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Dimidium facli qui bone cœpil, habet

Gilbert et Walter. Les crayons rouges et bleus sont fort commodes pour marquer sur le terrain les bâtiments, les eaux, etc.

Le lire-ligne qui sert à tirer à l'encre les traits des dessins. Il est pourvu d'un uiaiiche, pour tracer les lignes droites, ou bien il s'adapte au compas pour les courbes.

Le jji,siolet, lame de bois découpée, commode pour tracer des courbes variées, mais dont on fera bien de se passer quand on aura pris l'habitude de tracer à la main les lignes sinueuses des plans de jardins.

Les papiers sont de diverses espèces :

Le papier bulle, rose ou jaune, excellent pour les études. Il est épais et le crayon peut être effacé souvent sur sa surface sans l'altérer.

Le papier blanc, qu'on peut acheter comme le précédent par rouleaux de 10 mètres sur 1"',60 de hauteur. Il doit être de bonne qualité, épais. Si son encollage n'est pas bien fait, on peut l'améliorer en passant dessus une dissolution d'alun. Le papier Whatman est bon ; on le débite en feuilles séparées de la grandeur dite fjraud-aigle.

Le papier à calquer, dit aussi papier végétal, est très-utile par sa transparence. Il faut le choisir aussi blanc, aussi solide et en même temps aussi translucide que possible. Il se boursoufle sous le lavis, mais on peut le coller sur une autre feuille et laver ensuite dessus à l'aise.

La toile à calquer est plus commode, mais sa cherté en rend la vulgarisation difficile. Le corps gras qui la recouvre empêchant le lavis de prendre, on peut teinter la face inférieure du dessin, qui se voit alors par transparence. Cette toile est indispensable pour préparer les dessins à confier au conducteur des travaux; elle ne se brise pas, même si on la plie et la déplie souvent.

Le papier vnlliviétrique, dont l'emploi commence à se généraliser, est fort utile. Il se compose de feuilles entièrement quadrillées en centimètres et en millimètres, qui rendent ainsi superflu l'usage du double décimètre. Il est surtout commode pour la confection des profils de terrassements.

Les traits du dessin doivent être passés à Yencre de Chine. On recommande de ne jamais se servir d'encre ordinaire, qui déteint, ronge le papier et sur laquelle on ne peut passer de teintes pures.

Sur la planche citée plus haut, on colle la feuille qui recouvre le dessin. Cette opération se fait en mouillant cette feuille à l'envers avec une éponge, plus fortement au centre qu'aux bords, en enduisant ces bords avec la colle à bouche sur un centimètre de largeur et frottant avec l'ongle pour faire prendre la colle. Le papier, en séchant, se tend uniformément.

Des godets blancs, en faïence, serviront à délayer les couleurs dans l'eau. Ils doivent être assez grands, polis, et à large base.

Les pinceaux seront choisis doubles et gros pour les teintes générales. Pour les essayer, on les trempe dans l'eau et on forme leur pointe, qui doit être très-tine, en les essuyant sur le bord du vase. Les petits pinceaux ne sont destinés qu'aux retouches ou aux détails.

EXAMEN DU TERRAIN

LEVER DU PLAN

Les couleurs, en pains ou en pastilles, seront en petit nombre s'il s'agit de dessins topographiques confectionnes suivant les tons conventionnels adoptés dans les grandes administrations. Il suffira dans ce cas ô.'enrre de Chine, de carmin, de gomnie-gulle, de bleu de Prusse, de terre de Sienne brûlée, de teinte neutre et de vermillon; quelques autres seront nécessaires pour le cas où l'on soignerait le rendu' du plan comme une aquarelle.

Dans le lavis des plans topographiques, on emploie généralement les teintes suivantes :

Terres arables ... . Gomme-gutte, carmin et une pointe d'encre de Chine, parfois avec des rayures plus intenses.

Terres humides. . . Teinte précédente avec des hachures et des pointes de bleu faible, avant que la teinte ne soit sèche.

Vignes Encre de Chine, carmin, sépia, bleu de Prusse, avec des traits en S tra-

versés d'un trait droit.

Prairies Bleu et gomme-gutte.

Prairies humides. Ajouter des taches bleues à cette teinte.

Bois Bleu et gomme-gutte. Ton vert jaune, et travail de boisé par-dessus.

Friches Vert faible avec un peu de jaune et de carmin, formant une teinte jaspée.

Broussailles Vert et jaune faible, employés successivement avec deux pinceaux.

Bruyères Vert et carmin faibles, employés avec deux pinceaux, avec addition do bleu

léger dans les parties humides.

Landes Gomme-gutte, sépia, bleu de Prusse et encre de Chine, avec parties jaunâ-

tres ménagées çà et là.

Sables Gomme-gutte et carmin. Les dunes seront tenues plus pâles.

Vases Encre de Ciiine, carmin et sépia.

Marais Vert pré, en laissant çii et là des places de bleu de Prusse pur.

Étangs Bleu de Prusse et un peu d encre de Chine. Marquer un trait de force du

côté haut à gauche.

Rivières, fleuves, pièces d'eau. Bleu de Prusse.

-^fers Bleu de Prusse, gomme-gutte et encre de Chine, pour obtenir un bleu

verdâtre.

Conslruclions anciennes à conserver. Encre de Chine (foncé).

— — (i démolir. Gomme-gutte (foncé'.

— à édifier. Carmin (foncé).

Gomnie-gulte.

Rose carminé.

Rose carminé.

Carmin vif.

Vermillon avec une pointe d'encre de Chine, et

hachures plus vives avec la même teinte. Terre de Sienne brûlée pâle.

Terre de Sienne \ ive, avec hachures de sépia. Bleu noirâtre pâle.

Bleu avec hachuies plus foncées.

L On nomme rendu, dans le langage usuel de l'architecture, tout dessin au net, dessiné et lavé avec assez de soin pour séduire le regard.

-, , Pour déblai

Terrassements i

( Pour remblai

ii;n moellons bruts. . En pierres de taille En briques

„, , V En élévation

Charpentes ]

/ En coupe

r, , /• , (En élévation

Fers et fontes ....

\ En coupe

r,„„„ „ , • ( I^" ék'valion Goinme-!iuUe et carmin.

Bronze et cuivre, i -

I Ln coupe Gomme-gutto avec hachures déterre deSienne.

i Maisons particulières.. Encre de Ciiine paie, avec liséré phis vigoureux en bas et à droite.

, o^,. i ..lio > Édifices publics Encre de Chine plus noire, avec trait de force.

villes ou villages, j Bâtiments à reculer. . . Teinte jaune passée sur le gris. [ Bâtiments ii avancer. . . Bose pâle.

Il faut avouer que l'emploi de ces signes et teintes de convention donne des plans d'un aspect plat et sans harmonie de couleur. Son seul avantage est d'être conforme aux usages reçus dans les grandes administrations de l'État : ponts et chaussées, génie militaire et civil, etc.

Je conseille de renoncer à ces nuances dures pour la confection d'an plan de jardin soigné, ou de les éteindre par des tons neutres.

Si le plan est à une petite échelle, on peut teinter les constructions comme il vient d'être dit, par des tons uniformes d'encre de Chine, de carmin ou de jaune, en ayant soin d'ajouter du vermillon dans le carmin pour donner à la nuance plus de vivacité. Mais si l'échelle employée dépasse deux millimètres pour mètre (i^), j'engage à figurer seulement l'épaisseur des murs des bâtiments avec leur distribution intérieure.

On reproche avec raison aux teintes formées de bleu de Prusse et de gomme-gutte de fournir des tons frais, mais un peu criards, pour les prairies et les gazons. Pour obvier à cet inconvénient et ramener le ton général du plan à l'aspect doux et harmonieux, on pouiTa employer le bleu d'outremer. Cette couleur, appliquée à plein pinceau, dépose d'une manière agréablement nuancée et laisse sur le papier une surface variée sur laquelle il est facile de revenir pour obtenir des effets de détail. On peut passer en même temps la couleur de fond sur les pelouses et les bois, pour les reprendre ensuite séparément.

C'est un utile procédé de passer sur toutes les parties vertes, pelouses et massifs, en ne réservant que les allées, les fleurs et les bâtiments, une teinte pâle de bleu de Prusse etde gomme-gutte servant de fond. Quand elle est sèche, on y répand une couche d'outremer pur, qui en déposant sur les pelouses laisse un grenu agréable. Les bords en haut et à gauche doivent être réservés; on peut les éclairer par quelques touches vert-clair, dont on marbrera également les parties saillantes des gazons. On augmente l'intensité de la teinte pour les massifs, où le dépôt s'accentue et forme ce qu'on appelle des moutons. C'est alors qu'avec le petit pinceau on forme des lignes ou hachures arrondies, sinueuses, simulant le feuillage, et auxquelles un peu d'habitude donne rapidement une bonne apparence. Quelques touches de gouache teintée de chrome éclaireront ce feuillé à gauche, ainsi que les arbres isolés, qui seront traités de la même manière.

Les ombres portées seront faites avec la teinte neutre ou l'encre de Chine, et rappelleront la forme des objets projetés sur le sol.

EXAMEN DU TERRAIN

LEVER DU PLAN

Les allées et terre-pleins s'indiquent avec de la terre de Sienne très-pâle, mélangée de jaune indien ou d'ocre.

Pour éviter la confusion, il sera bon de choisir un piqueté orangé uniforme pour tous les endroits ornés de fleurs. Les mélanges de couleurs voyantes luent l'aspect harmonieux du plan.

Les eaux seront figurées par de l'outremer pur, que l'on doit rayer de stries dans le sens longitudinal de la feuille ; on donne plus de force à la ligne de gauche, en haut, et l'on peut obtenir des effets de lumière vive et de réflexion en rayant le bleu cà et là avec la pointe d'un canif.

L'indigo et l'encre de Chine mélangés donnent le ton des constructions vitrées, serres, châssis, jardins d'hiver, etc., en éclairant le côté gauche' avec des traits de gouache blanche et accusant l'ombre par un trait foncé.

Il faut tenir assez courtes les ombres des bâtiments, sous peine de faire des confusions et des superpositions désagréables.

Certains dessinateurs représentent les arbres en élévation, pour être mieux compris de leurs clients. Je ne saurais approuver ce mode de procéder. Ou bien le plan est, comme je l'ai dit en commençant, la projection horizontale, rigoureusement exacte, des objets en élévation, et alors chaque partie sera vue comme du haut d'un ballon, en supposant seulement les constructions réduites aux fondations allleurant le sol; ou bien les arbres seront pris en perspective, et tout le reste avec eux, présentant une vue à vol d'oiseau. Je conseille de hgurer simplement les arbres isolés par un cercle festonné irréguhèrement et de distinguer plus spécialement les conifères par une étoile. C'est par l'ombre portée que l'on pourra reconnaître la forme verticale de l'arbre.

Les rochers seront représentés par des masses coupées irrégulièrement à angles vifs et teintées en sépia relevée de terre de Sienne.

On pourra rendre plus attrayants des kiosques, tonnelles, berceaux, etc., en s'efforeant de donner, par le dessin et la couleur, une idée de l'aspect de leur partie supérieure vue d'en liant.

Les escaliers rustiques s'indiqueront par des raies transversales, à la sépia, d'une manière irrégulière.

Au moyen de ces procédés et de ceux que l'on apprendra en tâtonnant, on obtiendra certainement une apparence harmonieuse que les teintes conventionnelles ordinaires ne sauraient donner.

Il reste à mettre le plan en état d'être lu. On obtient ce résultat au moyen des inscriptions, des titres, de la légende, des lettres isolées, des chiffres, de la rose des vents et de l'échelle.

Les inscriptions en toutes lettres s'appliqueront aux routes, chemins, rivières, lacs, fermes, métairies, constructions principales, en un mot à tous

-1. On doit toujours supposer, dans un plan, que la lumière vient de haut en bas et de gauche à droite.

les objets occupanL un assez grand espace sur le plan. On choisira les lettres romaines ou italiques , placées de manière à être lues de gauche à droite. Les objets secondaires seront accompagnés d'une lettre en CAPITALE pour les plus importants, en caractères romain droit, penché ou italique pour les moindres, en épuisant toute la série et reprenant ensuite celle d'un autre type s'il est nécessaire. On peut aussi employer des numéros. Ces signes ou lettres se rapporteront à une légende enfermée dans un cadre sur un des côtés du plan.

Le titre général doit être écrit en lettres simples formées de traits uniformes, et d'un modèle ancien, qui souffre plutôt la médiocrité dans l'exécution que la reproduction des caractères moulés modernes. On doit éviter les lettres à effet, composées ou ombrées, qui prennent un temps inutile et sont d'un goût douteux. Un cadre, composé d'un ou deux filets inégaux, et parfois d'un cluinip que l'on peut teinter de couleur noir-bleuâtre, doit toujours accompagner le plan. On aura soin de laver d'une teinte neutre de fond les parties du plan qui sont en dehors du tracé du pare proprement dit, de manière à ne pas laisser de grands espaces blancs dans le cadre.

La rose des venis est le nom, peu précis, de deux ou plusieurs lignes perpendiculaires les unes aux autres et dont les extrémités donnent exactement les directions nord, est, sud et ouest et leurs composés. Le nord est distingué par une flèche et la lettre N.

Enfin, il ne faut jamais néghger d'indiquer nettement Yéchelle du plan, et son rapport avec le mètre ; on doit l'accompagner d'un tracé graphique sur lequel on gradue les divisions nécessaires pour mesurer des longueurs sur le plan. La reproduction d'un décimètre divisé en centimètres et en millimètres constitue l'échelle dite de un millimètre pour mètre, ou de Il en est ainsi proportionnellement des autres échelles dont le rapport est moins simple.

Si l'on veut obtenir des fractions de mètre, et chercher une plus grande exactitude, on se sert avec avantage des échelles graduées sur cuivre qui indiquent les divisions en dizièmes de millimètres. On utilise principalement ce mode de division pour les plus petites échelles, celle de 75'^ par exemple, employée dans les plans du cadastre ou dans les levés d'une grande surface de terrain.

La figure 60 donne le moyen de tracer cette échelle, dont je recommande l'emploi général.

Les échelles adoptées dans le service des ponts et chaussées sont de rapports simples, et varient entre à à l'exception des plans de traverses des routes dans les villages qui sont à l'échelle de 5 millimètres pour mètre ou de On peut même employer l'échelle de pour des dessins d'objets d'art, de nivellements, et enfin celle de pour des détails d'exécution minutieux.

La copie des plans s'obtient sur le papier ou sur la toile à calquer, par

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des procédés divers. On peul piquer directement, au moyen de l'aiguille placée dans le manche du tire-ligne, le plan à reproduire sur une feuille placée par dessous ; en reliant les points entre eux au crayon, on obtient un dessin similaire. On peut encore décalquer en plaçant une feuille noircie entre les deux feuilles, la face noire du côté de la page blanche, et en suivant, avec une pointe d'ivoire, les traits du dessin qui se reproduisent ainsi fidèlement en dessous.

On obtient le même résultat, mais avec plus de travail et de lenteur, en construisant sur les deux dessins une série de carrés identiques sur lesquels on rapporte le dessin de proche en proche.

Enfin on réduit ou on amplifie les plans, soit au moyen du compas de réduction, instrument indiqué plus haùt, dont l'un des côtés mesure des longueurs simultanément reproduites par l'autre avec la réduction ou l'ampHfication cherchées, soit avec le paniogniphe. Ce dernier instrument se compose de quatre règles égales deux à deux, d'un axe mobile, d'une pointe

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