NEUVIÈME CHAPITRE
AGE DE RETOUR OU DE DÉCLIN - 50 A 6a ANS.
Nous n’avons plus de distinction à établir, ici, entre l’homme et la femme en ce qui concerne l’art de vivre.
Femme aimable, charmante fille d’Ève, le jour est venu où, comme l’acteur blasé, las de répéter et de jouer le même rôle, vous sentirez s’éteindre en vous le feu sacré qui vous a fait tant de fois braver les angoisses et les transes de la maternité.
La carrière de la femme féconde est terminée. Les enfants ont grandi. A leur tour, il vont faire souche. La mère d’hier sera demain l’aïeule. Son expérience guidera la jeune femme dans les débuts maternels; et c’est dans ses bras que les nouveaunés recevront leurs premières caresses. La mission providentielle de la femme dure bien au delà de ses fonctions utérines. A l’heure des infirmités séniles, n’est-ce pas elle, avec son angélique patience, son habitude des misères corporelles, son affectueux dévouement, qui soutient, console et encourage le compagnon de ses destinées? Appuyés l’un sur l’autre, les deux vieillards supportent allègrement le fardeau des années. Que l’un succombe, et le second, frappé au cœur comme un chêne sapé par le bûcheron, ne tarde pas à s’affaisser à son tour.
Toute la poésie, toute la philosophie de l’existence humaine se résument dans le mariage et s’identifient avec la femme.
Un phénomène curieux s’accomplit de 50 à 60 ans. Le développement corporel est depuis longtemps arrêté. Les organes ont atteint leur summum fonctionnel et ont fourni la plus grande partie de leur activité. Une tendance à l’obésité, due à des dépôts de graisse et de lymphe autour des principaux viscères, enti’e les muscles et sous la peau, se prononce de plus en plus, à partir de la quarantaine jusqu’à 60 ans environ. Avec la période de déclin commence une diminution sensible de la puissance musculaire.
SYSTÈME OSSEUX ET ML'SCULAIItE.
On devient pesant, moins leste, moins résistant aux marches soutenues, aux ascensions sur les montagnes, les échelles et les escaliers. On s’essouffle facilement. L’ouvrier ne peut plus dépenser la même quantité de forces.
Et pendant que ces faits se manifestent, les facultés cérébrales conservent toute leur intensité et continuent même à s’étendre.
A mesure que le corps s’affaisse, l’intelligence grandit, les fonctions du centre nerveux se régularisent, s’harmonisent de plus en plus.
Examinons de plus près ce curieux phénomène.
Le système osseux et musculaire perd de sa virilité, avons-nous dit. Les appareils digestifs, respiratoires et autres sont dans le même cas. Les organes des sens n’ont plus tout à fait la même élasticité ni le même ton. Le cerveau seul garde toute sa vigueur et exécute ses fonctions avec plus de méthode, plus de précision et plus d’ampleur.
Il résulte de là que diverses modifications doivent être introduites dans l’art de diriger son organisme et de conserver sa santé, durant la période de retour.