PATINE
M6n | tâgnës d’Arà | blë,
O lieu plein de douceur !
Toi seule, ô ma patrie !
Peux faire mon bonheur.
Mon cœur vers toi s'élance,
Délicieux séjour !
Je garde l’espérance D'aller te voir un jour.
J’irai chanter encore A l’ombre de tes bois;
Aux sons de la mandore Je veux unir ma voix.
La la la la la la !
Dë 1& | nüit lë plüs | sOmbrë,
Un rayon lumineux A l'instant chasse l’ombre;
Et l'aurore d’amour vient briller à mes yeux.
La la la la la la!
Et la ruse et l'audace
TrOmpë | rônt dû ty | r5n lës prô | jets fürî | eux.
A nous suivre il se lasse,
Tout se rend au désir de nos cœurs amoureux.
La la la la la ta!
La la la la la la !
Galopant sur la grève.
Nous fuyons de ces lieux;
Sur les monts orageux Le coursier nous enlève.
Il n’est plus de danger,
La valeur, l’amitié nous sauront protéger.
Délivrés de sa chaîne.
Se moquer du tyran ce sera nous venger.
La la la la la la.
BAHCAROLE.
| L’ôndc est | calme, &u d5ux | feü des ë | toîlës, Quel plaisir de voguer sur la mer !
Quand la brise caresse nos voiles.
Quel plaisir de voguer sur la mer !
Les parfums des rosiers du rivage Sont portés dans les plaines de l’air;
Sans la crainte des vents, de l'orage,
Quel plaisir de voguer sur la mer !
Quelle ivresse! en est-il de plus pure?
La naïade en voguant sur les eaux ,
A livré doux attraits, chevelure.
Au caprice des vents et des flots;
Et ses chants qu’a dictés la nature Font au loin murmurer les échos.
Sans la crainte des vents, de l’orage,
Quel plaisir de voguer sur les flots !
CAVAT1HB.
Récitatif.
La peine du cordon? et c’est là sa clémence ! Lorsque sur un bûcher mon ami va périr.
Loin de tes bords chéris , ô ma patrie, ô FYanee! Reçois mes derniers vœux et mon dernier soupir . Largo.
| Quand, s&us les | lots | dé la chë | vâlë | rie,
A mon pays je consacrai ma vie,
Donner mes jours fut ma plus chère envie,
| Et jë hâ 1 tais | cë mô | mênt dësï | rê.
Hâ | sârds, dân | gërs, n’Ônt pôur | môiquë dës | charmes; Mais, loin des camps, éloigné des alarmes ,
Faut-il, privé du secours da mes armes,
Mourir si jeune et mourir ignoré?
Récitatif.
Il va donc s’accomplir cet affreux sacrifice !
Sans pâlir je verrai les apprêts du supplice. Qu’ai- je vu? notre sort va changer, et soudain. De grâce, permettez qu'un instant la prière Vienne rendre mon ame à sa vertu première.
O mon libérateur, j’ai reconnu ta main !
| Quand tà pftis | sàncë Prend ma défense.
Dois-je d’avance Craindre un malheur?
Vienne l’orage.
Un tel présage A mon courage Rend sa vigueur.
Mou ame te défie,
O sort ! de ta furie Redouble les excès.
Aux yeux de mon amie,
Sans pleurs perdons la vie ; Mourons en brave, en chevalier français.
Quand ta puissance, etc.
Sï 1? | mâîtrë s’ën | mêlë.
On verra que dans peu,
Sur la troupe cruelle 11 va faire beau jeu.
Plus de crainte inquiète,
Implorons sa faveur,
Ils vont à leur défaite,
Ah! pour nous quel bonheur!
Castil-Blaze.
3îO
| Unë | rôbë lë | gère D’une entière blancheur;
Un chapeau de bergère.
De nos bois une fleur ;
Oui , telle est la parure Dont je suis enchanté;
Et toujours la nature Embellit la beauté.
Planar» , Marie, musique d’Hérold.
Dans la seconde partie de cette cavatine, ïe parolier prend un nouveau rhythme qu’il ne suit pas du tout, et prouve ainsi que nous devons au hasard huit vers mesurés. On se moqua longtemps de cette beauté que la nature embellit; Delille avait pourtant dit, sans exciter la moindre critique :
Et la grâce plus belle encor que la beauté. »
L'Homme des champs.
Vers pris à La Fontaine,
Rien ne manque à Vénus, ni les Iis, ni les roses.
Ni le mélange exquis des plus aimables choses.
Ni ce charme secret dont l’œil est enchanté.
Ni la grâce plus belle encor que la beauté.
Adonia , poème, vers 75 & 78.
Deiille était un effronté plagiaire; il s’est approprié douze ▼ers de Dorât, qu’il a transférés de ia Déclamation, poème, pour en doter son poème de rimaginntion, chant III, De l'homme infortuné, etc.
Un beau vers de Saurin, Biancbc et coucard, tragédie,
Qu'une nuit paraît longue à la douleur qui veille,
figure aussi dans nmatmation , avec le changement d’une syllabe.
Que la nuit paraît longue à la douleur qui veille.
Il faut pourtant vous dire comme quoi le rocailleux Planard trouva huit vers excellents ; il les dut au hasard le plus heureux qu’un parolier puisse rencontrer. Hérold, de bien chère et glo-
rieuse mémoire, les lui présenta, le priant d’intercaler ce couplet dans la cavatine de Chollet, qu’il voulait rendre suave. — Voyez, lui dit-il, si ces rimes d’un musicien peuvent figurer parmi vos vers, tâchez d’en corriger les aspérités. » Planard lit ce huitain, et, chose remarquable 1 il les approuve sans la moindre contestation. Croyez qu’il ne s’était point aperçu qu’ils étaient mesurés.
Voilà comment les seuls vers de Planard que l’on applaudit, que je puis citer avec honneur... sont d’Hérold, devenu poêle un instant pour écraser tous ses paroliers.