‹ L'art des accouchemens (volume 3)Chapitre 20 sur 62 · Tome Il. A · texte numérisé non relu

Tome Il. A

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bo L'ART

1673. Tous les partisans du levier, avant le docteur Camper , regardoient l'occiput comme le lieu sur lequel on devoit l'appliquer, celui qui étoit le plus propre à lui donner une prise avantageuse, celui où l’on pouvoit agir le plus fortement sans nuire à l’enfant, et vers lequel on devoit diriger les puissances de l'art pour seconder celles de la nature : ce qui s'accorde assez avec la connoissance que nous avons de la stucture du crâne, du mécanisme de l’accouchement, et de celui de l’enclavement pour lequel cet instrument a été proposé. Comme ces praticiens étoient dans l’opinion que l’occiput répondoit le plus souvent au pubis, c’étoit aussi sous celui-ci qu’ils insinuoient le levier, ou qu’ils le ramenoient après lavoir fait pénétrer vers un autre lieu du bassin. Camper, à Ja gloire duquel le titre de savant Accoucheur ne sauroit rien ajouter, après avoir démontré l’imossibilité de le placer sur l’occiput, dans le cas d’enclavement de l'espèce connue dés Roonhuisen, s’est efforcé de prouver encore qu'il ne sauroit ” rester quand on y parviendroit, et que son extrémité devoit alors se porter auprès du menton, en passant à côté du col. Le même zèle qui nous a porté à discuter la doctrine de ce Médecin sur ce qui concerne ce point de l’art des accouchiemens, nous fait une loi d'examiner celle de 7isingh et de M. Herbiniaux , avec laquelle elle a quelque rapport. Si ce n’est pas sur la mâchoire inférieure, près le menton, que ces Accoucheurs dirigent l’extrémitéde la spatule, comme ledit Camper à l'égard de Titsingh, c’est au moins sur l’apophyse mastoide qui ne s’en trouve pas fort éloignée, ou bien

DES ACCOUCHEMENS. by dans son voisinage , puisque l’angle de la mâchoire est bien près de cette apophyse. En supposant que ces deux méthodes ne se ressemblent pas, le désaveu (1)que fait Titsingh de celle que lui attribue Camper, ne mériteroit quelque considération qu'autant qu'il pourroit contribuer aux progrès de l’art; que la méthode que Titsingh y substitue seroit plus d'accord avec les principes de cet art, et avec la cannoissance mème que ce praticien paroît avoir eue du mécanisme de l'accouchement.

1694. Titsingh établit d'abord pour certain que la tête de l'enfant descend toujours un peu naturellement de travers dans le bassin , une des tempes le long et contre le sacrum , et l’autre sous le corps de l'os pubis ; qu’en descendant ainsi plus avant et plus bas dans la cavité formée par le coccix, elie se redresse doucement, la face se tournant alors en arrière vers le rectum, et l’occiput en avant dessous le pubis ; qu'enfin elle vient présenter à la vulve cette partie qu’on nomme vulgairement la Couronne. Il est également certain, dit-il, que la face se trouve obliquement en arrière , lorsque la tête reste enclavée ; et c’est dans cette position où ilse la représente pour exposition desa manière d'employer le levier. Nous ne formerons aucune objection contre le sentiment de Tsingh, sur ce dernier point, étant déjà parfaitement d’accord avec lui sur É premier ; nous conviendrons que la tête de l'enfant peut s'arrêter à une hauteur

(x) Voyez la lettre de Tütsingh , insérée dans l’ouvrage de M. Herbiniaux.

ba L'ART quelconque dans la position qu'il assigne. Il décrit trop bien la marche qu “elle suit dans l’accouchement ordinaire, pour qu’on ne s’attende pas à lui Hhidus ces eflonte pour la lui i imprimer dans le cas dont il s’agit, et favoriser jusqu'aux plus petits des mouvemens qui composent cette

marche , puisque c'est en cela seul que consiste l’art. Le lieu où porte son levier seroit celui où 1l faudroit le diriger, quand la tête est fixée transversalement dans le détroit supérieur, s’il pouvoit ; y pénétrer, si la plus grande épaisseur de cette tête avoit déjà franchi l’espace le plus resserré de ce détroit, et s'il ne s’agissoit que de la faire descendre complètement dans l’excavation du bassin : car il agiroit alors perpendiculairement à l’obstacle qui la retient , et de manière à le surmonter avec le moins de force possible. Mais qu’on se souvienne qu'il s’agit bien moins, dans tout ce que nous avons dit jusqu'ici de l’usage du levier, de faire faire ce premier pas à la tête de l’enfant , que de l’extraire entièrement ; alors on verra combien le procédé de Titsingh est peu d'accord avec ses connoissances sur le mécanisme de l’accouchement ; et chacun se croira bien fondé à demander comment, avec le levier placé sous le pubis de la femme et sur l’apophyse mastoïde de lenfant, il pourra ramener la tête à cette marche naturelle si bien observée et si bien décrite par ce praticien même. Ztsingh paroît avoir réservé à M. Herbrmaux la claires de nous en instruire (+).

HT . Si les personnalités et les injures de toutes

(x) Voyez sa lettre déjà citée. sw

espèces:que ce dernier substitue partout aux priucipes, au raisonnement, à la démonstration et aux preuves, pouvoient en tenir lieu, il eût sans doute surpassé l'attente du modeste Tifsingh, et forcé tous ceux qu'il regarde comme les détracteurs du levier, à ne voir dans cet instrument que le chef-d'œuvre de nos inventions; puisqu'il pourroit remplacer le forceps dans tous les cas, et procurer de grands avantages en d’autres où celuici n’est point applicable. Malgré le sentiment dont on ne peut se défendre à la lecture de l'ouvrage de M. Herbiniaux (1), nous nous croyons obligé d'en parler, dans la crainte que notre silence ne soit regardé, par cet Auteur même, comme un aveu de l'excellence de sa doctrine. Si la discussion que nous nous permeltrons sur quelques points de cette doctrine, ne le détrompe pas, et ne lui dévoile pas son ignorance sur tout ce qui concerne l’art qu'il dégrade, et qu'il exerce néanmoins avec une sorte de vogue, elle le rendra peutêtre plus circonspect à F’avenir, dans le jugement qu'il pourroit encore hasarder sur les Auteurs qui semblent mériter quelques égards, au moins par la droiture de leurs sentimens; et elle retiendra les jeunes Praticiens qui pourroient le prendre pour guide.

ÿ oo cimmmccge,

(x) M. Herbiniaux seroit bien plus digne encore de ce sentiment , si l'ignorance où il est de la langue française ne sembloit l’excuser d'avoir mis son nom à la tête d’un ouvrage dont il n’a pu être le rédacteur. Nous nous persuadons que quelqu'un , jaloux de sa réputation, et plus instruit que lui dans cette langue, ne lui aura prêté sa

1676. Nous avons remarqué que de Bruyn, et plusieurs autres, convenoient qu'il “or impossible que le bout au levier, placé sous le pubis, ne portät pas, en quelques cas qu’ils croyoient extrémement rares, sur l’un des côtés de la tête, aux environs de l'oreille ; et avec quelle douceur et quels ménagemens ils en usoient, quand ils avoient lieu de le soupçonner sur ce point. Loin de chercher à l’éviter, comme ces Praticiens, M. Herbiniaux met toute son industrie à le rencontrer; c'est sur l’apophyse mastoïde, très-voisine de l'oreille, qu’il dirige son levier ; il regarde cette apophyse comme le seul endroit où il puisse trouver une prise avantageuse ; et une contusion

lus ou moins forte lui a souvent démontré, après l'issue de la tête, qu'il ne l’avoit pas cherché vainement. Nous n’eussions pas décrié cet instrument, dit-il, si nous l’avions dirigé comme lui, et surtout si les corrections qu'il y a faites nous avoient été connues : car il convient que le levier de 2oonhuisen étoit défectueux, peu propre au plus grand nombre des cas, et que son Auteur ne le conduisoit pas de ta manière la plus avantageuse. Ce jugement, qui auroit dû rendre M. Herbiniaux plus avare des épithètes outrageantes qu'il prodigue à ceux qui ont écrit contre cet instrument avant la publication de son ouvrage, n’est qu'un nouveau

piume que pour affoiblir ou lui enlever l'estime de ses concitoyens. Nous invitons ceux qui se croiroient en: droit de nous reprocher le peu de ménagement que nous avons pour cet Auteur, de lire son ouv , et de À juger avec plus de médération , s'ils ie peuvent.

DES ACCOUCHEMENS. bb trait d'ignorance ou de méchanceté, puisque ces auteurs ne se sont élevés que contre le levier de Roonhuisen et sa méthode. D'ailleurs, M. Æerbrniaux n’a presque rien changé à ce levier; car il faut compter pour rien l’espèce d’anneau qu'il a ajouté au bas de chaque courbure, et qu'il destine à recevoir un ruban, dont lutilité se réduit à zéro, aux yeux de l’homme instruit. C’est cependant cet anneau et ce ruban, dont on peut voir l'usage dans l’auteur mème, qui transforment le levier entre les mains du chirurgien de Bruxelles, en un instrument nouveau; qui le convertissent, au besoin, en un levier du troisième genre, ou qui réunissent, au gré de l'opérateur, la puissance de ce dernier à celle du levier du premier genre, et qui le rendent applicable à tant de cas, pour lrsquels nous l’avons jugé inutile (1). Il ne sera

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