‹ L'art de vivreChapitre 111 sur 168 · AMAUROSE — AMPUTATIONS · texte numérisé non relu

AMAUROSE — AMPUTATIONS

Au bout de six semaines, l’hiver durait toujours, et la maladie s’aggravait malgré l’arsenic. Cette drogue avait même provoqué des crampes atroces d’estomac. Appelé auprès de cette dame, je recherchai la cause du mal ; je sus bientôt qu’il ne pouvait avoir aucune source interne, et je fus convaincu que la peau soumise à de fréquents et longs refroidissements, le matin et le soir, pendant les soins de toilette, et au commencement de la nuit dans un lit glacé, s’était peu à peu congelée, avait perdu une partie de ses fonctions transpiratoires et déterminé tous les malaises externes et internes que subissait la patiente.

.le fis jeter l 'arsenic à l'égout. La malade chauffa sa chambre h coucher, bassina son lit tous les soirs, et six semaines après elle était complètement guérie de son altération du sang, réelle mais non point dartreuse évidemment.

— A propos de chaque maladie où l’altération du sang joue un rôle, ces vérités recevront confirmation. (Voir Maladies de la puberté.)

AMAUROSE, AMBLYOPIE. Voir Maladies des yeux.

AMENORRHEE. — Suppression des règles. (Voir Maladies des femmes.)

AMNÉSIE ( perte de mémoire). Voir Maladies nerveuses.

AMPUTATIONS. — Dans tous les cas d’amputation, on doit s’attacher à rapprocher le plus possible les lambeaux de peau pour réduire la plaie artificielle k sa plus simple dimension. Lorsque toute la plaie peut être recouverte par la peau, on obtient la réunion immédiate, dite en chirurgie : par première intention. Mais que la plaie soit recouverte en totalité ou béante en partie, les pansements du premier au dernier jour seront faits de la manière suivante :

On applique sur toute la partie opérée un linge sec, fin, qu’on recouvre de ouate ou d’étoupe ou de charpie; et, par-dessus le tout, on met un second linge maintenu k l’aide d’une bande roulée. Pour renouveler ce pansement, on commence, après avoir enlevé le bandage jusqu’au premier linge qui est adhérent k la plaie, par mouiller k l’eau tiède plaie et linge adhérent jusqu’à ce que celui-ci se détache et tombe de lui-même. On essuie alors la plaie et l’on y verse un peu de genièvre ordinaire. Ensuite, on imbibe légèrement de genièvre un nouveau linge fin, pour faire un pansement absolument semblable au précédent.

Jamais, dans aucune de mes nombreuses amputations, je n’ai employé de cérat, de graisse, d’onguent, ni d’antiseptiques d’aucune sorte. L’eau, le genièvre et du linge propre m’ont toujours procuré des succès complets et de rapides guérisons.

Les chirurgiens ont agité souvent la question de savoir si, dans les accidents graves, il faut amputer les membres broyés tout de suite ou seulement lorsque les blessés sont sortis de l’état d’insensibilité relative qui suit géné-

AMYGDALITE.

râlement les grandes blessures. Il faut toujours amputer immédiatement, sui place; si le blessé est dans un état passager de syncope, quelques cordiaux .suffisent pour ranimer les vibrations nerveuses et la circulation sanguine. Les opérés, bien pansés, peuvent être alors impunément transportés chez eux ou h l’hôpital. Au contraire, les blessés non opérés qu’on transporte au loin et qui doivent attendre la réunion des hommes de l’art, souffrent cruellement, perdent beaucoup de sang et sont plus exposés b des conséquences •fâcheuses après des opérations tardives.

AMYGDALITE ( angine tonsillaire, gonflement des amygdales). — Les amygdales s’enflent quelquefois très rapidement, par inflammation aiguë, à la suite d’un refroidissement des pieds, ou du cou, ou de tout le corps. Ce gonflement peut aller jusqu’à obstruer quasi complètement l’ouverture delà gorge et donner lieu à l’asphyxie. D’autres fois, l’amygdalite se termine par un abcès. Enfin, on rencontre assez bien d’enfants et de jeunes gens qui ont naturellement les amygdales très grosses et qui éprouvent, de ce chef, de grandes difficultés pour respirer, chanter, parler ou courir comme tout le monde.

On le voit, dans le cas présent, la définition ou le diagnostic de la maladie se trouve aller de pair avec l’exposition des causes qui l’engendrent.

Traitement. — L'amygdalite aiguë légère ne réclame que des soins hygiéniques et spécialement des bains de bouche. Pour faire des bains de bouche, on tient de l’eau ou de la tisane tiède dans cette cavité, pour la rejeter au bout de quelques instants et la remplacer peu après par une autre quantité du même liquide.

L 'amygdalite aiguë intense, outre les mêmes soins que la précédente, exige une ou plusieurs applications de sangsues au côté droit ou gauche du cou, sur la région même des amygdales. Ce moyen est héroïque quand on l’emploie à temps; il empêche généralement la formation d’un abcès de la gorge et surtout il prévient la suffocation, qui peut être la conséquence d’un développement exeessif des amygdales enflammées.

Les sujets chez lesquels les amygdales sont hypertrophiées, soit dès la naissance, soit après des maux de gorge fréquents, doivent-ils être opérés par un chirurgien ? Non. L’ablation des amygdales est inutile. Voici le traitement qui réussit avec de la patience et de la persévérance, à ramener ces glandes à leur dimension à peu près normale.

On imbibe de poudre d’alun ou de tanin un gros pinceau en cheveux, préalablement mouillé d’eau et mis au bout d’un long manche de plume, par exemple, pour faciliter la manœuvre. Ensuite, on applique cette poudre directement sur les amygdales et l’on fait gargariser le patient avec un verre d’eau.

Cette petite manipulation est répétée tous les jours ou tous les deux jours.

ANASARQUE — ANESTHÉSIE.

Tous les soirs, on frictionne le dessous des mâchoires et du menton avec une pommade alcaline de soude ou de potasse.

Ce simple traitement suffit toujours pour obtenir l’effet désiré au bout de quelques mois.

ANASARQUE ( enflure , œdème général). — L’anasarque est le symptôme d’une maladie, telle que l’ albuminurie , une affection du cœur, la phlegmatia alba dolens. L'œdème également est un symptôme morbide, ou d’un accident, ou d’une maladie. Leur traitement rentre dans celui de la lésion principale.

ANÉMIE ( sang faible, appauvrissement du sang). — 11 est facile de reconnaître l’anémie h la faiblesse particulière et au teint blême des sujets.

Causes. — L’anémie reconnaît trois espèces de causes : 1° les pertes de sang abondantes ou prolongées, et les maladies aiguës ou chroniques ; 2° l’empoisonnement du sang par des gaz irrespirables; 3° la misère.

Traitement. — L’anémie de la première et de la troisième cause est facilement combattue par une alimentation tonique et par des préparations amères, aromatiques ou ferrugineuses, aptes h reconstituer le sang.

Lorsque l’anémie provient d’un empoisonnement du sang par les miasmes (microbes) des marais, ou par le séjour prolongé dans des endroits insalubres (charbonnages mal ventilés, fosses d’aisances, citernes, etc.), il faut s’attacher à éliminer de l’organisme les substances délétères au moyen des sudorifiques suivis de la médication purgative, d’excellents soins hygiéniques et d’une alimentation réconfortante en rapport avec l’état de l’estomac.

Nous n’avons rien de particulier à dire, après cela, du régime alimentaire ni des mesures préventives de l’anémie.

La ventilation adoptée dans nos puits à charbon et les précautions qu’on prend aujourd’hui avant de laisser descendre les ouvriers dans des cavités closes insalubres, ont diminué notablement les cas d’anémie, qu’on rencontrait autrefois dans certaines professions.

L’anémie par suite de fièvres intermittentes devient aussi de plus en plus rare et parce qu'on assèche beaucoup de marais et parce qu’on traite mieux qu’autrefois les fièvres qu’ils engendrent. (Voir Altérations du sang, Maladies DE LA PUBERTÉ.)

ANESTHÉSIE ( chloroformisation , éthérisation). — On sait que l’ivresse portée à un haut degré détermine l’insensibilité absolue du sujet.

De son côté, la chirurgie est parvenue à obtenir, pour certaines opérations longues et douloureuses, l’insensibilité complète ou relative des patients, à l’aide de principes analogues h l’alcool, tels que les éthers, le chloroforme, l’oxyde de carbone, l’opium, le chloral, et un grand nombre d’autres stupéfiants plus ou moins volatils.

C’est Tune des plus belles conquêtes de la chirurgie moderne.

ANÉVHISNE — ANKYLOSE.

Quand l’anesthésie a été portée trop loin, on a quelquefois à déplorer la mort des sujets. En présence d’un semblable accident, il faut s’empresser de secouer et de frictionner vivement l’anesthésié, de lui appliquer des objets très chauds aux pieds et au creux de l’estomac et de pratiquer la respiration artificielle h l’aide d’un petit soufflet, ou avec la bouche à défaut de soufflet.

ANÉVRISME. — L’anévrisme est une tumeur produite sur le trajet d’une artère par une maladie ou un accident qui a altéré ce vaisseau.

Le traitement de cette tumeur est exclusivement chirurgical. On emploie la compression à l’aide de bandages appropriés. Les autres moyens auxquels on peut aussi avoir recours sont trop spéciaux pour être signalés ici.

Dans les cas de mort subite, on entend fréquemment dire que l’accident est dû à un anévrisme. Or, les anévrismes du cœur sont excessivement rares. Il s’agit plus souvent, dans ces circonstances, soit d’un arrêt brusque des battements du cœur par suite d’une lésion valvulaire ou d’une embolie, soit d’une sidération cérébrale par une syncope prolongée, ou par l’abus des plaisirs.

ANGINE ( mal de gorge). — L’angine grave des adultes doit être traitée un peu plus énergiquement que celle des enfants. (Voir Maladies des enfants.) Une ou deux applications de sangsues au cou, sous la mâchoire, et les soins généraux indiqués pour les enfants en triompheront toujours.

ANGINE DE roiTRINE ( sternalgie ). — Cette maladie est caractérisée par une angoisse indicible dans la poitrine. Elle se montre dans certaines maladies du cœur, dans certains cas d'empoisonnement et dans diverses affections de l'estomac. On conçoit que le traitement de l’angine de poitrine doit consister avant tout en palliatifs destinés à entretenir la chaleur du corps et surtout à reporter le sang vers les extrémités inférieures, à l’aide de sinapismes.

Selon la cause directe de l’affection qu’il faudra rechercher, on indiquera aux malades des mesures propres à prévenir le retour des accès sternalgiques, qui sont souvent mortels.

A ING I O L E U C LT E ( inflammation des vaisseaux lymphatiques). — Le corps humain comprend trois sortes de vaisseaux : les artères, les veines, les vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux peuvent s’irriter, s’enflammer directement ou par voisinage ; de là les artérites, les phlébites et les lymphangites ou angio leucites, connues en médecine. (Voir pour plus de détails : Artérite et Phlébite.)

ANKYLOSE. — L’ankylose ou immobilité articulaire résulte d’une soudure des tissus osseux et cartilagineux d’une articulation.

Des chirurgiens ont proposé de casser cette soudure par la force pour

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