‹ L'art en Alsace-LorraineChapitre 2 sur 179 · LES BARBARES · texte numérisé non relu

LES BARBARES

a civilisation romaine, si bien établie pourtant, était destinée à périr et à ne laisser dans cette partiede la Gaule que de rares traces de son passage. L’envahissement de la barbarie et sa victoire sur le monde antique sont un des problèmes les plus intéressants de l’histoire.

L’univers ne se change pas par un coup de théâtre : l’idée d’une armée de sauvages, entrant dans une contrée riche et populeuse qu’elle transforme en désert, exterminant l’ancienne population et substituant ainsi une race à une autre, est absolument chimérique. Les changements qui transforment les mœurs d’un pays envahi se font peu à peu par infiltrations, mais jamais par soubresauts.

A l’époque où la Gaule romaine était en pleine civilisation, les contrées situées de l’autre côté du Rhin croupissaient dans l’ignorance et la barbarie la plus complète. Pauvres et dépourvus de moyens de s’enrichir, ces hommes à demi sauvages étaient sans cesse attirés par l’opulence de leurs voisins. Ils s’approchaient des colonies romaines, et offraient humblement leurs services qu’on acceptait parce qu’ils n’avaient pas de besoins et se contentaient de la plus mince rémunération. Demeurant étrangers dans un pays dont ils ignoraient la langue, ils s’infiltraient partout, faisaient les travaux les plus vils et étaient universellement méprisés.

Tant que les légions romaines conservèrent leur antique organisa-

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