans la confidence, et avait promis de fournir de* troupes à Fiesque. Tout étanteoncerté dans le plus grand secret,' celui-ci, la nuit du i er . au a janvier i547» a P re s avoir introduit dans Gênes quelques centaines des plus hardis de ses vassaux bien armés, rassemble ses amis , leur fait adopter son dessein , et sort avec eux, suivi de ses gens. Sa première opération fut de s'emparer de la porte dè l'Arc; ite la, il envoie ses deux frères, Jérôme et Ottobon, pour se rendre maîtres de celle de Saint-Thomas. Jean - Louis court cependant à la Darse , pour mettre sous sa main les galères d'André Doria. 11 y réussit : mais Jannetin, dont le palais était voisin du port, s'étant éveillé au bruit que faisaient les mariniers et les forçats ^ s'habille à la hâte, vient se présenter à la porte de Saint-Thomas, et demande impérieusement qu'elle lui seit ouverte. Pour toute réponse, on le perce de mille coups. Ce fut un miracle qu'on n'alla pas de là au palais d'André Doria, pour lui faire subir le même sort. Il était alors retenu dans son lit par la goutte. Ses domestiques entendant la populace, qui s'était jointe aux conjurés, crier partout, liberté , Fiesque! le prennent, le mettent sur une mule comme ils peuvent, et remmènent dans un château des Spinola. On attendait le reloue

*8 OJBQ^QLOSIE HMTOBIQ^

g*u. héros çle J* scène pour la. compléter , en le conduisant *n palais 4^cal ; mais Jean-Louis de Ficsque n'était déjà plus. U fêtait noyé er* passant sur une planche , pour aller à U <*pifane 'des galères, lorsque sa mort fut divulguée, les copjurét perdirent courage; et quoique Jérôme, son frère, cantinuâf vie faire le brave , \\ se trouva tellement, abandonne , qu'il eu| peine à gagner son château de Mpqlobbip,. H y fut pris avec les autres conjurés, et tpus furent condamnés, au dernier supplier. Ainsi finit la conjuration des fiesqu.es, qui, sans un coup singulier de la Providence, qu* sait se jouer des mesures les plut Steemenf combinées, devait procjujre unç révolution nouvelle dans l'état de Çênes.

Lan i55,3, descente des Français et des Turcs, ligués eo-r semble, dans l'île de Corse, sous les ordres du wartpiis dç Termes. Ils soumettent eu peu d<? tems toute l'île par U faible distance des habitants, ennepais < fe? QctiQÎf« leurs maîtres.

n'y eut que Calyi et Basjie qui , élan* assiégé*, refusèrent e se rendre. Au mois de septembre , les Turcs ayant été rap-t elés par le sultan , le marquis de Termes passe e» Provence pour y ramasser de nouveaux secours d'h.Qmraes et de muftitiops. Lés Génois ne s'endormirent pas ^ur cette nuuvelle entreprise des Français. Ayant rassemble huit mi) le hommes d'infanterie t ils en donnent le commandement à André Ukma, qui, hier* qq'âgé de quatre-vingt-quatre aps , accepta cette çommissio a par zèle pour la patrie. Il nomma pour son lieutenant Augustin Spinola, qu'il fit partir avec trois uiille hommes pou/ aller au secours cfe' Çalvi assiégé par de Termes- Spinola contraignit, l'année suivante, le marquis de lever le siège de cette place. î)oria et Spinola recouvrèrent epsuite la Bastie ; après rçuai ils allèrent faire le siège de Safl-Fiorenza , qui fut vaillamment défendu nar Joucdauu u>s Ursin* , à la téte de deux franr çais. J.e bonheur des Génois voulut que la, flotte qui amenait de Marseille du secours a\t marquis de Termes^ fut si wltraitée par la tempête, qu'une partie échoua, vers, PiomP'^Q, et l'autre reprit la route 4e Provence- Ce conjre-teras obligea desUrsitu à rendre San-Fioreuzo. Jxs hostilités continuèrent dans, cette île, tantôt à l'avantage des Français, appuyés par les Corses» tantôt à celui des Génois, jusqu'à la paix.de Çateau-Cambresis, conçlue le 2 avril i55o, , entre la France, et IM.sp agne. La France, par le traité, s'oblige de restituer aux Génois ce qu'elle leur avait pris dans l'Ile de Çorse- San-piçtro , .seigneur d'Ornano , chef des Corses rebelles, prit le parti de sç retirer en France.

André Doria meurt , le a5 30.vera.Ue *5fc>, à. Cènes,, dan» sa (juatre-vinçt-qiiatorzièufie année. « U.fut > 4îi M* de 8fteq*it

£ BES DOf.IS SE GÊKES. > JW)

* , ta\ dfs plo* grands capitaines et un des meilleurs ». hommes de mer- de son tems; et ce qui ne se rencontre pas

* tou jours dans les graqda hommes , il lut peut-être le meilleur

» citoyen^

, Lan |5G4 , San^Pietre* repose en Corse et y excite uns nouvelle révolution, U soutient la guerre contre les généra u» «je la république pendant trois ans; mais il eut enfin le sort des rebelles. Au mois de janvier 1566, il fut tué dans une embuscade par Michel- Ange d'Ornane , son beau-frère, dont il avait étranglé 1^ scsue Va.u.nina , sa femme. En mourant , il dit : Je s,uis un barbare , Vannina est vengée. Alfonse d'Qrnano , son liU, prit Sâ place, et fut reconnu pour capitaine-»général par les rebelles. Il remporta quelques avantages sur les Génois. Mais, Tan i568, Georges, Poria , nouveau gouverneur de Corse, ayant fait publier une amnistie, les Corses, las de la guerre, revinrent* | obéissance, L'an i56o,, Alfonse, se voyant aban^ donné, retourne en France, nù dans la suite il mérita, pa* ses services , io bât ou de maréchal.

L'an i5y5 , disputes des anciens et des nouveaux nobles génois. Le régkment do \SzH avait été fait pour confondre ces «Jeu,* classe^; wa« les anciens ppfcies avaient obtenu, en 1 547 * un nouveau règlement , qui leur accordait quelques prérogatives a^ oWM?<W3Utreiu Le refus qu'ils firent, en i&74 ? d agréger au çorps (]e la noblesse quelques familles plébéiennes, à nui leurs services semblaient avoir valu cet honneur , irrita les nouveaux nobles, et les porta à demander l'exécution pure et simple i|u règlement de iS^cX Le peuple se déclara pour ces derniers * et l'on se prépara, de part et d autre , à se faire justice par (a voie des artoes. presque toutes les puissances de l'Europe s/entremirc^t pour apaiser ce différent % par la crainte que Quelqu'une d'entre elles ne s'en prévalût pour s'assujettir l'état de Gênes. EUvsy réussirent : le règlement de §547 fut anéanti, fan, 1576, par Ws a/bitres qu'elles nommèrent, et l'en autorisa les nouvelles agrégations des plébéiens au corps des nobles. Çe règlement rétablit le calme , et les Génois jouirent d'un* paix consente au dehors et au dedans pendant les cinquante années qui suivirent,

La république , en i l'a 4 , acquiert de l'empereur le marquisat de Zuccarcllo. Cette acquisition irrite, contre les Génois, Çharles-Km manuel, duc de Savoie, qui avait dos prétentions sur ce marquisat. 11 engage le roi de France et les Vénitiens à conclure une ligue avec lui contre les Génois. Ayant reçu d'Lspagnc un prompt secours, ils repoussent les ennemis, qui reperdeot leur* connûtes aussi promptement qu'ils les avaient

30 CHRONOLOGIE HlSTORTQfJB

faites, la même année ( 1626) le sénat institue le tribunal de» inquisiteurs d'état sur le modèle de celui de Venise. • L'an 1627 , Vachéro, riche plébéien, outragé par quelques nobles , forme le projet d'écraser toute la noblesse. Il va trouver le duc de Savoie pour lui faire part de son dessein : le duc l'encourage à le suivre, et lui promet sa protection. Vachéro , deretour à Gênes , s'attache tout ce que la ville a d'hommes déshonorés et perdus de dettes : il gagne, par des présents, des marchands, des artisans et même quelques nobles : il fait un grand amas d'armes, et n'oublie enfin aucune précaution pour se rendre maître du succès. Mais le secret est trahi par un des conjurés. Vachéro et ses principaux complices sont arrêtés. Le duc de Savoie, apprenant qu'on instruit leur procès, ne rougit pas de se déclarer l'auteur de la conjuration. 11 fait les plus terribles menaces, si l'on exécute les coupables. Le sénat /persuadé que l'intérêt de l'état exige leur punition , condamne Vachéro et ses trois complices à perdre la tète. Le duc de Savoie, comme on s'y était attendu , sacrifie son ressentiment à sa gloire. {Voy* Charles-Emmanuel.)

L'an i63< , la paix est signée, dans le mois de novembre , à Madrid, entre Victor- Amedée, pour lors duc de Savoie, et la république de Gênes.

L'an 1672, conjuration de Raphaël de la Torré , fils d'un célèbre jurisconsulte génois, concertée avec le duc de Savoie , contre la ville de Gènes. Elle est découverte par un des complices; la Torré prend la fuite, et les inquisiteurs de l'état confirment une sentence de mort, portée, l'année précédente , contre la Torré, pour crime de brigandage. Ce contre- tems n'empêf ha pas le duc de Savoie d'exécuter le dessein qu'il avait formé de déclarer la guerre aux Génois. Il la fit avec beaucoup d'ardeur, mais avec très-peu de succès, jusques vers la fin de 1672. L'année suivante, la paix se fit , par la médiation du pape , du roi de France et du roi d'Espagne. La république' conservait depuis long-tems un attachement invariable pour cette dernière puissance. La France en devint jalouse. La partialité des Génois

Î)our les Espaguols s'étant manifestée plus ouvertement depuis a paix de Nimègue , Louis XIV s'en offensa. D'autres sujets de mécontentement que les Génois donnèrent à ce monarque , armèrent son bras pour les punir.

L'an 1681 , la Torré, après avoir mené une vie errante en divers pays , employé les moyens les plus horribles, mais sans succès, pour se venger de ses ennemis, est assassiné à Venise par un inconnu.

L'an i6b"4 , Louis XIV envoie devant Gênes , une flotte

considérable , sous les ordres de M. du Quesne, accompagné du

marquis de Seignetai , secrétaire d'état au département de la marine Ce ministre f avant de commencer les hostilités, offrit la paix aux Génois a des conditions raisonnables, avec menaces de les bombarder. « Leur sénat , dit M. de Mabli , qui poia- •> vait terminer cette affaire en livrant quatre de ses galères , » en envoyant quatre de ses membres à Versailles pour faire » satisfaction au roi et lui demander sa protection, se piqua a» malheureusement d'une fermeté qui ne pouvait durer. Il » n'aurait pas tenté de mesurer ses forces avec celles de la » France, si les grandes terres que la plupart des nobles nossé- <» daient dans le royaume de Naples , ne l'avaient forcé d'avoir é des ménagements extrêmes pour la cour de Madrid. Les » Français commencèrent le bombardement le îb* mai, et le * 24 » «* firent une descente, au nombre de quatre mille, sous a» la conduite du duç de Mort emart, dans le faubourg Saint» » Pierre d'Arène , qui fut entièrement brûlé. » Le bombardement cessa le 28 mai , après avoir embrasé , renversé palais , églises, monastères et quantité d'autres édifices. 11 serait difficile de peindre la confusion et la désolation où celte superbe iîlle se trouva. La flotte, après cette expédition , retourne en Provence. Touché de compassion , le pape s'intéresse pour les Génois , et charge Ranucci, son nonce en France, de travailler à leur réconciliation avec le roi. La négociation fut longue; et il ne tint pas à la cour de Madrid qu'elle n'échouât. Ses émissaires firent- tous leurs efforts pour détourner les Génois de donner à Louis XIV la satisfaction qu'il exigeait d'eux. Mais enfin , malgré les intrigues des Espagnols , l'accommodement fut signé a Versailles le 12 (et non le 22 ) février i685. Il portait en substance, que la république congédierait les troupeFespagnoles qui étaient dans ses terres, qu'elle supprimerait toutes les augmentations qu'elle avait faites dans sa marine depuis 1 683, et que le doge, sans perdre sa dignité (dont la loi le déclare déchu dès qu'il est sorti de la ville) viendrait, avec quatre sénateurs , témoigner au roi la douleur que ressentait la république d'avoir encouru son indignation. ' Ce dernier article fut exécuté le i5 mai suivant. L'accueil que le roi fit au doge ( François-Marie-Impérialé ) adoucit, en quelque sorte, l'humiliation du personnage qu'il était venu faire en France. Il partit le 2A du même mois, après qu'on lui eut montré tout ce que Paris et la cour offrent de plus curieux. On sait la réponse qu'il fit lorsqu'on lui demanda ce qu'il avait trouvé de plus singulier en France : C'est de m'y voir. Le jour de son dqgart , on lui porta , de la part du roi , le portrait de sa

majesté, garni de diamants, avec deur tehtum dé tapîsserUl rehaussées en or.

Là république acquiert de l'empereur, par contrat du 10 août 17 le marquisat de Fihàl, qui avait fait autrefois parti* de ses domaines. La cour de Turin fat jalouse de cette acquit lion , pour laquelle elle avait fait des offres plus avantageuse* que celle du sénat de Gênes*

L an iy3o , soulèvement des Corses , oeeasioné par la du* relé du gouvernement génois. I.e sénat envoie, pour l'apaiser* Jérôme véneroso , personnage fort estimé de ces insulaires 4 qu'il avait autrefois gouvernés avec beaucoup de sagesse et d'équité. Il sortait depuis deiix ans du dogat , où sort mérite avait acquis un nouveau lustre. Les mécontents le reçurent avee respect ; mais un de leurs chefs ayant été arrêté et mis à mort $ à l'insu de Véneroso , cet événement augmenta leur fureur ; et lit échouer la négociation. Pompiliana, général des rebellés $ prend Bastia par escalade , et met le feu aux maisons des prin* çipaux de la ville. 11 est pris la m£mc année par les Génois, et mis à mort secrètement. L'an* 17^1 , les Génois, voyant les rebelles déjà maîtres de la plus grande partie de l'île, implorèrent le secours de la cour de Vienne. L'empereur leur envoie un renfort de trois mille hommes, commandés par lé baron Wachtendonc. Cette troupe étant arrivée dans l'île le 9 août, dégagea la Baslie, bloquée par les rebelles. Mais, s'étant mise en devoir de les chasser des autres postes qu'ils occupaient* elle trouva des gens , dit Muratori , qui ne connaissaient pas ht peur. Vers la mi-août , les Corses donnèrent aux Allemands deux échecs , qui obligèrent les Génois à demander un nou*» veau secours a 1 empereur. Le 24 septembre , deu* mille deu* cents allemands s'embarquèrent a Gêne! , et se rendirent a ta Lastie. H y eut entre les deux armées divers combats , où la victoire se déclara tantôt pour un parti, tantôt pOur l'autre ; mais , sur la fin d'octobre , les Allemands , en voulant passer à San-Pellcgrino, tombèrent dans une embuscade, où ils* perdirent plus de mille hommes, tant tués que blessés. Les ma-* ladies et les désertions achevèrent de ruiner ce corpS;

L'an 170*2 , les Génois obtinrent de l'empereur un troisième renfort, plus considérable que les deux précédents, Sous le* •rdres du prince Louis de Wurtemberg. Ce général s'appliqua moins a combattre les rebelles, qu'a négocier avec eux. Leur ayant fait proposer, le 17 et le 19 avril, nue amnistie et un pardon général , sous la garantie do l'empereur, il engagea par là Giafféri* Ciaccaldi , Paoli et les autres chefs , à venir conférer en sa présence avec les ministres de la république. Les conférences s ou-

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vrirentâ Corté , le 10 mai. Après avoir aplani les difficultés, on signa la paix à des conditions honorables pour les Corses. Les troupes allemandes commencèrent alors à reprendre la route de ta Lombardie, chacun étant persuadé que les semences de discorde étaient entièrement étouffées. Mais on fut bien étonné, lorsque les chefs des Corses , étant venus faire leurs soumissions au gouvernement génois , furent arrêtés et mis en prison , par un ordre émané du sénat , pour servir d'exemple à la postérité. La cour de Vienne, instruite de ce traitement inattendu, envoya promptement des ordres-pour mettre ces prisonniers en liberté. En vain le gouvernement allégua qu'ilss'étaientrendus indignes de la protection de l'empereur, pour avoir contrevenu aux conditionsdu traitéde paix.Ce prince demeura ferme à exiger qu'ils fussent élargis, et ils le furent après plusieurs mois de prison.

L'an 170J, décret de l'empereur, donné le 16 mars, et publié sur la fin de mai , par lequel il confirme la capitulation accordée aux Corses par la république de Gênes. Les chefs des Corses aimèrent mieux s'expatrier que s'y soumettre ; mais l'esprit de révolte ne sortit pas de l'île avec eux. Les Corses, • voyant l'empereur occupé à défendre ses états d'Italie contre la France et l'Espagne, profilèrent de cette diversion pour exciter de nouveaux troubles. L'an 17^4, le 1 1 avril , ils se rendent maîtres de Corté. Déterminés, l'an i7*>5, à s'affranchir pour toujours de la domination génoise, ils publient, le 3o janvier, un règlement pour l'établissement d'une république indépendante dans la Corse. Ciaccaldi , Paoli et Giafléri étaient alors de retour. Ils furent reconnus primats de la nouvelle république, avec le titre tfaUfsse royale. • L'an 17^6, un vaisseau anglais, parti de Tunis, arrive au port d'Aléria, dont les rebelles étaient maîtres, et y débarque, vers la mi-mars , le fameux Théodore , baron de Newhof , avec une suite de quinze personnes. L'arrivée de cet étranger, dont la bonne mine , les largesses et les promesses enchantent les Corses, fait changer le système du gouvernement qu'ils avaient commencé d'établir. Il n'est plus question d'une république; on préfère la royauté ; et, le i5 avril, Théodore est élu rot dans une assemblée générale, tenue à A lésa no Né dans le comté de la Marck , élevé en France , marie en Kspagne , Théodore avait moins de fortune que de naissance, de projets et de talents. Son premier exploit militaire , après son couronnement, fut une entreprise sur la ttastie , où il échoua. Il fut plus heureux dans ses autres expéditions, et se trouva maître en peu de teins de toute l'île , à l'exception des principales places maritimes. Le 1 4 novembre ( 1 736), il s'embarque pour aller former en Hollande une compagnie de commerce , qui XVIU. 5

aurait intéressée à sa royauté. Les Corses, pendant son absence, continuent de lut être fidèles et de se défendre contre les Génois.

Théodore est arrêté vers le mois de juin 1787 , à Amsterdam par ses créanciers : il trouve moyen de les satisfaire , et obtient son élargissement. Les Génois, convaincus par l'expérience que kws forces seules ne suffisaient pas pour soumettre la Corse , implorent le secours de la France , qui se rend à leur demande après plusieurs mois de négociation. Six bataillons français 9 commandés par le comte de Boissieux, débarquèrent , le S février 1738, tant à la Bastie qu'à St.-Fiorenzo. M. de Boissieux «tant mort le premier février 17^9, fut remplacé par le marquis de Maillebois ; qui , avec les nouveaux renforts qu'il reçut de la France, eut la gloire de pacifier la Corse en 1740. Les troubles se réveillèrent en 1742 , et donnèrent de nouvelles inquiétudes aux Génois.

L'an 1743, un autre orage commence à menacer les Gé noi. Le i3 septembre, par le traité de Worms, l'impératrice-reine de Hongrie vend au roi de Sardàigne le marquisat de Final , que la république de Gènes, comme on l'a vu , avait acquis, lé 20 août 1713, de l'empereur Charles VI, père de cette / princesse. Les Génois , après avoir fait des remontrances inutiles à la cour de Vienne, sur l'injustice de cette vente, se préparent à défendre le domaine qu'on veut leur enlever. L'an 1745» traité de la république avec les rois de France, d'Espagne et de Naples, par lequel ces trois puissances lui garantissent le marquisat de Final , moyennant la promesse qu'elle fait de joindre à leurs troupes un corps de dix- mille hommes , avec un train d'artillerie. Le 27 septembre , une escadre anglaise bombarde Gènes, sans lui faire presque aucun mal. Elle va faire ensuite la même expédition sur Final et San-Remo, et vient à bout d'écraser ces deux places. L'an 1746* les Français et les Espagnols , en se retirant de l'Italie , laissèrent les Génois exposés à tout le courroux de leurs ennemis. Le 19 août , le comte de Brown arrive devant Novi , dont il se rend maître sans difficulté. Serravallé ne tient qu'une journée contre les attaques du roi de Sardàigne, qui pénètre de là jusqu'à Savone et à Final. L'armée autrichienne ayant forcé le pas ■ de la Bocchéta , le premier septembre , s'avance jusqu'au faubourg de Saint-Pierre d'Àrena, où , le 5, elle établit son quartiergénéral. Les Génois se voyant près d'être assiégés, députent, 1.' 5 septembre, au marquis de Botta, général de l'armée, pour 1 assurer de leur soumission envers l'impératrice-reine, et de la disposition où ils sont de garder une exacte neutralité. Le marquis ayant reçu favorablement les députés, se transporte le.

lendemain (6 du même mois) à Gênes, où il signe une capitulation assez douce ; mais devenu maître de la place , il use de ses droits avec la dernière rigueur. H fait prisonnière de guerre la garnison , exige que toutes les munitions et toute l'artillerie lui soient livrées, et impose une contribution de vingt -quatre millions aux "Génois. Ses troupes, qu'il avait promis de contenir dans une exacte discipline, exercent impunément ie brigandage partout où elles se trouvent.

Ûe son côté, le roi de Sardaigne entre, le 19 septembre y 'dans Savone, dont il fait bloquer le château. Sept jours après, il oblige Final a capituler , et recouvre ensuite le comté dè Nice, après que les- Français ont repassé le Var. Le 2H octobre, M. Diffentaler, officier suisse, qui commandait à Yintimilte, rend, la place aux Piémontais , après la plus glorieuse défense.

xnents des Autrichiens , commençait à murmurer tout hautw Le 5 décembre, il éclate à l'occasion suivante. Les Autrichiens, voulant faire le siège d'Àntibes, entreprennent d'enlever la superbe artillerie de la république. L'officier qui présidait & cet enlèvement » frappe de sa canne un génois pour le contraindre d'aider à dégager un mortier qui avait enfoncé la voûte d'un aqueduc. La populace aussitôt crie aux armes, et s'en étant fournie en enfonçant tes boutiques des armuriers, elle poursuit les Allemands, et les oblige à se retrancher dans leurs postes. Le lendemain , sVtant donné des officiers , elle combattit en règle, et ses succès furent tels, que, le 10 décembre, les Allemands, avec le marquis de Botta, leur général , évacuèrent entièrement la ville, et se retirèrent en désordre à la Boc— chéta, d'où ils repassèrent en Lombardie. Après celte expédition , les Génois voulurent tenter le secours de la citadelle de Savane , que les Piémontais continuaient d'assiéger ; mais te fut en vain. Le marquis Augustin Adorne, commandant de la place , n'ayant plus d'espérance de la sauver , se rendit le a 9 décembre.

• L'an 1747» les Autrichiens, au nombre de vingt ou vingtdeux mille hommes , sous les ordres du comte de Schullembourg, se mettent en marche , le i2 mars, pour rentrer dans l'état de Gènes. Les Génois leur disputent pied à pied tous les passages , et ne peuvent néanmoins les empêcher d'approcher de la capitale. Sur ces entrefaites , le duc de Boufflers , général français, arrive à Gênes le premier mai. Le secours qu'il amène, ceux qu'il fait espérer, les mesures qu'il concerte avec le sénat pour la défense, rassurent les habitants. Il repousse les attaques des ennemis, leur en livre lui-même plurieurs dans leurs différents postes , et presque toujours avec

succès ; mais tous ses efforts ne. peuvent forcer les Allemands à lever le blocus qu'ils avaient formé. Ayant reçu leur artillerie par la mer , ils se disposaient à faire le siège de Gènes en règle , lorsque le roi de Sardaigne rappela ses troupes , qui étaient dans l'armée autricbienne. Ce prince en avait besoin pour les employer a la défense de ses états, menacés par l'armée française , qui avait passé le Var. Scbullembourg se trouvant alors trop faible , prit le parti de retourner en Lombardie , et leva le blocus, non le 3, comme le bruit en, courut alors en Italie , mais le 6 juillet. M. de Boufïlers était mort de la petite vérole, le a du même mois , emportant dans le tombeau les regrets bien mérités des Génois. Il fut remplacé par le marquis de Bissi, auquel succéda, dans le mois de septembre, le duc de Richelieu. {Vvy. Louis XV, roi de France.) Le i5 octobre, le duc se met à la tête de toutes les troupes auxiliaires, qu'il partage eu trois colonnes, pour déloger les ennemis des postes qu'ils occupaient encore dans l'état de Gênes*

Lan 1748, au mois de janvier, le marquis de Koquépine , envoyé par ce général pour attaquer Varaggio, près Savone, occupé par les Piémontais, s'empare de ce bourg , dont il fait la garnison prisonnière, et l'abandonne ensuite , après en avoir fait détruire les murs. Le 18 février, affaire de Voltri, dans laquelle M. de Richelieu repousse vigoureusement le comte de Nadasti , qui attaquait ce poste , défendu par le marquis de Monti La perte des Autrichiens , en cette occasion , fut considérable. Cependant ils firent encore, jusqu'à la paix , diverses tentatives contre Gênes , qui échouèrent 'par la valeur et les soins du général français. Le 28 octobre , la république de Gênes accède au traité d'Aix-la-Chapelle, dans lequel le roi exigea , préalablement a tout , qu'elle serait rétablie dans toutes les possessions qu'elle avait avant la guerre. Le sénat consacra sa reconnaissance envers sa majesté , dans la personne de ses généraux, en décernant une statue de marbre au duc de Richelieu , qui venait de recevoir le bâlon de maréchal de France , en inscrivant dans le livre d'or de la noblesse génoise les deux branches de sa maison , le fils du feu duc de liouf tier s , le marquis de Chauvclin , premier ofticier- général , sous leurs ordres, et le comte de Humada, qui avait commandé aussi sous leurs ordres un détachement espagnol ; les deux premiers eurent permission, en outre, d'écarleler les armes de la république dans leur écusson.

Revenons aux affaires de la Corse. Les troubles avaient été assoupis, en 1744» P ar ^ es soins du père Léonardo , célèbre missionnaire de Tordre d'Alcantarâ : mais les ennemis de la république les avaient réveillés l'anuée suivante; et Dominique

DIS DOCKS DE GÊNES.' 3f

Rivarola, officier pjémontais, assuré de leur secours, avait excité dans l'île une nouvelle révolte. 11 prit la Bastie, le 20 novembre de la même année , San-Fiorenzo et San Pellégrino , Pan 174^» et perdit la Bastie peu de tems après. L'an 1748, il obtint des puissances alliées de puissants secours pour reprendre cette place; mais il mourut vers le mois de mars de cette année. Les rebelles lui ayant substitué Mario Matra , commencèrent au mois d'avril , le siège de la Bastie. Le chevalier Cumiana étant venu les joindre avec un corps de troupes autrichiennes et piémontaises , la place fut vivement attaquée ; mais la belle défense de M. Ange Spinola , qui commandait à la Bastie, rendit inutiles les efforts des assiégeants, et les obligea de lever le siège le 28 mai. Les hostilités durèrent encore jusqu'au mois de septembre. Elles furent suspendues , vers le milieu de ce mois, par un armistice que M. de Cursai, commandant des troupes françaises dans l'île, fit publier de concert avec les chefs des rebelles et ceux des troupes auxiliaires. Depuis ce tems , la paix se rétablit insensiblement en Corse.

L'an 1754 , les Corses s'assemblent en grand nombre près de Nebbio , et commencent à donner de l'inquiétude au gouvernement. Pascal Paoli se met à leur tête , et ils en viennent aux mains, dans le mois d'avril, avec les troupes génoises. Le la juin suivant , ils assiègent la tour de San- Pellégrino ; trois jours après, ils sont obligés de se retirer.

L'an 1757, le roi de France , à la prière des Génois , envoie, dans le mois de janvier, des troupes clans l'île de Corse , sous le commandement du marquis de Castries : les rebelles offrent au roi de Prusse de se rendre ses sujets , et ce prince a la générosité de le refuser. L'an 1760, le pape , à la demande des rebelles de Corse, et malgré les représentations de la république, envoie M. César Cresconzio de Àngelis , évoque de Segni , en qualité de visiteur apostolique dans cette île. Le sénat défend à tous les évéques «t aux religieux de Corse , d'avoir aucune communication avec ce prélat, et fait publier un ban pour l'arrêter et l'amener à Gênes. Pascal Paoli s'établit à Corté , dont il fait sa place d'armes.

L'an 176a, Cottoni , l'un des chefs des Corses rebelles, tombe , par un stratagème , entre les mains d'un détachement des troupes de la république. En plusieurs occasions, il avait fait expirer , dans des fours ardents, divers partisans de là république. On fait subir à ce barbare le même traitement.

L'an 1763, le sieur Matra, général des troupes de la république en Corse, ayant attaqué t le ib* juillet, les rebelles dans le retranchement de Furiani , est repoussé avec perte de trois cents hommes. Les religieux Servîtes sont chassés des états de

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la république , le 19 septembre, sur le refus persévérant qu& leur général faisait de rappeler de Corse le visiteur qu'il y avait envoyé.

Lan 1764, Pascal Paoli se rend maîlre , par trahison , dè la tour de l'île de Ciraglia , qui est à la pointe de l'île de Corse, et du poste important de Brando.

L'an 1765^ Paoli échoue, vers la mi-novembre, dans le projet qu'il avait formé de surprendre la Bastie et de saccager la place. L'an 1767, les Corses rebelles font une descente, le y février, dans l'île de < anraia , près des côtes de Toscane, ap* partenante à la république , soumettent toute l'île , à l'exception de la forteresse qui soutient un siège, et se rend enfin le 29 mai.

L'an 1768, le iSmai, traité de la république avec le roi de France, par lecniel elle remet la Corse à ce monarque , en nantissement des dépenses que la France a faites et doit faire pour la réduction de cette île.

L'an 1769 , le comte de Vaux arrive en Corse , le 9 avril * pour achever de soumettre les rebelles, sur lesquels le marquis de Chauve! in et le comte de Marbœuf avaient déjà remporté plusieurs avantages. H avait été précédédans cette île par trente huit batail» Ions et deux légions, et fut suivi des quatre bataillons du régiment Dauphin , qui arrivèrent dans les premiers jours de mai. Etant allé camper à Olléta, en présence des ennemis, il les attaque le 5 mai , s empare du camp de San-Nicolas, et les débusque , le 7 , des hauteurs de Lento , où il établit son quartier général» Le 8 du même mois. , les Corses ayant attaqué le camp des Français , sont repoussés avec perte , et, le 21 , M. de Vaux entre dans Corlé. Ayant passé , le 5 juin , la rivière de Vecchio sous le feu des ennemis , il arrive, le 7 , à Bogognano. Le i3 1 Paoli s'embarque, avec ses compagnons, à Porlo- Vecchio , sur un bâtiment portant pavillon anglais , et le lendemain , le comte de Vaux pari de Bogoenano pour aller recevoir les soumissions du reste des Pièves de l'île.

Pour les événements postérieurs concernant l'état de Gênes , qui s'est érigé en république le 4 juin 1797» sous le nom de BépuLHaue Lig arienne ,et qui, depuis i8i5 , fait partie de la monarchie Sardèf voyez la chronologie oui se trouve a la fin «te cet ouvrage.

DES BOGfcS DE GÊNES.

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