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Le buste de Voltaire et de Jean-Jacques

a Cependant j’autorise messieurs les administrateurs k

vendre tout ou partie desdits tableaux, même ceux que je laisse spécialement à l’école, s’ils trouvaient des occasions de vendre avantageusement.

« Fait et signé par moi, à Saint-Quentin, ce 20 septembre 1806 « Signé : De La Tour. »

La donation de Jean-François de La Tour, mort le 14 mars 1807, fut acceptée par le conseil municipal de Saint-Quentin, le 15 mai de la même année. L’autorisation d’accepter ce legs fut accordée par un décret impérial du 5 septembre de la même année, et renouvelée par un second décret rendu le 9 mai 1808. Cette même année 1808, en exécution des testaments de Jean-François de La Tour, une vente était tentée à Paris. La feuille rarissime de cette vente, communiquée par M. Lemasle à M. Dréolle, porte l’en-tête suivant : « Catalogue des tableaux à l'huile de différents peintres célèbres et des portraits au pastel par le cé-

L’ART DU XVIIIe SIÈCLE.

ièbre de La Tour, peintre du ci-devant Roi et de T- Académie de peinture et de sculpture , qui sont à vendre chez le frère de V auteur à Saint-Quentin , département de l’Aisne . Tous les tableaux en pastel sont fixés par T auteur, et sont d’une fraîcheur comme s’ils venaient d’être peints; ils sont regardés et estimés par les plus grands connaisseurs comme des chefs-d’œuvre uniques en ce genre , que l’auteur a porté au plus haut point de

la perfection » Dans cette vente, le portrait de Rousseau

ainsi annoncé : « Assis sur une chaise, dont il n’existe que deux originaux, savoir : celui qu’il a donné à M. le duc de Luxembourg et celui que l’auteur a gardé pour lui », montait à 3 francs! Quelques pastels étaient vendus 20 et 25 francs, parmi lesquels il y a sans doute à regretter le Mondonville « peint tenant son violon pour le mettre d’accord », que nous ne retrouvons plus dans la collection de Saint-Quentin. C’est à l’insuccès de cette vente, privée des enchères russes et anglaises, que la France et Saint-Quentin doivent la conservation et la réunion de ces pastels, si fort méprisés, alors qu’en 1811, à la vente Lelut, on vendait, sous un seul numéro, vingt-cinq préparations de la Tour avec quatorze dessins de La Rue.

Voici, de ce Musée de Saint-Quentin, le catalogue qui en a été rédigé par M. Mennechet, et auquel nous allons ajouter nos observations et nos annotations. Reprochons tout d’abord à M. Mennechet de n’avoir point fait de distinction entre les attributions provenant de la comparaison des gravures ou des pastels de répétition et les attributions indiquées par les testaments du frère de La Tour avec les attributions ayant pour elles l’authenticité du nom de la personne écrite de la main de La Tour. Regrettons encore que, dans le réencadrement, dans le passage des préparations de leur petit cadre noir original à leur nouveau cadre doré, les indications de nom, écrites d’ordinaire sur une bande de papier collée sur le bois, ou bien cachées au dos de la préparation dans un repli de la feuille, n’aient pas été religieusement conservées et placées sous le verre. Par exemple pour mademoiselle Fay (FeJ) la petite note d’écriture ancienne : Mademoiselle Fay , actrice, maîtresse de La Tour , que M. Champfleury vit, en 1855, collée sur le cadre du pastel; cette précieuse authentification a disparu. Et nous ne trouvons, dans la collection, d’indication précise du temps ou de la main de La Tour, que sur trois figures : la Camargo, M. de Julienne, dont les

LA TOUR

noms sont écrits à l’encre, et Mlle ' Puvigny, qui est écrit au crayon noir. Quant à ces noms de Mme Boëte de Saint-Léger, de Mme Rousse], de Mme Massé, de Mme Rougeau, ces noms qui n’ont pour eux ni la mention dans les testaments du frère, ni une indication écrite du temps,- ni un rapport avec un portrait gravé, nous nous demandons sur quoi le catalogue qui doit au public la raison de ces baptêmes, a ainsi baptisé ces figures.

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