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EXPOSITIONS DE CHARDIN

AU SALON DU LOUVRE

Une Fille tirant de l'eau à une fontaine.

Une Petite Fille s’occupant à savonner.

Un Jeune Homme s’amusant avec des cartes.

Un Chimiste dans son laboratoire.

Un Petit Enfant avec les attributs de l’enfance.

Une Petite Fille assise s’amusant avec son déjeuner.

Une Petite Fille jouant au volant.

Un Bas-Relief peint en bronze.

Un Petit tableau représentant un Garçon cabaretier qui nettoie un broc.

Un tableau représentant une Jeune Ouvrière en tapisserie.

Un tableau représentant une Récureuse.

Un tableau représentant une Ouvrière qui choisit de la laine dans son panier.

Son pendant : un Jeune«Ecolier qui dessine.

Un tableau de quatre pieds en quarré, représentant une Femme occupée à cacheter une lettre.

CHARDIN

Un petit tableau représentant le Portrait du fils de M. Godefroy, joaillier, appliqué à voir tourner un tôton.

Autre représentant un Jeune Dessinateur taillant son crayon.

Le portrait d’une Petite Fille de M. Mahon, marchand, s’amusant avec sa poupée.

Un petit tableau représentant une Femme qui prend du thé.

Au-dessous, un autre représentant la Pourvoyeuse.

Un petit tableau représentant l’Amusement frivole d’un jeune homme faisant des bouteilles de savon.

Un petit tableau en hauteur représentant : la Gouvernante.

Autre représentant : les Tours de cartes3

La Ratisseuse de navets.

Un tableau représentant un Singe qui peint.

Autre, le Singe de la philosophie.

Autre, la Mère laborieuse.

Autre, le Bénédicité.

Autre, la Petite Maîtresse d’école.

Un tableau représentant : le Négligé ou toilette du matin, appartenant à M. le comte de Tessin.

Autre, représentant : le Fils de M. Lenoir, s’amusant à faire des châteaux de cartes.

Un tableau représentant le portrait de madame Le..., tenant une brochure.

Autre petit tableau représentant : des Enfants qui s’amusent au jeu de l’oye.

Autre, faisant pendant, où sont aussi des Enfants faisant des

tours de cartes.

L’ART DU XVIIIe SIÈCLE.

Un tableau, répétition du Bénédicité, avec une addition pour faire pendant à un Téniers placé dans le cabinet de M. (de la Live).

Autre, Amusements de la vie privée.

Le Portrait de M***, ayant les mains dans son manchon.

Le Portrait de M. Levret, de l’Académie royale de chirurgie.

Un tableau représentant : la Garde attentive ou les Aliments de la convalescence. Ce tableau fait pendant à un autre du même auteur, qui est dans le cabinet du prince de Lichtenstein, et dont il n’a pu disposer, ainsi que de deux autres qui sont partis depuis peu pour la cour de Suède.

Un tableau représentant : L’Élève studieux, pour faire pendant à ceux qui sont partis l’année dernière pour la Suède.

Un tableau de dix-huit pouces de haut sur quinze de large. Ce tableau représente une Dame variant ses amusements.

Deux tableaux pendants sous le même numéro. L’un représente un Dessinateur d’après le Mercure de M. Pigalle , et l’autre une jeune Fille qui récite son évangile. Ces deux tableaux, tirés du cabinet de M. de la Live, sont répétés d’après les originaux placés dans le cabinet du roi de Suède. Le Dessinateur est exposé pour la deuxième fois avec des changements.

Un tableau représentant : un Philosophe occupé de sa lecture. Ce tableau appartient à M. Boscry, architecte.

La Bigarrure et Fréron dans les Observations sur la physique.

T histoire naturelle et la peinture (1752-1755), disent ce tableau être le portrait d’Aved.

Un petit tableau représentant : un Aveugle.

Autre, représentant : un Chien, un Singe et un Chat peints d’après nature. Les deux tableaux tirés du cabinet de M. de Bombarde.

Un tableau appartenant à M. Germain, représentant une Perdrix et des Fruits.

Deux tableaux pendants sous le même numéro, représentant : des Fruits, tirés du cabinet de M. Chassé.

Un tableau représentant : du Gibier, appartenant à M. Aved.

Des Enfants se jouant avec une Chèvre. Imitation d’un basrelief en bronze.

Un tableau d’ Animaux.

Un tableau d’environ six pieds, représentant : des Fruits et des Animaux. s

Deux tableaux, dont l’un représente les Préparatifs de quelques mets sur une table de cuisine, et l’autre une partie de Dessert sur une table d’office. Ils sont tirés du cabinet de l’Ecole française, de M. de la Live.

Une Femme qui écure. Tiré du cabinet de M. le comte de Vence.

Portrait ou Médaillon de M. Louis, professeur et censeur royal de chirurgie.

Un tableau d’une pièce de Gibier avec une Gibecière et une Poire à poudre. Tiré du cabinet de M. Damery.

Un tableau d’environ sept pieds de haut sur quatre pieds de large, représentant : un Retour de chasse. Il appartient à M. le comte du Luc.

Deux tableaux de deux pieds et demi sur deux pieds de large, représentant : des pièces de Gibier avec un Fourniment et une Gibecière. Ils appartiennent àM. Trouard, architecte.

L’ART DU XVIIIe SIÈCLE.

Deux tableaux de Fruits d’un pied et demi de large sur treize pouces de haut. Ils appartiennent à l’abbé Trublet.

Deux autres tableaux de Fruits, de même grandeur que les précédents, du cabinet de M. Sylvestre, maître à dessiner du Roi.

Deux petits tableaux d’un pied de haut sur sept pouces de large; l’un représente un jeune Dessinateur, l’autre une Fille qui travaille en tapisserie. Ils appartiennent à M. Cars, graveur du Roi.

Le Bénédicité. Répétition du tableau qui est au cabinet du Roi, avec des changements. Il appartient à M. Fortier, notaire.

Plusieurs tableaux d’Animaux. Ils appartiennent à M. Aved, conseiller de l’Académie.

Un tableau représentant : des Vanneaux. Il appartient à M. Silvestre, maître à dessiner du Roi.

Deux tableaux de forme ovale. Ils appartiennent à M. Roettiers, orfèvre du Roi.

Autres tableaux du même genre, sous le même numéro.

Un tableau de Fruits.

Le Bouquet.

Ces deux tableaux appartiennent à M. le comte de Saint-Florentin.

Autre tableau de Fruits appartenant à M. l’abbé Pommyer, conseiller au Parlement.

Deux autres tableaux représentant : l’un des Fruits, l’autre les Débris d’un déjeuner.

Ces deux tableaux sont du cabinet de M. Silvestre, de l’Académie royale de peinture et maître à dessiner de Sa Majesté.

Autre petit tableau appartenant à M. Lemoyne, sculpteur du Roi.

Plusieurs autres tableaux sous le même numéro.

Un autre tableau représentant les Attributs des Sciences

CHARDIN

Autre représentant ceux des Arts.

Autre, où l’on voit ceux de la Musique.

Ces tableaux, de trois pieds dix pouces de large sur trois pieds dix pouces de haut, sont destinés pour les appartements de Choisy.

Trois tableaux, sous le même numéro, dont un ovale, représentant des Rafraîchissements, des Fruits, des Animaux.

Ces tableaux ont quatre pieds six pouces de largeur sur trois pieds six pouces de haut. Celui ovale a cinq pieds de haut.

Plusieurs tableaux, sous le même numéro, dont un représente une Corbeille de raisins.

Deux tableaux cintrés d’environ trois pieds de haut sur quatre pieds six pouces de large, représentant divers Instruments de Musique, et destinés pour les appartements de Bellevue. Au

Roi.

Les Attributs des Arts et les Récompenses qui leur sont accordées. Hauteur, quatre pieds ; largeur, cinq pieds. Ce tableau,, répétition avec quelques changements de celui fait pour l'Impératrice des Russies, appartient à M. l’abbé Pommyer, conseiller en la grand’chambre du Parlement, honoraire, associé libre de l’Académie.

Une Femme qui revient du marché. Ce tableau, aussi répétition, avec changements, appartient à M. Silvestre, maître à dessiner des Enfants de France.

Une Hure de sanglier ? Hauteur, deux pieds six pouces; largeur, trois pieds. Tiré du cabinet de Monseigneur le Chancelier.

Deux tableaux représentant des Bas-Reliefs.

Deux tableaux de Fruits.

Deux tableaux de Gibier.

Imitation d’un Bas-Relief.

Trois Têtes d’études, pastel.

Une Femme qui tire de l’eau à une fontaine. Ce tableau appartient à M. Silvestre, maître à dessiner des Enfants de France. C’est la répétition d’un tableau appartenant à la reine douairière de Suède.

Trois Têtes d’études, au pastel.

Imitation de Bas-Relief.

Trois Tètes d’études, au pastel.

Plusieurs Tête» d’études, au pastel

ŒUVRE GRAVÉ

DE CHARDIN1

Eaux-Fortes de la main du Maître.

Une petite eau-forte, d’après une tète de vieillard au pastel, de la collection de M. Laperlier, était donnée par le possesseur, à l’auteur du pastel, mais rien n’autorise cette attribution, ni un renseignement de l’époque, ni même le faire de la pièce qui est d’un travail très mince, et n’a rien d’une eau-forte d-e peintre.

Portraits.

Jean-Baptiste-Siméon Chardin, Peintre du Roi , Conseiller et ancien Trésorier de V Académie Royale de Peinture et de Sculpture, de V Académie Royale des Sciences , Belles Lettres et Arts de R men, par Chevillet. Le pastel exposé au salon de 1771 (H. 0m46Q; L. 0m380) a été acquis en 1839, à la vente Brizard, au prix de /2 francs. Ce portrait avait passé précédemment à la vente Silvestre, où il s’était vendu avec le portrait de Mme Chardin 24 francs, puis à la vente Gounod en 1824. Une répétition du Chardin du Louvre, signé Chardin (H. 0m450; L. 0m488), se vendait 50 francs à la première vente de M. Laperlier en 1867. —

1. Je ne donne dans ces catalogues de l’œuvre gravé des Maîtres du \ vme siècle que les estampes originales de l’époque, trouvant fastidt jnx de cataloguer les répétitions sans importance. Je ne ferai une ou que pour les estampes d'après des tableaux ou des dessins inédits gravés pour la première^ ois de notre temps.

L’ART DU XVIIIe SIÈCLE.

Marguerite-Siméone Pouget, par Chevillet. C’est le portrait en pied d’après la tradition d’une filleule de Chardin, d’une petite femme bancroche, en robe à cinq volants, devant une cheminée dont le trumeau porte le portrait de Chardin en grisaille. La peinture d’un format pas beaucoup plus grand que la gravure, peinture exécrable, mais qui pouvait être acceptée comme une peinture de la vieillesse de Chardin, était possédée par M. Claye, il y a une vingtaine d’années. — Andréas Leyret. « Le portrait de Levret de l’Academie Royale de Chirurgie exposé au salon de 1746, » par Louis le Grand. — Antoine Louis, secrétaire perpétuel de /’ Académie de Chirurgie, par Dupin.

On pourrait encore classer parmi les portraits gravée de Chardin, Le Chateau de Cartes, comme un portrait du fils de M. Lenoir ; L’Inclination de l’Age comme un portrait de la fille de M. Mahon; L’Instant de la Méditation, comme un portrait de Mme Lenoir; Le Toton, comme un portrait du fils du joaillier Godefroy ; Le Souffleur, comme un portrait du peintre Aved.

Parmi les portraits peints non gravés :

Indiquons le portrait de la vieille femme tenant un chat dans ses bras, que je serais disposé à croire un Chardin, et un Chardin du temps qu’il peignait les chauds et colorés tableaux de la galerie de Lichtenstein. Quant au portrait de femme autrefois possédé par M. Chevignard, en dépit de sa signature, je le trouve douteux , ainsi que le portrait de. femme en robe de chambre rose, vendu à la vente Camille Marcille-. Et je ne parle pas du portrait de Mme Lenoir de la galerie Lacaze, et du portrait de Mme Geoffrin du Musée de Montpellier.

Parmi les portraits pastellés non gravés :

Le portrait à l’abat-jour vert de Chardin, et le portrait en bonnet blanc de Mme Chardin, les deux pastels acquis par le Louvre au prix de 146 francs à la vente Bruzard, en 1839 L

Au musée d’Angers, est catalogué sous le n° 33 un portrait, pastel (H. 0m44 ; L. 0m35).

Quelques portraits ou tètes au pastel passaient dans les ventes du xyiii® siècle. En 1773, à la vente de Jacqmin, un buste de

1. Ces deux portraits ont été gravés dans la Gazette des Beaux- Arts*

CHARDIN

vieillard de grandeur naturelle se vendait 99 livres 19 sols. En 1779, à la vente du 29 mars, se vendait un morceau d’un grand mérite, dit l’expert, un buste d’homme portant une fraise au cou et une toque sur la tête (H. 21 p.; L. 17 p.). Il repassait à la vente du 24 avril 1783. En 1867, à la vente de M. Laperlier, une tête de vieillard signée Chardin, 1771 (H. Gm 47; L. 0m37), était adjugée à 85 francs. Mentionnons aussi le curieux portrait désigné sous le nom de Bachelier en costume de trésorier de l'Académie de Saint-Luc (H. 0m55; L. 0m35), signé Chardin , et vendu 1,210 francs à la seconde vente Laperlier. Un autre portrait de peintre en robe de chambre bleue à ramages, la palette à la main (H. 0m64; L. 0m53), était payé 800 francs. Un portrait de femme âgée coiffée d’un bonnet de dentelle, noué par un fichu noir sous le menton, les épaules couvertes d’une mantille noire; pastel signé : Chardin , 1772, passait dans la vente du 28 novembre 1772. Et n’oublions pas parmi les pastels de Chardin la tète au pastel du Jaquet (petit laquais) exposé à la der-^ nière exposition faite du vivant de Chardin, pastel qui semble perdu.

Sujets satiriques.

L’Antiquaire, « le Singe de la philosophie » de l’exposition de 1740 par Surugue fils. Le tableau original (H. 0m80; L. 0m64) a été acquis avec deux natures mortes, au prix de 3,000 francs, par le Musée de M. Laneuville qui les avait achetés à Baroiihet. — Le Peintre, «le tableau représentant un singe qui peint » de l’exposition de 1740, par Surugue. Le tableau original (H. 0m72; L. 0m60), provenant de Invente Lemoyne, où il se vendait, en 1778, avec son pendant « Le Singe antiquaire » et peut-être de la vente de Preuil en 1812, est dans la salle La Caze du Louvre. Une reproduction originale signée Chardin existe dans la collection de Mtnc la baronne Nathaniel de Rothschild.

En 1858, à l’exposition archéologique de Chartres, deux reproductions originales du « Singe antiquaire » et du « Singe peintre » étaient exposées par M. G-arnier-Courtois.

Scènes de la vie domestique.

Les Amusements de la Vie Privée, gravé par Surugue. Le tableau original était dans la galerie de Drontingholm en Suède*

il est aujourd’hui au musée de Stockholm. — L’Aveugle, « le petit tableau représentant un aveugle, exposé aa salon de 1753 », gravé par Surugue fils. Le tableau original \H. 10 p. 3 1. ; L. 6 p. 9 1.) passait à la vente de Vassal Saint-Habert en 1773, où il se vendait 1,700 livres, à la vente du chevalier de Cène en 1786, où il se vendait 500 livres, puis à la vente Duclos-Dufresnoy, puis à la vente du 11 prairial an VII, puis à la vente de M. Laperlier en 1867, où il était adjugé à 570 francs. Une répétition de « l’Aveugle, » à moins que ce ne soit le tableau de M. Laperlier, est dans la collection de Mme la baronne Nathaniel de Rothschild. — Le Bénédicité, gravé par Lepicié. Il y a une reproduction gravée, très parfaite, par Renée-Élisabeth Marie Lepicié, et une copie faite en Angleterre à la manière noire, sous le titre : The Grâce. Un original (H. 0m49; L. 0m39), venant de la collection Louis XV, est au Louvre. Un autre original (H. 19 p.; L. 25 p.), agrandi pour faire pendant à un Theniers, et où se trouve un garçon pâtissier tenant un plat avec son couvercle, passait à la vente Fortier en 1770. Il repassait à la vente Choiseuil-Praslin. Ce tableau commandé par M. de la Live à Chardin est aujourd’hui dans la collection de M. Eudoxe Marcille. Un autre original (H. 18 p.; L. 15 p.) était acheté 219 francs parM. Saint, à la vente Denon en 1826, et se revendait en 1846, 501 francs à la vente du possesseur. Il est aujourd’hui dans la galerie La Caze du Louvre. Enfin, indépendamment des Bénédicité de Saint-Pétersbourg et de Stockholm, une esquisse du Bénédicité, peinte à l’huile sur papier, s’était vendue sous le n° 481, à la vente des dessins de d’Argenville. — La Blanchisseuse, « le tableau de la petite femme s’occupant à savonner », de l’exposition de 1737, gravé par Cochin l. Le tableau original

1. Appelons l'attention des amateurs sur les eaux-fortes de Cochin, sur les premiers états delà Blanchisseuse, de la Fontaine, etc., qui pour moi donnent une impression bien plus juste, bien plus exacte, bien plus claire des compositions de Chardin que les compositions terminées. Et Ton peut dire la même chose de presque toutes les eaux-fortes des autres graveurs dont j’ai presque réuni la collection. Je possède à l’état d’eauforte le Singe antiquaire, les Amusements de la vie privée, l’Aveugle, la Blanchisseuse, la Fontaine, la Dame prenant son thé, le Dessinateur, l'Ouvrière en tapisserie, l’Écureuse, le Garçon cabartier, l’inclinntion de l’âge, la Petite Fille à la raquette, Sans soucis sans chagrin, Simple dans mes désirs.

CHARDIN

(H. 14 p.; L. 16 p.) se vendait avec « La Fontaine », 164 livres à la vente du chevalier de la Roque, en 1745. Ce tableau ou une répétition ornant le cabinet à la suite de la bibliothèque de M. Crozat, baron de Thiers, était vendu avec la collection à la Russie en 1775. C’est celui catalogué sous le n° 1514 dans le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Un autre original passait en 1780 à la vente de Chardin, où il se vendait 17 livres 6 sols, et repassait à la vente du 11 décembre de la même année. Enfin un autre original serait conservé au musée de Stockholm. — Les Bouteilles de savon, « le petit tableau représentant l’amusement frivole d’un jeune homme faisant des bouteilles de savon, » de l’exposition de 1739, gravé par Fillœul. Le tableau original (H. 1 p. 1/2; L. 9 p.), placé dans le cabinet à la suite de la bibliothèque de M. Crozat, baron de Thiers, était vendu avec la collection à la Russie. Un autre original passait à la vente Trouart en 1779, repassait à la vente Watelet en 1786, à la vente du 16 germinal an IX, et était adjugé en 1867, à la vente Laperlier, 820 francs. M. Bocher en possède une répétition originale en largeur. Au musée Lorain, àBourgf un tableau attribué à Chardin représente de jeunes garçons faisant des bulles de savon. — Le Chateau de cartes, gravé par Aveline. Il semble par la description du catalogue que le tableau original serait la peinture cataloguée sous le n° 1515 au musée de l’Ermitage. — Le Chateau de cartes, « le tableau représentant le fils de M. Lenoir s’amusant à faire un château de cartes, » de l’exposition de 1741, gravé par Lepicié. Le tableau original est-il le tableau (H. 2 pieds; L. 1 pied 8 p.) qui passait à la vente de Jombert père en 1775, ou le tableau (H. 33 p. ; L. 25 p.) qui passait à la vente du 15 décembre 1777 ? Un troisième original, mais de forme ronde, dont le diamètre était de 30 p., passait à la vente du 12 mars 1782 où il était acheté 40 livres 2 sols par M. Devouges. — Le Chateau de cartes, « le tableau du jeune homme s’amusant avec des cartes, » de l’exposition de 1737, gravé par Filloeul. Il aurait été publié d’après M. Bocher, en premier état, sous le titre : Le Faiseur de Châteaux de cartes. La composition de Filloeul diffère de celle de Lepicié en ce que le joueur est devant une fenêtre garnie d’un grand rideau. Il y a en outre une petite eau-forte du « Château de cartes » par Marcenay de Guy. — Dame cachetant une lettre, gravé par Fessard. Le tableau original, de quatre pieds carrés,

LART DIT XVIIIe SIÈCLE.

expose à la place Dauphine en 1734 et au salon de 1738, est perdu. — Une réduction originale (H. 9 p. 50 1.; L. 9. 50 1.) passait à la vente Beaujon en 1787, à la vente Hubert Robert en 1807, à la vente du comte d’Houdetot en 1859, où elle se vendait 271 livres. — Dame prenant son thé, gravé par Filloeul. — Le Dessinateur, gravé par Flipart. H y a une copie en contrepartie de cette planche imprimée en couleur, par Gautier Dagoty. Le tableau original (H. 7 p. ; L. 5 p.) se vendait avec « l’Ouvrière en tapisserie, » 100 livres à la vente du chevalier de La Roque, en 1745; 120 livres, à la vente du prince de Conti, en 1779; 882 livres à la vente de la présidente de Bandeville en 1787; 24 francs à la vente Sylvestre en 1811; 40 francs à la vente Lemoyne en 1828; à la vente Saint en 1846. « Le Dessinateur » seul était acheté 725 francs par M. Marcille père, et il se revendait en 1876, à la vente de M. Camille Marcille, 3,620 fr. — Le jeune Dessinateur, « le tableau représentant un jeune dessinateur taillant son crayon, » de l’exposition de 1738, estampe rare gravée par Faber à Londres en 1740. — L’Ecureuse, « le tableau de la Récureuse de l’exposition de 1738 », gravé par Cochin. Le tableau original (H. 16 p. 1/2; L. 13 p, 1/2) était acheté avec le « Garçon cabartier » 550 livres, par Peters, à la vente du comte de Vence en 1760. L’Ecureuse réunie au Garçon cabartier se vendait 420 livres, à la vente de M. de Menars en 1782; à la vente de M. Camille Marcille en 1876, « l’Écureuse » seule montait à 23,200 francs. — La Bonne Education, « le tableau de la jeune fille récitant son évangile, » de l’exposition de 1753, gravé par Le Bas. Le tableau original (H. 15 p.; L. 17 p. 6 1.) se vendait avec « l’Étude du dessein » 720 livres, à la vente de la Live de Jully en 1759. — L’Étude du Dessein, « le tableau du dessinateur du Mercure de Pigalle, » de l'exposition de 1743, gravé par Le Bas. Le tableau original (H. 15 p. ; L. 17 p. 6 L), grandeur de la « Bonne Éducation » dont il faisait le pendant. — La Fille à la Raquette, gravé par Lepicié l. Le tableau original (H. 0n,88; L. 0m63), signé et daté 1751, s’est vendu 5,000 fr. à la vente du comte Lazare, en 1875, — Le Flùteur, rare es-

1. C’est une épreuve dont la planche, qui n’avait, pour ainsi dire pas tiré, a été trouvée ces années-ci et dont des épreuves modernes se vendent dans les ventes tous les jours. Pour l’avoir ancienne il faut la posséder à l’état d'eau-forte ou d’avant la lettre.

CHARDIN

tampe au nom de graveur illisible, et que j’ai rencontrée seulement dans la collection de M. Roth, estampe douteuse, mais qui porte au bas gravé à la pointe sèche le nom de Chardin. — La. Fontaine, gravé par Cochin. Le tableau original (H. 16 p.; L. 14 p.) se vendait avec « La Blanchisseuse » 482 livres à la vente du chevalier de La Roque en 1745. Il repasse à la vente Lempereur en 1773, où il est acheté 205 livres par Cochin pour le graver. On le retrouve en 1780 à la vente Le Roy de Senneville où il se vend 174 livres 19 sols; en 1811, à la vente Sylvestre où il tombe à 100 francs ; en 1842, à la vente du vicomte d’Harcourt, où il remonte à 601 francs. M. Eudoxe Marcille possède de cette composition un original avec changement et agrandissement. Une autre reproduction originale est au musée de Stockholm. Le Garçon Cabartier (sic), gravé par Cochin. Le tableau original (H. 16 p. 1/2; L. 13 p. 1/2). Même grandeur que « l’Écureuse », dont il faisait le pendant dans le cabinet du comte de Vence. « Le Garçon Cabartier » se vendait tout seul en 1876, à la vente de M. Camille Marcille, 6,100 francs. — La Gouvernante, gravé par Lépicié. Le tableau original (H. 16 p. , L. 13 p. 6 L) se vendait avec « La Mère Laborieuse » 30 livres 4 sous à la vente Chardin en 1780. Il y a, dit M. Bocher, une répétition dans la collection de M. Arthur de Vogué. — L’Inclination de l’age, « le portrait d’une petite fille de M. Mahon, marchand, s’amusant avec sa poupée », gravé par Surugue fils. — L’Instant de la Méditation. « Le tableau représentant le portrait de Mme Le... tenant une brochure, de l’exposition de 1743 » gravé par Lepicié. Quelques épreuves d’un second état portant : Dédié à M. Lenoir par son très humble et très obéissant serviteur et son amy , J.-P. Chardin , attestent comme je l’ai déjà dit plus haut que c’est le portrait de Mmc Lenoir, femme du marchand, et non le portrait de Mme Lenoir, femme du lieutenant de police. Il y a également une copie en manière noire. - — Le Jeu de l’Oye, gravé par Surugue fils. Le tableau original (H. 12 p.; L. 14 p. 6 L), après s’ètre vendu avec les « Tours de Cartes », 35 livres 7 sous, repassait seul à la vente du 29 mars 1782, où il était acheté 40 livres par M. Toulouze. — La Maîtresse d’Ecole, gravé par Lepicié. Le tableau original (H. 24 p.: L. 30 p.) passait à la vente de Watelet en 1786 et repassait en 1845 à la vente Cypierre où il se vendait 486 francs. — La Mère laborieuse, gravé par Lepicié. M. Bocher cite cinq reproduo-

lions de l’estampe primitive J. Le tableau original (H. 0m,48 ; L» 0m,38), provenant de la collection Louis XV, fait partie du Louvre. Un autre original (H. 16 p. ; L. 14 p. 6 L), à moins que ce ne soit celui-ci, se vendait, avec la Gouvernante, 30 livres 4 sols à la vente Chardin. Et il est encore question d’un exemplaire de « La Mère laborieuse » à la vente Bélizard, où elle se vendait 123 livres. Une reproduction originale de « La Mère laborieuse » (H. 0m,49; L. 0m, 39) est au musée de Stockholm. Le Négligé ou Toilette du matin, gravé par Le Bas. Le tableau original, qui était dans le cabinet du comte de Tessin, est aujourd’hui dans le musée de Stockholm. — L’Œconome, gravé par Le Bas. Le tableau original est au musée de Stockholm. Une esquisse, provenant de la vente du peintre Rouillard, est dans la collection de M. Eudoxe Marcille. — Les Osselets, gravé par Fillœul. Le tableau original passait avec « les Bouteilles de savon » à la vente Gruel en 1811. — L’Ouvrière en tapisserie, gravé par Flipart. Il existe une copie en contre-partie, imprimée en couleur par Gautier Dagoty. Le tableau original (H. 7 p.; L. 5 p.), plusieurs fois vendu en compagnie du « Dessinateur », se vendait 465 francs à la vente du vicomte d’Harcourt en 1742, était acheté 610 francs à la veute Saint, par M. Marcille père, et se revendait 3,420 francs à la vente Camille Marcille. Il y a une répétition originale (H. 0m, 19 ; L„ 0m, 16) de « l’Ouvrière en tapisserie a et du u Dessinateur » au musée de Stockholm. La Pourvoie u se, gravé par Lepicié. M. Bocher a relevé sept reproductions de l’estampe primitive. Le tableau original (H. 17 p.; L. 13 p. 3/4) se vendait avec une copie de « La Gouvernante », retouchée par Chardin, 164 livres, à la vente du chevalier de La Roque en 1745. Ce tableau repassait dans la vente du 10 avril 1786, dans la vente du 1er mars 1792, et en 1810, clans la vente de Sylvestre, où, réuni à « l’Écureuse tf, il se vendait 121 francs. On le retrouve à la vente Giroux en 1851, où il était acheté par M. Laperlier, et à la première vente de M. Laperlier en 1867, il était acquis par le Louvre au prix de 4,050 francs. Un autre original de « La Pourvoïeuse » est dans la galerie Lichtenstein à Vienne, et un autre, peut-être douteux, dans la galerie de Charlottenbourg en Prusse. — La Ratisseuse, « le

1. Catalogue raisonné de Jean-Baptiste-Siméon Chardin, par Emmanuel Bocher, à la librairie des Bibliophiles, I87Ô*

CHARDIN

tableau de la Ratisseuse de navets, de l’exposition de 1739 », gravé par Lepicié. Le tableau original est dans la galerie du prince de Lichtenstein, à Vienne. — Sans soucis , sans chagrin , « le petit tableau de l’enfant avec les attributs de l'enfance, de l’exposition de 1737 », gravé par Co’chin. Le tableau original (H. 7 p. 1/2; L. 6 p. 1/2) se vendait avec « Simple dans mes plaisirs » 31 francs à la vente Lebrun, en 1806. Une esquisse de « Sans soucis » (H. 30 c. ; L. 25 c.) est dans la collection de M. Emmanuel Bocher. — Simple dans mes plaisirs , en ma cola tion , « le tableau de la petite fille assise s’amusant avec son déjeuner, de l’exposition de 1737 », gravé par Cochin. Le tableau original (H. 7 p. 1/2; L. 6 p. 1/2) faisait le pendant de « Sans soucis ». — La Serinette ou une Dame variant ses amusements, gravé par S. Cars. Le tableau original (H. 19 p.; L. 16 p.) passait, en 1782, à la vente du marquis de Ménars, où il était acheté 631 livres par M. de Tolozan. On retrouve « la Serinette » à la vente Denon, dans laquelle on la donne pour un portrait présumé de Mme Greoffrin, et où elle est achetée 600 francs par Constantin. On retrouve encore « la Serinette », en 1859, à la vente d’Houdetot, où elle est achetée par M. Meffre, 4,510 francs, et de là elle entre dans la galerie du duc de Morny, où, récurée et repeinte en miniature et n’ayant absolument rien du faire d’un Chardin, elle se vend 7,100 francs. Une répétition existerait à la galerie Dulwich. — Le Souffleur, gravé par Lepicié. Ce tableau me semble être « le Chimiste dans son laboratoire, » de l’exposition de 1737, exposé dé nouveau sous le titre du « Philosophe occupé de sa lecture », tableau que nous avons démontré être le portrait d’Aved. — Le Toton, « le petit tableau représentant le portrait du fils de M. Godefroy, joaillier, appliqué à voir tourner son toton », gravé par Lepicié. Le tableau original (H. 25 p.; L. 27 p. 1/2) se vendait 25 francs à la vente du chevalier de la Roque, en 1745. Il repassait, en 1845, chez M. de Cypierre, où il se vendait 605 francs. Il est aujourd’hui dans la collection de M. le marquis de Montesquiou. — Les Tours de cartes, gravé par Surugue. M. Clément de Ris possédait un curieux é^at, avec, au bas, quatre portées de musique sur les paroles : On vous séduit , faible jeunesse , par ces tours que vos yeux ne cessent d'admirer. Le tableau .original (H. 12 p.; L. 14 p. 6 1.) vendu avec son pendant « le Jeu de l’oye » chez Chardin. Ce tableau repas-

L’ART DU XVIIIe SIECLE.

sait dans la vente du 11 décembre 1780, puis on le revoyait à la vente Giroux en 1851, où il était acheté 630 francs par M. Moitessier. Une tapageuse esquisse de ce tableau se vendait 1,100 francs à la première vente de M. Laperlier, en 1867.

J’ai le souvenir d’avoir vu chez M. Laperlier une gravure d’après Chardin, représentant deux enfants jouant, gravure que je n’ai vue que là, et qui, je crois, n’a pas été vendue aux ventes faites du vivant ou après la mort de son possesseur.

Parmi les scènes de la Vie domestique non gravées :

« Les Aliments de la convalescence » de la galerie Lichtenstein, une des grandes compositions du peintre, dont le départ précipité pour Vienne n’a pas permis de la graver, ainsi que l’ont été tous les tableaux familiers de Chardin. Une esquisse des « Aliments de la convalescence » (H. 45 c.; L. 34 c.) était retirée à la première vente de M. Laperlier en 1867 ; elle repassait à la vente faite après sa mort en 1879, où elle se vendait 1,120 francs. A l’exception des « Aliments de la convalescence »? on peut dire que toutes les compositions peintes, attribuées à Chardin, sont fausses ou au moins très douteuses. Je ne ferai qu’une exception pour le tableau autrefois possédé par M. GuiL mard : Une petite lille tendant une gimblette à un chien qui fait le beau, et encore c’est du Chardin embryonnaire. Je doute du Chardin des ventes du 2 mai 1785 et 20 mai 1787 (vente Pille), représentant un homme et une femme se disputant à table; je doute du Chardin de la vente de Richard de Lédan, représentant une vieille à sa toilette, que je croirais être bien le de Troy gravé, et je n’ai qu'une très médiocre confiance dans « la Petite paysanne aux ciseaux » de la vente du duc de Morny, et même dans « le Retour de l’école » de la galerie La Caze

Enseignes, Panneaux décoratifs, Attributs des Arts, Imitations de bas-reliefs.

Aucun de ces motifs n’a été gravé par des graveurs contemporains.

En 1783, à la vente Le Bas, « Une enseigne de barbier-chirurgien » : « Un chirurgien portant des secours à un homme blesse dans une rue. Il est entouré de la garde qui écarte une foule de cur eux et qui fait place à un commissaire. Ce tableau

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<est fait au premier coup. Il est de la touche la plus savante et d’un effet piquant » (H. 2 pieds 2 p.; L. 14 pieds). Bois. Vendu 100 livres. Une esquisse de cette enseigne (H. 27 c.; L. lm, 53) passait, en 1867, à la première vente de M. Laperlier, où elle se vendait 400 francs. Elle a été brûlée dans les incendies de la Commune.

A la seconde vente Laperlier, « Deux panneaux décoratifs pour une pharmacie » (H. 61 c. ; L. 1^, 90) se vendaient 305 fr.

Parmi les peintures d’Attributs :

Au Louvre « les Attributs des Arts », une statuette de femme assise sur une console de bois contre laquelle est appuyée une équerre avec des médailles, une boîte à couleurs, une palette, des pinceaux à sa gauche ; une masse de sculpteur, un vase, un livre à sa droite, signé et daté 1765 (H. 92 c. ; L. 46 c.); « Les Attributs de la Musique », un cahier de musique, une mandoline, un violon sur une table de bois, au milieu de livres, de trompettes, d’un cor de chasse, d’une flûte, tableau provenant de Fontainebleau (H. 90 c. ; L. 46 c.). Chez M. André : « Les Attributs des Arts », un buste antique, un maillet, une palette chargée de pinceaux posés sur un appui de pierre, devant lequel, près d’un oranger fleuri dans un vase doré, un singe dessine ; « les Attributs de Sciences »,une mappemonde, des cartes géographiques, une longue vue, un cornet du Japon, un microscope, un brûle-parfum posé sur une table couverte d’un tapis de l’Orient. Ces deux toiles décoratives (H. 1 m. 40 c,; L. 2 m. 20 c.), signées et datées de 1731, étaient vendues 8,850 francs à la première vente de M. Laperlier, en 1867. Chez M. Eudoxe Marcille : a Les Attributs de la Musique sur une table de pierre où sont jetés un tapis d’Orient et un manteau bleu fleurdelisé, des timbales, une trompette, un grand sac de velours rouge couvert de passementerie d’or, un hautbois, une clarinette, un livre de musique ouvert ; « Les Attributs de la Musique », sur une table de pierre, recouverte de velours rouge frangé d'or, une grosse caisse enrubannée rose et vert, un violon, une flûte, un tambour de basque, un livre posé sur un papier de musique, un cor de chasse ; « Les Attributs de la Musique », sur une table de pierre, un violon posé debout dans le Renfoncement d’un mur, l’archet passé sous ses cordes, un livre, une musette couleur cerise, galonnée d’argent, un pupitre sur

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lequel est perché un perroquet; « Les Attributs de la Musique », sur une table de pierre, un panier d’osier plein de pommes et de poires, au-dessus duquel courent des plantes grimpantes au milieu d’une guitare, d'une vielle, d’un tambour de basque aux Hoquets de ruban rose. Les deux premiers « Attributs », de forme ovale, signés et datés 1767, ont été achetés 1,732 fr. 60 c., à la vente Rouillard, en 1853. Les deux derniers sont de forme rectangulaire L

Parmi les imitations de bas-reliefs :

En 1772, à la vente Michel Yanloo, « un bas-relief » peint et imité en bronze, d’après un original de François Quesnoy, dit le Flamand, qui a été dans le cabinet de Crozat, et depuis dans celui de M. le baron de Thiers. On y voit huit enfants qui jouent avec un bouc et dont un se cache derrière un grand masque. « Le bas-relief est peint en bronze et produit une illusion que le toucher seul est capable de détruire. » Vendu 200 livres. En 1776, dans la vente du 1er avril. « un jeu d’enfant » dans le goût de François Flamand, et à l’imitation du bronze antique (H. 9 p. ; L. 15 p.). La même année, à la vente Randon de Boisset, « deux tableaux, peints en 1769, représentant des bas-reliefs. Dans Fun est un satyre et trois enfants, dont l’un est allaité par une chèvre. Dans l’autre, une femme, deux satyres, une chèvre. Ils sont peints sur toile » (H. 19 p. ; L. 2 pieds 10 p.). Ils étaient achetés, parle comte de Merle, 719 livres 19 sols. En 1877, à la \ente du prince de Conti, un « Jeu d’enfant », basrelief imitant le bronze, d’après Duquesnoy. Bois (H. 8 p. ; L. 14 p.). En 1778, à la vente Molini, « un bas-relief imitant le bronze, » d’après François Flamand, toile (H. 9 p.; L. 15 p.). Vendu 36 livres 1 sol. En 1783, à la vente Vassal de Saint- Hubert, « un bas-relief imitant le bronze et représentant un jeu d’enfants. » Bois (H. 8 p. ; L. 14 p.). Vendu 100 francs. En 1785, à la vente du baron Saint- Julien, « tableau en bas-relief », d’après François Flamand. Cuivre (H. 9 p. , L. 14 p.). La même année, à la vente du 18 avril, « Pyrrhus, roi des Molosses, échappe à ses persécuteurs et est présenté à Grlaucias. roi des

1. En 1855, une toile (H. 49 c., L. 95 c.) représentant des « instruments de musique » a été vendue 1990 francs et une autre de forme cintrée était vendue à une vente en 1860.

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Illyriens, par ses serviteurs et ses nourrices. » Peint en basrelief par Chardin (H. 12 p.; L. 14 p.). En 1790, à la vente du 31 mai, « un tableau d’après un bas-relief de Flamand. » Toile (H. 15 p. ; L. 12 p.). La même année, à la vente Chardinf, un tableau, imitant le bas-relief de l’Hyver de Bouchardon, était retiré à 72 livres. En 1828, à la vente de Lemoyne, « des Enfants jouant avec un bouc », peinture en camaïeu, imitation d’un bas-relief en bronze. Bois (H. 14 p. 1/2; L. 8 p. 1/2). C’est sans doute le tableau-bas-relief de la vente Michel Vanloo. Aujourd’hui, seraient conservées dans la collection de M. Queyroy, à Moulins, deux imitations de bas-reliefs représentant des satyres et des nymphes jouant avec des boucs, signés et datés de 1769, qui me semblent les tableaux bas-reliefs de Randon de Boisset. Il y a encore, chez M. Eudoxe Marcille, un bas-relief en imitation de plaire, d’après Duquesnoy, où sept petits amours jouent avec une chèvre.

Natures mortes.

Aucune nature morte gravée par les contemporains, quelques lithographies modernes.

En 1745, à la vente du chevalier de la Roque, deux petits tableaux peints sur bois (H. 6 p. ; L. 9 p. 1/2), vendus 30 livres. Un autre, peint sur toile (H. 23 p.; L. 21 p.), représentant un lapin et une marmite, vendu 6 livres. En 1748, à la vente du joaillier Godefroy, deux petits tableaux peints sur toile, où étaient des légumes et quelques attirails de cuisine (H. 15 p. ; L. 11 p. 3/4). En 1764, à la vente du peintre de Troy, deux tableaux peints sur toile (H. 14 p. 6 1.; L. 11 p. 6 L), figurant chacun une table de cuisine, sur laquelle se trouvaient des ustensiles de ménage, des légumes, du poisson; un autre (H. 26 p. 6 1. ; L. 20 p. 6 L), représentant un lapin, une gibecière, une poire à poudre.

En 1770, à la seconde vente du peintre Aved, Tarni de Chardin, neuf tableaux parmi lesquels il y en a de six pieds de hauteur sur quatre pieds de largeur, et dont je donne la description d’après le catalogue. 129. Des raisins et des pêches dans un panier. Une poire, une pêche, des prunes, un gobelet d’argent et une bouteille. Tableau peint sur une toile de 29 pouces de haut sur 23 pouces de large. 130. Un autre tableau sur toile de

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30 pouces de haut sur 24 de large : on y voit deux maquereaux attachés à la muraille, deux concombres, deux ciboules et un grand gobelet sur une table. 132. Autre de 5 pieds 11 pouces de haut sur 3 pieds 4 pouces : on y remarque un vase sur un pié destal, un canard attaché à l’anneau dudit vase, un lièvre, une boîte à poudre, une gibecière, un fusil, un cor de chasse et un chien barbet. Ce tableau est touché d’art. 132. Un tableau peint grassement sur toile de 6 pieds 1/2 de haut sur 4 pieds 5 pouces de large. Il représente un lièvre, une gibecière, une boîte à poudre, un cor de chasse, le tout groupé ensemble et attaché à un arbre ; un fusil, deux lapereaux, un faisan mort et un chien. 133. Deux tableaux sur toile de 20 pouces de haut sur 16 de large; l’un est composé d’une perdrix attachée parla patte à la muraille, un pot de terre, un citron et une pomme; l’autre l’est d’une gibecière, une boîte à poudre et deux perdrix. 134. Un lièvre, une gibecière, une boîte à poudre et un fusil dans un paysage, sur une toile de 30 pouces de haut sur 37 pouces de large, sans bordure. 133. Un canard attaché à la muraille et un citron sur une table. Tableau peint sür une toile de 29 pouces de haut sur 23 de large. 136. Des fleurs dans un vase de porcelaine blanche à fleurs bleues posé sur une tablette. Ce tableau est peint sur une toile de 17 pouces de haut sur 14 de large U

En 1773, à la vente Lempereur, une toile représentant une perdrix, des lapins, une gibecière (H. 29 p. ; L. 26 p.). En 1776, à la vente du 1er avril, deux toiles montrant des pêches, des prunes, des cerises, des groseilles (H. 13 p. 6 1.; L. 16 p.). En 1777, à la vente du prince de Conti, un tableau représentant une perdrix et des fruits ; un autre des ustensiles de cuisine et autres objets. Èn 1778, à la vente du 13 janvier, un tableau de fruits : panier de prunes, deux pèches, une poire (H. 1 pied ; L. 2 pieds). La même année, à la vente du 30 mars, un lapin attaché et groupé avec une gibecière et une poire à poudre (H. 30 p.; L. 24 p.), vendu 25 livres 1 sol. La même année, à la vente du 10 août, un tableau (H. 14 p. ; L. 18 p.) Où il y avait une table de pierre sur laouelle étaient posés un panier de

1. Ce catalogue, qui n’a été cité par personne, est celui où je trouve les plus belles natures mortes des collections contemporaines. J’y remarque le gobelet d’argent de la collection Laperlier, gravé par mon frère.

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pêches, deux grappes de raisin, un gobelet et deux noix ; un autre (H. 15 p.; L. 20 p.) représentant deux lapins posés sur une gibecière; un autre (H. 14 p.; L. 16 p.) un lapin et deux oiseaux. En 1780, à la vente du 27 novembre, deux tableaux (H. 43 p. ; L. 9 p.), avec sur l’un une raie, un chapon, un fromage. En 1781, à la vente du 1er mars, deux toiles (H. 15 p. ; L. 12 p.) représentant des meubles de cuisine et autres objets. La même année, à la vente de Mme Lancret, deux lièvres (H. 1 pied 11 p.; L. 1 pied 7 p.). En 1783, à la vente d’Azincourt, deux tableaux de légumes et d’ustensiles de cuisine. La même année, à la vente de Vassal de Saint-Hubert, deux tableaux (H. 13 p. 6 1.; L. 16 p.) représentant des pêches, des prunes, des figues, des cerises, des groseilles, des gobelets, un pot. La même année, à la vente du graveur Le Bas, un tableau (H. 20 p. ; L. 38 p.) montrant un lièvre mort, un chat qui le guette, et des fruits sur un rebord de pierre. Vendu 9 livres 13 sols. En 1784, à la vente du 21 juin, deux tableaux (H. 16 p. 8 1. ; L. 12 p. 6 1.) représentant : l’un des raisins, une poire et une théière sur une table ; l’autre des pommes, une poire, un couteau. En 1786, à la vente du peintre Taraval, un tableau : un poulet, un morceau de fromage, des œufs, une marmite, un pot de terre, un grugeoir sur un rebord de pierre (H. 15 p.; L. 12 p.). En 1787, à la vente de M. Peters, un tableau venant de chez M. de la Live : un carré de mouton, une marmite de cuivre, un pot de faïence (H. 14 p.; L. 17 p.). En 1788, à la vente Lenglier, deux tableaux représentant des déjeuners (H. 16 p.; L. 20 p.) : dans l’un, on voit une tranche de pâté, une bouteille, un verre rempli devin; dans l’autre, un carafon de vin, un gobelet d’argent, un plat dans lequel sont des œufs rouges. La même année, à la vente de Calonne, deux tableaux (H. 14 p. 1/2; L. 11 p. 1/2), dans l’un desquels se voyaient trois merlans pendus à un croc. En 1791, à la vente du 2 mai, les deux tableaux exécutés pour M. de La live de Jully (H. 14 p.; L. 17 p.) représentant des tables sur lesquelles sont un pâté, un pot à oilie, un huilier, un carré de mouton, une volaille et des ustensiles d’office et de cuisine. En 1792, à la vente du 1er mars, un sujet de gibier et ustensiles de chasse (H. 27 p.; L. 21 p.). En 1807, à la vente de Nogaret, deux tableaux (H. 80 c. ; L. 64 c.), dont l’un représentait un chat et des poissons. Vendus les deux 30 francs. En 1808, à la vente Bouchardon : une table de cuisine au-dessus de laquelle

L’ART DU XVIIIe SIÈCLE.

était suspendu un gigot. En 1810, à la vente du 30 avril : un lapin mort, une carnassière, une poire à poudre (H. 15 p.; L. 24 p.). En 1821, à la vente Sylvestre, deux tableaux (H. 26 p. 6 1.; L. 21 p.) représentant deux oiseaux morts et un jambon, vendus 37 francs; deux autres (H. 13 p. 4 L; L. 16 p. 9 1.) représentant des pêches, du raisin, une poire, des noix, une théière, une bouteille de liqueur, vendus 34 francs; deux autres (H. 11 p. 9 L; L. 14 p. 6 1.) représentant un panier de prunes, une corbeille de raisins, vendus 9 francs ; trois autres (H. 11 p. 9 1. ; L. 13 p. 9 1.) représentant du poisson, des fruits, des ustensiles de ménage et autres objets inanimés, vendus 32 fr. 50 c. En 1828, à la vente de Lemoyne, un tableau peint sur cuivre (H. 8 p. 1/2 ; L. 6 p. 1/2) montrant un cellier où un melon est à terre près d’une table chargée d’un panier de légumes ; dans le fond à gauche, une femme apporte un autre panier. Vendu 28 livres. A la même vente, un déjeuner avec des pêches et du raisin, signé Chardin, 1761 (H. 14 p. ; L. 17 p.). En 1846, à la vente Saint, deux tableaux : l’un du poisson et divers ustensiles de cuisine; Tautre des légumes et divers ustensiles de cuisine. En 1853, à la vente deDugleré, une nature morte (H. 38 c.; L. 31 c.) vendue 265 francs. En 1859, à la vente du comte d’Houdetot, un tableau : un intérieur de cuisine, vendu 301 francs : un autre, un chaudron, un pot, des œufs, une poivrière, vendu 280 francs; un autre : plusieurs pots en grès sur une table, vendu 72 francs; un autre : deux lapins morts et une carnassière, vendu 600 fr.; v n autre : des légumes et un lièvre, vendu 101 francs; un autre : un pot et de la viande, vendu 301 francs ; un autre : des ustensiles de cuisine, vendu 126 francs ; deux autres : des ustensiles de cuisine, vendus 500 francs; un autre : du gibier; un autre, représentant une timbale d’-argent, des fruits, des gâteaux. En 1860, à la seconde vente de Baroilhet, passaient plusieurs tableaux de nature morte, parmi lesquels se vendait « le petit chaudron de cuivre rouge » . En 1865, à la vente du duc de Morny, un tableau (H. 54 c. ; L. 40 c.) représentant une perdrix suspendue par une patte au-dessus d’un pot de grès, d’une pomme d’api, d’une orange, vendu 1,200 francs.

En 1867, à la première vente de M. Laperlier, « le Pot d’étain», signé Chardin (H. 46 c.; L. 39 c.), vendu 1,150 francs; «le Gobelet d’argent » (H. 44 c. ; L. 49 c.), vendu 1,600 francs , il se revendait 4,000 francs à la vente Baroilhet, en 1872,. et

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3,800 francs à la vente Laurent Richard, en 1873; « le Panier de pêches », signé Chardin , 1768 (H, 32 c. ; L. 40 c.), vendu 1,380 francs; « la Corbeille de raisin », signé Chardin , 1768 (H. 32 c.; L. 40 c.), retirée à 800 francs, se revendait à la seconde vente 1,250 francs; « La Soupière d’argent », signé Chardin (H. 75 c. ; L. 107 c.), vendu 2,350 francs. « Le Lièvre », signé Chardin (H. 65 c. ; L, 84 c.). Retiré à la première vente, il se vendait 3,150 francs à la seconde vente de Laperlier, en 1879. « La Marmite de cuivre », signé Chardin (H. 31 c.; L. 40 c.), vendu 1,500 francs. Elle repassait, en 1873, à la vente Laurent Richard, où elle se vendait 4,550 francs. « Le Buffet », signé Chardin (H. 32 c.; L. 41 c.), vendu 1,7000 francs. « Fruits », signé Chardin (H. 38 c. ; L. 43 c.), vendu 880 francs. « Nature morte » (H. 35 c. ; L. 44 c.), vendu 250 francs; nature morte (H. 38 c. ; L. 41 c.), vendu 650 francs.

Enfin, en 1876, à la vente de M. Camille Marcille, un tableau ovale, signé et daté Chardin , 1760 (H. 57 c. ; L. 51 c.), représentant un melon entamé au milieu de pèches et de prunes, près d’un pot à eau avec sa cuvette de porcelaine de Chine, vendu 7,000 francs; un autre tableau ovale, signé et daté Chardin, 1760 (H. 57 c. ; L. 51 c.), représentant trois verres, un bocal d’abricots à l’eau-de-vie, un citron, un macaron, deux tasses de porcelaine de Chine, une boîte de dragées, un pain de sucre, vendu 12,000 francs; un autre tableau (H. 45 c. ; L. 37 c.), représentant des oeillets blancs, des tubéreuses, des pois de senteur dans un vase de porcelaine de Chine blanc et bleu, vendu 1,440 francs; un autre tableau, signé et daté Chardin , 1732 (H. 41 c. ; Lu 32 c.), représentant un quartier de viande, un pot en faïence, une marmite en cuivre, une écumoire, deux oignons, un égrugeoir, vendu 1,580 francs; un autre tableau, signé Chardin (H. 42 c. ; L. 33 c.), représentant un pot en faïence, une marmite en cuivre, un poulet, un fromage avec une raie suspendue au-dessus, vendu 1,300 francs.

Nous allons maintenant donner les natures mortes de Chardin conservées dans les musées de France et de Létranger, et les collections particulières. Au Louvre, « la Raie » et « les Fruits Sur une table de pierre », les deux tableaux donnés par Chardin pour sa réception à l’Académie : « le Lapin mort et Ustensiles de chasse » (H. 82 c. ; L. 65 c.), tableau acquis, en 1852, de M. Jules Boilly, moyennant la somme de 700 francs; « Usten-

L'ART DU XVIIIe SIÈCLE.

siles de cuisine, chaudron, gril, fourneau, œufs, harengs », tableau peint sur cuivre, signé Chardin , 1731 (H. 33 c. ; L. 41 c.), acquis, en 1852, avec son pendant et « le Singe antiquaire » de M. Laneuville, moyennant la somme de 3,000 francs; « Ustensiles de cuisine, chaudron, pot' de terre, étui de pipe, pièce de viande accrochée à la muraille », peint sur cuivre, signé Chardin, 1731 (H. 33 c. ; L. 41 c.); « le Panier de pèches », venant de la vente Laperlier.

Au Louvre, dans la salle La Gaze, les natures mortes suivantes : un tableau ovale, signé Chardin : un panier de pêches, un melon coupé, des prunes, des poires, deux bouteilles et un pot à eau avec sa cuvette en porcelaine de Chine (H. 59 c. ; L. 53 c. ; un tableau, signé Chardin, 1763 : deux grenades, des raisins noirs et blancs, une cafetière en porcelaine blanche à fleurs, des pommes, deux verres, un couteau à manche d’ivoire (H. 47 c. ; L. 56 c.); un tableau, signé Chardin , 176Ô : un pâté, une bigarade, deux verres, un plat contenant des pommes, un sucrier de porcelaine de Saxe, un bocal d’olives (H. 70 c. ; L. 98 c.) ; un tableau, signé Chardin, 1763 : une brioche surmontée d’une branche d’oranger en fleur, des biscuits, des cerises et un carafon de vin rouge (H. 47 c.; L. 56 c ) ; un tableau, signé Chardin, 1756 : un verre à demi plein, des raisins, un panier de pèches, deux noix, un couteau (H. 38 c. ; L. 46 c.) ; un tableau, signé Chœrdin , 17... : un réchaud d’argent, un pain de sucre, des pommes, une soupière de faïence, un pâté, un huilier (H. 38 c.; L. 45 c.) , un tableau, signé Chardin : un verre à demi plein, trois poires, une noix coupée, un couteau (H. 33 c. ; L. 40 c.); un tableau, signé Chardin : trois pommes, deux marrons , une écuelle en faïence, un gobelet d’argent (H. 33 c. ; L. 41 c.) ; un tableau : un chaudron, un chou, des oignons, un couteau, un chat près d’une marmite en terre et trois maquereaux accrochés au mur (H. lm, 50 c. ; L. lm, 29 c.); un tableau peint sur papier, signé Chardin : une poire, des prunes, un gobelet d’argent et derrière un grand panier contenant des raisins noirs et blancs et deux pêches (H. 69 c. ; L. 38 c.); un tableau peint sur bois, signé Chardin : un chaudron de cuivre, une poivrière, des œufs, un pilon (H. 17 c.; L. 21 c.).

Dans les musées de province, au Musée d’Angers, trois natures mortes. Les musées de Rouen et de Cherbourg en possèdent une chacun.

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A l'étranger, au musée de Stockholm, un lièvre suspendu à la muraille, au-dessus d’un chaudron de cuivre, d’un coing et de quelques marrons (H. 68 c. ; L. 58 c.).

Au musée de Carlsruhe, une bouteille de verre, un gobelet de métal, un citron à moitié dépouillé (H. 56 c. ; L. 45 c.) ; un pot en métal, des prunes, des noix, des pêches (H. 54 c.; L. 45 c.)," une perdrix suspendue au-dessus d'une terrine remplie de pêches, de paniers de poires, de figues, d’une petite branche d’arbuste fleuri (H. 89 e.; L. 74 c.) ; deux lièvres accrochés audessus d'une gibecière et d’une pomme (FL lm, 05 c. ; L. 72 c.); un oranger dans un pot, au-déssus d'une terrine remplie de prunes, une poire, deux pommes. Ces cinq tableaux du musée de Carlsruhe sont signés à l’exception du dernier; les deux lièvres portent la date de 1726.

Arrivons aux collections particulières de la France. Collection Eudoxe Marcille : un gobelet avec une orange garnie de feuilles, des pommes d’api, des poires, des bouteilles, signé Chardin, 1738 ; une théière en faïence blanche au milieu de grappes de raisin blanc et noir, de pommes, de marrons, avec un couteau d’argent à manche noir, signé Chardin ; une marmite en cuivre rouge, un égrugeoir, une tige de poreau, trois œufs, un panier d’osier rempli de pêches parmi des noix, des raisins blancs ; un petit pot en terre, un œuf, un chaudron, une grande cuiller posée dedans, un chou, des carottes, sign è Chardin; un lièvre pendu au-dessus d’une gibecière en peau blanche et d’une. poire à poudre en corne avec cordons bleus; deux lapins morts, dont l’un a la tète posée sur une carnassière de peau blanche, un panier d’osier rempli de prunes de monsieur au milieu de groseilles, de cerises, de noix dont l’une est à moitié ouverte, signé Chardin; un verre d’eau à moitié plein, à côté d’un citron à demi pelé, et de châtaignes et de noix, signé Char clin; un gobelet de métal parmi des pèches et du raisin noir et blanc, signé Chardin; un verre dans un bol à rincer de crista’, près de deux grappes de raisin et d’une assiette de pèches, signé Chardin; un panier d’osier contenant une pyramide de fraises au-dessus d’un verre plein d’eau, avec deux œillets blancs, signé Chardin . Collection de Mmc la baronne Nathaniel de Rothschild : Des tranches de jambon grillées dans un plat, un gobelet en métal rempli de vin, et derrière un pain entamé,

L’ART DU XVIIIe SIÈCLE.

dans lequel est fiché un couteau; « le Pot d’étain », qui, je crois, vient de la vente Laperlier ; un lièvre pendu au-dessus d’une orange et d’une perdrix rouge, signé Chardin ; un cardon, une feuille de chou, une serviette, un pot en terre, sur lequel est posée une écumoire, au-dessous d’un morceau de viande, signé Chardin ; une cruche en faïence vernissée, une poule plumée, un fromage de Hollande à moitié entamé, avec au-dessus une raie, signé Chardin. Collection de M. Rothan : la marmite de cuivre provenant de chez M. Laperlier; un lapin dont le train de derrière repose sur une gibecière et une poire à poudre, signé Chardin ; un verre à patte rempli de vin, un pâté, une petite soupière en saxe, des biscuits, un macaron, un bocal contenant des fruits à l’eau-de-vie, près d’un canard sau vage pendu au-dessus, signé Chardin , 1764. Collection de M, Lavalard : un chaudron posé sur le côté, un petit pot de terre, un gros pain rond, un petit fourneau, au-dessous de trois harengs, signé Chardin. Collection de M. Burat : un pâté moitié entamé, un citron, un verre plein de vin, une boîte à sel en fer-blanc, signé Chardin; une cruche, une tranche de saumon, un chaudron, un fromage de Hollande à moitié entamé, une burette d’huile, signé Chardin; un gobelet près de trois pommes d’api, un bol avec une cuiller, deux châtaignes, signé Chardin. Collection Haviland. Un chaudron en cuivre jaune, le cul posé contre un mur d’office, deux merlans jetés en travers d’un plat de terre vernissée, etc. Il n’est pas signé et est peint sur une toile préparée en rouge. Peinture fluide d’un faire qui n’est pas habituel à l’artiste (H. 48 c.; L. 86 c.). Collection Burty. Un égrugeoir, un pot de terre brune, trois oeufs‘ une tranche de potiron, une serviette dont un bout est accroché à un chaudron. Signé ./. S. Chardin (H. 25 c.; L. 85 c.J ; trois petits oignons blancs, une branche de fenouil, un pot en terre brune, un verre aux trois quarts plein. Signature presque effacée (H. 30 c. ; L. 40 c.). Une merveille que ce petit tableautin où se révèle le mieux dans le rien de la composition l’art sa vant du premier peintre de natures mortes et de toutes les écoles

BOUCHER

BOUCHER

Boucher est un de ces hommes qui signifient le goût d’un siècle, qui l'expriment, le personnifient et t’incarnent. Le goût français du xvmc siècle s’est manifesté en lui dans toute la particularité de son caractère : Boucher en demeurera non seulement le peintre, mais le témoin, le représentant, le type.

Ni le grand siècle ni le grand Roi n’avaient aimé la vérité dans l’art. Les encouragements de Versailles, les applaudissements de l’opinion avaient poussé l’effort de la littérature, de la peinture, delà sculpture, de l’architecture, l’ardeur des esprits et des talents, vers une grandeur menteuse et une noblesse convenue qui enfermait le Beau dans la solennité et la règle d’une étiquette. Un sublime fait d’emphase, de pompe, de dignité, avait ébloui l’esprit de la France; et fermant les oreilles aux accents de Shakespeare, les yeux aux tableaux de Teniers, la société française avait cru trouver dans une majesté fictive une loi suprême d’esthétique, un idéal absolu.

L’ART DU X V 1 1 Ie SIÈCLE.

Lorsqu’au siècle de Louis XIV succède le siècle de Louis XV, quand la France galante sort de la France fastueuse et qu’autour de la royauté plus humaine les choses et les hommes deviennent plus petits, l’idéal de l’art demeure un idéal factice et do convention; mais de la majesté, cet idéal descend à l’agrément. Partout se répand un raffinement d’élégance, une délicatesse de volupté, ce que le temps appelle « la quintessence de l’aimable, le coloris des charmes et des grâces, l’embellissement des fêtes et des amours ». Le théâtre, le livre, le tableau, la statue, la maison, l’appartement, rien n’échappc à la parure, à la coquetterie, à la gentillesse d’une décadence délicieuse. Le joli, — voilà, à ces heures d’histoire légère, le signe et la séduction de la France. Le joli est l’essence et la formule de son génie. Le joli est le ton de ses mœurs. Le joli est l’école de ses modes. Le joli, c’est l’âme du temps, — et c’est le génie de Boucher.

Boucher est une gloire parisienne. Il naquit à Paris, — non en 1704, comme l’ont dit les biographes contemporains, comme l’ont répété, après eux les biographes du siècle présent, — mais le 29 septembre 1 703 1 . Une note du Recueil des Chansons manus-

1. Nous avons été assez heureux pour retrouver, aux Archives de

BOUCHER

crites de Maurepas lui donne pour père un grainetier. La Galerie Françoise de Restout, mieux informée, fait naître Boucher d’un peintre assez obscur qui, après lui avoir enseigné les premiers éléments de la peinture, reconnut bien vite que son élève méritait un maître plus habile et l’envoya étudier chez Lemoine, célèbre alors.

Et bientôt Lemoine, étonné d’un « Jugement de Suzanne » fait par le jeune homme de dix-Jbpt ans. promettait à son élève l’avenir de grands succès \

L’admirable machiniste des plafonds, le remueur d’Olympes, le brasseur de nuées et d’apothéoses qui a fait voler au ciel de Versailles les déesses du Parmesan, Lemoine était un grand peintre, un de ces maîtres auxquels il n’a guère manqué que d’être nés dans un temps plus sévère pour avoir une gloire solide, un renom sérieux, une immortalité durable et respectable.il suffit, pour lui rendre ce témoignage, de se rappeler le tableau d’Hercule et Omphale.

Sur un azur puissant et profond, sur un ciel d’un

l’état civil de Paris, Pacte de baptême de Boucher. Nous le publions ici pour la première fois :

« Paroisse de Saint-Jean-en-Grève :

« Octobre 1703. — Le mercredy troisième octobre mil sept cent trois a été baptisé François, né le samedy précédent, fils de Nicolas Boucher, maître peintre, et d’Élisabeth Lemesle sa femme, demeurant rue de. la Verrerie, de cette paroisse. Le parrein Me François Prévost, huissier aux requêtes du palais, demeurant rue Galande. paroisse Saint-Séveria. La marreine Marie-Louise Boullenois, fille de M« Louh Boullenois procureur au Châtelet de Paris, demeurant rue du Fouart, paroisse Saint- Étienne-du-Mont. — Prévost, Beliox, Marie Louise Boullenois. »

1. Galerie françoise ou Portraits des Hommes et F< mîmes célèbres qui ont paru en France,- g ravés en taille-douce sous la conduite de Restout. Paris, Hérissant, 1771

bleu d’Qrient, sous un dais de brocart qui s’enroule à des branches, le couple apparaît baigné de lumière, caressé d’ombre. La blanche Omphale, déboutât croisant une jambe, laisse glisser sur le ressaut de sa hanche la formidable massue du dieu désarmé. Et, victorieuse, la peau du lion de Némée nouée à son flanc, elle verse son regard et son sourire au dieu sur lequel elle se penche, et auquel elle met le fuseau dans la main droite. Le dieu, dont les mains hésitent, cherchent de l’œil l’ordre des yeux d’Omphale. Auprès d’Hercule, un petit amour, long et déhanché comme tous les amours de Lemoine, rit en regardant le public. Le corps d’Omphale est une merveille : le lumineux divin de la peau, sa moiteur, son rayonnement satiné, sa blancheur pulpeuse, tout ce qu’il y a de douillet, de délicat et de tendre dans la gloire d’un corps de femme nue, que le jour modèle, est admirablement rendu dans cette suave académie. Une juvénilité de déesse se mêle délicieusement à une fleur de maturité dans le dessin de ces formes tout à la lois allongées et rondissantes, de cette gorge qui vient de naître, de ces hanches déjà fières. Par une opposition aimée du Poussin, le corps ardent et briqué du héros- dieu fait encore ressortir ce corps blanc à peine teinté dans les ombres du bleu de la nacre, doucement fouetté de rose aux seins, aux coudes, aux genoux l.

L’homme qui a peint cela devait être le maître de

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