‹ L'art de vivreChapitre 101 sur 168 · CANCER 1)U SEIN · texte numérisé non relu

CANCER 1)U SEIN

les médecins la traitaient avec plus de discernement. On a trop vite dit : cancer du sein quand on rencontre un sein engorgé, bosselé, dur, crevassé quelquefois, qui a résisté durant plusieurs mois ou plusieurs années aux pommades, onguents et drogues bizarres recommandés par les bonnes femmes ou par des praticiens imbus des vieilles idées classiques sur la nature et l’origine du cancer en général : il y a mieux que cela à dire et à faire.

Causes. — Toute jeune fille ou toute femme qui reçoit un coup, une contusion sur le sein et qui ne s’en inquiète pas, peut avoir, par la suite, ce qu’on appelle: un cancer du sein. Sont dans le même cas, toutes les personnes du sexe qui, après l’accouchement ou l’allaitement, présentent dans le sein un engorgement, douloureux ou non, d’une partie plus ou moins grande de cette glande.

Il est évident que ces modifications partielles du tissu de la glande mammaire ne deviendront pas nécessairement, toutes, des soi-disant cancers; mais il suffirait que des chagrins prolongés, de vives et fréquentes émotions morales, suscités par des malheurs domestiques ou des revers de fortune multipliés, vinssent altérer la santé et la constitution, pour (pie les empâtements ou engorgements de la mamelle, même indolores, inoffensifs, bénins de leur nature, prissent un caractère malin, assez pernicieux pour donner lieu à une dégénérescence complète du sein, un véritable cancer.

Traitement et mesures préventives. — Le traitement des tumeurs, empâtements, engorgements, etc., du sein, doit être fait h double fin : pour guérir le sein affecté, d’une part; pour prévenir l’apparition possible d’un cancer, de l’autre.

Ceci est très important pour les femmes et pour leurs familles.

Toute mamelle qui n’est pas souple, élastique, indolore, dans toute son étendue, doit être sérieusement examinée par un homme de l’art expérimenté, surtout si elle a été soumise à l’action de l’une des causes précitées.

Pour peu donc que le sein présente une particularité anormale, il y a lieu de recourir aux soins que je vais indiquer.

Après une contusion ou un choc quelconque, si le sein est un peu sensible à la pression dans une partie de sa substance, de même lorsqu’une main exercée constate l’existence d’un engorgement indolore, ancien ou récent, on applique immédiatement six à huit sangsues sur le point affecté. Après cela, on y entretient, pendant vingt-quatre heures, des cataplasmes légers, tièdes, de farine de lin. Dès que les piqûres des sangsues sont guéries, on met en permanence, sur toute l’étendue du point malade, un emplastique doux, résolutif, tel que l’emplâtre de Bavière, l’onguent de la mère Thôcle, et l’on recouvre tout le sein d’une couche de ouate, en recommandant, pendant douze à quinze jours, le repos quasi absolu du bras correspondant.

Au bout de trois ou quatre semaines, on recommence le même traitement si le mal n’a pas complètement disparu.

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