LE STYLE ROMAN
onde en Orient, le christianisme y avait également formé une architecture qui s’appropriait à ses besoins. Dès le vie siècle, sous Justinien, Constantinople avait vu s’élever un édifice, l’église de Sainte -Sophie, dont l’architecture, aussi bien que la décoration, était une affirmation nouvelle, étrangère à toutes les traditions païennes de l’antiquité.
L’art byzantin était déjà constitué, car si on le résume habituellement dans Sainte -Sophie, qui en est le chef-d’œuvre, on en retrouve les principes non -seulement dans les édifices, mais encore dans une foule de menus objets, miniatures, triptyques, reliquaires* calices, qui sont tous empreints du même style.
Les persécutions contre les iconoclastes firent affluer en Occident une multitude énorme d’architectes, peintres, mosaïstes, enlumineurs, orfèvres, doreurs, qui, accueillis dans les monastères de l’Occident comme des victimes de l’hérésie, apportaient leur goût et leurs idées au milieu des traditions appauvries du vieux style latin.
Le style roman en architecture a été le résultat de ce mélange, et est issu, non d’une inspiration soudaine, mais d’une transformation lente, dans laquelle l’élément byzantin a fini par devenir prépondérant parce qu’il était plus jeune et par conséquent plus vivant. Les voûtes se substituèrent aux charpentes de l’époque précédente, les tours se percèrent de petites arcades à plein cintre, les colonnes massives
reçurent, au lieu des feuillages saillants du chapiteau corinthien, des ornements creux sur une masse cubique. On peut se faire une idée de
Fig. 3. — Chapiteau de l’Eglise de Marmoutier.
ces chapiteaux d’après ceux que nous empruntons à la vieille église de Marmoutier (fi g. 3) et à celle de Rosheim (fi g. 4). L’ancien style romain
Fig. 4. — Chapiteau de l’Église de Rosheim.
subsiste néanmoins en partie dans un grand nombre d’églises, associé aux colonnes et à l'ornementation byzantine.