‹ L'art des accouchemensChapitre 57 sur 136 · Quand le premier de ces détroits est vi · texte numérisé non relu

Quand le premier de ces détroits est vi

cié transversalement, la région du pubis est sail-

Caracteres extérieurs de

l'étroitesse

lante, au lieu d'être aplatie comme dans le cas qui affecte le

précédent; la partie antérieure du bassin forme un angle obtus, et non ce cintre arrondi qui caractérise l’état de bonne conformation; et souvent l’une des aines paraît plus enfoncée que l’autre. Si l’on juge plus difficilement de l'étroitesse qui n'affecte qu'un seul côté de ce détroit, aussi est-elle moins nuisible à l'accouchement que celle dont nous venons de parler.

129. Mais ces notions générales sont insuffisantes,etnesauroientnous faire connoitreledegré d’ouvertureque présenteun bassin difforme.Quelque longue expérience que l’on ait, l'application dés mains à l'extérieur n'offrira jamais que des résultats trop incertains pour fixer le choix des moyens les plus propres à terminer laccouchement dans ces cas difficiles. Si l’on ne peut acquérir autrement, avec une précision mathématique, la connoissance de tous les diamètres du bassin, du moins en approche-t-on assez pour ne pas commettre de grandes fautes. Il est aisé surtout de déterminer la longueur de celui du détroit supérieur qui va du pubis au sacrum , le seul qui soit presque toujours-en défaut relativement à l’accouchement.On sesert, pour le mesurer, de plusieurs instrumens qui sont autant de compas, dont les uns se développent en dedans du bassin, et les

détroit supérieur transversalement.

autres au-dehors. Nous préférons l’un de ces derniers, appelés compas d'épaisseur, non parce qu’il HONTE des résultats plus exacts, mais parce que l'application en est plus facile, qu’elle n’a rien de -douloureux, rien de fatigant pour la femme ; qu'elle peut Fa faire dans tous les temps, sur routes sortesdesujets ,etquele résultat qu'on en obtient nous a paru aussi certain que celui des compas qui se développent en dedans du bassin.

Haies 130. Pour déterminer de combien le détroit sumoyen de périeur est vicié dans le sens indiqué, et en mesu- ___ rer le diametre au moyen de cette espèce de comvice de con- Pas, On prend l'épaisseur de la femme, depuis le formation. inilieu du mont de Vénus jusqu’au centre de la

dépression de la base du sacrum postérieurement, en appliquant l’une des pointes de l'instrument en devant, à la hauteur de la symphyse du pubis, et l’autre en arrière, un peu au-dessous de l’épine de la dernière vertèbre lombaire (1); et lon déduit trois pouces de cette épaisseur , tant pour celle de la base du sacrum, qui est généralement de deux pouces et demi , que pour celle de lextrémité antérieure des os pubis, qui n’est que de six lignes : épaisseurs qui varient si peu, qu'elles ne nous ont pas offert au-delà d’une seule ligne de différence sur le nombre de trente à trente- cinq bassins viciés, resserrés de toutes les manieres et à tousles degrés possibles Cette soustractiondetrois pouces sur l'épaisseur extérieure du bassin, dans lesens é énoncé, suffit, sil embonpoint de la févitiié

(1) Voyez planche VI,

DES ACCOUCHEMENS. 79 n’est que médiocre : on n'ajoute qu'une ligne ou deux de plus quand il est excessif, parce que les graisses qui forment la plus grande saillie du mont de Vénus s’affaissent aisément sous l’extrémité lenticulaire des jambes du compas. Le résultat de ce procédé est si exact, que le bassin, mesuré à l'ouverture du cadavre , avec le compas ordinaire rapporté au pied de France , ne s’est trouvé dans aucune de nos expériences au-delà d'une ligne , soit au-dessus, soit au-dessous de l'estimation que nous en avions faite. Une plus grande précision,

uandon pourroit obtenir, seroitinutile,puisque l& choix des moyens les plus propres à terminer l'accouchement, en tels ou tels cas, ne peut être déterminé d’après une ligne de plus ou de moins dela part du diamètre du bassin. D'apres ces données, la connoissance du diamètre sacro-pubien s'obtient aisément : il est de quatre pouces, lorsque l'épaisseur extérieure du bassin en présente sept entre Îles jambes du compas; iln’'en aque trois lorsque celle-ci n’est que de six, et deux seulement quand cette dernière n’est pas au-delà de cinq pouces. Nous supposons la femme maigre, comme le sont presque toutes celles qui ont été nouées. FR 131. Les compas dont les branches se développent dans l’intérieur du bassin , ont souvent présenté un résultat moins exact; et plus d’une fois il s'est trouvé plusieurs lignes d'erreur, soit audessus, soit au-dessous du produit qu'ils avoient donné; tant parce qu'il est difficile de maintenir l’une des branches sur le milieu de la saillie de la base du sacrum, pendant qu’on ramène ou qu’on

80 L'ART place la seconde derrière le pubis, que parce que les parties molles qui tapissentle bassin s'opposent à leur développement. Leur usage d’ailleurs est toujours accompagné de douleurs :on ne peut s’en servir chez les jeunes filles sur Pétat desquelles les parens incertains demandent des avis avant de les marier ; ni mème chez celles quisont mariées, si ce n’est dans le temps de l’accouchement.

132. Ledoigtindicateur introduit dansle vagin, et dirigé convenablement, peut également faire connoiître la longueur du petit diamètre du détroit supérieur, et avec d'autant plus de facilité que le bassin se trouve plus resserré. On avanée l'extrémité de ce doigt sur le milieu de la plus grande saillie que décrit la base du sacrum, près ou sous sa Jonction au corps de la dernière ver tébre des lombes ; et, en relevant le poignet, on applique le bord radial de ce doigt contre le bord inférieur de la symphyse du pubis. On marque sur ce doigt, avec l’ougle de l'index de l’autre main , le point sur lequel tombe la syÿmphyse dont il s'agit, et après l'avoir retiré du vagin, on mesure la distance de ce point à l'extrémité du doigt. Cette mesure, qui est celle de la ligne qui descend obliquement du milieu de la saillie du sacrum au bord inférieur de la sÿmphyse du pubis , est communément d'un demi-pouce plus grande que le diametre du détroit supérieur, considéré du même point de l'os, sacrum, au haut de la symphyse énoncée. Un accoucheur bien exercé à ces sortes de recherches ne pourra se tromper que d’une ligne , et au plus de deux, quel que soit la forme ou le degré d'ouverture du bassin vicié:ce qui ne

sauroit encore l’induire à commettre de grandes fautes dans la pratique de l'accouchement.

. 133. L’on ne peut atteindre la même précision dans l'estimation des autres diamètres, si ce n’est de celui du détroit inférieur, qui va du pubis au coccix; mais on les évalue cependant assez bien pour ne passe tromper grossièrement sur le choix des moyens à employer pour opérer l’accouchement. Si les dimensions extérieures du bassin ne peuvent nous faire connoitre le diamètre transversal du détroit supérieur, et si le doigt introduit dans le vagin ne peut mesurer ce diamètre, on juge de sa longueur, relativement à l’accouchement, par celle du précédent. Quand celui qui va du pubis au sacrum est assez petit pour qu'il en résulte de grands obstacles , il est excessivement rare que l’autre le soit en même temps; et il est encore plus rare que ce dernier soit en défaut, tandis que le premier a la longueur requise.Si l'on prend pour le diamètre transversal la ligne quis’étend d'une échancrure iliaque à l’autre, on ne le trouvera jamais au-dessous de quatre pouces, quelle que soit la longueur du diametre qui va de devant en arrière, puisque 4 largeur de la base du sacrum est presque toujours telle. Mais cette ligne transversale, la plus étendue qu'on puisse trouver dans le détroit supé‘ieur,ne peut en être regardée comme le diamètre; car, loin de passer au centre de cette ouverture, on observe qu’elle touche en quelque sorte le sacrum das la plupart des bassins difformes, et que dans plusieurs elle passe au-dessous de fa saillie de la base de cet os. Si ce diamètre transversal se me-

suroit d’un côté à l’autre du détroit, à égale distance de la saillie du sacrum et de la symphyse du pubis, souvent il seroit plus court qu’on nele suppose, mais cependant presque toujours plus grand que le diamètre sacro-pubien.

134. On juge à très peu de chose près de l’étendue des dianrètres du détroit inférieur, en palpant extérieurement jusqu à ce qu'on sente nettement les tubérosités ischiatiques, la pointe du coccix, et le bord inférieur de la symphyse du pubis. Il est aisé de distinguer ces deux derniers points, lorsque le sujet est debout, et d'estimer leur distance : mais il n’en est pas tout-à-fait de même des tubérosités ischiatiques, à cause du grand nombre de muscles qui s’y attachent, et de leur direction; on neles découvre bien qu’autant que les cuisses du sujet sont fortement fléchies ; de sorte que pour en apprécier l’écartement, il faut que la femme soit assise ou bien accroupie. C’est par l’écartement des doigts qui touchent cestubérosités qu'on juge du leur; mais le diamètre qu'on se propose de mesurer ainsi, a toujours deux à trois lignes de moins que cet écartement extérieur, et quelquefois quatre à six lignes, lorsque les os ischium ont beaucoup d'épaisseur.

De la ma 135. Toutes les fois que l’état du sujet qu’on nière de Pro examine permet de porter le doigt dans le vagin, mation de la On ne doit point y manquer : on pourroit même largeur du en introduire plusieurs, si les circonstances y bassin, étoient favorables, comme au moment de l’ac-

couchement, Ce procédé conduit plus sûrement encore à laconnoissance del’intérieur du bassin, et nous met dans le cas de découvrir des choses

qu'on ne peut apercevoir en examinant simplement le dehors de cette partie, telles queles exostoses qui l’affectent quelquefois, etc. En parcourant ainsi ce canal, quand on a l'aptitude nécessaire, ce qui ne s’acquiert que par un grand exercice, on peut reconnaitre, à quelques ligues près , la longueur des différens diamètres, et surtout celle du plus petit du détroit supérieur , comme nous l’avons expliqué ci-dessus. On mesure de même la distance du coccix à la symphyse du pubis, en tenantle bord radial du doigt contre le bord inférieur de celle-ci, et son extrémité sur la pointe du premier, qu’on repousse en arriere autant qu'on le peut.

136. La profondeur du bassin, postérieure- pes moyens ment, se mesure par la longueur du sacrum; sur de connoître ies côtes, par la moitié de la hauteur de l'os des res iles, prise depuis son épine antérieure et SUPÉ- sin, et de la rieure à la tubérosité de lischium; enfin on con- hauteur de

A … >» l’arcade du noit cette profondeur en devant, par l'étendue ni. de la symphyse du pubis.

137. Il n’est pas moins facile de trouver l’élévation ou la hauteur de l’arcade du pubis, en déduisant la longueur dela symphyse sur la profondeur des côtés du bassin. Si la première est de dix-huit lignes, et la seconde de trois pouces et demi, la hauteur de l’arcade doit être de deux pouces. La largeur de cette arcade sereconnoit en la parcouranttransversalement au moyen du doigt introduit dans le vagin . ou bien en palpant extérieurement à côté et selon la longueur des grandes lèvres. D'ailleurs, l’écartement des tubérosités ischiatiques fait assez bien connoître cette largeur.

84 L'ART Explication de la sixième planche.

Fig. I. Cette planche présente la coupe verticale d’un bassin rédnit à peu près à la moitié de ses dimensions naturelles; avec le pelvi-met de M. Coutouly, et notre compas d'épaisseur.

A À À A,les quatre dernières vertèbres deslombes.

BBB, l'os sacrum

CC, le coccix.

DD, facette résultante de la section de la sym physe du pubis.

E, fosse iliaque gauche.

F, le côté gauche du détroit supérieur.

G, le ligament sacro-ischiatique.

H, la tubérosité de l’ischium.

IT, l'entrée du vagin.

K , l’une des grandes lèvres.

L, l'anus.

M , le mont de Vénus.

N, la fesse gauche.

F9. II. Le compas d'épaisseur dont nous nous servons pour mesurer le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur.

a, a, les branches du compas.

b, la charnière qui unit les deux branches.

c, ce, boutons lenticulaires qui terminent les branches.

d , échelle ponctuée de l'étendue de neuf pouces, destinée à faire connoître l'épaisseur du corps

pris entre les branches (1).

(1) Cette échelle se renferme dans une gouttière creusée

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