EGYPTE
Certains auteurs, écrivant une histoire des jardins, ont cru devoir remonter à l'antiquité la plus reculée, et se sont ngéniés à décrire TEden, le paradis terrestre, le jardin des Hespérides. C'est pousser un peu loin le scrupule archéologique ; il prend fantaisie de les inviter à passer au déluge, et même au delà. La matière historique est pourtant assez vaste pour quon n'ait aucun besoin de se livrer à une enquête aussi problématique.
Les premiers jardins connus sont ceux de Babylone, qui ont été décrits avec détails par Diodore de Sicile, Strabon et Quinte-Curce. S'il faut en croire Niebuhr, ils se trouvaient sur les bords de l'Euphrate, aux environs de Hellah. Les anciens les comptaient parmi les sept merveilles du
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monde. Dus à Sammouramit. femme de Bin-Nirari III (809- 780), ils furent restaurés par Nabuchodonosor (604-561). « C'est, dit Strabon. un immense carré de quatre plèthres (120 mètres) de côté, composé de plusieurs étages de terrasses supportées par des arcades, dont les voûtes reposent sur des piliers de forme cubique. Ces piliers sont creux et remplis de terre, ce qui a permis d'y faire venir les plus grands arbres. » Les blocs, qui formaient les terrasses, étaient recouverts de couches superposées de roseaux, de briques, de plomb et de terre ; des escaliers, unissant les étages, s'enroulaient en spirales autour des piliers ; plusieurs appareils hydrauliques très perfectionnés montaient partout l'eau du fleuve. Les tamaris et les palmiers étendaient leur ombre sur les parterres émaillés de lotus, de thym et d'hysope,tels qu'en portent, selon la remarque de ALJoret'. les rois assyriens sur les bas-reliefs de Ninive.
M. Bruno Meisner a cru retrouver une représentation de ces jardins sur un bloc du British Muséum, albâtre provenant du palais d'Assurbanipal et qui figure un paysage; à gauche est une colline, un temple avec colonnes, et une statue; à droite, sur des piliers énormes, des jardins suspendus en forme triangulaire et reliés par des sentiers à la colline. Un autre monument, le bas-relief de Koyoundjick, nous décrit un vrai parc du temps des Sargonides (vu*' siècle), encadré de rangées d'arbres égaux, ou de hauteur alternativement inégale; un bassin s'étend, où nagent des poissons, et distribuant Teau à une foule de canaux, qui courent de tous côtés.
' joret. Le; plantes dans l'antiquHc. p. ^94 et siiiv.