LA ROUGE
M. Albert FOURIÉ (Salon du Champ-de- Mars)
Les sujets que choisit cet artiste sont des morceaux de nature exécutés en plein air sans aucune préoccupation de lyrisme, et sans convention. Amoureux du mouvement, de la vie, de la lumière, loin des lormules d’atelier, et toujours prises sur le vif; ses toiles sont presque toujours ensoleillées, elles sentent les foins en llcurs, et sont parfois enveloppées de buées qu’un rayon traverse; pourvu qu’en face de son œuvre on sente l’impression de nature, M. Fourié est payé de sa peine.
La Rouge est une vache qu’une goton de la ferme va traire à la prairie et avec laquelle elle engage un combat singulier ; il n’y a là rien de virgilien, mais de la force, de la lumière et de la vie. La scène, on peut en être sûre, a été vuedans quelque coin du pays normand, sous des pommiers chargés de fruits. Né à Paris en i854, c’est-à-dire en pleine force, élève du vigoureux peintre de la Muraille, J. -P. Laurcns, et d’un sculpteur hardi, .1. Gautherin ; M. .1. Fourié a été remarqué par les jurys dès i883 avec un tableau, la Mort de Mm" Bovary, sujet tiré du fameux roman de Gustave Flaubert qui lui valut une mention honorable. En 1884 il obtenait une médaille de 3e classe, suivie d une de deuxième en 1888 ; enfin il obtenait une médaille d’or à l’Exposition de i889.
M. Fourié est représenté au Musée du Luxembourg par une toile intitulée Sous les Branches. Il a deux tableaux au Musée de Rouen et un au Musée de Nîmes. 11 expose depuis quelques années au Salon du Champ-de-Mars .