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L'art en France

Le but de cette publication est surtout de rendre accessible au grand public la connaissance des choses de l’Art, par la diffusion des œuvres de Peinture et de' Sculpture, reproduites directement d’après les originaux, sans qu’aucune interprétation par la gravure ou le dessin vienne en altérer le caractère et y substituer celui du traducteur. Si nous avons choisi pour titre L’Art en France, c’est que ce pays est incontestablement celui où le mouvement de l’Art est le plus intense, et où, tout en conservant ses qualités nationales et son caractère propre au point de vue de la conception des sujets, aussi bien qu’à celui des procédés et modes d’exécution, il reste le plus cosmopolite, le plus libéral et le plus hospitalier. On sait, en effet, que les ateliers français sont le plus librement ouverts aux nationaux du monde entier; aussi la colonie des peintres étrangers qui prennent part à ses expositions annuelles s’ augmente -t- elle de jour en jour. Il est bon d’ajouter que le mouvement qui se produit depuis une trentaine d’années dans la peinture française, mouvement qui s’est affirmé à Paris par une scission très nette (scission d’idées, bien entendu, et toute de principe) entre les artistes de ce pays, désormais séparés en deux groupes bien distincts, aura probablement des résultats qui se feront sentir un jour dans le monde entier; il influence déjà bien des artistes de haute valeur en divers pays. Nous nous proposons de publier chaque année, à

l’époque du printemps, qui est celle où les artistes français convient le public a juger leurs œuvres, un grand nombre de celles qui ont reçu la consécration du succès et peuvent être de nature à charmer et à développer chez celui qui les regarde 1 intelligence des choses, la compréhension des sentiments que l’artiste a voulu exprimer, comme à éveiller chez le spectateur les idées qui lui ont mis le pinceau a la main, et lui faire éprouver les émotions qu’il ressentait en concevant son sujet et en 1 exécutant.

Le caractère particulier de cette publication, c est qu elle ne se bornera pas a faire connaître les ouvrages nouveaux qui figurent aux expositions annuelles, elle suivra le mouvement dans toutes ses manifestations : celles des expositions officielles ou privées, celles des clubs, des sociétés, des associations, et même des coteries, sans parti pris d’école.

On sait qu’à Paris l’art est dans la rue; il vous attire à la devanture des boutiques du boulevard, il sollicite le passant par les réclames ambulantes; la rue Laffitte, par exemple, est un musée permanent, la Salle des Ventes, Hôtel des Commissaires-Priseurs de la rue Drouot, est un marché quotidien où passent les chefs-d’œuvre de toutes les Écoles qui vont se disperser dans le monde entier au feu des enchères, et enrichir les collections du Continent et celles d’outre-mer. Du mois de janvier au mois de juillet, il n’y a point d’interruption dans les expositions ; huit mille artistes qui vivent ou meurent de la peinture cherchent un mur pour accrocher une toile et une place pour dresser une statue. Les Clubs « Volney » et celui des « Champs-Elysées » ouvrent les premiers, à l’heure où l’on patine encore sur les lacs du Bois de Boulogne ; la Société des « Aquarellistes Français » précède celle dite des « Pastellistes », que suit 1’ « exposition internationale » enfin viennent celles des a Orientalistes » et des « Indépendants », sans compter les a Femmes artistes », professionnelles ou femmes du monde.

Il serait difficile d’énumérer toutes les Sociétés d’art qui réclament l’attention du public, elles ne sont point dignes d’intérêt au même degré, et quelques-unes tournent même à l’excentricité, mais on peut dire hardiment qu’elles trouvent toutes un public ; et il est bien certain que le théâtre et les expositions d’art sont pour les Français les deux genres de manifestations qui les attirent le plus.

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