‹ L'art En ÉgypteChapitre 14 sur 29 · EN SCHISTE (VERSO · texte numérisé non relu

EN SCHISTE (VERSO

British Museum.

Gliche prete par la Societe d'archeologie biblique de Londres.

1 Un des fragments du British Museum est reproduit, ;i propos du type de l'arc, dans ScHURTZ, Urgeschichte der Kultur. Leipzig, 1900, p. 345, avec l'etonnante indication : « Assyrische jFagdszenc ».

2 Cap.vrt, Mclanges, § 2 , Remarque sur nne des palettes archaiques du Musce liritannique , dans le Recueil de iravau.v relatifs ä la philologic et ä l'archcologie egypticnnes et assyrienncs, XXII, 1900, pp, 108-110. — BuDGE, History of Egypt, II, 1902, p. II, oü l'auteur ne connait pas le travail precedent. — Max MüiXER, W., Nachtrag zu Louvre, C ', dans la Orientalistisclie Litterattirzeitutig, 111, 1900, col. 433.

met de laquelle est fixe im embleme, et qui rappellent les enseignes des barques a l'epoqiie primitive (fig. 147). Les figiires d'animaiix, semblables a Celles des poteries decorees, se rapprochent aussi d'autres pieces analogues dont la date est plus precise et, notamment, d'ime palette decouverte ä Hieraconpolis, ornee au sommet de deiix chacals courants dont la Silhouette suit exactement les contours de l'objet.

Fig. 159. — Fragment dk Palette en schiste (recto). Musee du Caire.

Gliche prete par la Societe d'archeologie biblique de Londres.

Pctitc Palette de Hieraconpolis.

Dans cette autre palette, la cavite circulaire parait aussi constituer la partie essentielle de la piece. Ici notre attention est attiree par les figures bizarres de felins au cou demesurement long qu'on a vu deja sur les ivoires de Hieraconpolis (fig. 98) et que nous retrouverons encore. Les divers animaux representes ne laissent pas de nous etonner ; on constate le meme melange d'animaux reelsetfantastiques que dans les scenes de chasse representees sur les murs des

tombeaux de la XIP dynastie (%. 157 et 158) •. M. Ouibell, siiivant les indications du capitaine Flower, y voit des gazelies, des antilopes, des ibex, des oryx, des cerfs, des chacals, des chiens, im leopard, un vautour (iine autruche pliitot), im taureaii sauvage, une girafe et deux animaux fantastiques. L'un d'eux figure un grilfon k tete de faucon, portant des alles d'oiseau au milieu du dos ; l'autre un chacal (?) marchant sur les pattes d'arriere, le corps entoure

Fig. 160. — Fragment de Palette en schiste (verso). Musee du Caire.

Gliche prete par la Societe d'archeologie biblique de Londres.

d'une ceinture, semble jouer de la flute (?). M. Petrie fait remarquer ' l'interet que presentent, au point de vue zoologique, ces

1 QuiBELL and Green, Hierakoyipolis, II, pl. xxviii et p. 41. — Heuzey, Egypte Uli Chaldee, dans les Coniptes rendus des seances de l'Academie des inscriptions et heiles leitres, 1899, pl. de la p. 66 et pp. 66 et 67.

M. Benedite, conservateur au Louvre, m'autorise ä dire qu'il vient d'acquerir l)üur le Musee du Louvre une piece analogue, oü se retrouvent les deux girafes et le palmier que nous allons noter sur des fragments de palette du British Museum et de l'Ashniolean Museum, ä Oxford.

2 Petrie, the Rise and Development of Egyptiati Art, ddins \e yotirnal of t/ic Society of Arts, XLIX, 1901, p. 595.

representations d'animaux, doiit pkisieurs especes ont actuellement dispara de l'Egypte. Si noiis cherchons k apprecier le style de ces deux derriieres palettes dont roniementation presente tant d'analogies, nous dirons, avec M. Heuzey * : « Quant au style, c'est, partout, celui que nöus avons defini des le premier abord, un realisme encore rüde, mais plein d'energie, recherchant^ a la fois, le mouvement et les formes robustes aux muscles sail-

Fig. iöi. — Fragment de pai.ette en schiste (rp:(:to). Ashmolean Museum, ä Oxford.

Gliche prete par la Societe d'archeologie biblique de Londres.

lants, aussi biendansles figures d'hommes que dans lesfigures d'animaux, meme pour les especes les plus legeres et les plus agiles^ comme les bouquetins et les antilopes. Rien n'est plus loin du style egyptien, tel qu'il se precise de bonne heure sur les monuments de l'epoquedes Pyramides, et, si quelqu'une de ces figures nous etait parvenue ä part, sans que nous en connussions l'origine, c'est a la Chaldee, ä l'Assyrie ou aux pays limitrophes qu'on l'eüt certainement rapportee ».

' Heuzey, /oc. cit., p. 64.

A la meme categorie encoie doit se rattacher im petit fragment Petit

du British Museum oü, ä cote de la cavite circulaire, se distinguent ^''^gment du

les restes d'un animal coucbe et de deux autruches identiques a ,;,

^ Museum.

Celles des deux pieces precedentes (fig. 157 et 158).

Un second fragment du Musee du Caire nous montre des repre- Second

sentations tres peu differentes de Celles des objets precedents. Seu- fragment du

lement, au Heu d'etre graves pele-mele a la surface de la palette, Caire.

Fig. 162. FkAGMP:NT DE PALETTE EN SCHISTE (VEKSO).

Ashmolean Museum, ä Oxford.

Cliclie prete par la Societe darcheologie biblique de Londres.

las animaux sont repartis regulierement en trois registres : au premier, des taureaux ; au second, des änes ; au troisieme, des beliers \ Cette decoration rappelle les figures d'animaux du manche de couteau reproduit sur notre fig. 35, et dans lequel Petrie reconnaissait « le style egyptien regulier des tombes de l'Ancien Empire » -. II faut en rapprocher egalement les ivoires de

1 DURST et Gailiard, Shidicfi über die G( sc /lichte des ägyptischc7i Hausschafes, dans le Recueil de trava^ix relaüfs ä /a Philologie et ä l'archeologie egyptietines et jissyricjines, XXIV, 1902, p. 46.

•^ Petrie, Naqada, p. 51.

fe

ta

Fragments du British Museum et de I'Asmo-

lean Museum, ä Oxford.

Hieraconpolis reprodiiits sur la fi^. 99. Sous le 3* registre, on voit des arbres ä peu pres identiqiies a ceux qiii apparaissent dans les hieroglyphes des debiits de la IV^ dynastie '.

Ce qui demontre siirtout^ malgre ses analogies avec des pieces ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ primitives, que le frag J\ ^ ^/mM^BPI^^^^^^^^^^^^^^W ment du Caire doit

attribue aiix Egyptiens pharaoniques, ce sont les representations de la seconde face, oü nous voyons l'ecritiire hieroglyphique combinee, il est vrai, avec de la pictographie. Des animaux, lion, scorpion, faiicon, traites dans im style encore archaique, detrui sent, au mo3'en d'une houe, les murs creneles sur lesquels ils sont perches (fig. 159 et 160).

Ce Systeme de pictographie se retrouve sur un fragment de l'Ashmolean Museum ; des etendards, d'oü sort un bras humain, saisissent des captifs '-. La palette dont fait partie ce fragment n'a pas ete retrouvee entiere ; le morceau le plus grand est conserve au British Museum. Sur l'une des faces, deux girafes, placees des deux

1 Lepsius, Denkmäler, II, 7-

■•* Ce meme symbole des etendards armes de bras se retrouve assez frequemment sur les monuments de l'epoque classique. Je citerai un exemple pris entre mille. Lepsius, Denkmäler, III, 74''.

Fig. 165.

Fragment de palette e\

SCHISTE (rECTO).

Musee du Louvre.

Gliche prete par la Societe dar cheologie biblique de Londres

cotesd'im palmier, en mangent les feuilles. Au dessiis du corps d'une

des girafes, im gros oiseaii rappelle vagnement celiii de la tombe

peinte de Hieraconpolis (fig.146 A). L'autre face nous montre vrai-

semblablementim champ

de bataille jonche de ca-

davres qiie dechirent les

oiseaux de proie. Un Hon

a saisi im des cadavres

par le ventre et cher-

che a . en arracher im

morceaii. Lemoiivement

du Corps inerte qui s'a-

bandonne entierement a

ete saisi avec im rare

bonheiir. Le Hon se rap-

proche des statuettes qiie

nous avons decrites pre-

cedemment : principale-

ment dans les lignes du

niufle et les deux mou-

chetures du front (fig.

128). Au dessus de cette

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