‹ L'art de vivreChapitre 30 sur 168 · DROITS DES FEMMES · texte numérisé non relu

DROITS DES FEMMES

Les professions diplômées seraient-elles accessibles aux femmes? — Pourquoi pas, avec les restrictions et les réserves que nous avons indiquées tantôt?

Les femmes jouiraient-elles des droits politiques? — Un mot à cet égard.

La démocratie, intelligente et civilisée, qui étend sur toute la société ses principes d’égalité et de solidarité civiques, fera nécessairement proclamer partout le suffrage universel.

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Cependant, le suffrage universel, comme toute liberté, doit être limité, restreint, quoi qu’on fasse. Les idiots, les voleurs et les assassins, tous les êtres dégradés, abrutis, que la loi frappe d’infamie; les adolescents et les jeunes gens, qui n’ont encore aucune expérience des hommes et qui connaissent à peine les besoins et les nécessités de la vie, peuvent-ils être électeurs?

Mais les femmes instruites et honnêtes?

Je ne les exclurais pas.

Seulement, pour éviter le gâchis dans la société et le désordre dans les familles, il faudrait admettre ce correctif ;

Tous les membres d’une seule famille, vivant ensemble, ne poliraient fournir qu’un électeur. Ce serait le chef réel de la maison, homme ou femme; et, en cas d’incapacité du chef, l’un ou l’autre des membres de la famille, délégué par lui à cette fin.

Telles sont les conditions ou les limites qui devraient être assignées au suffrage universel.

11 va de soi que tout électeur doit toujours être éligible, à quelque sexe qu’il appartienne.

Maintenant que nous avons conduit l’homme et la femme jusqu’à la virilité accomplie de 18 â 25 ans, suivons-les dans le restant de cette période la plus active de l’existence.

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Mariage. — Quelques mots suffiront pour indiquer l’hygiène des gens mariés.

La femme, quoi qu’en disent les philosophes qui la jugent par l’exemple de quelques messalines, est moins passionnée que 1 homme. Tendre, affectueuse, dévouée par nature, et reconnais*, santé des attentions et des soins qu’on lui prête, elle est facilement et volontiers fidèle.

Le jeune marié, dans les premiers mois ou les deux premières années de son union avec la femme de son choix, contracte souvent des habitudes excessives pour sa santé.

C’est là 1 origine de beaucoup de maladies chroniques de l’estomac et du larynx.

S il ne se ménage pas par la suite, il verra bientôt survenir, ou

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un dépérissement général, ou des affections du système nerveux, plus graves et plus tenaces encore que les précédentes, telles que ramollissement de la moelle épinière, épilepsie, etc.

De quelle manière doit-on se comporter dans l’état de mariage?

11 n’y a ici nulle règle fixe à poser. Le bon sens, la réflexion, les sensations diverses de malaise naissant, l’humeur chagrine, et surtout des confidences intimes à un médecin expérimenté, permettront à chacun de connaître exactement la mesure et les réserves qu’il doit s’imposer dans la vie conjugale.

Ajoutons un renseignement dont beaucoup de malheureux célibataires, exténués avant l’âge, pourraient faire leur profit : l’exercice régulier et modéré des fonctions maritales est l’un des meilleurs remèdes contre l’impuissance par abus immodéré des plaisirs.

Mariez-vous donc, jeunes gens, au lieu de courir les filles impures et immondes. Le mariage constitue la plus sûre garantie contre les excès et les écarts de tous genres qui peuvent altérer votre santé, en même temps qu’il vous offre les chances de jouir d’une longue vie et d’une verte vieillesse.

Voici, à cet égard, ce que nous révèlent les laborieuses recherches statistiques du docteur Bertillon : l’homme marié vit plus longtemps que le célibataire. Il a moins de propension au suicide, aux crimes et délits de toute espèce. Enfin, il est moins exposé à devenir aliéné.

Les femmes mariées sont dans le même cas.

Cependant, autant le mariage exerce une heureuse influence sur la santé, l’intelligence et la moralité des conjoints, quand ils le contractent après l’âge de 20 ans, autant il leur est nuisible s’ils s’unissent avant cet âge.

Le mariage est une institution civile qui a été imaginée et qui est devenue nécessaire, dès l’instant où les races humaines éparses, d’abord, en groupes ou communautés nomades, ont voulu se fixer et s’attacher au sol.

A l’état sauvage et même dans les premiers temps des sociétés humaines, l’enfant ne connaissait que sa mère.

Lorsque l’homme se fut approprié le sol, par droit de conquête, ou à titre de reconnaissance publique pour services rendus à ses

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semblables, il sentit le besoin 'de fonder la famille pour léguer ses biens à ses propres enfants. La famille ne pouvait résulter que de l’accouplement à vie avec une ou plusieurs femmes. Pour consacrer cet accouplement par un titre authentique, constituant un droit inaliénable et inattaquable, on institua le mariage civil, auquel les premiers philosophes spiritualistes des âges suivants imprimèrent un caractère religieux.

Le célibat est donc un état civil contraire à l’organisation des sociétés humaines et à la civilisation.

Le célibataire est une espèce de sauvage, de nomade, égaré dans un monde policé.

Au point de vue hygiénique, on a cependant beaucoup exagéré les inconvénients du célibat ou de la continence.

Tout organe qui ne fonctionne pas s’atrophie.

Les célibataires de l’un et de l’autre sexe, qui observent la continence d’une manière absolue, se portent bien et vivent longtemps. Si le plus grand nombre des sujets de cette catégorie ne jouissent guère de ces avantages, c’est que les fonctions, qui s’accompliraient régulièrement dans le mariage, s’exécutent, chez eux, trop souvent d’une façon désordonnée.

Le choix d’une femme est non moins grave et difficile que le choix d’un état.

Il faudrait songer à prendre une compagne saine, instruite, bien élevée, de bon caractère et habile ménagère.

11 faudrait savoir que les enfants issus de proches parents, ou de maris et femmes doués de la même constitution, ont moins de chance de vie, de bonne santé et de bonne conformation que ceux qui naissent de couples dont les tempéraments et les types organiques diffèrent, tel que noir et blonde, bilieux et sanguine, grand et petite, calme et vive, et vice versâ.

11 faudrait, enfin, se bien convaincre que, sur dix mauvais ménages, neuf le sont devenus par l’incurie, l’indélicatesse, la grossièreté, 1 inconduite du mari à l’égard de sa femme.

L homme oublie trop facilement, ai-je dit déjà, que la femme est un être essentiellement passif, obéissant, sensible aux bons procédés ; et il ne se donne pas assez la peine, ou le plaisir, de la soutenir, de la diriger, et de la traiter, partout et toujours, en

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public comme en particulier, avec l’affectueuse tendresse qu’il lui témoignait quand elle n’était qu’une jeune tille.

Le mariage accompli, les gens riches vont en voyage de noces. Nous dirons de ces voyages ce que nous avons dit des bains froids : n’en abusez pas, et surtout ne négligez pas les précautions hygiéniques, propres aux localités que vous traversez. Ces voyages de noces accomplis souvent par deux étourneaux imprudents ont tué bien des nouveaux mariés et des jeunes mariées.

Le choléra a reçu le nom de trousse-galant , parce qu’il attaque facilement les jeunes mariés. 11 suffît d’être prévenu à cet égard pour prendre les mesures que la sagesse indique et que la santé commande.

Le mariage nous conduit naturellement à l’étude des conditions diverses, dans lesquelles il faut maintenant envisager la femme.

Grossesse. — Nous avons parlé déjà de cet état, à propos de la vie fœtale. Il nous restera, dans ce chapitre, peu de choses à dire

sur ce point.

Dans les derniers mois de la grossesse, la femme doit rechercher principalement les aliments les plus nutritifs pour se soutenir sans trop emplir l’estomac, qui se trouve de plus en plus comprimé.

Elle doit éviter autant les fatigues extrêmes que l’immobilité absolue et veiller surtout à ne pas contracter de bronchite, cette indisposition étant des plus pénibles, et devenant parfois sérieuse dans le cours des couches.

On aime souvent à déterminer la durée de la grossesse pour présumer le moment de l’accouchement. On compte habituellement qu’elle est à mi-terme (4 mois aussitôt que les premiers mouvements du fœtus sont perceptibles pour la mère.

Il y a une manière plus simple de fixer approximativement l’heure de la délivrance. On multiplie par dix le nombre de jours qui s’écoulent habituellement entre deux menstruations, nombre qui varie nécessairement d’une femme à l’autre, et le produit obtenu indique l’intervalle compris entre le jour de la conception et celui de l’accouchement. Ce calcul est fondé sur ce fait que l’accouchement arrive d’ordinaire à l’heure où la dixième menstruation se serait effectuée, s’il n’y avait pas eu grossesse.. Suppo-

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sons qu’une femme soit habituellement réglée tous les 28 jours. Ses grossesses seront de 28 x 10 ou 280 jours, c’est-à-dire de 9 mois et 10 jours. Ainsi elle accouchera 9 mois et 10 jours après le moment de la conception, qui correspond à peu près à celui de la suppression menstruelle.

Peut-on prédire le sexe de l’enfant à naître? Cela n’est pas possible.

Tout ce qui est acquis à cet égard, c’est que plus les conjoints sont robustes et d’un âge bien assorti, plus ils ont de chance d’avoir, des garçons. Les filles proviennent plutôt des alliances où l’un des conjoints est faible ou malade, soit momentanément, soit habituellement.

C’est d’après cela, et en me basant sur diverses autres considérations, que j’ai émis l’opinion que les filles sont des garçons in co m p lètem ent cl ével opp es .

Les théologiens examinent dans leurs livres la question de savoir si l’état de grossesse est incompatible avec les devoirs conjugaux, et répondent par la négative simplement. Interrogé sur ce point bien des fois, je me suis toujours montré un peu plus sévère qu’ils ne le sont, en recommandant beaucoup de réserve.

Accouchement. — Cet événement intime est l'un de ceux qui émeuvent le plus les familles.

La femme, inquiète et résignée tout à la fois, montre habituellement, dans ce cas, une grande force de caractère; le mari, au contraire, témoigne une anxiété croissante à mesure que le dénouement approche. Les sages-femmes manquent, parfois, de sang-froid et presque toujours de connaissances suffisantes.

Aussi conseillerons-nous sans cesse aux femmes, aux primipares surtout, de se faire assister par un praticien d’une expérience éprouvée. Il n’y a pas, en ce moment-là, si petit détail qui n’ait son importance. La vie de la mère et celle de l’enfant tiennent à un rien, à trop de précipitation, à une attente trop longue, à un oubli, à une distraction de la part des gens chargés de la délivrance.

Négligez de dérouler à temps le cordon enroulé autour du cou de l’enfant, celui-ci est asphyxié.

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Liez ce cordon trop brusquement avant de le couper, le cœur du nouveau-né peut cesser de battre ou rester incomplètement conformé.

Chacun de ces services que les bons accoucheurs rendent silencieusement sans que personne s’en aperçoive, décide de la vie ou de la mort du nouvel être et quelquefois aussi de la mère.

Indiquons sommairement les préparatifs, la position à prendre et les soins à donner.

Les préparatifs. — La femme doit être vêtue selon la saison, mais très à l’aise, sans jarretières ni corsage serrant.

Dans la chambre, il doit y avoir un lit improvisé peu élevé, un fauteuil ordinaire, du cognac, un sceau d’eau froide, une brosse à habit, une seringue, du fil et un peu d’huile d’olive. En hiver, du feu.

On tiendra dans la cuisine une marmite d’eau bouillante à la disposition de la garde-couches, qui doit avoir, en outre, sous la main, les langes de l’enfant et quelques bandes de flanelle, fine et douce, d’un mètre de longueur sur dix centimètres de largeur.

On ne laissera dans l’appartement que les personnes indispensables, désignées par l’accoucheur avec le consentement de la femme.

La position à prendre. — C’est le praticien qui doit la déterminer du commencement à la fin. La position joue un très grand rôle dans ce phénomène, quelque naturel qu’il paraisse.

Au début, tantôt il faut laisser la patiente se coucher, s’asseoir ou se promènera sa guise; tantôt il faut la contraindre de garder l’une de ces positions exclusivement, ou toute autre, inclinée à droite ou à gauche, en avant ou en arrière, qui serait reconnue nécessaire pour favoriser la bonne présentation et l’heureux dégagement du fœtus.

En général, les boissons sont mal supportées en ce moment-là. On se borne souvent à rafraîchir la bouche et les lèvres par un peu d’eau fraîche ou par du café noir.

Tout autre liquide, vin, bière, bouillon, tisane, est plus nuisible qu’avantageux.

Le travail s’accomplit d’ordinaire dans l’espace de deux à six heures.

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Los premières douleurs sont les plus pénibles. Elles sont 1 annonce que le col utérin se dilate, s ouvre. On sait que 1 organe maternel peut être figuré par une bouteille dont le goulot serait en bas.

Aux petites douleurs succèdent les grandes, ainsi qualifiées bien à tort, puisque ce sont celles-ci qui sont endurées avec le plus de fermeté et de calme.

Pères et mères de famille, défiez-vous d’une drogue infernale, le seigle ergoté, que les sages-femmes et les accoucheurs mal avisés administrent volontiers, sous le fallacieux prétexte de hâter l’arrivée soit du fœtus, soit de l’arrière-faix.

Le seigle ergoté est toujours inutile, fréquemment nuisible, et souvent mortel pour la mère et pour l’enfant.

L’accouchement est un phénomène purement mécanique. C’est un mécanicien spécialement habile qui doit y aider, au besoin, d’une main douce et sûre d’elle-même, et nullement au moyen de drogues quelconques.

Quant à l’arrière-faix, s'il ne vient pas facilement sous une légère traction, il faut l’aller chercher avec les doigts au bout de quinze à vingt minutes. Donné dans ce cas, le seigle ergoté, loin de favoriser l’expulsion de ce produit, le retient et l’enserre dans la matrice, ce qui occasionne ces péritonites, ces décompositions et infections putrides, par lesquelles la vie ou au moins la santé des accouchées est si souvent compromise.

Même lorsqu’il survient une hémorragie après la délivrance, l’ergot du seigle n’est nullement nécessaire.

L’eau froide appliquée sur le bas-ventre ou projetée autour et au dedans des parties génitales, à l’aide d’une seringue, devra toujours être préférée à ce poison spasmodique, dont le moindre inconvénient est de rendre difficile et imparfait l’écoulement des lochies.

Il est des femmes impressionnables qui réclament le secours du chloroforme.

Cet agent atténue sans doute les douleurs, mais il retarde et prolonge l’accouchement.

L’accoucheur seul peut juger des circonstances accidentelles où il pourrait être utilement employé.

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Les soins à donner. ■ — Dès que l’homme de l’art a opéré la délivrance, il est bon qu’il s’assure par lui -même que tout le placenta, enveloppes fœtales comprises, est sorti. La garde, elle, fait lestement la toilette de la mère. Celle-ci est alors transportée à bras dans son lit ordinaire.

On lui donne un peu d’eau sucrée à boire.

On la couvre modérément, en lui recommandant bien de rester immobile, les jambes allongées et serrées l’une contre l’autre.

Chez les femmes qui ont eu déjà plusieurs enfants, on voit souvent apparaître, après l’accouchement, des coliques très douloureuses. Une douce flanelle sur le ventre et des boissons légèrement aromatisées avec l’anisette, etc. ; au besoin, une ou deux cuillerées à café de sirop de morphine triomphent aisément de cette incommodité.

Le premier jour, le calme le plus absolu et une demi-obscurité régneront dans la chambre.

Lorsque la mère sera un peu remise de ses secousses, au bout de diià quinze heures, par exemple, elle offrira le sein à l’enfant et essayera d’uriner. Cette dernière précaution a sa valeur.

Ce jour-là, pour toute nourriture, on permettra un peu de lait coupé, sucré ou salé.

Le second et le troisième jour, si l’enfant se porte bien, on organise l’allaitement maternel, comme nous l’avons dit au chapitre des nouveau-nés.

Dans le cas contraire, on confie à une femme spéciale ou à un appareil particulier la tâche de dégorger partiellement les seins. L’omission de ces derniers soins ferait naître ce qu’on appelait autrefois la fièvre de lait, qui n’existe plus que chez les femmes mal soignées ou atteintes d’une maladie incidente.

La mère comme l’enfant seront entretenus dans une douce chaleur; et si les évacuations intestinales ne s’établissaient pas naturellement, il ne faudrait pas tarder à les provoquer, chez l’une, au bout d’un jour ou deux au plus, par un lavement huileux, ou par 20 grammes d’huile de ricin mêlée à une infusion de chicorée; comme chez l’autre, par un petit lavement à l’eau de graine de lin ou par du sirop de rhubarbe.

L’écoulement des lochies doit être surveillé par la garde.

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Durant ces deux jours, le régime de l’accouchée consistera uniquement en potages, bouillons et crème.

Le quatrième jour — jamais avant, même en été — on peut renouveler, avec les précautions les plus minutieuses, les linges qui entourent la femme : draps de lit et chemise.

Ce changement, exécuté sans précautions extrêmes ou trop tôt, a été et est encore l’une des causes les plus fréquentes de la mortalité des accouchées dans les villes et les campagnes.

Chacun doit contrôler, et sévèrement, à cet égard, la conduite des matrones, qui sont toujours. tentées de faire l’accouchée belle cl le lit frais, et qui ne comprennent pas le danger qui peut résulter de l’application sur la peau d’une femme en couches, de ces linges, si propres, qu’on va prendre directement dans les armoires.

J’ai contribué pour ma part ù propager les coutumes suivantes : les premiers linges nouveaux destinés aux accouchées sont retirés des garde-robes et étalés dans l’appartement, au moins deux jours avant d’être employés. Quand la chose est réalisable, le mari, ou une proche parente se sont servis de ces linges, au moins durant une nuit.

Grâce à ces mesures et à la proscription absolue du seigle ergoté, on ne rencontrera plus guère de suites fâcheuses de couches dans l’avenir.

Je suis également parvenu à supprimer, autour de moi, la fièvre de lait, en faisant allaiter les enfants et nourrir légèrement les femmes, dès le premier jour de l’accouchement.

. A partir du quatrième jour, la mère peut se tourner en tous sens, s’asseoir sur son lit, se lever de temps en temps et se nourrir de mieux en mieux.

Elle prendra de grands soins de propreté, en se lavant à Veau tiède.

Du sixième au septième jour, si elle a été prudente et sage, elle peut circuler dans- ses appartements en hiver, et au dehors en été, mais assez chaudement vêtue.

On parlait, jadis, du neuvième jour des couches comme d’un jour critique durant lequel il fallait redoubler de précautions.

C’est une farce, qui a été imaginée par des matrones désireuses d’éterniser leurs services.

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Les femmes récemment accouchées sont exposées, pendant plusieurs semaines, à contracter des déplacements divers de Yutérus, et spécialement ce qu’on appelle : la chute de la matrice, sous l’inlluence de chocs ou de secousses brusques.

Pour prévenir cette triste infirmité, l’accouchée aura soin, pendant au moins six semaines, d’éviter de se livrer à de violents efforts musculaires, de courir, de sauter, de porter ou de soulever des fardeaux, de rester longtemps debout avec l’enfant sur les bras, etc.

Dans le cas où cet accident se produirait, il faut appeler l’accoucheur, qui rejettera tous les anneaux, que les sages-femmes placent trop légèrement dans le vagin sous prétexte de maintenir la matrice en place.

11 n’y a qu’un seul appareil qui convienne à toutes les espèces de chutes de la matrice, c’est une ceinture abdominale, à laquelle on attache une tige à boule en gutta-percha, qui se met dans le vagin.

Cet appareil, excellent sous tous les rapports, offre le grand avantage de pouvoir être enlevé tous les soirs, comme un simple objet de toilette, et d’être ainsi facilement entretenu dans un grand état de propreté. De plus, il ne blesse jamais aucun organe interne, comme le faisaient fréquemment ces anneaux malpropres, qu’on laissait en place quelquefois pendant plusieurs années. — J’en ai extrait un qui était resté 9 ans dans le vagin, sans être changé ni lavé !

Allaitement. — La fièvre de lait dont on parle souvent n’existe pas dans le règne animal.

C’est une maladie propre à l’espèce humaine, mais due exclusiment à nos préjugés, à nos habitudes ou, pour mieux dire, à nos matrones. Celles-ci, considérant l’accouchée comme une malade, la tiennent à la diète et empêchent l’enfant de prendre le sein, pendant plusieurs jours.

La fièvre de lait est la conséquence de l’engorgement des mamelles produit par cette pratique absurde.

Mères, allaitez vos enfants dès le premier jour de leur naissance, prenez vous-mêmes quelques légers aliments, un peu de lait, par exemple; et la fièvre de lait sera rayée à jamais du cadre de vos maladies.

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Durant l’allaitement, et même en tout autre temps, la femme doit chercher soigneusement à se garer contre tout choc, toute violence à la région des seins; et, si semblable accident arrive, soit par un coup de la tête de l’enfant, soit d’une autre manière, il est urgent de consulter un médecin qui, par des sangsues ou des emplasticjues convenables, préviendra V endurcissement traumatique des mamelles, endurcissement dont la persistance a tant de fois engendré les cancers du sein, vers l’âge de retour.

Répétons-le : au bout de sept jours, une accouchée de bonne constitution peut reprendre, avec ménagement et mesure, son train de vie ordinaire. Ménagement et mesure, dis-je avec intention, parce que les trois quarts des femmes qui meurent des suites de couches sont victimes de leur imprudence ou de l’ignorance dès gens qui les soignent. Notez bien que ménagement et mesure ne consistent pas à garder le lit sans nécessité au delà du temps voulu, mais à mettre en pratique les bons conseils de l’hygiéniste.'

Épanchements de lait. — Les accouchées et les femmes qui allaitent sont exposées à contracter une affection bizarre, qu’on appelle vulgairement épanchement de lait, qui consiste dans un arrêt des fonctions du sein, par suite d’un refroidissement général de la peau, d’une grande fatigue ou d’une violente secousse morale.

Cette maladie s’accompagne de douleurs dans les muscles, de gonflement dans les membres inférieurs ou supérieurs et quelquefois de tout le corps (anasarque).

Quand cette affection a résisté aux premiers soins hygiéniques et médicaux qu’elle réclame : chaleur au lit, sudorifiques, etc., on recourt généralement, avec succès, aux purgatifs végétaux drastiques, comme dans les autres cas d’anasarque compliquée ou non d’une altération du cœur ou des reins. (Voir : Seconde partie).

Stérilité. — Il est bon, croyons-nous, de consacrer un paragraphe spécial à l’ incapacité de devenir mères, qui afflige tant de jeunes femmes et pour laquelle les médecins sont si souvent consultés. *

Noqs n’avons pas à énumérer ni à détailler ici toutes les causas et toutes les inlirmités, curables ou non, qui peuvent rendre la femme stérile. Tantôt c’est à la conformation anormale des organes

vu; privée.

internes ou externes, tantôt c’est à la perversion de leurs fonctions, suite de maladies anciennes ou récentes, que. l’infécondité doit être rapportée. Dans tous ces cas, il n’appartient qu’à un praticien expérimenté et habile de découvrir la véritable cause du mal et d’indiquer les moyens de la faire disparaître.

Mais, en dehors de ces états réellement pathologiques, il est des conditions exceptionnelles où la stérilité tient à des particularités physiologiques, qui sont du ressort de l’hygiène et sur lesquelles, par conséquent, il est de notre devoir de nous arrêter.

Sous ce rapport, l’infécondité peut provenir aussi bien de l’homme que de la femme.

L 'impuissance chez l’homme est due' assez fréquemment à des excès de jeunesse divers, tels que : intempérance, débauche, masturbation, qui ont énervé ou usé avant l’âge les organes nécessaires aux fondions génératrices. D’autres fois, elle est la conséquence de certaines maladies spéciales, qui ont été mal soignées ou qui sont imparfaitement guéries.

Dans certains cas, surtout chez les jeunes mariés, elle résulte de l 'abus, trop longtemps continué, des rapprochements conjugaux.

Que doit-on faire pour remédier à ces différentes causes d’impuissance ou de stérilité masculine?

11 faut apporter dans la vie conjugale une continence absolue extrêmement régulière, de plusieurs semaines au moins, pendant le cours d’une ou de plusieurs années. C'est le point capital.

On s’attachera, en même temps, à reconstituer la santé par une vie exemplaire, par un régime succulent, par des exercices variés et par un traitement médical, dans le cas de maladie organique ou constitutionnelle.

Chez la femme, indépendamment des causes de stérilité que nous avons signalées plus haut, il en est quelques-unes qui proviennent uniquement de certaines prédispositions individuelles, inhérentes au caractère ou au tempérament.

Ainsi, une excitabilité exagérée, originelle ou acquise par une éducation vicieuse ; une indolence habituelle, l’indifférence, l’apa- . thic, poussées au point d’émousser les sens génésiques; sont, chacune dans leur genre et pour des raisons absolument contraires, deux causes assez communes de stérilité.

LES MARIAGES CONSANGUINS

Los prostituées et les femmes galantes se trouvent dans le premier cas; dans le second , sont certaines personnes du sexe d’une pureté de mœurs irréprochable, mais d’un tempérament lymphatique et d’un caractère indolent exagérés.

Aux premières, il faudrait recommander la sagesse, l’enseignement de la vraie morale et de l 'hygiène — qui n’est en réalité que la morale en action — ainsi qu’un régime frugal et les bains émollients. Aux secondes, on conseillera la gymnastique et une alimentation tonique, excitante.

A l’égard de ces dernières, on pourra employer un moyen que j’ai vu souvent réussir et que j’ai indiqué à maints amis désireux d’avoir des enfants, et qui se plaignaient de l’insensibilité physique et morale de leurs compagnes : une absence d’au moins plusieurs mois, suivie d’un retour très affectueux.

Outre' les nombreuses causes d’infécondité de la part de la femme ou de celle de l’homme, dont il vient d’être question, il en existe encore une, plus fréquente qu’on ne le croit, qui réside nan pas dans l’un ou l’autre des époux exclusivement, mais dans le fait même de leur union, de leur alliance matrimoniale.

En effet, j’ai vu des cas de stérilité qui ne pouvaient être attribués qu’à la trop grande conformité des tempéraments et des constitutions des conjoints, soit que les conjoints fussent étrangers, soit qu’ils appartinssent à la même famille.

Ainsi, mari et femme doués de la même nature physiologique bien tranchée, courent grand risque de n’avoir pas de rejetons ou de ne produire que des avortons.

LES MARIAGES CONSANGUINS

Les mariages consanguins, c’est-à-dire entre cousins et cousines, en première ligne, doivent donc être évités, moins à cause de la parenté toutefois, qu’à cause de la grande conformité de constitution et de tempérament, qui existe souvent entre proches parents. Mais l’union entre consanguins, l’un bilieux, l’autre sanguine ou lymphatique, n’offre nul inconvénient, au point de vue de l’hygiène sociale.

Cela revient à dire que, dans l’intérêt de la progéniture, il fau-

LES MARIAGES CONSANGUINS

(Irait s’abstenir de marier ensemble deux sujets qui jouissent de la même nature physiologique, quelque bonne qu’elle soit individuellement.

J’ai connu un homme très bilieux et très nerveux, parfaitement constitué, exempt de toute affection pathologique, marié à une femme accomplie, très nerveuse, qui, à tous égards, pouvait passer pour sa sœur. Pendant vingt-cinq années, ni l’un ni l’autre n ont jamais été malades, et cependant leur union, sans être absolument inféconde, n’a jamais abouti qu’à procréer des êtres imparfaits ou peu viables.

La question des mariages consanguins a été souvent l’objet de ■ l’attention des hygiénistes. Chez les Perses et autres peuples de l’antiquité, les unions entre proches parents à tous les degrés étaient fort honorées, et les sages de ce temps-là furent loin d’y trouver à redire, pas plus sous le rapport de l’hygiène qu’au point de vue social. Comment se fit-il que les législateurs anciens et, après eux, le christianisme, qui s’inspira de leurs leçons, en vinrent à proscrire ces unions? Les historiens ne s’accordent guère à ce sujet; cependant nous inclinons, pour notre part, à penser que l’interdiction des mariages consanguins à certains degrés est postérieure à l’organisation de la famille sous l’autorité paternelle, et fut la conséquence des complications inextricables que la liberté absolue des mariages entre père et fille, fils et mère, frères et sœurs, apportait dans la constitution patriarcale ou héroïque du groupe familial.

L’opinion, si accréditée de nos jours, que les mariages consanguins doivent être réprouvés au nom de l’hygiène, est relativement moderne. L’Eglise romaine, en les proscrivant, ne s’est nullement placée à ce point de vue.

Observant depuis de longues années dans un milieu favorable à l’étude de semblables problèmes, dans ces villes populeuses de province où l’on trouve le double avantage de rencontrer une clientèle plus intime et plus fixe que dans les grandes cités, plus variée et plus suivie que dans les campagnes, je puis rendre sommairement compte du résultatde mes recherches, relativement aux conséquences des nombreux mariages consanguins dont j’ai suivi les évolutions.

LES MARIAGES CONSANGUINS

Mais cette question n’est pas seulement intéressante au point de vue hygiénique : elle l’est également, et beaucoup, au point de vue sociologique.

En effet, sous le rapport sociologique, elle se rattache à la question plus générale : Est-il bon que les groupes humains vivent, séjournent et se reproduisent constamment dans le même milieu climatérique et social ? Est-il préférable que les tamilleset les races humaines qui possèdent les mêmes mœurs, les mêmes habitudes et, par suite, des constitutions organiques plus ou moins semblables, se perpétuent entre elles plutôt qu’avec des familles ou des races différentes sous tous les rapports? En d’autres termes : le changement d’habitat et de genre de vie, d’une part, et, de l’autre, le croisement dans les alliances conjugales, sont-ils favorables au développement physique et moral de l’homme!

Graves problèmes de biologie et de sociologie, qui mériteraient detre inscrits sur les programmes des concours des Académies des sciences morales et politiques.

En ce qui a rapport exclusivement à Vliygiène, nous avons â examiner, ici, l’influence des mariages consanguins sur la conformation et la santé des enfants.

Deux opinions extrêmes ont été longtemps en présence sur ce point. D’après l’une, les consanguins ne produisent que de mauvais fruits; d’après l’autre, le fait de la consanguinité dans le mariage n’exerce aucune action fâcheuse sur les rejetons.

Pour ma part, après trente-cinq années d’observation et de pratique, je n’ai jamais constaté que le seul fait de la consanguinité des parents, en dehors de certaines conditions individuelles de santé dont je dirai tout à l’heure un mot, ait été préjudiciable à l’organisation ou à la santé de leur progéniture. Je connais bon nombre de familles, issues d’unions entre cousins et cousines au premier degré, dont tous les membres sont parfaitement sains et bien constitués. Celles qui paraissaient faire exception à cette règle se trouvaient dans des conditions anormales dues à d’autres faits que leur état de consanguinité.

C est ainsi que, dans une de ces dernières familles d’époux germains, trois enfants étaient nés successivement, malingres, cacochymes, et n’avaient vécu, chacun, que de quinze jours à cinq

LES MARIAGES CONSANGUINS

mois. Naturellement on accusait, de ce chef, le degré trop rapproché de parenté. Je fus appelé à donner des soins au troisième de ces petits êtres si peu viables, et je soupçonnai l’existence d’une diathèse syphilitique chez les conjoints. Après avoir interrogé en particulier le mari, en lui faisant carrément part de mes inquiétudes qui devaient l’engager à me bien renseigner à cet égard, il reconnut que mes doutes étaient fondés. Le mari et la femme, celle-ci à son insu, furent, pendant près d’une année, soumis à un traitement dépuratif et à un régime végétal succulent. Depuis cette époque, à la grande satisfaction du père, et à la grande surprise de la mère, quatre enfants vigoureux sont nés et sont restés sains.

Des circonstances analogues m’ont permis de rapporter également à des causes étrangères à la consanguinité les conséquences regrettables des autres unions consanguines malheureuses que j’ai rencontrées.

Personnellement donc, je n’ai aucune raison de m’élever contre le fait de la consanguinité dans le mariage, au point de vue exclusivement hygiénique.

Faut-il en conclure que les mariages consanguins ne peuvent jamais avoir d’effets fâcheux pour les enfants?

Avant de répondre à cette question, citons d’abord quelques faits que j’ai minutieusement recueillis.

— Dans un ménage entre non consanguins, tous les enfants sont nés sourds-muets. Le père et la mère n’étaient nullement parents. Mais le mari a l’ouïe dure et l’esprit lent, paresseux. Il est timide, sombre, misanthrope; il aime la solitude, parle peu, mal et avec celte vivacité bredouillante qui constitue le premier degré du bégayement. Quant à la femme, elle est apathique, peu intelligente. Ces états constitutionnels pouvaient se rencontrer dans une union de consanguins. Qui eût-on accusé alors? La consanguinité.

— Un homme sec, nerveux, élancé, au teint légèrement bistré, doué d’un tempérament bilieux très prononcé, épouse une femme sèche, nerveuse, élancée, noire, d’un tempérament bilieux également très caractérisé. Dans le cercle de mes intimes, je prédis ce qu’il adviendra des enfants si cette union en produit. Et fausses couches, avortons, fœtus vieillots, peu viables, se succédèrent

LES MARIAGES CONSANGUINS

pour ainsi dire d’année en année, malgré l'excellente santé dont jouissaient les parents. Ajoutons qu’aucun de ces derniers n’a jamais été atteint de syphilis ni d’autre maladie grave, aiguë ou chronique ; et qu’aucun lien de parenté n’avait jamais existé entre leurs ascendants.

— Dans certaine petite ville existaient deux familles dont les époux, n’ayant jamais été malades, présentaient simplement les attributs du lymphatisme poussé jusqu’à la diathèse scrofuleuse simple, sans autres manifestations extérieures que des engorgements ganglionnaires sous-cutanés très étendus.

La première eut onze enfants gras, replets, qui tous ont succombé à la phtisie pulmonaire dès l’âge de 15 à 25 ans.

La seconde a perdu de la même manière ses trois enfants à l’âge de 16, 18 et 21 ans. Quant aux parents, qui n’avaient aucun lien de consanguinité familiale et qui n’avaient jamais été sérieusement indisposés, ils sont devenus très vieux et sont morts à la suite de maladies organiques diverses, autres que celles des poumons.

Je me borne à ces faits, que je pourrais multiplier beaucoup en compulsant mes notes. Ils subiront, je pense, pour faire admettre que des rapprochements accidentels de cette nature doivent se rencontrer fréquemment dans les alliances conjugales, et même plus fréquemment encore peut-être dans les mariages consanguins que dans les autres. Aussi, avant d’imputer à la consanguinité les difformités ou les maladies dont certains enfants issus de parents germains sont quelquefois affligés, est-il toujours prudent de chercher à saisir les sources vraies, réelles du mal. Certes, bien plus souvent qu’ailleurs, c'est parmi les représentants d’une même famille que se constate l’existence des mêmes tempéraments, des mêmes prédispositions morbides. Pour peu que ces conditions individuelles soient très prononcées chez les deux époux, il y a évidemment plus de chances de les voir se reproduire avec excès chez les rejetons.

La consanguinité, c’est donc quelque chose, mais ce n’est pas tout; et, à coup sûr, elle n’est point cause que deux sujets étrangers d’origine l’un à l’autre, engendrent parfois des hystériques, des épileptiques et des idiots, s’ils sont excessivement nerveux ;

LA CALLIPfcDIE.

des scrofuleux et des rachitiques, s’ils sont lymphatiques; des arthritiques, s’ils sont bilieux; ou, s’ils sont mal conformés, des boiteux et des bossus.

Le rôle de la consanguinité dans les mariages ne peut être contesté; mais, selon moi, il ne devient nuisible que dans des circonstances déterminées, telles que les mêmes circonstances, se produisant dans des mariages entre étrangers, occasionneraient inévitablement des inconvénients analogues, quoique moins prononcés peut-être.

Il est certain, en effet, comme je l’ai dit page 17, que les spcrmatozoaires sont des réductions, microscopiques et photographiques en même temps, de l’être mâle dont ils émanent. Il est certain aussi qu’ils s’imprègnent des sucs exprimés par l’être femelle. Comment les rejetons de cette double souche ne seraient-ils pas pourvus des qualités et des défauts propres à chacune d’elles, en vertu de cette loi universelle de biologie, qui s’applique à tous les êtres organisés et non organisés de la nature et de l’univers : Similia similibus nàscuntur.

En résumé, ce qu’il faut craindre dans les mariages, ce n’est donc pas Yunion des consanguins, mais l’union de deux individus, consanguins ou non, dont les propriétés organiques spéciales ou exceptionnelles sont semblables ou également exagérées.

LA CALLIPÉDIE

L’art d’avoir de beaux enfants est certainement un art recommandable. La beauté a son prix. Un être difforme ou incomplet est un être repoussant. Qu’on orne donc la chambre nuptiale des jeunes époux — et surtout des vieux — d’objets agréables, d’images ravissantes, de têtes d’anges et de génies ; qu’on leur apprenne que les enfants conçus dans des dispositions fâcheuses de l’esprit ou du corps de l’un quelconque des conjoints, courent risque d’être laids, boiteux, manchots, imbéciles, idiots; qu’on leur dise même — avant le flirtage — que la trop grande conformité des tempéraments, des constitutions et des idiosyncrasies peut imprimer aux fruits de l’amour des défauts divers et des vices irrémédiables. (Voyez : Vie fœtale, page 13.)

LA CALLIPÉDIE

Cola est fort bien, callipédiquement parlant.

Mais je voudrais qu’on ne s’en tînt pas là.

A la callipédie, qui mérite toute notre sollicitude artistique, pourquoi n’adjoindrions-nous point l’art de douer nos rejetons d’une belle intelligence? La beauté physique, c’est quelque chose; mais ce n’est pas tout. Et malheureusement, dans le monde, le beau ne suppose pas toujours l’existence connexe du bon, encore moins de l’esprit. Qui l’ignore? L’intelligence, la noblesse du caractère, la grandeur d’âme sont loin d’être le privilège de la beauté. Et cependant combien la beauté morale rehausse la beauté physique, quand — par hasard — ces deux qualités se trouvent réunies !

Il ne suffit donc pas d’enseigner à faire de beaux enfants, mais des enfants beaux, bons et intelligents. C’est l’un des nombreux buts que doit se proposer l’hygiène.

Ainsi, j’ai cherché à me rendre compte des causes de ces ressemblances qu’on signale fréquemment dans les familles entre certains frères et sœurs, ou entre certains enfants et leurs ascendants à divers degrés, et même, en dehors du cercle familial, entre des étrangers de l’un et de l’autre sexe.

Cette question est plus sérieuse qu’elle ne le paraît au premier abord. Que de fois dans les commérages intimes- de nos sociétés plus policées que bienveillantes, où la charité est si souvent sacritiée à l’esprit mondain, n’entend-on pas dire : « Comme cette petite V... ressemble à M. W... ! C’est frappant! Aussi pourquoi ce pauvre M. A... a-t-il fait son intime ami de ce bon M. W...? » Là-dessus on entame une longue conversation. On échafaude hypothèses sur rapprochements, rapprochements sur circonstances, et l’on aboutit à cette conclusion certaine, positive, qui se transmet d’abord débouché en bouche, puis, de génération en génération : « La petite V... procède de M. W... »

J’ai connu un brave garçon qui avait le malheur de ressembler à certain prince, fils d’un roi populaire, et qui, toute sa vie, a passé dans le monde où l’on chuchote, pour un frère utérin du prince, un bâtard de Sa Majesté !

Les ressemblances ont donc leurs inconvénients.

J ai voulu en rechercher les causes. Voici ce que j’ai trouvé.

LA CALLIPÉDIE

Règle générale, c’est l’imagination de la mère qui détermine la conformation physiognomonique des enfants, autrement dit les ressemblances physiques. L’imagination doit être entendue, ici, dans un sens restreint, en tant que représentation d 'images sensibles, antérieurement acquises par les cellules du sensorium et habituellement reproduites par la mémoire. Pour le dire en passant, la mémoire consiste dans une série d’oscillations vibratoires des cellules du sensorium.

Ainsi, le premier-né ressemble souvent à un parent de la jeune mère, dont le souvenir reste présent à son esprit d’une façon prédominante durant les premières années de mariage. Les traits de cette image, un père, un aïeul, une mère, une tante, etc., qu’elle vient de quitter pour suivre son époux, ou qu’elle a perdu récemment, se gravent sur la face de son premier rejeton.

Chez les filles mères, au contraire, le premier-né porte plus souvent l’empreinte de la physionomie du séducteur ou de l’ingrat, qui a préoccupé vivement leur imagination dans le cours de la grossesse.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est le souvenir prédominant de la mère qui se photographie, image pour image, sur la face du fœtus.

Si le premier-né des unions légitimes ressemble si rarement au père, c’est parce que l’image de ce dernier est de date trop récente pour être profondément imprimée dans la mémoire ou Vimagination sensible de sa femme. 11 y a encore une autre raison de ce tait, c’est que, dans la première année de mariage, la jeune épouse, durant ses rêves et ses heures de loisir, se reporte naturellement vers le passé qu’elle vient d’échanger contre un état présent, tout nouveau pour elle, et qu’elle se remémore ainsi plus aisément la physionomie, si familière à son esprit et à ses yeux, des parents qu’elle a quittés, que celle de l’époux qui se trouve depuis peu à ses côtés.

Un grand nombre de jeunes femmes m’ont déclaré qu’elles avaient beaucoup de peine à se retracer nettement en imagination la figure de leurs maris, tandis qu’à l’état de veille ou de sommeil, celle de tel ou tel de leurs parents, jeunes ou vieux, se reproduisait pour ainsi dire d’elle-même avec la plus minutieuse exactitude.

LA CALLIPÉDlIi.

Après liî premier-né, les autres enfants ressemblent souvent au père; la physionomie de ce dernier a fini par s’implanter dans la mémoire de la femme.

Les mères coquettes, qui se mirent et s’admirent fréquemment devant leur armoire à glace, finissent, tôt ou tard, par voir refléter leur propre image sur la face de leurs enfants, tant elles ont l’esprit « plein de leurs propres traits. »

Quand il s’agit de produits adultérins, les ressemblances des enfants de ces relations anti-sociales avec le séducteur, sont assez fréquentes, pour des raisons analogues à celles qui expliquent les ressemblances des rejetons illégitimes avec leurs pères; et parce que, dans ces rapports illicites, la femme séduite n’a cédé généralement qu’à l’entraînement de longues habitudes, de visites fréquentes et de soins répétés de la part d’un amant, dont l'image est venue effacer, dans son esprit et ses soucis, celle de l’époux.

Mais à ce propos, il faut se montrer très circonspect avant de conclure de l’existence d’une ressemblance réelle entre un enfant et un individu quelconque, à la possibilité de rapports intimes qui auraient eu lieu entre cet individu et la mère de l’enfant. Il se peut, en effet, et j’ai noté de nombreux et irrécusables exemples de ce fait, que l’image d’un étranger ait frappé si vivement ou si habituellement Y attention d’une femme, que cette image se soit gravée profondément dans son imagination, et s’y reproduise obstinément, par exemple dans le cours d’une grossesse. De cette manière, la face agréable ou repoussante d’un ami intime, d’un domestique, d’un étranger même, devient parfois un type ou un moule, sur lequel se façonnent les traits de l’enfant à naître.

Le fait suivant est, sous ce rapport, particulièrement remarquable : Mme Z..., mère de plusieurs enfants bien conformés et d’une physionomie attrayante, avait à son service, depuis deux ans, la plus laide et la plus difforme figure de cuisinière que j’aie connue, quand elle commença sa dernière grossesse. L’enfant, qui naquit dans d’excellentes conditions de santé, fut et resta la reproduction, la miniature accomplie de la face de cette hideuse personne.

Relations conjugales. — On nous demande souvent quelle est

LA CALLIPÉD1E.

la cause du grand nombre de mauvais ménages qui existent dans nos sociétés policées?

Neuf fois sur dix, la cause en est aux maris.

Cette question, qui importe tant au bonheur de la famille, à 1 avenir des enfants et à l’ordre social, mérite d’être examinée.

Hègle générale. — L’homme qui se marie connaît le monde et tous les rouages de la vie sociale ainsi que de la vie privée; la femme, au contraire, ignore bien des choses. Le temps des premières amours est un temps de délices pour celle-ci : tout est rose, parfums, violettes, prévenances, chatteries, délicatesses exquises, attentions raffinées, de la part de celui qui, au lieu d’être l’amant empressé, ne sera bientôt plus peut-être que le... mâle brutal, grossier, bourru même.

Que de déceptions, après la lune de miel !

Trop souvent, le mari, qui possède sa femme, docile et complaisante, ne voit plus guère en elle, au bout de quelques années, les qualités qui l’ont séduit. Elle est devenue un simple jouet, voire même un simple instrument, dont il use comme il lui plaît, quand il lui plaît, sans précautions ni ménagements.

Dans celte catégorie, si nombreuse, des hommes mariés, on rencontre, alors, deux espèces différentes d’époux, aussi peu recommandables l’une que l’autre.

Les uns, habitués aux excitations excentriques des sens génésiques avec des femmes vénales, mercenaires, qui se prêtent bestialement à toutes les malpropretés possibles, voudraient que leurs moitiés, honnêtes et pures, se livrassent aux mêmes manœuvres !

Que de femmes m’ont avoué n’avoir pu se prêter à ce rôle des Laïs enivrées de vin et de tabac ! A partir de lâ, toute pudeur, toute réserve, tout amour, sont bannis du foyer conjugal. La femme se sent ravalée, avachie, réduite à l’état de béotienne : ou elle se révolte, ou elle s’habitue; cl, dans un cas comme dans l'autre, elle se sent aisément entraînée vers quiconque vient lui témoigner encore un peu de respect sous les apparences de l’amour.

Les autres, mus par leurs seuls goûts dépravés, trouvant plus agréables les relations intimes des drôlesses que celles de la vie

LA CALLIPÉDIE

conjugale, abandonnent leurs femmes à une continence obligatoire, et à tous les dépits et les conflits qui en résultent.

Voilà, neuf fois sur dix, les causes des mauvais ménages, des adultères et des divorces, que tant de nos bons magistrats imputent si bénévolement au dérèglement des malheureuses femmes surprises en flagrant délit.

A ces hommes de loi, qui disent dans les grands crimes : « Cherchez la femme », l’hygiéniste et le médecin qui ont pénétré au cœur des situations de la vie familiale, répondent : « Cherchez l’homme » !

C’est lui, hélas! trop souvent, le premier coupable.

A d’aussi tristes mœurs, il y a plusieurs remèdes : nous en parlerons par la suite; contentons-nous, pour le moment, d’en indiquer, un, radical, souverain.

Comment se fait-il que l’homme possédant un chien semblable à tant de chiens ; un cheval ou un serin, qui n’ont rien de plus extraordinaire que la plupart des animaux de leur espèce, dise : « Mon chien, mon cheval, mon serin! » comme s’il n’y en avait pas d’autres au monde? Est-ce parce que ces êtres favoris ont des qualités, des beautés à nulles autres pareilles? Non, c’est parce que l’habitude de voir, de caresser, de recevoir des témoignages d’attachement ou des services journaliers de tel ou tel animal particulier nous le fait préférer à tous ceux de son espèce.

Et cet homme-là ne s’attache pas à sa femme !

Pourquoi ?

Parce qu’il ne songe pas à la traiter avec l’attention, la bienveillance, l’aft'eclion qu’elle mérite, bien autant qu’un serin, un chien ou un cheval.

Voilà tout le secret de la vie conjugale.

Traitez votre femme comme votre cheval, votre chien, votre serin. Accoutumez-vous à être bon, serviable pour elle; à chercher à lui faire plaisir; pratiquez, sans fadeur mais cordialement,

1 amour dans le mariage; comme vous prenez soin de vos animaux en jouant avec eux, amusez-vous à cajoler parfois votre femme; et vous vous ferez un bonheur de son bonheur, parce qu’on s’attache non seulement à ceux qu’on aime sincèrement, mais à ceux auxquels on fait du bien, à qui l’on se sent utile et à qui l’on est agréable.

VIE SOCIALE

Dans ces conditions, les rapports de la vie conjugale n’ont certainement pas tous les jours l’attrait illusoire de la nouveauté ou du fruit défendu, mais ils ont le charme, bien préférable, de la jouissance et de la possession légitimes, sans les regrets, les remords, les déceptions et l’amertume d’une mauvaise action, réprouvée par la morale, réprimée par la loi et contraire généralement à l’hygiène.

VIE SOCIALE

Après avoir étudié l’homme et la femme dans la vie intime, examinons-les maintenant dans la vie sociale, en commençant par Y hygiène des professions en général.

Nous rangeons toutes les professions en quatre grandes classes, au point de vue hygiénique : les professions salubres et les, professions insalubres; les professions manuelles et les professions intellectuelles.

Professions salubres. — Parmi les professions salubres, les unes sont sédentaires, les autres actives.

Professions sédentaires. — Cordonniers, tailleurs, couturières, modistes, fleuristes, concierges, hommes de lettres, employés de bureau, savants de cabinet, horlogers, pharmaciens, dentellières, tisserands, passementiers, dessinateurs, peintres de tableaux, instituteurs, etc.

Toutes ces professions tendent à produire : 1° des états congestifs du cerveau, des poumons, du foie, des intestins ou de la matrice, par le défaut d’exercice et le manque d’air oxygéné qu’elles imposent ; 2° des déviations de la charpente osseuse et des infirmités fonctionnelles, par les attitudes forcées, vicieuses ou prolongées qu’elles réclament.

De là peuvent naître une foule de maladies diverses, depuis les varices aux jambes, les hémorroïdes et la constipation, jusqu aux lésions organiques des principaux viscères de l’économie.

Pour obvier à tous ces inconvénients, le plus sage est d’avoir présent à l’esprit ce précepte qui est applicable à toutes les professions sédentaires sans aucune exception :

Dans les moments de repos ou de loisir, il faut faire agv Us muscles, les organes et les sens restés inoccupés pendant le travail ;

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et laisser complètement inactifs, au contraire, ceux qui ont fonctionné.

Prenons quelques exemples.

Pour se délasser, Y homme de lettres jouera au billard plutôt qu’aux échecs; la couturière vaquera aux soins du ménage; le cordonnier marchera ; les commis de bureau feront de grandes inspirations à l’air libre et joueront aux quilles; les instituteurs garderont le silence et se promèneront en plein air, n’importe le temps qu’il fasse au dehors.

Tous feront de la gymnastique, modérément et méthodiquement, appropriée à leurs conditions sociales et à la nature de leurs occupations respectives.

11 suffit d’un peu de bon sens et d’intelligence pour déduire de notre précepte général toutes les applications hygiéniques qui conviennent à chaque profession ou à chaque état.

Professions actives. — Est-il nécessaire d’en faire l’énumération? Ici se rangent tous les individus qui se livrent régulièrement à un grand déploiement de foi'ce et d’activité musculaires dans les usines, dans les champs, partout : militaires, marins, maçons, cultivateurs et mille autres artisans; médecins-praticiens, acteurs, commis voyageurs, gardes-convois, facteurs de postes, briquetiers et tous les manouvriers ambulants.

Les excès de fatigue musculaire entraînent à leur suite des maladies intlammatoires diverses, et, pendant le cours des épidémies, prédisposent aux affections régnantes : typhus, variole, choléra.

Vous tous qui exercez une profession active, soyez donc prudents dans les travaux comme dans les plaisirs, si vous voulez échapper à ces causes morbides. A la fin de chaque journée et le dimanche, si vous avez des loisirs, vivez paisiblement en famille et contentez-vous, pour distractions, de lire, d’écrire et de jouer aux cartes ou aux dominos. Cela reposera vos membres fatigués.

il est bon de faire remarquer que les professions actives prédisposent particulièrement aux maladies aiguës, et les professions sédentaires aux maladies chroniques.

Professions insalubres. — Les ouvriers qui travaillent dans des atmosphères chargées de poussières de charbon, de chaux, de farine, ou de gaz impropres à la respiration, ou de matières

VIE SOCIALE

putrides, vénéneuses, et ceux qui manient des poisons ou des substances caustiques, sont évidemment exposés à contracter soit des maladies de poumons (houilleurs, boulangers, menuisiers, tailleurs de pierre, batteurs en grange), soit du sang et de la peau (vidangeurs, corroyeurs, ouvriers peintres, ouvriers de manufactures, de produits chimiques de toute nature : chlore, acides, arsenic, phosphore, cuivre, plomb, mercure).

Pour se préserver de ces maladies, il faut, d’une part, que les ateliers, galeries ou autres champs de travail soient parfaitement ventilés, assainis et agencés, conformément aux mesures et aux règles indiquées par les hygiénistes; et, de l’autre, que l’ouvrier soit toujours convenablement nourri et d’une excessive propreté tant sur son corps, des pieds à la tête, que dans ses vêtements, qui s’imprègnent facilement de tous les gaz et de toutes les matières liquides ou solides avec lesquels ils sont en contact, et qui, par conséquent, doivent être très souvent renouvelés ou lavés.

Ces notions sont suffisantes pour indiquer à chaque espèce d’ouvriers les précautions qu’ils doivent prendre, et le genre de vie qu’il convient d’adopter pour atténuer, autant que possible, les inconvénients inhérents, à des degrés divers, à toutes les professions indistinctement, qu’elles soient industrielles, agricoles, manuelles, corporelles ou cérébrales.

Envisagées dans leur mode d’action quant aux organes mis en jeu, les professions peuvent être divisées en professions manuelles et professions intellectuelles.

Professions manuelles. — 11 n’y a pas de profession exclusivement manuelle. Le manouvrier le plus humble ne peut être d’un emploi utile nulle part, s’il n’agit pas avec intelligence et discernement dans chaque acte qu’il accomplit. Mais telle profession exige plutôt des mouvements musculaires, telle autre des conceptions ou combinaisons psychiques.

De là, deux genres de précautions à indiquer et dont chaque artisan comme chaque savant pourra tirer profit.

Celui qui exerce une profession essentiellement manuelle devra s’attacher à varier ses attitudes et à changer souvent de position, pour ne pas surmener les mêmes muscles, et pour permettre à

VIE SOCIALE

certaines parties du corps de se reposer pendant que d autres parties fonctionnent.

Prenons, par exemple, une couturière : je lui conseille de ne pas coudre, surtout à la machine, pendant plus d’une demi-heure ou une heure, sans se lever, se promener un instant ou se livrer momentanément à des occupations de ménage ou de jardinage.

De cette manière, les organes et les membres que la vie professionnelle fait agir se délassent et reprennent vigueur, pendant qu’un autre système sensoriel ou musculaire est mis en mouvement. De plus, l’harmonie fonctionnelle et l’équilibre organique se maintiennent ainsi régulièrement entre tous les éléments de la charpente humaine.

C’est là la vraie gymnastique professionnelle.

Dans les heures de repos complet, les artisans de toute espèce doivent s’adonner à des distractions littéraires ou scientifiques, en rapport avec leur instruction spéciale.

Professions intellectuelles. — Les gens de lettres et les hommes de cabinet feront souvent trêve à leurs méditations en se livrant, de temps à autre, à des exercices manuels variés, selon leurs aptitudes et leurs goûts.

Indépendamment de ce conseil que, pour ma part, j’ai toujours mis en pratique, je dois leur faire une recommandation, sur laquelle j’attire toute leur attention.

Mes amis m’ont souvent demandé comment je parviens à mener de front des travaux intellectuels nombreux, relatifs aux sciences, à la médecine, aux lettres, à la philosophie, à l’économie sociale, à la politique, qui se traduisent par des mémoires, des articles de journaux, des conférences et une correspondance très vaste avec une foule de sociétés et de savants de tous pays.

Comment je mène tout cela de front? C’est parce que je varie mes occupations intellectuelles, allant d’un sujet à l’autre, me reposant d’un travail par un travail d’une autre nature.

Et cela s’explique.

Notre cerveau est un composé de plusieurs milliards de globules. Une catégorie d’idées fait vibrer quelques-uns de ces globules; une autre catégorie d’idées met en mouvement d’autres globules; et ainsi de suite. Êtes-vous fatigué de faire des calculs

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