LES DEUX MANIÈRES DE VIVRE
En somme, il y a deux manières de vivre : une bonne" et une mauvaise.
Agir en tout selon les règles de la raison et du bon sens, faire le bien, rechercher le beau, cultiver le bon, aimer ce qui est juste et vrai, rendre hommage à tout ce qui est digne d’estime et de respect et. supporter avec philosophie ce qu’on n’a pu ni prévoir ni prévenir : c’est la bonne manière.
S’adonner au vice, ne penser qu’à soi, trouver tout mal chez autrui, ne se préoccuper que des injustices, des erreurs et des dissentiments qui se passent dans le monde, se faire à propos de tout du mauvais sang et de la bile noire, être grincheux, maussade, mélancolique par habitude : c’est la mauvaise.
11 y avait, dans l’antiquité, deux philosophes : l’un qui détestait les hommes et méprisait leurs institutions, frondeur et hargneux, Héracbte d’Éphèse ; l’autre qui les aimait et leur enseignait l’art de penser et de vivre, joyeux et bon enfant, Démocrite d’Àlcléri.
Héracbte mourut hydropique à l’âge où Démocrite, frais et dispos, jouissait encore largement de tous les bienfaits de son heureuse philosophie.
Dans certaines classes de la société où végètent les déclassés, les avocats sans causes et les écrivains sans talent, on rencontre une foule d’esprits hargneux, aussi insupportables que dangereux.
Us critiquent tout, dénaturent les faits, invectivent les honnêtes gens et incriminent les actes les plus irréprochables.
Ce sont des individus qu’il faut fuir, ou tenir à distance.
Mais on ne doit pas confondre avec cette engeance turbulente et haineuse, avec ces grincheux qui font le mal par dépit, par aigreur, croyant se venger de la société qu’ils accusent de les avoir méconnus, les philanthropes instruits et dévoués, qui s’efforcent de perfectionner les mœurs et les institutions des peuples pour améliorer notre état social.
Ceux-ci critiquent beaucoup aussi, ils signalent les vices, les misères, les lacunes, les desiderata, qui existent autour d’eux; mais, à la différence des grincheux, après avoir constaté l’existence
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d’un mal ou d’un besoin, ils s’attachent à chercher et à indiquer les moyens de réparer l’un ou de satisfaire 1 autre.
Le philanthrope ni le socialiste positiviste ne se permettront jamais de saper les hases de notre organisation civique. Ils n’enlèveront pas une pierre de l’édifice social, si défectueuse qu’elle, soit, sans avoir préparé la pierre nouvelle, meilleure, qui devra la remplacer.
Donc, ne confondons jamais ces citoyens utiles et courageux avec les esprits taquins et les caractères faibles, dont il vient d’être question.
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La périodicité ou le retour régulier des mêmes évolutions mécaniques est une des lois de la nature.
L’homme qui n’est qu’un tas de houe pétri par le soleil est soumis, comme tous les êtres de l’univers, ii ce mouvement de va-et-vient, à ces variations de lumière et d’ombre , de chaud et de froid, de sec et d’humide, que l’on voit se produire à la surface de tous les satellites qui pirouettent autour d’un astre solaire central.
Dans nos climats, le sommeil semble être en rapport avec la révolution diurne de notre globe. On veille le jour, on dort la nuit. Mais dans les pays où le jour dure 100 ou 150 fois vingtquatre heures, veille-t-on aussi longtemps sans dormir? Non.
Le sommeil n’est donc pas produit uniquement par la disparition du soleil sous l’horizon, par l’ombre, par la nuit.
Le sommeil est la conséquence de la fatigue de nos organes, du besoin de repos qu’ils éprouvent. Aussi vient-il facilement lorsque, après un exercice plus ou moins long, nos sens sont soustraits momentanément aux causes qui les excitent. On se couche dans un coin obscur, on se tient immobile, on ferme les yeux, on respire plus lentement, on ne pense plus à rien, on s’isole ainsi peu à peu du monde extérieur et de ses propres stimulants, on s’engourdit et l’on s’endort.
Le sommeil n’est ni une congestion ni une anémie du cerveau comme divers savants l’ont tour à tour prétendu : c’est une apathie, une accalmie résultant de l’absence des excitants ordinaires des sens et de l’encéphale.
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Combien d’heures de sommeil, de repos absolu du corps et de l’esprit, faut-il à chaque sujet? Autant qu’il en a besoin. C’est-àdire que la durée de la veille et du sommeil ne peut être déterminée à priori, et que chacun, sous ce rapport, doit répartir l’emploi de sa journée selon sa profession, ses affaires, son état de santé et ses besoins personnels.
Généralement, il est nécessaire de passer G à 8 heures au lit, chaque jour.
■ — Le sommeil, durant le jour, est-il aussi réparateur que celui de la nuit?
Les muscles du corps, en gardant l’immobilité, se reposent aussi bien le jour que la nuit, mais il n’en est pas de même des organes des sens. La vue, même à travers les paupières closes, s’exerce encore en partie sous l’action des rayons de la lumière solaire diffuse, si l’on n’a soin d’établir autour de soi une obscurité profonde. L’atmosphère diurne est imprégnée de gaz, de vapeurs diverses, et se trouve sans cesse agitée par toutes les ondulations que provoquent, des divers points de l’horizon, les bruits et les mouvements de la vie universelle. La peau, les oreilles et le nez éprouvent le contre-coup de tous ces phénomènes atmosphériques, sous forme de sensations incomplètes, inconscientes même, mais incessantes.
l)e là, celte impression de fatigue, de lourdeur, de malaise, qui succède généralement au sommeil de jour, et qui est d’autant plus prononcée que l’organisme a été plus violemment secoué.
Ce n’est donc qu’en cas d’absolue nécessité, de repos urgent après de longues fatigues ou dans des circonstances sociales exceptionnelles, qu’il est permis de se laisser aller au sommeil dans des voitures, en chemin de fer ou ailleurs.
De leur côté, les patrons qui occupent des brigades d’ouvriers à des travaux nocturnes, devront toujours avoir soin de ne pas employer les mêmes sujets, pendant plus d’une semaine, aux mêmes occupations, sans les appeler ensuite, pendant le même laps de temps, aux travaux du jour, ainsi que cela se pratique dans beaucoup d’établissements industriels, à l’exception, unique peut-être, des charbonnages.
Aussi, la mauvaise habitude de ne dormir que durant le jour,
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est-elle, pour nombre de braves houilleurs, une cause de cette caducité précoce, si fréquemment constatée chez eux, de 40 à 50 ans.
— Dans quelles conditions faut-il se livrer au sommeil pour éviter les rêves, les cauchemars, les secousses de tendons et autres phénomènes insolites, qui accompagnent facilement les congestions passives du sang et des humeurs diverses, dont le sommeil est cause plutôt qu’effet?
Il ne faut pas se coucher trop tôt après un repas copieux, ni après un travail intellectuel profond ou prolongé, ni après une violente secousse morale. L’estomac et le cerveau doivent être dans un état de relâche ou de détente fonctionnelle au moins pendant une heure ou deux, avant qu’on s’abandonne au sommeil, si l’on veut que celui-ci soit calme et réparateur.
D’un autre côté, il est nécessaire d’avoir un lit dur et propre; de s’y placer la tête très peu relevée, tantôt sur un côté, tantôt sur l’autre, le moins possible sur le dos ou le ventre; de se couvrir bien en hiver, légèrement en été. Mais en tout temps, il faut éviter de rester absolument nu : une seule nuit passée dans cet état, même au milieu de l’été, peut occasionner un arrêt des fonctions de la peau, et, par suite, une albuminurie, une pleurésie ou un rhumatisme articulaire, avec toutes leurs conséquences. Un homme du monde distingué de C., qui avait mérité le sobriquet de « couche-tout-nu », est mort victime de cette singulière habitude.
Ne laissez jamais s’établir, dans la chambre à coucher, des courants d’air, chauds ou froids, en fermant les fenêtres et ne laissant que les portes, en hiver comme en été, plus ou moins ouvertes; ne mettez pas plus d’une personne dans chaque lit, ni plus de trois ou quatre lits dans les chambres les plus vastes.
Pour les personnes qui sont adonnées à de grands travaux intellectuels, hommes politiques, hommes de lettres, médecins, avocats, ingénieurs, grands industriels et négociants, étudiants et élèves de toute catégorie, je ne saurais trop insister sur cette recommandation importante :
Evitez de consacrer à l’étude, aux affaires, qui exigent une grande contention d’esprit, l’intervalle compris entre le dernier repas et le coucher.
HYGIÈNE DES LOCALITÉS
HYGIÈNE DES LOCALITÉS
Passons maintenant à l’hygiène propre aux localités que l’homme habite.
Habitations . — C’est au moment du mariage qu’il faut songer à se créer un bon gîte pour s’abriter, soi et les siens.
Indiquons quelques préceptes dont les architectes feraient bien de tenir compte dans leurs projets de construction.
Nulle maison ne peut être saine, si elle n’est établie au-dessus d’une cave, plus ou moins profonde, selon que le sol est plus ou moins élevé au-dessus des eaux courantes du voisinage.
Les murs et les portes des caves doivent être percés, d’outre en outre, par des créneaux, étroits et longs, pour faciliter l’aérage et l’assèchement de leurs différentes parties.
Pavez le soi des pièces du rez-de-chaussée avec des carreaux de ciment imperméables.
Pratiquez beaucoup de portes et de fenêtres partout, en dépit du fisc et de ses absurdités.
Supprimez les impostes des fenêtres, afin que celles-ci s’ouvrent entièrement de haut en bas.
Donnez à chaque pièce des étages et du rez-de-chaussée 4 mètres d’élévation.
Creusez dans l’épaisseur des murs des canaux verticaux de 15 à 20 centimètres de diamètre jusqu’au toit, pour faire des cheminées spéciales à chaque appartement du haut et du bas.
Excepté à la cuisine, substituez partout aux feux ou foyers ouverts, aux poêles de fonte, ces petits foyers de tôle, hermétiquement fermés, qu’on appelle diables.
Ne faites plus installer de ces corps de cheminée saillant à l’intérieur, qui occupent beaucoup de place et qui, sous l’action du vent, rabattent les gaz de la combustion dans les chambres.
Supprimez tous les papiers peints, qu’on a pris la mauvaise routine de coller sur les murs.
Si vous ne pouvez établir vos latrines dans les cours et jardins, ayez recours aux petites fosses mobiles qu’on vide fréquemment, et dans lesquelles on verse les cendres refroidies des diables; ou
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aux citernes fixes que les vidangeurs nettoient une ou deux lois par an ; ou, s’il n’y a pas d’autre moyen, à une communication directe avec les égouts collecteurs des grandes villes.
Hôpitaux, hospices, prisons, écoles, pensionnats , casernes, navires , salles de spectacles, tribunaux et temples religieux. — Dans ces vastes locaux où des centaines d’individus sont agglomérés, passagèrement ou à terme, on doit se préoccuper de trois choses essentielles : la ventilation, le chauffage et V assainissement.
Ventilation. — La ventilation se fait encore souvent en dépit du sens commun.
Toute ventilation repose sur dès principes physiques absolus, certains, mathématiques.
L’air inférieur est plus dense que l’air supérieur, n’y eût-il qu’une différence de 4 mètres ou de 2 mètres en hauteur. — L’air du dehors est plus oxygéné que l’air des appartements. — L’air, par sa fluidité, se comporte comme les liquides et les vapeurs.
11 est facile de déduire de ces principes que Yair extérieur doit pénétrer dans les grands locaux par leurs points les plus déclives, et en divers endroits; et que l’air intérieur doit en sortir par le haut et par de nombreuses bouches. Les appareils de ventilation n’ont d’autre condition à remplir que d’importer et exporter l’air d’une manière insensible et continue, pour éviter les courants rapides et circonscrits.
Chauffage. — Le chauffage des grandes- salles ne doit jamais être trop élevé. On tombe souvent dans ce défaut.
Il vaut mieux se vêtir plus, ou se dévêtir moins, dans les bâtiments publics que d’en surchauffer l’atmosphère.
Nous ne recommandons qu’un seul mode de chauffage public, c’est le calorifère à eau par plusieurs foyers et réservoirs distincts.
Assainissement. — Tous les édifices et bâtiments sans exception, cellules de prisons, chambres à coucher, salles de concert, navires, etc., ont besoin d’être assainis ou désinfectés de temps en temps.
11 n’v a que deux systèmes de désinfection réellement pratiques, commodes et efficaces, qui méritent d’être recommandés au nom de l’hygiène : 1° les grands courants d’air naturels, ou provoqués par des feux ouverts, qui suffisent dans la plupart des cas; 2n le
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dégagement de chlore par les fumigations guytonniennes (sel de cuisine, peroxyde de manganèse et acide sulfurique mélangés dans un pot de terre) pendant 24 heures, qu’on peut employer dans les écoles, les prisons, les navires et autres vastes locaux où il n’y a pas à craindre de détériorer les dorures ou des œuvres d’art.
La chimie a inventé, depuis peu, beaucoup de désinfectants : le chlorure de chaux, l’acide phénique, etc. — Tous ces produits ne valent pas le vieux procédé de Guyton de Morveau.
Même pour la désinfection des objets, meubles, vêtements, etc., l’armoire à air simple, chaude à 110° centigrades, l’emportera toujours sur les ingrédients acides ou caustiques, tant vantés par les marchands de produits chimiques.
Parmi les désinfectants nous plaçons aussi, après les fumigations guytonniennes et les acides, les hydrocarbures ou hydrosulfures volatils, une substance très commune dont les hygiénistes n’ont pas, jusqu’ici, tiré tout le parti qu’elle peut procurer. Nous voulons parler du soufre qui n’est plus guère employé que par les horticulteurs, pour détruire les pucerons de la vigne et d’autres plantes des jardins et des serres.
L’action désinfectante et antiseptique du soufre est aussi précieuse que remarquable. Exposé au contact de l’air, sous forme de poussière impalpable, ce produit volcanique se combine lentement avec l’oxygène et l’hydrogène, qui circulent ou se dégagent autour de lui dans les foyers d’infection, et forme des composés binaires, volatils ou fixes, qui sont tous très avides d’eau et qui jouent, par conséquent, vis-à-vis des matières organiques, mortes ou vivantes, le rôle de légers caustiques.
Tous les animalcules, vibrions, bactéries, microbes et pucerons, se dessèchent, se flétrissent et meurent au contact du soufre réduit en poudre très fine, aussi sûrement que sous l’action du chlore.
Ainsi, dans les cas où ce dernier agent pourrait occasionner des inconvénients, soit pour la santé des hommes et des animaux, soit pour les ameublements et les tissus on peut avoir recours au soufre pulvérisé, qui a, sur le soufre brûlé, 1 avantage de n attaquer que les objets sur lesquels on le projette.
ENTRETIEN DES HABITATIONS ET SOINS DE MÉNAGE
ENTRETIEN DES HABITATIONS ET SOINS DE MÉNAGE
La propreté autour du corps et dans les habits est un gage de santé et de longue vie. On peut en dire autant de la propreté dans les habitations. L’importance de ce sujet nous engage à résumer et à compléter ce que nous avons dit plus haut en parlant des Écoles ménagères. (Voir page 97.)
Habitations. — Nous avons vu comment il convient de les construire.
Voyons comment on doit les entretenir.
Les caves seront toujours bien aérées, sauf durant les froids intenses. 11 faut les blanchir à la chaux, au moins une fois par année, de même que les cuisines et les dépendances.
Les salons et salles à manger ne doivent pas rester clos pendant des semaines entières. L’air confiné s’altère et altère tout ce qu’il touche. Ce sont les courants d’air, suffisamment établis, qui balayent les miasmes et empêchent l’humidité, les mites et les moisissures de se porter sur les murs, les meubles, les vêtements, les tentures, etc.
Les chambres à coucher seront l’objet d’une grande surveillance. Quelque temps qu’il fasse, il est nécessaire d’en ouvrir les fenêtres tous les jours, le matin. On laissera les lits largement ouverts au moins jusqu’à midi. Les bonnes femmes de ménage font enlever, de très bonne heure, les eaux sales de la nuit et du lever, mais ne font ranger les lits, pour la nuit suivante, que plus ou moins tard dans l’après-dînée.
Vous rencontrerez foule de gens qui redoutent les courants cl’air, qui s’empressent de fermer portes, fenêtres, vasistas, des appartements ou des voitures où ils se présentent. C’est un préjugé et une manie. Les courants d’air ne sont préjudiciables qu’aux personnes trop légèrement vêtues, ou qui, après un^exercice musculaire très actif, se tiennent absolument immobiles.
Le gaz et la lumière électrique affectent vivement les yeux. 11 faut les mitiger par des globes ou réflecteurs disposés de manière à éclairer les objets sur lesquels onj travaille plutôt que la tête même du travailleur. Ce point est capital.
ENTRETIEN DES HABITATIONS ET SOINS DE MÉNAGE
Le pétrole, par la modicité de son prix et sa puissance éclairante, est devenu d’un usage général dans les ménages ordinaires. Malheureusement il occasionne facilement des incendies.
Signalons à cet égard quelques précautions.
Pour circuler d’un appartement à un autre, 'il faut employer de petites lampes pourvues d’un très petit réservoir. En cas de chute ou d’explosion de ces lampes, il suffirait de jeter sur le liquide enflammé un vieux tapis, des cendres, du sable ou du lait — jamais d’eau, l’eau faisant surnager et glisser au loin le pétrole en feu, sans l’éteindre.
Les grosses lampes à pétrole resteront fixes aussi longtemps qu’elles seront allumées.
On aura soin de les préparer durant le jour, pour ne pas manier ce dangereux liquide à la lumière. La mèche doit toujours être exactement et régulièrement brossée ou coupée. Pour éteindre la lampe on tourne la vis jusqu’à ce que la lumière disparaisse; si elle tarde à s’évanouir complètement, on met sur le verre un couvercle de porcelaine. En aucun cas, on ne soufflera sur la lumière, qui pourrait mettre le feu au réservoir et provoquer une explosion dangereuse.
Le pétrole, comme le gaz, peut servir de chauffage. 11 faut, à cette fin, des appareils spéciaux dont les ménagères doivent connaître parfaitement le mécanisme ou le maniement.
Le pétrole peut encore être utilisé de beaucoup d’autres manières dans les habitations : pour graisser les serrures, dérouiller les ferrailles, faire glisser le bois des fenêtres et des portes.
En définitive, c’est l’un des produits les plus utiles des temps modernes.
Toutes les pièces chauffées et éclairées par n’importe quels procédés doivent être largement ventilées, pour chasser les gaz et vapeurs provenant de la combustion.
CeLte précaution est trop souvent négligée dans les lieux publics : de là leur insalubrité habituelle.
Ménages. — Toute ménagère doit connaître le montant de ses ressources, afin de savoir ce qu’elle peut dépenser.
Elle doit se pénétrer de celte vérité que le bien-être, le confortable d’une famille, ne réside pas dans le luxe de la table, de la toi-
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letle, des ameublements, mais dans la satisfaction raisonnable des besoins communs. Le luxe devient insensequand il porte à dépenser au delà des revenus dont on dispose.
Le luxe, d’ailleurs, n’a pas de limites. Telle femme riche et vaniteuse, qui veut éclipser ses amies par des exhibitions fantaisistes, trouvera toujours une femme plus riche ou plus vaniteuse .encore, qui la dépassera dans ces ruineuses folies.
Le bon goût et la bonne éducation s’accommodent parfaitement de la propreté et de la simplicité.
Autrefois, les ménagères les plus estimables tenaient à voir leurs armoires garnies de beaucoup de linge. Il y a là encore un abus, dont on revient, comme on revient de la manie de tenir en cave beaucoup de vin de toutes espèces.
Ce sont là des fonds improductifs, qui dorment et qui se perdent, en partie, par les déchets inévitables.
Le linge empilé dans les armoires se détériore, s’il n’est assez souvent mis au contact de l’air, comme les vins vieux finissent par contracter mauvais goût, par couler et s’aigrir.
Ayez donc le linge nécessaire pour votre service. Il vaut mieux le faire passer très souvent aux lessiveuses, sauf à le renouveler au besoin, que de le cataloguer en paquets étiquetés dans des armoires, où il séjournerait plusieurs mois ou plusieurs années sans voir le jour.
Domestiques, serviteurs, ouvriers. — Ce sont, disent la plupart des femmes de ménage, les pierres d’achoppement des familles.
Cependant, dans notre état social, il faut s’aider les uns lés autres; et, quelle que soit notre condition sociale particulière, nous sommes tous, tour à tour, ouvriers et patrons, serviteurs et maîtres, domestiques et salariés.
N’attachons donc pas une trop grande importance aux mots : patrons et domestiques.
Que devons-nous voir à côté de nous : des travailleurs qui, comme nous le faisons, fournissent, à telles conditions, telle quantité de besogne pour tel prix.
Pourquoi nos femmes ont-elles si souvent maille à partir avec leurs servantes, bonnes, cuisinières, nourrices, etc. ?
Parce quelles ne savent pas s’en servir.
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Toute ménagère devrait, d’abord, connaître cette loi naturelle que nous révèle la biologie, et qui éclaire la sociologie dans ses ravins les plus intimes :
« En vertu du principe universel de l’attraction et du fait de la divisibilité des sexes dans les races animales, les mâles sont instinctivement attirés vers les femelles, et vice versa. »
La femme est plus écoutée et mieux obéie par Jean, le valet, que par Marthe, la cuisinière.
En revanche, Marthe a plus de respect et d’égard pour monsieur que pour madame ; tandis que Jean se soucie bien plus des volontés de celle-ci que des ordres de celui-là.
Tout cela, naturellement, instinctivement, toute arrière-pensée à part.
Prenons donc les gens tels qu’ils sont, et passons sur ces nuances sociologiques inévitables.
Ensuite, chaque ménagère devrait apprendre à conduire, à diriger, à commander son personnel de l’un et de l’autre sexe.
Au lieu de plaintes, de récriminations, de reproches, de sermons interminables, sur un ton aigre-doux ou impérieux, hautain et colère, selon les cas et les tempéraments, que ne formule-t-elle des indications, des demandes nettes, précises, en un langage toujours poli et bienveillant, dont le calme, la dignité imposent et attachent même les esprits les plus indisciplinés!
Parle-t-elle toujours, madame, à sa fille de chambre comme à son chien?
Aussi çelui-ci la cajole et celle-là se révolte : pourquoi?
Parce qu’il y a, trop souvent de la part de la femme-patronne, manque de tact, de délicatesse, de savoir-vivre, envers les personnes qui la servent.
Tel père, tel fils, dit-on souvent.
J’ajouterai : tel maître, tel domestique; telle ménagère, telle servante.
C’est aux gens instruits et bien élevés de donner le ton et d’imprimer l’allure aux serviteurs passagers, qui travaillent sous leurs ordres, et qui ne visent — retenez bien ceci — qu’à les imiter.