ALTÉRATION DU SANG
ALTERATION DU SANG (anémie, chlorose, (lueurs blanches, hydrohémie, pâles couleurs). — La puberté est sans contredit la phase la plus critique de l’existence chez les femmes. La menstruation ne s’établit pas toujours régulièrement. Souvent on voit la jeune fdle grandir en s’affaiblissant et s’étiolant h mesure que les règles se produisent d’une manière plus ou moins normale. On dit alors qu’elle est atteinte de pâles couleurs ou de chlorose.
Les médecins ont établi une distinction plus ou moins tranchée entre la chlorose et Y anémie. Cela nous intéresse peu ici. L’anémique manque de sang en quantité seulement; la chlorotique ne possède qu’un sang insuffisant en qualité et en quantité tout à la fois. Au fond, chez l’une comme chez l’autre, il y a défaut de sang dans l’organisme. Vhydrohémique, au contraire, ne manque pas de sang; mais son sang contient trop de sérum et pas assez de globules rouges.
Causes. — La vie claustrale des pensions, l’air confiné des appartements en ville, certaines habitudes pernicieuses, une alimentation impropre en qualité ou en quantité, une menstruation difficile, rare ou trop abondante; des maladies antérieures, anciennes ou récentes; telles sont les causes ordinaires de la chlorose ou de l’anémie chez les jeunes filles.
Traitement. — La première condition à remplir est de placer la malade dans un milieu convenable, de la retirer du pensionnat, de la mettre, si possible, à la campagne, et de lui faire prendre des aliments substantiels très variés.
La seconde condition, c’est de régulariser les fonctions utérines. Ici deux circonstances, absolument différentes, peuvent se présenter. Quand la chlorose est accompagnée d’une menstruation difficile, 'rare, avec d’insignifiantes éliminations de sang, il faut prescrire des préparations toniques et aromatiques, telles que les composés de fer, les poudres de safran et de cannelle, et les bains de siège chauds. Quand, au contraire, la chlorose est provoquée ou entretenue par des règles trop fréquentes et trop abondantes, comme cela se présente plus souvent que ne le croient les médecins qui ne s’enquièrent pas assez sérieusement des causes premières, réelles, qui ont amené telle ou telle maladie, les ferrugineux et les excitants ne peuvent qu’être nuisibles. Il ne s’agit pas alors de chercher fi favoriser la production du sang et les fonctions utérines, mais fi régulariser celles-ci pour empêcher la déperdition exagérée de celui-là. En ce cas, on aura recours au double traitement suivant, l’un pendant l’écoulement, l’autre entre les époques des m'enstrues.
Pendant U écoulement ménorragique, on fait garder le repos à la malade, on lui donne des boissons acidulées et des aliments liquides froids.
Lorsque l'cpoque hémorragique est passée, on ordonne la reprise de la vie et du régime habituels; on fait prendre des sirops astringents, et particulièi ement les potions de ratanhia, qui jouissent d’une grande efficacité dans les
AMÉNORRHÉE, DYSMÉNORRHÉE, MÉNORRAGIE, MÉTRORRAGIE. 339
anémies ou les chloroses par suite A' hémorragies cataméniales ou autres : Le ratanhia en extrait se donne à la dose de KO centigrammes h 1 gramme par jour, durant les époques intermédiaires, des menstruations.
Pendant le cours des règles on suspend l'usage de ce médicament et on garde le repos physique le plus complet possible. Au bout de quelques mois de ce traitement simple, on verra les écoulements sanguins se modérer et la jeune fdle reprendre ses couleurs, ses forces et son activité.
Dans les cas d’hydrohémie, au traitement propre h l’anémie il faut ajouter, parfois, des purgatifs actifs et l’abstention des boissons aqueuses.
Régime alimentaire. — Les chlorotiques ont généralement l’estomac doublement capricieux, comme enfant gâté, d’abord, et comme malade atonique ou asthénique, ensuite.
Les anémiques simples souvent n’ont guère d’appétit aussi, et parce que leur estomac est affaibli comme tout le reste de l’organisme, et parce que des névralgies diverses se déclarent facilement îi la poitrine, à la tête et au ventre, chaque fois que la quantité de sang nécessaire h l’économie est devenue insuffisante.
On ne peut donc pas ordonner d’emblée tous les aliments toniques qui seraient utiles à ces malades. Il faut compter et parfois ruser avec leurs faiblesses gastronomiques.
Insensiblement on arrive cependant à relever les voies digestives à l’aide des potages, des crèmes épicées, des fruits acides et de viandes légères bien assaisonnées.
On doit se garder toutefois d’imposer à ces sujets une alimentation tonique trop persistante, qui finirait par agacer les intestins et échauffer la masse du sang. Ne forcez jamais le régime alimentaire de ces malades, mais insistez principalement chez les anémiques et les chlorotiques peu réglées, sur les préparations de fer et les aromates végétaux; et, chez les chlorotiques trop réglées, sur les potions au ratanhia.
Mesures préventives. — S'il est requis de remonter h la cause vraie qui a rendu tel sujet malade, pour formuler un traitement convenable, il l’est davantage pour indiquer les mesures propres h prévenir la maladie.
Au lieu d’abandonner à elles-mêmes ou h des étrangères la direction des filles à l'époque de la puberté, que les mères, ou les tantes, ou les parentes intelligentes se chargent de ce soin. Elles trouveront dans leur expérience de la vie féminine et dans leur cœur les moyens de régler, sans encombre et sans dommage pour la santé, les fonctions nouvelles de la jeune vierge.
AMÉNORIUIÉE. ÜYSMÉIMOR RUEE. — MÉIN’ORRAGIIî. — Ml. I RORRAGIE. — Certaines femmes perdent de bonne heure leurs réglés, d autres les perdent momentanément par suite de maladies diverses ou d accidents; le mot aménorrhée (suppression des règles) exprime ces par-