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De la section du Pubis.
De la se. 2010 L'usage des crochets etautres instrumens 10 ° > Le ion dupubis. 4 cette espèce toujours dangereux, et meurlriers
pour l'enfant, amsi que les accidens formidables qui ont moissonné la plupart des femmes à la suite de l'opérauon césarienne , ont porté de tout temps à la recherche d’un moyen qui püt nous dispenser de recourir à ces ressources fatales, Des hommes sensés s’étoient déjà lassés de s’en occuper, voyant que leurs efforts seraient inutiles, et se contentoient de gémir sur la destinée des femmes et des enfans qu'ils ne pouvoient épargner, lorsqu'un étudiant en Chirurgie (1) concçut, en 1768, le projet d'agrandir le canal du bassin en séparant les os pubis au moyen de la secuon de leur symphyse, et le miten pratique quelques années ensuite; quoique le jugement de l’Académie de Chirurgie, auquelil l’avoit soumis, ne lui eût pas été favorable ; le uütre qu'il venoit d'acquérir dans la Faculté de Médecine , lui paraissant suffisant pour l’autoriser à entreprendre une opération nouvelle qui avoit alors peu de partisans et beaucoup d’adversaires.
2020. M. Sigault n'est pas le premier qui ait Origine de conçu l'idée d'agrandir le bassin de Ja femme dans du la vue de le rendre accessible au fœtus. Severin" Pineau V'avoit recommandé près de deux cents ans auparavant, d'après l'opinion où 1l étoit que ce seroit en vain que se dilateroient l’orifice de la matrice et l'ouverture des parties extérieures , si les os pubis ne s’écartoient pas pour le passage de l'enfant, Mais il n’avoit proposé, pour favoriser cet écartement, que des bains, des lotigns émollentes, des corps graset mucilagineux, parce qu'il croyoit qu'il suffisoit de relâcher la symphyse des
(1) M. Sigault, depuis medecin de la Faculté de Paris. » à NUE
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os, pour les écarter; au lieu que M. Sigault a pensé qu'il étoit plus expédient de trancher ce nœud que de le déliér. 11 faut convenir que ce dernier auroit eu raison si l’'écartement de ces os étoit aussi nécesgaire à l'accouchement que les adversaires même dé sa nouvelle opérauon l'ont publié ; parce que la section de leur symphyse seroit le seul moÿeri de l'obtenir. M. Sigault n’a suivi que l’mpulsion que lui avoit donnée la lecture de Pineau et des Auteurs qui en avoient adopté l'opinion, comme il le dit lui-même (r). H paroîtroit bien étonnant d'après cela, que deux siècles se fussent écoulés, depuis l’époque où vivoit le premier, sans que personne n'eût Ôsé trancher la symphyse dont il s'agit, si l'on ne supposoit assez de lamiéres à ceux qui ont exercé l’art des accouchemens, pour avoir entrevu l'inutilité, et le danger, tel qu'il soit, d’une pareille opération, dans le cas de défectuosité extrême du bassin.
5021. Non-seulement Severin Pineauavoiteonçu l'idée d'agrandir le bassin, comme on vient de le dire, maïs on pourroit croire qu'il avoit connu aussi la possibilité de couper avantageusement Îlæ symphyse du pubis : du moins peut-on l'inférer du passage suivant de son ouvrage. Après avoir parlé des précautions que la nature semble avoir prises dans la construction de la tête du fœtus, pour favoriser l'accouchement, 1l ajoute que son travail est bien plus admirable dans l'écartement des os du bassin de la mère ; que ces parues non-seulement
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(x) Voyez la these de ce médecin, soutenue aux écoles d'Angers, en 1773.
peuvent se dilater, mais encore qu'elles peuvent être coupées sûrement. S£ enim natura O$sa Capilis non perfecerit in utero , neque suturas ullas his effinxerit, ut deflexis ossibus et ut cumque compresso capite fœtus in enixu facilius expellantur utero , exeantque foràs : quanto magis in dilatandis maternis ossibus sagax et provida eadem erit , contra eorum opinionem qui ista ossa dilaiari negant. Prætereaignobiliores partes nobilioribus semper ministrant et obsequuntur , nec non continentes seu externe , non tantum dilatari , sed eliam secari tutù possunt, ut internis succuratur , ut Galenus ait. At nemo sanè est mediocriter in Medicind ver. salus, qui non noverit pueros in utero contentos mulià nobiliores esse maternis ossibus, pelvim, ut vulsd loquimur , constituentibus (r).
2022. Si on entrevoit dans ce passage l'idée de la section du pubis, l’on ne peut refuser au Médecin de Paris de l'avoir mise au grand jour, et d'avoir exécuté ce projet le premier (2). Presque le seul défenseur de cette nouvelle opération avant 1797, le succès qu'il en obunt alors sur la femme Souchot, lui valut un grand nombre de partisans (3) qui la pratiquérent ensuite, pour
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(1) Sever. Pineau, cap. X, Opuscul. et Physiolog. et Anatom. lib. IT.
(2) M. Alph. le Roy, D. M. P. a cependant publie qu’un médecin français l’avoit pratiquée à Varsovie dans le dix-septième siecle. ( Voyez sa brochure, intitulée : Examen de L Art des Accouchemens de M. B. ext. de la Gazette de Santé, année 1781.)
(3) Nulle découverte dans l’art de guérir n’a été accueillie plus universellement que la section du pubis ;
206 PART | ainsi dire comme à l’envi les uns des autres, mais la plupart avee-un sucés si différent que M. S:gault S'aperçnt bientôt, et éprouva lui-même, combien cetie ressource étoit peu certaine pour l'enfant et pour la mère, quand le bassin est trèsdifforme (r).
2023. M. Sigault n'avoit proposé cette opéraration que pour les cas extrémement rares, où Ja mauvaise conformation du bassin ne Jaissoit d’autres ressources que l'opération césarienne ; mais ayant franchi, pour ainsi dire, dés le premier pas, les bornes étroites dans lesquelles il lavoit circonscrite, ses partisans ne Jui en assignèrent aucunes, et on le vit, ainsi qu'eux, la pratiquer sur des femmes qui étoient accouchées précédemment par les seuls efforts de la nature, et sur bien
elle eut presque autant de partisans qu’il y avoit alors d'individus dans la société, même étrangers à la Médecine , parce qu’elle intéressoit ce que nous avons tous de plus cher. Un grand nombre de médecins et de chirurgiens, tant en France qu'ailleurs, se déclarèrent en faveur de cette opération; à peine l’eut-on pratiquée une seule fois, avant même qu’on ne sût bien quel en seroit l'événement , que l'Europe entiere retentit du nom de son auteur, que la Faculté de Paris fit frapper'une médaille en son honneur, et que le gouvernement lui accorda une pension, ainsi qu'à la femme qui venoit d’être ‘opérée. D'un côté de la médaille est l'effigie du doyen de cette faculté, et de l’autre l'inscription suivante : Sectio symphis.oss. pub. lucinanova, ann.15768, invenit, proposuit, 1777, fecit feliciter. J.-R. Sigault. D. M. P. juvit Alph. le Roy, D. M. P.
(1) Forez les observations de l'Auteur, que nous rapporterons succinctement dans la suite de cet article.
d'autres qui l'ont fait depuis. Les uns la substituerent à la patience dont 1ls auroient dû s’armer, et les autres à l'application méthodique des doigts; ceux-ci à l’extraction de l’enfant par les pieds, et ceux - là à l'usage du forceps ou des crochets. Tous, dés-lors, ne virent que de grands difficultés à l'accouchement, et de moyens de les vaincre, que dans la section du pubis; de sorte qu'on la fit plus de fois dans l’espace de quatre à cinq années, qu'on n’avoit fait la césarienne dans le cours de vingt à vingt-cinq, et peut-être même d'un demi-siècle. Pendant ce trop long instant de délire, 1l sembloit que l’art des accouchemens se réduisit à la dextérité nécessaire pour bien exécuter cette opération ;‘encore osa-t-on publier qu'elle étoit peu de chose en elle-même , et que le traitement à sa suite faisoit tout.
2024. Quoique le temps eût opéré ce que n’avoient pu faire les écrits muluipliés qui ont paru dès les premiers momens, contre cette opération, quoiqu'on la pratique beaucoup plus rarement depuis que la vérité s’est fait entendre äu mépris de la prévention, nousnousen occuperons cependant, el nous ajouterons même à ce que nous en avons déjà dit dans nos premières éditions, parce que le nombre de ses partisans nous paroît encore trèsgrand , et que la plupart ne sont pas assez instruits, et ne peuvent acquérir la connoissance des faits les plus propres à dissiper leur erreur, ou à leur inspirer au moins la méfiance qui sembloit retenir M. Sigault dans les dernières années de sa vie (1).
(1) La confiance de M. Sigault dans ce nouveau pro-
200 L'ART 2096. Nous suivrons la méme voie d'analyse que dans la première de ces éditions, quoiqu'on puisse rassembler aujourd'hui assez d'observations pour étayer son Jugement sur cette nouvelle opération. Le but que se proposoit son Auteur étant d'augmenter la capacité du bassm, dans tous les cas de mauvaise conformation, au point de le rendre d’un libre accès au fœtus, et spécialement dans la circonstance où l'opération césarienne étoit indiquée exclnsivement, nous nous attacherons d'abord à faire connoître l’ampliation qu'en recoit ce canal, d’après des expériences multiphiées sur le cadavre ; nons examinerons ensuite si le résultat des nombreusesobservations que nous avons recueillies, est différent de celui que ces expériences annonçoient ; enfin, si la secuon du pubis , non-seulement procure momentancment au bassin le degré d'ouverture nécessaire à laccouchement , mais encore si l'exécution en est aussi facile, et si les suites en sont aussi simples qu'on l'a publié.
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cédé étoit tellement diminuée dans ces derniers temps, qu'il se refusoit à la tenter lorsque le bassin ne lui offroit pas aû moins deux pouces et demi de petit diametre dans son entrée. Nous l’avons vu proposer l'opération césarienne chez une femme pour laquelle il nous appela en consultation, et que nous opérâmnes en sa présence au Mois de juillet 1785 ; et peu de jours avant sa mort, chez une autre, dont le bassin avoit au moins deux pouces et demi, et qui accoucha cependant naturellement d’un enfant privé de la vie. (Voyez d’ailleurs son observation concernant la femme #espres.)