GLUCK
Eugène Gluck1, natif d’Altkirch, a commencé par faire des dessins pour les éditeurs. Son premier travail un peu important est le Cortège de la fête de Guttenberg, célébrée à Strasbourg en 1840. C’est un ouvrage de cinquante-deux planches, où presque toutes les petites figures sont des portraits.
Son premier maître, à Strasbourg, avait été Gabriel Guérin, artiste chez lequel ont commencé la plupart des artistes alsaciens qui ont aujourd’hui de la réputation. Il arriva à Paris en 1843 et entra à
1. Ses principaux ouvrages sont ; 1847. ^ne Bataille antique. — 1849. Le Dragon de l' île de Rhodes. — 1857. Les Bergers de Gessner ; la Défense de Kars ; Portrait d’homme. — 1859. Céphale et Procris ; Portrait du général V. — 1860. Bataille... (Musée de Colmar). — 1864. César et les Gaulois ; le Baron de Hoh-Andlau partant pour la guerre. — 1866. Un Homme utile ; Chevalier partant pour la guerre. — 1868. Un Dimanche au bon vieux temps. — 1870. Chasse au sanglier. — 1 873 . Le Marquis de Laroche) aquelein } général vendéen. — 1 875 . Portrait du sculpteur Ch. Gautier; le Moulin de Cernay (aquarelle).
l’atelier de Léon Cogniet. De 1845 à i85o, il a fait un assez grand nombre de lithographies, entre autres vingt-quatre planches sur le département du Lot, ouvrage dont son frère, alors professeur à Cahors, avait fait le texte.
La première exposition de Gluck date de 1847, et, depuis cette poque, il a envoyé au Salon des ouvrages d’un caractère très-varié. Quoique porté par tempérament vers les sujets et les costumes du moyen âge, il a poussé des pointes vers l’antiquité et même vers le réalisme. En 1859, il avait un Céphale et Procris, et en 1864, un épisode de la vie de César dans la guerre des Gaules. Dans une bataille
Fig. 80. — Le Chevalier partant pour la guerre.
contre les Gaulois, César fut saisi par un ennemi d'une force prodigieuse qui l’enleva tout armé de son cheval, lorsqu’un autre Gaulois, reconnaissant le chef romain, s’écria : « Frappe-le, c’est César. » Le guerrier, étourdi de ces paroles et de l'importance de son prisonnier, le laissa échapper. Le Gaulois à longues moustaches montre du doigt César. On se bat partout et les légionnaires accourent pour sauver leur général. Toute cette scène est pleine d’entrain et d’animation.
La seule incursion que Gluck ait faite dans les eaux du réalisme, est un tableau qui a figuré au Salon de 1866 et qui avait pour titre :
Un Homme utile. Cet homme utile est un cordonnier, ou plutôt un savetier en train de travailler à une chaussure près d’une petite table où sont ses outils.
En 1870, la Chasse au sanglier , panneau décoratif imitant la tapisserie, a été fort remarqué et méritait de l’être.
Gluck a une grande entente de l'art décoratif et a fait des choses admirables pour l’industrie et notamment celle de la céramique. On se rappelle ses jolies faïences, les Préparatifs de la chasse, le Chevalier partant pour la guerre.
Gluck est un des collaborateurs habituels de Deck, pour lequel il a fait toutes ses belles faïences. Les cavaliers du xvie siècle, se promenant avec des dames, sont une composition très-remarquable et dont les couleurs sont tout à fait appropriées à la faïence.
GOUTZVILLER
harles Goutzviller, né à Altkirch (Haut-Rhin), en 1819, est
V > un érudit doublé d’un artiste. Longtemps collaborateur de la
Revue d’Alsace, il s’y fit connaître comme écrivain, et ses recherches sur les anciens artistes de l’Alsace le firent appeler au musée de Colmar, dont il rédigea le catalogue avec M. Ugot. Goutzviller refait en ce moment (1875) une nouvelle édition illustrée de ce catalogue.
Après l’annexion allemande, Ch. Goutzviller a renoncé à la position qu’il occupait en Alsace et est venu, à Paris, utiliser son talent de dessinateur. Tous les recueils d’art se sont ouverts devant lui, et il est aujourd’hui un de nos dessinateurs les plus en renom. Il a participé par plusieurs de ses dessins à la collaboration de ce livre.