DES COLLECTIONS PARTICULIÈRES
Pour compléter ce catalogue de l'œuvre de La Tour, il faudrait indiquer tous les pastels éparpillés dans les collections, gardés dans les familles; travail presque impossible avec ce nombre de préparations, montant à quatre ou cinq pour une figure, et graduées en partant d'une première étude, où il n'y a qu'un peu de crayon noir et de craie avec un accent rouge sur les lèvres, allant de là à une seconde ébauche, rehaussée de sanguine et sabrée de crayons de couleurs, s'approchantdans une troisième des vrais tons de chair qui font presque disparaître le bleu du papier, et dans une quatrième, une cinquième plus couverte, devenant presque le grand pastel définitif. Contentonsnous d'indiquer ceux que nous connaissons.
A la vente Lelut, en 1811, se vendaient en un seul lot, avonsnous dit, vingt-cinq préparations de La Tour, mêlées à quatorze dessins de La Rue.
A la vente Gounod. en 1824, étaient livrés aux enchères vingttrois portraits d'hommes et de femmes, morceaux au pnstel, dont dix étaieut seulement sous verre et le reste en feuilles.
A la vente Denon, en 1826. passait, sous le n" 817, un portrait de Crébillon peint au pastel et vu en buste de trois quarts.
A la vente Saint, en 1846, le portrait de la Salle, la danseuse de rOpéra, grandeui* nature, se vendait 600 livres. « Elle est, dit le catalogue, en déshabillé de ville, et vue jusqu'aux genoux. »
A la vente de M. Boittelle, en iS66. passaient plusieurs pastels, dont un portrait de La Tour et de Cupis.
A la première vente de M. Laperlier, en avril 1867, avec un portrait d'un homme et d'une femme inconnus, se vendait le portrait de M. Dupeuche, peintre du roi de Pologne. Il est drapé dans une robe de chambre bleue à ramages, avec un mouchoir noué autour de la tête, et tient une palette à' la main. Ce pastel (H. 64 c, L. 53 c.) était acheté 225 francs.
A la vente du 8 novembre 1867 se vendait un portrait de La Tour qui avait appartenu à M. Lagrange. C'était un portrait de la jeunesse de l'artiste et où il s'était représenté vêtu d'un habit de velours bleu, en jabot de dentelle, en perruque poudrée. Ce portrait, d'après une note collée au revsrs du cadre, aurait été exécuté en 1751.
A la vente Carrier, en 186S, passaient une quinzaine de pastels, parmi lesquels figuraient le Dauphin, fils de Louis XV, et un M. de la Popelinière.
A une vente anonyme, faite par M. Valferdin, se vendaient plusieurs pastels, entre ai^tres un portrait de Watelet,
A la vente Camille Marcille, en 1876, une préparation du portrait, de Silvestre se vendait 300 livres. Il y avait encore un portrait de La Tour dans le mouvement de la gravure de Schmidt, et que je crois taux, et une préparation de Dumont le Romain et de Louis de Bourbon, père de Louis XVI.
A la seconde vente de Laperlier, en 1879, une tète de femme inconnue se vendait 380 francs. Quant au beau portrait du graveur Schmidt, représenté coiffé d'un bonnet de velours bordé de fourrure, et vêtu d'un habit gris à ramages, et vu de face, souriant, le menton dans sa main droite, il atteignait le prix de 4,150 francs.
A l'exposition d'amateurs du boulevard des Italiens, en 1860|^ M. Didier avait envoyé un portrait de Jeaurat et un grand pastel de femme assise, vêtue d'une robe bleue, tenant un sac brodé, pastel provenant de la vente Véron, 1858.
A l'exposition du palais de l'industrie, en septembre 1874' M. William Blodget exposait un grand pastel du notaire Laiguedive, oii il est représenté assis sur une chaise, un bras appuyé sur le dossier, la main gauche tenant une lettre entr 'ouverte. Il est vêtu d'îine robe de chambre en brocart bleu à branchages d'or, avec un bonnet de nuit noue par un ruban semblable à l'étoffe de la robe de chambre.
Je me rappelle avoir vu à Chartres, il y a une quinzaine d'an-
nées, un portrait de M. Boisroger, en habit gris à brandebourgs, d'une facture large et puissante. Il y aurait aussi, chez M. Gaullieur, à Lausanne, un portrait de Madame Charrière. Enfin, le pastel original de Sophie Arnoifld, dans un cadre magnifique, aurait été possédé par un docteur Mollay, habitant la place du Marché Saint-Honoré.
Dans les collections de l'heure présente, je citerai :
Chez Madame la comtesse de Baulaincourt, un portrait d'Adrienne Lecouvreur.
Chez Madame la princesse Mathilde, le portrait de l'abbé Nollet, maître de physique du Dauphin, le portrait terminé exposé au Salon de 1753, où il est représenté avec sa figure fine et colorée, en redingote ecclésiastique.
Chez M. Eudoxe Marcille, un grand pastel de M™^ de Mondonville, appuyée sur un clavecin, vêtue d'un mantelet bleu garni de fourrures, et d'un corsage à coques jonquille. Sur le papier de musique ouvert sur le clavecin, on lit : Pièces de clavecin de Madame de Mcmdonville ; — un portrait de M™^ de Graffigny, en mantelet noir, en guimpe de dentelle sur la tête;
— deux préparations très avancées de Voltaire et de Rousseau^ ;
— deux autres préparations de Chardin et de Raynal, etc.
J'ai chez moi un portrait achevé et de la plus grande finesse d'une femme inconnue, en robe de velours bleu, garnie de cygne et de dentelle; — un masque de La Tour; — une préparation de M°ic de Pompadour; — une préparation de M^ie Dangeville;
— une préparation de Dumont le Romain.
1. Il y a aussi un pastel de Rousseau chez Mme Delessert et chez le comte de Girardin.
ŒUVRE GRAVÉ DE L.'^ TùUR
La Tour (ea chapeau bordé), pastel de Saint-Qaeatin, gravé par son ami G.- F. SchmiJt. graveur du Roi en 1772, in-folio.
La Tour r coiffé d'un petit bonnet), gravé par son ami Schmidt, 1742. In-folio.
La Tour, gravé par son ami Smith, Londres, 1731. Schmidt dit à propos Je cette copie, dont le graveor anglais a cherché à enlever la vente avec une mise en scène de son cm : « On a fait en Angleterre une copie pins petite de ce portrait en manière noire. Elle est assez fidèle, excepté dans les accessoires. An tien d'tme porte fermée, elle offire nne femme vue par le dos, levant sa chemise et montrant le derrière. « Nous laissons an lecteur à Juger de ce trait de satire. On aperçoit aussi sur le canevas du chevalet Tesquisse d'une femme qui lève sa chemi:^ et montre son devant ; ce qui n'est pas Foriginal. *
D'Ai£MBE3.T. gravé par Maviez. 178S. in-8«. — Gravé par Dagoty. et d'autres.
Sophie ARXoini» dans le rôle de Zyrphé de l'Opéra de Zélindc'f, gravé par Bourgeois de la Richardière.
CHARi.e$-Loui5-AcGrsTK FoijcQiiET DE Bëll£-Isl£, duc de Gisors, pair et maréchal de France. De La Tour, efûgiem jjônxU, Moitte srutptor régis tabulant integram delin. et scuip. In-folio. Ce portrait a été encore gravé par Melling et Vangelisty.
Marœ-Oabrjelle-Louise db la Fortaucb Solarb db la BoissiÊRB, gravée par Petit. In-fol.
XivKLLE DE LA Chacssée, gravé par Ingouf Jimior. In-8».
CaÊBiixox, gravé par Moitte. In-4*. — Gravé par Cathelin et Ingouf Jimior, 17&i.
Pierre Demours, médecin oculiste, gravé par Masquolier, 1792. ln-40.
Charles Duclos, de TAcadémie française, gravé par Duclos. In-12.
Jacques Dumont le Romain, peinire du Roi, gravé par J.-J. Flipart. In-fol.
Bernard le Bovier de Fontenelle, gravé par Dupin. Chez Odieuvre. In-80.
René F'rémin, sculpteur, gravé par P.-L. Suruguele fils, 1747. In-fol.
Hubert Gravelot, gravé par Massard. In-4o. — Gravé par Gaucher. In-S».
Louis, dauphin de France, gravé par Petit. In-4<'. — Gravé par Basan, Aubert, de Larmessin.
WoLDEMAR de Lowendal, maréchal de France. Les ornements inventés par Gravelot, Gravé par Wille, 1749. In-fol. — Gravé par Lévesque et Romanet.
Marie (Leckzinska), princesse de Pologne, reine de France et de Navarre, gravé par Petit. In-4o.
De Montcrif, gravé par Cathelin. In-4o.
Marc-René de Montalembert, gravé par A. de Saint-Aubin. In-4o.
Messire Jean-Paris de Montmartel, la tète d'après M.-Q. de La Tour, l'habillement et le fond dessinés et le tout conduit par C.-N. Cochin le fils, gravé par L.-J. Cathelin. Gr. in-fol.
Charles Righer de Roddes de la Morlière, gravé par Lepicié. In-fol.
L'Abbé Nollet, gravé par Moles, 1771. — Gravé par Beauvarlet. In-4o.
Jean Restout, peintre ordinaire du Roi, gravé par Moitte, 1771. In-fol.
J.-J. Rousseau, gravé par A. de Saint-Aubin. In-4o. — Gravé par Ficquet. In-S».
JosÈPHE DE Saxe, dauphine de France, gravée par Petit fils. In-4o. — Gravée par Aubert.
Sylvia, actrice, gravée par Surugue le fils. In-4o.
Antoine Vicentini dit Thomassin, gravé par T. Bertrand. In-fol.
Voltaire, gravé par Cathelin. In-4o. — Gravé par Ficquet et d'autres.
Le cîifchTogiie Paignon-Dijonval mentionne encore parmi les estampes anciennes un portrait de Charles, prince de Galles, gravé par Aubert.
Parmi les portraits inédits gravés par des contemporains, nous citerons le portrait de Madame de Pompadour, gravé par Massard; les portraits de La Tour, de Voltaire, de Rousseau, de Chardin, de Raynal, gravés par Jules de Goncourt; le prétendu portrait de M™o de Mondonville, du Musée de Saint- Quentin, gravé par Montaut, et, en première ligne, le portrait du notaire Laiguedive, gravé supérieurement par Waltner dans rArt.
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