‹ L'art Espagnol, précédé d'une introduction sur l'Espagne et les EspagnolsChapitre 1 sur 122 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce livre n’est pas un travail de compilation ; on n’y trouvera point la vie des artistes espagnols racontée par le menu, avec des documents authentiques, des discussions de dates et des détails minutieux sur leurs relations et leurs alliances. C’est, avant tout et seulement, un livre d’esthétique. Notre but a été d’étudier l’art espagnol dans son ensemble, d'en suivre la marche et les développements, de caractériser le talent des maîtres qui l’ont illustré, en insistant sur le côté plastique, trop souvent négligé ou insuffisamment mis en relief dans les ouvrages qui traitent de la peinture.

Après une Introduction où nous avons essayé de dégager, avec quelque détail, la physionomie du pays et des mœurs, nous avons voulu dégager la physionomie de l’art. Nous nous sommes arrêté, cela va sans dire, avec une préférence marquée, aux maîtres dont l’importance est la plus considérable, notamment à Vela^queq. Et, en général, notre préoccupation a été d’éviter les distributions d’éloges, égales pour tous, dont on a tant abusé, en tâchant de mettre une mesure dans notre examen critique, de faire avec sang-froid et justice la part de chacun,

— au besoin même, de manquer de respect aux gloires surfaites.

On a relativement peu écrit sur l’art espagnol, ou du moins on n’a point toujours prouvé qu’on l’avait étudié là oïl il est, sur place, — dans les galeries d’Espagne. Même les auteurs qui ont parlé de ces galeries ne les ont pas tous vues. L’étude que nous avons faite des autres musées de l’Europe nous donnera l’occasion de rapprochements curieux, que la présence en Espagne, — surtout au musée du Prado,

— de maîtres flamands et italiens, représentés par des œuvres de choix, amènera tout naturellement. Et ce que, d’aventure, nous n’aurons

L’ART ESPAGNOL

pas découvert au Prado, nous le chercherons dans cette autre collection de Madrid, plus modeste, l’Académie de San Fernando, dans les collections publiques des villes secondaires, dans les églises, ailleurs même et plus loin, quand le sujet nous y entraînera.

Pour ce qui regarde la partie simplement biographique de l' histoire de l’art en Espagne, nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spéciaux, et nous en indiquons ci-après quelques-uns : on y trouvera tout ce que nous avons dû forcément négliger, ne désirant pas refaire ce que d’autres ont fait avant nous.

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