‹ L'art en Alsace-LorraineChapitre 50 sur 179 · DOCK · texte numérisé non relu

DOCK

Dock (E.), né à Strasbourg en 1827, fut placé dans une maison de commerce en 1842. Mais il la quitta en 1845, par un coup de tête, et entra dans l’atelier de sculpture de la cathédrale. Il partit ensuite pour Paris et suivit quelque temps les cours de l’École des beaux-arts.

Forcé de travailler pour vivre, il chercha à faire des modèles pour l’industrie, et vint finalement s’établir à Strasbourg en 1860. Il acquit bientôt une réputation qui s’étendit à toute la contrée, et ses productions en tout genre se répandirent dans tous les départements qui avoisinent la Suisse.

Bien qu’il ait fait plusieurs statues, E. Dock a établi sa réputation par ses travaux décoratifs. En même temps qu’il faisait ses études comme statuaire, il avait étudié les principes de l’architecture. Il se trouva ainsi à même d’entreprendre les décorations d’édifices publics, d’églises, de châteaux, de maisons particulières. Il a fait en outre des cariatides, des statuettes en marbre, en pierre, en bois, des modèles que l’industrie a reproduits en bronze, en fonte de fer, en faïence, etc.

Certes nous sommes loin de dédaigner les applications qu’un artiste peut faire de son talent pour des objets d’usage journalier, et

nous savons parfaitement que le mot art, sous la Renaissance, comme dans l’antiquité, ne s’appliquait nullement à un genre spécial de travail, mais simplement à l’excellence d’un travail quelconque. C’est seulement par la formation des académies au xvue siècle qu’on a séparé les deux mots d’art et d’industrie.

Mais tout en félicitant Dock de la réputation que ses travaux en

Fig. 7+ et 75. — Statues décoratives par Dock.

tout genre lui ont acquis dans son pays, nous regrettons qu’il n’ait pas attaché plus d’importance à la consécration de Paris, en envoyant à nos concours annuels quelque ouvrage important qui marque dans l’histoire de notre temps et nous permette de lui assigner une place d’honneur parmi nos statuaires contemporains.

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