L'ART ET LA LITTÉRATURE A L'ÉTRANGER
de typique à l'horizon, nu delà de notre langage et de nos mœurs.
Aujourd'hui, nous prenons date en quelque sorte, et nous marquons plutôt notre place que nous ne l'occupons ; tel un professeur donne, lors de sa première séance, les arguments de ses futures causeries. Nous ne causerons guère toutefois céans, mais nous réduirons en notes successives la quintessence des nouvelles recueillies. Nos renseignements seront précis comme des dépêches, et généralement dépourvus de longs et inutiles commentaires.
Nous essayerons de formuler en quelques lignes ce qui se crée d'original chez nos voisins et chez nos amis lointains d'Amérique;
— nous dirons, autant que possihle, les revues nouvelles, les articles susceptibles de piquer notre curiosité, les écoles d'art ou de littérature en formation, les tendances idéalistes de ceux-ci ou les descendances réalistes de ceux-là. Nous ne négligerons pas de relever ce que pensent de nos écrivains tels ou tels critiques anglais ou allemands; nous consignerons encore les livres à sensation parus, les traductions qui seraient à faire chez nous et les petits événements du monde de la librairie, tant au point de vue littéraire que typographique et illustratif, s'il est possible d'user de ce terme pour parler de l'imagerie bihlio[)hilesque.
Nous écouterons les échos que feront retentir un nom nouveau dans ces pays du Nord d'où nous viennent aujourd'hui, non point la lumière, mais des frissons intellectuels inédits et étranges. Cela, en menues remarques successives, rendues concises par un style télégraphique, afin que chaque chose ait sa place et sa mesure. Dans les musées ou bibliothèques de Londres, de Rome, de Berlin, de Dresde, de Vienne et de Pétersbourg, notre attention peut être éveillée par un achat ou par une innovation digne de louange; nous condenserons la nouvelle pour nos lecteurs et, si brève que soit notre rédaction, nous espérons qu'elle se classera aisément dans l'esprit de ceux qui voudront bien nous suivre.
Tous ceux qui voyagent aujourd'hui parmi nos compatriotes,
— et trop rares sont-ils, — sont frappés des progrès considérables que font les grandes puissances européennes dans le domaine des arts décoratifs du goût intime et de la littérature, et surtout tous sont étonnés de l'admirable méthode d'enseignement supérieur
qui s'y développe à l'aide de merveilleux musées, d'admirables bibliothèques et de très intelligentes publications pratiques. — Ici et là, nous glanerons le menu fait qui marque, et nos cueillettes ne seront que trop abondantes?
Nous ne pouvons avoir la prétention d'apporter ici un contingent d'observations clignes de satisfaire les esprits vraiment avides de connaissances générales sur l'étranger, mais nous estimons que nous tiendrons à jour d'une façon ingénieuse et bien suffisante les notions diffuses de ceux qui se plaisent à vagabonder intellectuellement un instant au dehors pour mieux rêver après, en compagnie de leurs livres, dans la douceur du foyer.
La présentation est faite : A bientôt donc, lecteurs que j'espère fidèles, et salutations du futur traducteur polyglotte.
Louis de Fliasag.
Par intérim : la Direction.
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