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TRAVAUX D'EXÉCUTION. — CANALISATION D'EAU

les applications aux jardins sont restreintes à l'assainissement des prairies et des plantations. Le nivellement préalable et la pratique ordinaire suffisent pour drainer les prairies et les pelouses. Pour les plantations, il faut une attention spéciale. Chaque massif à drainer sera entouré, à une distance de 3 mètres, d'un fossé d'assainissement, aussi profond que possible. On emploiera, pour en remplir le fond, sur un tiers de sa hauteur, l'un des procédés représentes par les figures 205, 260, 267, les drains d'argile pouvant être obstrués par les racines. Si le sol du massif est très-humide, il con-

Fig. '273. — Pose des tuyaux de drainage dans les tranchées.

viendra de tracer des rigoles petites, mais profondes, venant du milieu vers le fossé de ceinture, et remplies de pierrailles ou de détritus divers.

Les arbres isolés, plantés dans un sol argileux compacte, seront préservés de l'humidité surabondante par quelques drains placés deliout au fond du trou, à la périphérie.

Lorsque les racines viendront à obstruer ces drains, la reprise de l'arbre sera effectuée, et il pourra se défendre contre l'excès de l'eau du sous-sol.

Un côté également intéressant de la question a rapport à l'arrosage au moyen des eaux qui proviennent du drainage, opération répandue en Allemagne, et du ressort de l'agriculture.

Enfin l'architecte-paysagiste doit se préoccuper d'utiliser les eaux ainsi recueillies, de même que celles des irrigations et des réservoirs, pour en masquer les aspects disgracieux et les employer à la décoration générale. Tout est prétexte ou motif d'ornement pour un artiste de talent, et les préceptes les plus minutieusement détaillés ne sauraient donner le goût à celui qui ne l'a pas naturellement formé.

Canalisation pour l'arrosage. — L'irrigation s'applique surtout aux prairies d'exploitation et aux jardins de produit dans les pays chauds. Elle constitue une exception pour les jardins de moyenne étendue. Il est rare qu'on ait à sa disposition des prises d'eau naturelles suffisamment élevées pour être amenées en pente douce sur tous les points à arroser. Autrefois, quand la volonté d'un seul suffisait à détourner les eaux d'une rivière pour un plaisir personnel, que M. de Laborde faisait passer une partie de la Juine à Méréville et que le surintendant Fouquet amenait des eaux magnifiques â Vaux, on pouvait, à loisir, distribuer l'arrosage dans ses jardins. Cependant on ne voit pas que les eaux forcées aient été alors utilisées autrement que pour des effets d'ornement, sous la forme d'eaux jaillissantes. Maintenant que l'égalité des droits pour les riverains des cours d'eau a nécessité la réglementation que j'ai signalée et la création des associations syndicales , les choses ont entièrement changé. Il a fallu recourir à des moyens nouveaux de recherche, de conduite et de distribution ties eaux. Les grandes villes se sont chargées de ce soin et distribuent en abondance à leurs habitants l'eau nécessaire à la vie. Les jardins bénéficient de ces facilités, et une concession d'eau suffit à leur entretien. Mais il n'en est plus de même à la campagne, où l'on doit se contenter des ressources du lieu.

Le système de conduites à trop-plein tombe en désuétude. Il consiste à amener les eaux librement, avec une faible pente, dans un premier bassin, d'où l'excédant s'échappe pour en remplir un second situé un peu plus bas, et ainsi de suite. Cette solidarité entre les différents récipients d'un jardin est à la fois un avantage et un inconvénient ; avantage, en ce que le remplissage se fait sans travail; inconvénient, parce que si l'eau vient à manquer ou à couler trop lentement dans le bassin supérieur, les autres restent vides ou ne suffisent plus à la consommation.

Sil'on adopte ce système, les tuyaux de terre cuite suffiront pour mettre les bassins en communication. Ils doivent être d'un assez fort diamètre, par exemple de 0"",10 au minimum ; pour éviter les obstructions on choisit des tuyaux à emboîtement que l'on trouve généralement dans le commerce par tronçons d'un mètre de longueur. Les tuyaux de terre vernissée sont plus résistants et plus durables, mais ils coûtent plus cher. La pose sera faite sur un sol bien uni, à pente régulière ou de niveau, les dépressions augmentant la charge et faisant éclater les tuyaux. Pour assurer cette régularité de niveau, il est bon de pilonner le fond de la tranchée, et d'y répandre une couche de pierrailles et de mortier grossier. A chaque emboîtement, le joint sera fait en mortier de chaux hydraulique et sable, et mieux encore en ciment. La profondeur des tranchées sera d'au moins 0"',50, afin de mettre les tuyaux à l'abri des fortes gelées. Si le conduit doit passer en si{)hon sous un obstacle, on fera bien de choisir des coudes en fonte au degré de courbure requis ; leur prix élevé est compensé par la garantie de solidité et la perfection de l'ajustage.

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