LE MODELE
N soir que j’e'tais venu rendre visite à Rodin, dans son atelier, la nuit tomba très vite, tandis que nous causions.
— Avez-vous déjà regardé une statue antique à la lampe ? me demanda tout à coup mon hôte.
— Ma foi non ! fis-je avec quelque surprise.
— Je vous étonne et vous semblez considérer comme une fantaisie bizarre l’idée de contempler de la sculpture autrement qu’en plein jour.
Assurément la lumière naturelle est celle qui
permet le mieux d’admirer une belle œuvre dans son ensemble... Mais, attendez un peu !... Je veux
vous faire assister à une sorte d’expérience qui sans doute vous instruira...
Tout en parlant, il avait allumé une lampe.
Il la prit et me conduisit vers un torse de marbre qui s’érigeait sur un socle dans un angle de l’atelier.
C’était une délicieuse petite copie antique de la Vénus de Médicis. T^din la gardait là pour stimuler sa propre inspiration au cours de son travail.
— Approchez ! me dit-il.