LES LARMES
| Quéllë | gràcô, | quel mys | turc |
Qu'une larme dans les yeux!
C'est un baume salutaire
Qui, pour nous, descend des deux.
Plus d’une âme, hélas ! brisée,
Sous les pleurs s’élève encor.
C’est ainsi que la rosée Rend aux prés leur doux trésor.
Mais, des peines si les larmes Amollissent les rigueurs.
Elles donnent plus de charmes Aux plaisirs des jeunes coeurs.
D’une main folle et profane Tout plaisir épand des fleurs,
Dont l’éclat bientôt se fane.
S’il n'est pas baigné de pleurs.
Loin d’un monde aux jeux frivoles,
Quand deux cœurs se sont élus.
C’est bien peu que des paroles,
Une larme en dit bien plus !
Oui, vainqueur, l'amour lui-mème Est à peine rassuré ;
On apprend combien on s'aime Lorsque ensemble on a pleuré.
Émile Deschamps. sur «ne mélodie de Schubert.
Dô l’a. | môur, nûblë | flamme, Célébrons le pouvoir,
Et qu’il soit dans notre âme Une ivresse, un devoir !
A la belle inhumaine Arrachons un aveu;
En secret, de sa peine Exauçons le doux vœu.
Que le prix des victoires Soit un jour le bonheur!
Unissons ces deux gloires,
La beauté, la valeur.
Paol Foocbeb , Richard en Palestine
| Sûr ma rë | quête.
Par mon crédit.
J’obtiens défaut contre Jeudy,
Et l’on arrête A mon profit
Qu'il me paîra notre dédit.
Pour la Touraine Je pars soudain.
C’est une plaine.
Un vrai jardin.
Et l’un y voit sur son chemin Force moutons plus blancs que lin.
Moi j’en achète Vingt des plus gras ,
Disant tout bas :
Heureuse emplette!
Je mènerai du même pas Et le débit et les achats.
Quand, tout à coup, je vois Panurge,
Assis au seuil d'un cabaret.
Il roucoulait.
Se gaudissait.
Et s'emplissait D'un vin clairet
H. TaiAMO», Pantagruel , opéra.
Voici quelques vers d’un conte facétieux qui, certes, n’a point été fait pour la musique, et, cependant, il est mesuré, rhylhmé parfaitement. En 76 vers on n’y rencontre que deux lignes de prose; l’auteur les aurait mises au point s’il avait destiné sa
L’ART DES VERS LYRIQUES, pièce aux musiciens, s’il s’était même douté qu’elle était lyrique. Les Provençaux ont en horreur la prose rimée, à tel point que, sans le vouloir, et guidés par leur instinct, par une oreille sensible et délicate, ils cadencent leurs vers d'uBe manière charmante.