Plusieurs desseins sous le même numéro
I. Nous possédons un petit dessin de ce tableau crayonnage très-étudié, qui, recouvert presque partout de petits traits de fine plume, joue, avec ses oppositions d'encre de Chine et de crayon, l'effet d'une eau-forte soumise à deux morsures.
ches agréaUes, coquettes, mais partàdtemŒit arides*.
Zef taUesHixsiir lesquels Eisen plaçait une r isrz. z iz son arguai et de sa petite gloire, que : - -; iausr'qui les connaitr qui les a Tusr qui peut en dire la râleur? Arec les pertes Eûtes par la France de tant d'œuvres originales, les laçasses attrilmtions et les subsdtur-rs 9 £néqiientes des copies si nombreuses i-i leni'DS. !i dlf^ T>t derenue bien grande
pour ec^- r r ~'2git de tableaux de
pemtres s r : : : ; : : : :.:r.e Eisen, Faudientîcité qm i r z: ^ .. 1 1 z. : .r -zit lârmée, la comparaîscm de deux ou trois originaux positifs.
I. Orriia arcoes. ffainaiiiï les pôaces gTërées d'aires ses taKtf^mr. er ses ofaaâTîts, em â^MX% ds- IlilssiQrascâoia du Uvre : le r— mtr ■l'iifciiiiijM^ âawc«»£ par Biduad en 1769, giaTê par de laMgMïl - le Jmm- ce la Jûhc de manager par Facas ; le Bjû tâmBÊÛ dcz Fiagiçais, la Venm dobt le f^crde ^ la. FulêUsây 1» Dâârs ssâsfâtSy far Bnas; le JÊndHr eaekammr^ les Bremia-i AvtÊOC, la grwwrwr—g ^ ctristSj la WîâlU de hoime kaatemr^ Iz iggnwwrg tkamJUt^ la DoMt Féarmiitë^ la Allé Ncmnice^ \z. JUEîe Ftnmàrt. le Axât ITIoMMBr tmuixy le X^ner dev œ/aats^ le iinfarrjm^ le Witmx DAesmtàé {âc]|, pbnrhp rare, etc. ; les^^oo- —wyf fAtmfftref, le JUi tksmfkreg les Plaisirs thaamfkresj pzj Drlni^gpriij qn a cboxc s'^*'^ ^^ deux îolies sokes de qoatrr fiirici : le M^âm^ le JÊiiijYJfra-J6M. le 5atr et le Fiiaumff. Y Eli y r liiriwMir^riIifcr.
Parfois, dans le coin dune pauTre collection, ou dans le mauvais jour d'une exposition provinciale, il vous apparaît une esquisse noyée et blonde, s'enfonçant dans un verdâtre chaud, où le gras pinceau a vivement posé des tons rouges, bleus, jaunes, relevés, de blancs qui ; :rr.t des traînées sèches sur des personnages bàtonnés, ainsi que Watteau bâtonne ses jmmes à la san r^i r. e . sur des silhouettes z.t =::rî plan, croq. tt^ imsle bitume, perîins une poussière et une chaleur étonfirc cic bal. La mémoire vague et instinctive, qui reste à l'œil, d'un artiste qu'on a fouillé, étudié, dont on a poursuivi la signature et le caractère à travers les gravures, les dessins, vous arrere et vous fait dire, c;~~r 2:ir un ure-^e::::::-e:.: ; Ce doit être un Eisen. Mais la certitude manque. Et quelle autre .eu . re similaire et bien signée, pour vous la donner? Auctme. Le hasard vous làit-il rencontrer une toile plus terminée, d'un faire plus firoidî Autre écueil. Vous êtes exposé, par la ressemblance du sujet, à prendre pour une œuvre du fils une œuATe du père *. M. de Puiol dit oue l'on voit
130 L'ART DU XVUl* SIECLE.
à Douai, dans la chapelle de la Vierge, à l'église Saint-Pierre, une Annonciatioii pleine d'expression et de grâce, mais d'un mauvais ton de couleur. M. Cellier ajoute qu'elle porte le millésime de 1776. Il y a sans doute erreur de sa part : cette Annonciation doit être le tableau exécuté pour la collégiale de Douai et exposé à l'exposition de l'Académie de Saint-Luc en 1772.
Si les tableaux d'Eisen nous manquent à peu près, ses dessins nous restent, et ils sont nombreux. La plupart sont des plus séduisants. Ils ont par excellence le charme du dessin : l'esprit. Eisen les a exécutés, tantôt à l'encre de Chine relevée de plume, ou bien il les touche d'une aquarelle légère ; le plus souvent il les crayonne à la mine de plomb. Ceux-ci surprétendu tableau de Charles Eisen, représentant des jeunes filles et un perroquet, tableau de la collection de M. de Saint- Remy au Mans, qui possède encore du même artiste un enfant qui presse le robinet d'ujie fontaine et en fait jaillir l'eau sur deux jeunes filles épouvantées. Nous n'avons pas vu ces tableaux ; mais le premier est assurément un sujet du père, que nous croyons même avoir vu gravé d'après lui ; et pour le second, la méprise est manifeste : il a été positivement gravé par Henriquez, avec le nom d'Eisen père, sous le titre de : V Espièglerie.
tout révèlent toute sa grâce. Inspiré de Boucher, sorti de son enflure ronde, de son style douillet, Eisen s'en dégage par Faffinement, la délicatesse de sa manière, et, même en rappelant le maître, il reste toujours Eisen. Qu'on regarde ses moindres crayonnements, ces griffonnages courants, improvisés et courants 5 qu'on Fétudie dans ce que le temps appelait si joliment et si justement des « pensées, » ces premières idées de peintre, jetées à la volée, à demi nées et encore flottantes, destinées à être soumises à l'éditeur. De la feuille de papier blanc teinté maintenant par les années d'un ton de Chine, où il semble qu'il n'y ait qu'un nuage gris, se lèvent peu à peu ces petites aubes de sujets, ces ondulations de formes, ces indications pâles, claires, légères, réveillées et repiquées çà et là, où l'œil poursuit et trouve des corps, des amours, de petites apothéoses, la silhouette d'une scène coquette. Rien d'égal à l'adresse, à la facile inspiration dans le badinage et le tâtonnement de ce crayonnage autour des profils, des figures, des habits et des lignes. Ces souffles de dessin ont le mouvement de l'attitude et des person-
nages, la liberté des étoffes, rame de toute une composition. Un volume entier, acheté par nous, de ces Pensées d'Eisen pour les Contes de La Fontaine, la Heiiriade, les Métamorphoses d'Ovide, les Almanachs de la musique du roi, etc., éclaire tout ce côté de son talent: brouillis où le trait rondit et joue autour d'apparences de formes, scènes vaporeuses de mytholog-ie ou d'histoire, croquis microscopiques, essaims d'Amours dans une poussière de mine de plomb, contours qu'on dirait estompés avec le reste du noir d'un tortillon d'atelier, harmonies effacées, douces, presque lointaines de ces demi-rêves du crayon. C'est là qu'apparaît le vrai génie du dessinateur rapetissé et calomnié par ses autres dessins, délices des bibliophiles, ces dessins terminés, abêtis pour l'intelligence et le travail du graveur, poussés au dernier fini sur le vélin du papier ou de la peau.
En 1762 paraissent les Contes ào. La Fontaine ' ; magnifique publicité pour le vignettiste
I. Il existe de ces Contes des exemplaires avec des planches doubles de nudités pour les contes de Richard Minutolo, les Lunettes et le Rossignol. Dans ces exemplaires^ le Cas de cons-
et qui montre quel goût a pour lui le grand public de ces années, et en quel honneur le tiennent les éditeurs. Voltaire daigne lui écrire et le féliciter ^. L^'artiste semble dans le chemin de la fortune. Il est maître à dessiner des pages et des chevau-légers de la Garde du Roi. Il est mieux que cela, maître de dessin de M"'® de Pompadour, il touche 7,^00 hvres de traitement pour l'occupation d'un jour ou deux par semaine. 11 est, en outre, dessinateur du Roi. Comment cette carrière si bien commencée s'arrête -t-elle comme brisée tout à coup ? Comment n'a-t-elle point l'achèvement et le couronnement presque promis ? Comment Eisen n^arrive-t-il pas, ainsi que Cochin, à l'Académie? Pourquoi cette main de M""*^ de
cience et le Diable de Papefigidère sont ce qu'on appelle, en termes d'amateurs^ « découverts » .
I. « Je commence à croire, monsieur, que ] a. Henriade passera, à la postérité en voyant les estampes dont vous l'embellissez : l'idée et l'exécution doit vous faire également honneur. Je suis sûr que l'édition où elles se trouveront sera la plus recherchée. Personne ne s'intéresse plus que moi au progrès des arts, et plus mon âge et mes maladies m'empêchent de les cultiver, plus je les aime dans ceux qui les font fleurir. » (Lettre de Voltaire à Eisen, insérée à la page 4 du volume I" de la Henriadej édition de la veuve Duchesne.)
Pompadour, volontaire et toute-puissante pour ravancement de ses familiers d'art, se retiret-elle si brusquement de lui? D'où vient ce néant soudain, cette ruine d'ambition après cette faveur de cour ? D'une insolence, au dire de Pujol qui la raconte ainsi : « Eisen avait de l'esprit, mais il n'en £t pas toujours un bon usage. L'anecdote suivante prouve qu'il était bien impudent, ou qu'il eut des absences de raison qui dégénéraient en folie. M'"' de Pompadour, qu'il apprenait à dessiner, lui avait commandé le dessin d'un habit pour le roi dans un goût simple, mais nouveau, désirant que Sa Majesté jouit d'un vêtement qui n'eût point encore paru. Qu'imagine Eisen? Il s'en fait faire un semblable et se montre à Versailles, avec cet habit, le jour même qu'on avait engagé le roi à porter le sien en lui disant qu'il était l'unique. Il encourut la disgrâce de sa protectrice ' » .
Est-ce là une histoire vraie ou une légende? N'est-il pas à croire bien plutôt qu'Eisen s'est
I. Galerie hiscorique universelle^ par M. de Pujol, 1786. (Charles Eisen.)
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perdu à Versailles par ce qui était resté en lui de l'ouvrier dans Tartiste, par les façons et l'âme peuple qu'on devine dans la tête carrée et mâtinée de son portrait où le rustaud habillé passe sous le velours et les dentelles de l'homme de cour ? Sa carrière manquée, il faut l'attribuer à cette grossièreté de l'homme sans lettres et sans éducation, qui écrivait au dos d'une gravure : « Je suis on peu pas plus contant don monsieur Massard à rendu ce cuq de lempe, ce lo janvier 177 1. Ch. Eisen^. » Son abaissement, il le dut à la bassesse de ses habitudes, de ses goûts, de ses passions, à des mœurs scandaleuses même pour ce temps peu sévère, à une jeunesse de sens que l'âge ne corrigea pas, et qui ne £t que s'exaspérer avec les années. A quarantesept ans, il déloge du domicile conjugal où il laisse sa femme sexagénaire, abandonnant ses enfants, au mariage desquels il ne iigure que par son absence j et il emménage rue Saint- Hyacinthe avec la veuve d'un valet de chambre, une femme Martin, dont il fait sa gouver-