PORTE LATÉRALE DE L ÉGLISE DE THAN
COLMAR
dérober au moins une relique du saint homme et lui coupa le pouce. Il le cacha dans son bourdon de pèlerin et prit la route de son pays, pensant que la relique lui porterait bonheur. Comme il était en Alsace, il arriva dans une lande stérile connue aujourd’hui sous le nom de l’Ochsenfeld. C’est un lieu désolé où il ne pousse ni arbuste ni plante d’aucune sorte, car Attila a livré en ce lieu un combat terrible, et l’herbe s’est desséchée sous les pas de son cheval. Ayant traversé cette lande, le pèlerin fatigué s’endormit et planta son bourdon à côté de lui contre un arbre. Mais quand il s’éveilla, il ne put retirer son bâton du sol et alla quérir des paysans qui firent comme lui des efforts inutiles pour enlever ce bâton. En même temps on vit une lueur s’élever par trois fois de l’arbre. Le seigneur
Fig, 147. — Monnaie de Thann.
du château voisin, voulant savoir la cause de ce prodige, interrogea le pèlerin qui, effrayé, avoua son larcin. Alors tout le monde se jeta à genoux, car on reconnut que saint Thiébaud voulait être honoré en ce lieu, où s’éleva l’église qui lui est consacrée. C’est pour cela que l’image de saint Thiébaud figure sur les monnaies de la ville (fig. 147).
Si maintenant nous passons de la légende à l’examen du monument, qui est un des plus beaux de l’Alsace, nous voyons que le style dans lequel il est bâti appartient à différentes époques. Le portail principal est du xme siècle, la nef principale du xive, le portail latéral du xve, et le clocher ne remonte pas au delà des premières années du xvie.
Le portail principal est resserré entre deux contre-forts et encadre
une porte à double entrée. Il est enrichi de statues et de bas-reliefs don le sujet se rapporte à l’histoire de la Vierge et du Christ. Le portail latéral, moins richement orné comme statues, est de la plus exquise
Fig. 14.8. — Le chevet de l’église de Thann.
élégance. Il comprend également deux portes, séparées par un pilier que surmonte une statue de la Vierge.
C’est sur le même côté de l’église que s’élève la tour du clocher, qui se termine par une flèche élancée et ornée de crochets à jour d’une grande délicatesse de travail.
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