Partie couverte du canal Saint-Martin
.\.ucienae place des fêtes.
Première transformation.
Pour l'Exposition universelle de 18";8.
Dans les nombres qui précèdent ne sont pas compris les cimetières de Paris, entretenus par les soins de l'administration municipale, ni les pépinières et serres de la Ville. Les jardins des Tuileries, du Louvre, du Palais- Royal, du Luxembourg, du Muséum, appartiennent à d'autres services de l'État.
La ville de Londres, que l'exemple donné par les embellissements de Paris a décidée à remanier 'ses jardins publics, fait de grands progrès depuis quelques années. Les travaux de M. Gibson, au parc de Battersea, sur les plantes à feuillage ornemental, ont révélé notamment des progrès considérables. Quelques chiffres sur l'étendue des parcs et des jardins daas cette capitale donneront une idée de l'importance qui leur est attribuée.
Hyde Park contient 161 liect. 88 are^.
Kensington Gardens 101 — 16 —
Saint -James' Park et Green Park Zi7 — 75 —
Battersea Park 93 — 07 —
Regent's Park 190 — 16 —
Victoria Park 117 — 25 —
Alexandra Park 87 —
Dans les environs de Londres, on compte encore de magnifiques parcs, comme Windsor, Richmond, Hampton Court, Kew Gardens, etc.
Pendant ou après la transformation du bois de Boulogne, du parc de Vincennes et des Buttes-Chaumont, un grand nombre de villes d'Allemagne, anciennement entourées de fortifications ou de places peu attrayantes, furent embellies par de riants jardins. Francfort, Hambourg, Munich, Vienne, Dresde, Leipzig, etc., sont aujourd'hui dans ces conditions.
Mais c'est en Amérique que ce mouvement s'est accentué avec une intensité extraordinaire. Depuis que la paix, à la suite de la guerre de la sécession, a permis aux villes de ce pays de reprendre leur mouvement progressif, des parcs publics nombreux se sont créés à l'instar de celui de New-York, si connu sous le nom de Central Park. Dans cette œuvre considérable, le talent de MM. Law Olmsted et Vaux n'a pu cependant se développer à l'égal de celui qu'ils ont dépensé dans le parc de Brooklyn, où, avec une liberté plus étendue et un terrain moins accidenté, ils ont pu mettre à profit leurs théories artistiques, résumées principalement dans la création de vastes espaces gazonnés et d'arbres isolés et dégagés de leur vieux bois, en réservant les tailUs aux seules parties à masquer. A Buffalo, à Chicago, à Boston, à Cincinnati, à Saint-Louis, autour du Capitole et des bâtiments du Smithsonian Institute de Washington, à Philadelphie au Fairmount Park, à Montréal au Canada, en Californie, des parcs publics se sont multipliés, généralement taillés sur des modèles gigantesques. Les terrains, dont le prix était alors modéré, permettaient aux villes de se donner un pareil luxe, impossible à atteindre si l'on eût attendu quelques années.
Le Central Park, situé maintenant en pleine ville de New-York, occupe une surface de 303 hectares 50 ares. Il se développe, dans sa largeur, en un long parallélogramme entre la 5" et la 8" avenue, et entre la 58' et la 110 l'ue dans sa longueur. La légende suivante, se rapportant à la figure h!iO, en fera comprendre les principales distributions. En A est l'une des entrées principales, nommée» The Circle », et en Bla seconde, appelée « Scholar's Gâte », dont on trouvera le détail figure l/i3, p. 375. De cette dernière entrée on se dirige sur le mallU, avenue droite tracée sous de beaux arbres débouchant sur la terrasse monumentale G, qui fait face au lac pittoresque F cl aux rochers boisés qui le terminent. Les réservoirs d'eau de la ville CC, nommés Croton Réservoir, sont masqués par des plantations, ainsi que le nouveau bassin très élevé et plus grand D, entouré d'une promenade circulaire et orné d'une tour avec observatoire. En entrant, par leScholars'Gate, on laisse à gauche une pièce d'eau très pittoresque, entourée de curieux rochers naturels, comme en beaucoup d'endroits du parc. En lest un casino pour la musique et les réunions élégantes, à l'ombre des grands arbres. Les points J, I, V, X, indiquent le passage de voies publiques qui traversent le parc en tranchée et ne se voient pas de l'intérieur ; l'intérêt artistique et les communications sont ainsi ménagés. Le point A' indique l'emplacement de la
Fig. 440. — Le <i Central Park, » grand parc public à Xew-York (États-Unis). F. L. Olmsted et C. Vaux, architectes.
77/i L'ART DES JARDINS.
ménagerie. En C est l'emplacement d'un palais des beaux-arts. M est un de ces sommets, couronnés d'une plate-forme, avec points de vue, dont j'ai parlé sous le nom de Concourse (fig. 161, p. 38/i). Une place de jeux pour les enfants, très-animée dans la belle saison, est placée en K. Un terrain à annexer au parc est situé enD'. La grande serre et son bassin en façade R ne sont encore qu'à l'état de projet. Le Cherry Hill Concourse Q, et le rond-point Y, sont des endroits de rendez-vous populaires. En Z se trouve un parc aux daims {deer park).
Les caractères principaux de ce beau parc sont les rochers, les eaux et les ponts. Ceux-ci dépassent le nombre de /iO; ils sont de dessins trèsvariés, et leur agencement ingénieux permet d'isoler les allées et de laisser les piétons, les cavaliers et les voitures suivre des directions distinctes, spécialement étudiées, sans jamais se croiser à niveau.
Le parc public de Lyon, bien connu sous le nom de Parc de la Têted'Or (fig. 441), a été dessiné par M. Buliler aîné, sur des terrains enlevés aux alluvions du Rhône, près des anciennes fortifications et de la ferme de la Tôte-d'Or. Les eaux y sont fort belles, le lac a Ih hectares et les j)lantations qui le bordent présentent des scènes charmantes. Les travaux ont été commencés en 1856; on y a employé de très-nombreux ouvriers tisseurs, au moment où la misère et le chômage sévissaient parmi eux. La dé[)ense totale, répartie sur une superficie de 118 hectares, a été d'environ 1,200,000 francs. En A est un chalet-restaurant, lieu de rendez-vous des promeneurs. Les ponts ou passages des allées au-dessus des eaux sont indiqués par les lettres B. En C, est une petite construction d'utilité. La perte du lac, dont les eaux se dirigent souterrainement vers le Rhône, est située en D. Une vacherie modèle E est placée près du pâturage où un bétail c'.ioisi s'ébat en liberté, et où il trouve le bassin U servant d'abreuvoir. Les cabanes d'animaux divers, terrestres et aquatiques F G, la volière J, le parc aux moutons K, les poulaillers L, animent toute cette partie du parc, au centre de laquelle se trouve la maison du garde IL Le bâtiment I a été destiné à une sorte de musée, auprès des pelouses situées devant les serres M et nommées le pré /leuri. Le jardin botanique est divisé en planches concentriques NO. L'orangerie est en P, et les lettres Q R S indiquent l'emplacement des cultures de fleurs de la Ville de Lyon. La porte du nord est marquée T.
La seconde ville de l'Angleterre, Liverpool, s'est ornée récemment de plusieurs parcs publics. Le plus grand, celui de SeftonPark, a été créé dans des circonstances relatées en ces termes parle Gardeners' Chronicle:
« A la fin de l'année 1866, la ville de Liverpool (Angleterre), autorisée par un acte du Parlement, daté de 1863, à créer un parc public sur les terrains acquis de lord Sefton pour la somme de 275,865 livres sterling (6,796,625 francs), ouvrit un concours international et oiï'rit aux vainqueurs deux prix : l'un de 300, l'autre de 150 guinées.
v Un grand nombre d'architectes-paysagistes prirent part au concours,
Fig. iil. — Parc public de la Tùtc-d'Or, à Lyon. — M. Buhler aîné, architecte.
cl sur le choix de 29 compétiteurs acceptés, qui remplissaient les conditions stipulées au programme, le jury examinateur décerna, le l"' mai 1867, le premier prix de 300 guinées (7,950 francs) aux dessins de M. Éd. André, de Paris, qui s'était associé M. L. Hornblower, de Liverpool, plus spécialement pour les constructions du parc. Le second prix (3,975 francs) fut attribué à M. Milner, directeur des jardins du Palais de Cristal, à Sydenham, élève distingué de sir J. Paxton.
« Les travaux, commencés le 6 juin 1807 sous la direction de M. Ed. André et de son collaborateur, furent continués sans interruption pendant cinq années, et l'inauguration solennelle du parc eut lieu le 20 mai 1872 par le prince Arthur d'Angleterre, au milieu de grandes fêtes qui avaient attiré une immense population.
« Les premiers devis des travaux étaient de 85,000 livres sterling, mais des augmentations successives dans la surface du parc, la construction d'un réseau d'égouts , l'étabUssement des voies d'exploitation des terrains à bâtir, portèrent le chiffre total des dépenses à 3,800,000 francs, en comprenant une parcelle de terrain acquise de M. Livingston.
« La superficie de Sefton Park est de 387 acres (156 hectares 60 ares 76 centiares). Des terrains à revendre pour former des villas privées l'entourent de toutes parts et font face à de vastes boulevards circulaires, limitant le parc et séparés par une grille. Un lîoiten-roiv, ou grande promenade pour les cavaUers, longe le côté du parc vers Aigburth-road. Les routes carrossables, qui occupent une longueur de 16 kilomètres et demi, ont été solidement établies suivant le système Telford (voir p. 399), couvertes de granit concassé, roulées par des cylindres à vapeur, et sablées d'une couche de gravier jaune de Jersey, comme la surface des autres allées et sentiers.
« Une dépression naturelle du sol a reçu le lac, occupant une vaste surface et rempli soit par l'afflux d'un ruisseau naturel nommé Oskeslesbrook, soit par le drainage de 100 hectares du parc, soit par les eaux de la Mersey, qui alimenteront les tuyaux et les cascades. Une seconde vallée, coupée à son entrée dans le parc par un grand pont de pierre et de fonte, est plus accidentée que la première et a donné naissance à des scènes pittoresques. Les travaux de rochers , comprenant la construction de deux cascades, d'une grande et d'une petite grotte, de ponts et de barrages, se sont faits au moyen des beaux grès rouges trouvés dans l'excavation des lacs et rivières; ils forment une des principales attractions du parc.
« M. André a apporté tous ses soins aux plantations. Le sol étant dénudé sur sa plus grande surface, l'architecte a adopté le principe des grandes masses boisées , interrompues par de nombreuses percées pour points de vue, mais destinées à fournir un épais ombrage et un abri contre les terribles vents d'ouest (sea gales) qui dévastent les environs de Liverpool. Le reste des massifs est distribué en coulisses, de manière à encadrer les vues et à former les successions de plans qui composent les scènes paysa-
EXEMPLES DE PARCS ET JARDINS
gères. De nombreux ornements ont été prévus dans le parc, mais tous ne sont pas encore en place. A chaque année suffit sa peine et sa dépense, et avant peu le parc de Sefton, l'un des plus importants de la Grande-Bretagne, produira son effet complets »
A ces documents empruntés au premier journal d'horticulture de l'Angleterre, j'ajouterai la légende qui se rapporte au plan de Sefton Park (pl. VIII), et qui en explique les points principaux. Malgré l'achèvement du gros des travaux et son inauguration en mai 1872, une partie des embellissements du parc ne sont pas encore terminés, faute de ressources financières suffisantes, notamment le jardin botanique. Je trouve cependant préférable de donner le plan tel que je l'ai conçu que d'en laisser en blanc les parties encore inachevées.
Parc principal.
A. Grand pavillon du Cricket.
R. Kiosques des marqueurs.