LE MOUVEMENT DANS L'ART
Musée du Luxembourg, il y a deux statues de l^odin qui surtout m'attirent et me captivent : l'Age d'Airain et le Saint-Jean-Baptiste. Elles sont encore plus vivantes que les autres, s'il est possible. Les œuvres du même auteur qui leur tiennent compagnie dans cette galerie sont toutes assurément frémissantes de vérité : elles produisent toutes rimpression de la chair réelle ; toutes respirent, mais celles-ci se meuvent.
Un jour, dans l'atelier du maître à oMeudon, je lui fis part de ma prédilection pour ces deux figures.
— Elles peuvent en effet compter, me dit-il,
parmi celles dont j'ai le plus accentué la mimique.
J'en ai d'ailleurs créé d'autres dont l'animation n'est pas moins frappante : mes 'bourgeois de Calais, mon IBalzac, mon Homme qui marche, par exemple.
Et même dans celles de mes œuvres dont l'action est moins accusée, j'ai toujours cherché à mettre quelque indication de geste : il est bien
(rare que j'aie représenté le repos complet. J'ai /toujours essayé de rendre les sentiments intérieurs
(par la mobilité des muscles.
Il n'est pas jusqu'à mes bustes auxquels je n'aie souvent donné quelque inclinaison, quelque obliquité, quelque direction expressive pour augmenter la signification de la physionomie.