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neur du « peintre nain» (on sait, en effet, que Menzel était presque nabot) et qui fut si populaire dans la capitale allemande. Le gouvernement a demandé un million de marks (i 25ûooo francs) au Landtag, pour la fondation d'un .Musée-Menzel. On veut éviter la dispersion de ces dessins, si disputés pour le moment par tous les musées de l'Europe. Les héritiers de Menzel ont fait don à laGalerie Nationale du tableau représentant» Frédéric II et ses généraux avant la bataille de Leuthen », travail énorme, commencé en 1857, laissé inachevé, et qu'on admirait toujours dans l'atelier de l'artiste. Pour élever et former le goût de la jeunesse, les professeurs d'école de Berlin ont décidé de faire éditer des livres d'images pour enfants avec les dessins des plus grands maîtres de l'art allemand. Le premier livre contiendra les plus jolies scènes de soldats de Menzel.
Menzel avait occupé la plus haute place d'honneur artistique en Allemagne du Nord. Il était Ehrensenator (sénateur d'honneur) de l'Académie des Arts à Berlin; ce titre a été décerné récemment à Ludwig Knaus, grand peintre de la vieille école, technicien scrupuleux, un peu précieux.
A Heidelberg, les touristes ne visitent pas seulement le vieux château et son gigantesque tonneau.
Ils visitent également une exposition bien intéressante des œuvres de Bœchlin et de Hans Thomas, qui suivait les traces du peintre mystique de Bâle. Henrv Thode, le critique d'art bien connu, a organisé cette expositionqui réunit 22 Bœchlin et 61 Thoma. 9 des Bœchlin sont à vendre à des prix fort élevés.
Le grand-duc d'Œdenberga inauguré une exposition importante de l'Art de l'Allemagne du Nord-Ouest.
On v remarque, pour la première fois, les œuvres modernes d'un goût si spécial et si âpre des colonies : de Worpsvvede. Dusseldorf. etc.... Le professeur Peter Behrens, de Dusseldorf, a construit pour loger cette collection de tableaux un bâtiment des plus agréables.
Pour ce qui a rapport aux expositions de l'année prochaine, on parle surtout d'une Exposition centenaire de VArt Allemand, qui réunira les œuvres les plus importantes de l'é- ' ' '.'•. poque, allant de l'année 1775 à l'an-
LA KouGE » née 1S73. Cette exposition aura lieu
à la Galerie Nationale Je lîerliii, du I" janvier au i" mai. Darmstadt pré parc pour 1907 une grande exposition de l'art dans ces métiers.
La vie artistique est de plus on plus intense en Allemagne, et il n'y manque point d'argent pour encourager les peintres et les sculpteurs. La Collectiim de Sculpture de Dresde a reçu comme cadeau une des œuvres les plus remarquables de Max Klinger, dont le ciseau a soulevé tant d'enthousiasmes et de colères dans son pays. C'est le Drame, une allégorie impressionnante qu'on verrai Dresde, plus tard. Ln donateur lègue à la ville de Halle 500000 marks pour une galerie d'art; et l'on s'empresse d'acheter pour cette future galerie le Dollinger de Lenbach, qu'on a admiré à l'Exposition Universelle de 1900 à Paris. A Dûsseldorf, on doit élever un monument national à Henri Heine. Un citoven qui veut rester inconnu s'est inscrit pour i5o 000 marks. La ville de Berlindonne 100000 francs pour le monument du célèbre savant Rodolphe Virchow. A la Wartburg, où se joue « le Tannhauser » de Wagner, les artistes ont de l'occupation, grâce à la magnanimité de Guillaume H.
-Auguste Oethen fait pour le moment des études pour le Miracle du Manteau où sera représentée en mosaïque de verre la kiminate (boudoir) de la Sainte Elisabeth.
C'est aux Allemands que reviendra l'honneur d'avoir ouvert à Fez la première exposition de peinture. Le comte de Rattenbach a inauguré, au Consulat impérial de la capitale de Abd-el-Aziz, une exposition de cinquante aquarelles du peintre berlinois
Bruno Richter. L'ambassadeur extraordinaire a été On annonce à Vienne, siu- l'invitation des artistes
également le premier acheteur. On ne parle pas du ILigebund, une Exposition collective des œuvres encore des achats du Magzen. l^ne exposition d'art de Albert Besnard, qui durerA de septembre à octobre au pays des combats éternels! on croit rêver. Voilà et qui réunira les œuvres les plus importantes de bien la pénétration pacifique! Décidément Guil- l'artiste, ainsi que la toile pour le plafond de la laume II pense à tout. Mais, en vérité, c'est de la (Comédie-Française. Après le succès retentissant de bonne guerre, et il est à souhaiter que les instincts l'Exposition chez Georges Petit, il n'est pas étonnant belliqueux des nations ne se manifestent plus que les Viennois attendent avec impatience l'arrivée autrement. de ce trésor d'art si parisien et moderne d'Albert
Roland. Besnard.
AD. MENZEL — étude pour
Collection Mathcy.
LA CRUCHE CASSIÎE »
UN BAL A LA COIR bli HLiMU 111
École française, XV!' siècle.
L'Art dans la Mode
Pour être à la mode, — pour être bien avec la mode comme avec quiconque, — il faut être dans sa manche, un vieux proverbe l'a dit, et l'on ne discute pas les dictons, ils font loi.
Combien, en effet, à y songer un peu, la manche joue un rôle important dans le costume ! C'est, en somme, l'anse, que dis-je, les deux anses de l'amphore; ce sont les ailes de l'oiseau; c'est, par la nature même des bras, la partie mobile par excellence, la partie vivante du vêtement.
Pour l'homme, dont la manche est, du moins depuis environ un siècle, le normal et pratique cylindre d'étoffe destiné à vêtir, à protéger le bras contre le froid ou la laideur, la question manche est vite résolue. Pour la femme, au contraire, la manche prend une tout autre importance, car parmi les fragments de nu autorisés par les convenances et montrés pour le régal des yeux, un joli bras blanc, au coude rond, au poignet fin, est capital au point de vue de la grâce. Aussi voit-on la manche du costume féminin subir les plus mobiles, les plus imprévues variations.
La femme ne s'en plaindra pas; le couturier sera moins satisfait, car le changement d'une manche est chose facile et peu coûteuse, et par un petit effort on peut se mettre radicalement à la mode.
On a souvent déclaré, admis presque toujours, tacitement au moins, que telle ou telle variation, telle ou telle bizarrerie ou exagération de la mode, avait un but précis, que l'imprévu même, l'incompréhensible apparent d'un détail était voulu par un
motif exigeant. C'est ainsi que la crinoline avait été faite pour pallier une impériale grossesse; c'est ainsi que la cravate i83o voulait voiler des cicatrices, que la manche à gigot eut pour but de dissimuler la conformation défectueuse de deux épaules rovales.
Il se peut; en tous cas, on ne spécifie pas quelles étaient ces épaules, et la manche à gigot se retrouve, sinon précisément pareille, du moins de silhouette identique, à effet analogue, à des époques assez nombreuses et dans des pays assez différents.
Je dis la manche à gigot ou son analogue, car la vraie manche à gigot, celle qui est ainsi dénommée pour la ressemblance de son dessin, de son volume, avec cette pièce de la boucherie, est, en somme, assez précise et ne revient pas constamment, mais assez fréquemment, toutefois.
On la confond assez facilement, à cause d'une commune ampleur à l'épaule, avec la manche ballon; elle est bien de même apparence, vue de loin, mais elle, la vraie manche à gigot, est faite d'un seul morceau d'étoffe : le haut et le poignet ne sont point des pièces différentes rapportées et ajustées.
La vraie manche à gigot, la plus connue, celle qui fut longtemps synonyme d'une époque, ce fut celle de iS3o; elle est, du reste, bien particulière, bien typique; elle était celle des femmes comme celle des garçonnets, bouffante à l'épaule, pour venir se terminer en un poignet long et ajusté, si ajusté qu'il plissait harmonieusement le long de l'avant-bras, la manche :83ù est demeurée, grâce à Grandville,
MADAME DE SÉVIGNl': l'NE FAMILLE EN 1 84O
D'après les litliografltics urigiihiles d'Eiigcne Dereria.
Gavarni, Deveria, dans tous tous les yeux, et quand, il y a quinze ans, elle réapparut dans la mode, on la nomma la manche i83o. Elle revient à nouveau; elle tente, discrètement, timidement, de re\enir. Après une courte apparition de la manche plate, qui est]un peu simplette, ne prête pas au chiffonnage, ce [triomphe des doigts féminins, elle revient, brusque revirement &a goût, après la manche, peu commode, difficile à porter, qui.
ajustée à l'épaule, se gonflait inharmonieusement, inconsidérément au poignet.
C'est la bascule, c'est le dessin facile pour le caricaturiste. Pour se mettre à la mode. Madame n'a qu'à découdre sa manche et la placer haut-en-bas. Durerat-elle? sait-on jamais ! Il y a des modes éphémères, des formes indéracinables. Elle est bien, en somme; elle étoffe la femme mince, elle s'harmonise avec la robustesse d'une femme un peu forte, elle affine iiiâS
la taille, encadre le visage, fait valoir la poi-
CLEO DE Ml-
trine, c'est la contre-partie symétrique d'une jupe ample, c'est élégant et tire l'œil, c'est une jolie manche, surtout quand elle est à la mode.
Les raffinés de la cour de Henri III, femmes et
hommes — ils étaient si efféminés! — ■ la portèrent volumineuse et rigide, caressant les bords larges de la fraise, affinant les tailles de guêpe; les Orientaux l'ont de tous temps connue garnie de bijoux rappelant celle de François I".
Holbein nous l'a peinte dans le portrait de Christine, princesse de DanemarcU ; les coquettes de iS3o consacrèrent son triomphe.
Nous n'osons espérer que ce petit bavardage puisse attirer sur elle l'attention; encore moins, en ébauchant son histoire, la faire entrer dans l'immortalité.
Du reste, — conséquence fatale de l'histoire,— comme jadis on l'a dit à propos des Pvrénées, on dira l'un de ces jours, à l'occasion de l'entente cordiale : " Il n' va plus de Manche...".
Ln.IA ROP.ERTS.
1U)DE EN l8<)7
Échos des Arts
On a inauyuix- à Lorient un monument à Jules Simon. Ce monument est tout simplement la réplique de la statue en marbre de Jules Simon qui a été érigée sur la place de la Madeleine, oeuvre de Dcnys Puech.
L'inauguration de l'Exposition des projets du concours artistique, ouvert par la Dépêche de Toulouse, 4, Faubourg-Montmartre, en vue de la création d'une médaille sportive, a eu lieu le 2b juin, par M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'fitat aux Beaux-Arts.
La soixante-douzième session du Congrès Archéologique de France s'est tenue à Beauvais et Compiègne du 20 au 28 juin sous la présidence de M. Eugène Lefèvre-Pontalis, directeur de la Société française d'Archéologie. Des dissertations ont été produites sur les voies romaines, les villes mérovingiennes du bassin de l'Oise, les origines de l'architecture gothique dans cette région de l'Ile-de-France, l'école des peintres-verriers de Beauvais, les carreaux vernissés de Commelles, la lamille des Chambiges, etc.
Les principales excursions archéologiques ont eu pour objet Gisors, Gournay, Saint-Germer, Senljs, Saint-Leu d'Esserent, Compiègne, Morienval. Ourscamp et Noyon.
Notre excellent confrère et collaborateur f:douard Sarradin, critique d'art au Journal des Débats, -^icnt d'épouser Mlle Annette Osterlind, fille de M. AUan Osterlind, artiste peintre, membre de la Société Nationale des Beaux-Arts. Le mariage a eu lieu à la mairie de Neuilly le 27 juin, au milieu d'une nombreuse assistance d'artistes et d'écrivains.
Nous avons eu, pendant juin, une intéressante Exposition de Broderies artistiques Roumaines au Musée du pavillon de Marsan. Ces objets sortent de l'atelier royal de Bucarest, qui est placé sous le haut patronage de S. M. la Reine de Roumanie, et que dirige, avec un remarquable sens artistique, Mme Anna Roth, qui était venue en personne les présenter au public parisien.
M. Soldi-Colbert et M. A. Gayet ont fuit aux membres de la Société artistique des Amateurs deux très intéressantes conférences à l'Exposition de la Société française des Fouilles archéologiques, au Petit-Palais, expliquant ensuite devant les vitrines les pièces principales de cette remarquable exposi-
tion et les résultats des deux dernières années des fouilles de M. A. Gayet à Antinoé.
La Société a fait l'excursion annoncée à Saint-Germain, où, après la visite du château, eut lieu, sur un théâtre de verdure, la représentation de Bleu fol est qui s'y fie, fantaisie de M. de Polhès, musique de scène de M. de Saunières, qui font revivre François!" et sa cour avec chants et danses du temps.
Distribution des Récompenses et Banquet t!e la Société des Artistes Français'. — Le 4 juillet, à dix heures du matin, a eu lien au Grand-Palais des Champs-Elysées la distribution des récompenses du Salon de ioo3.
Cette cérémonie où le Président de la République et dilférents ministres étaient représentés, et qui avait attiré un public nombreux, a été présidée par le Sous-Secrétaire d'État aux Beaux-.^rts, AL Dujardin-Beaumetz.
A ses côtés se trouvaient M. Tony Robert-Fleury, président de la Société des Artistes Français, accompagné des autres membres du bureau de cette Société. Venaient ensuite des représentants des différentes sections du Comité des 90; plusieurs membres de la haute administration des Beaux-Arts et quelques invités, membres de la presse et autres.
La cérémonie des récompenses a été suivie le lendemain du Banquet annuel de la Société des Artistes Français. Ce banquet, présidé également par le Sous- .Secrétaire d'Ftat aux Beaux-.Arts, a eu lieu le jeudi .^ juillet, au Palais d'Orsav, à huit heures.
Les convives étaient très nombreux. A la table d'honneur, étaient assis, outre les membres du bureau de la Société, d'anciens ministres, diverses personnalités politiques, des représentants de la haute administration des Beaux-Arts, les membres du Conseil judiciaire de la Société, des réprésentants de la presse, etc.
Dans sa dernière séance, l'Académie des hiscriptions a distribué, entre autres prix, une première médaille de i 3oo francs à M.Joseph Déchelette,pûur ses travaux sur les vases céramiques ornés, de la Gaule romaine, et sur les fouilles de Mont-Beuvray, en Morvan (Nièvre).
Parmi les libéralités inscrites au testament du baron Alphonse de Rothschild, 200000 francs sont attribués à l'Académie des Beaux-Arts pour la fondation d'un prix bisannuel.
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La quatrième Commission du Conseil municipal de Paris vient d'approuver le rapport de M. Turot sur les achats de la Ville aux Salons. \'oici la liste de ces acquisitions :
Peinture. — Bertrand, la Baie Je Soiimie: Castier, Vieille Porte de Moret; Franck-Lamy, l'orto-Vecchio ; Sautés, Autour du Berceau: Steck, le Retour de ]'iro- Jlay. Trigoulet, le Jardin: Zo, L'ii Coin du iiurclié de riiicaniation: Andreau, le Berger: Ilochard, les Chantres: Moullé, les Bords du Loing.
Sculpture. — Desbois, Chasseresse: Barthe, J'rière: Evrard, Chasseur surpris: Roger Bloch, la Faim: Georges Lemaire, Immortalité; Bron, Figure d'oif<^nt.^
Objets d"art. — Grès de Carrière.
En outre, la quatrième Commission a décidé, en principe, d'accepter la proposition du ministre des Beaux-Arts de participer à la création d'un monument commémoratif de la grande école française de paysage de i83o, près des palais des Champs-Elysées. Ce monument comporterait un hommage aux maîtres Corot, Th. Rousseau, Millet, Jules Dupré. Daubigny.
Elle a décidé aussi l'achat et l'exécution du projet du monument de Moncel,A la gloire de Musset, ^pouv lequel la participation de l'État est acquise.
AL Guadet, architecte, a été délégué au Conseil supérieur de l'Instruction publique pour l'Ecole des Beaux-Arts, en remplacement de M. Jules Thomas, décédé.
Par décret du Président de la République, en date du 22 juin igo5,le Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, au nom de l'Etat, est autorisé à accepter, pour l'Ecole nationale des Beaux- Arts, la somme de 5oo ooo francs, montant d'une donation consentie au profit de cette Ecole par M. James Stillmann, président de la National Citv Bank, de New-York. Cette somme sera convertie en rente sur l'Etat français, et les arrérages serviront à récompenser un ou des élèves de nationalité française, suivant les conditions déterminées par un arrêté ultérieur.
La manufacture de Beauvais a livré au château de Rambouillet cinq dessus de porte en tapisserie destinés à l'ornementation des salons aux boiseries sculptées. Ces tapisseries ont pour sujets : le Faisan, le Coq, le Paon, le Perroquet blanc et le Cacatoès. Elles ont figuré à l'Exposition de Saint-Louis comme chefs-d'œuvre de la manufacture. Ces panneaux, exécutés de i88(| à ioo3, d'après des cartons du peintre Achille Cesbron, avaient été commandés par l'État à la Manufacture de Beauvais pour la somme de 44 ô5o francs.
Le Musée de Cluny.
Les collections viennent de s'enrichir de dons et d'achats parmi lesquels on peut signaler un chefd'œuvre de la statuaire en bois : Saint Jean-Baptiste dans le désert, art italien du commencement du xv' siècle; une Sainte Catherine, statue en pierre de Lorraine, art français du xiv" siècle, provenant de Vaucouleurs, soit de l'abbaye, soit de la chapelle du sire de Baudricourt; une statue en pierre du xiv' siècle. Saint Jean, provenant de l'abbave du Jard, près Voisinon, donnée par M. Alexis Godillot, ainsi qu'un fragment de croix de la même époque et de la même provenance; l'Enfance de la Tïero'e, datant du commencement du xiv° siècle, donné par M. Denis Guiraud;une nappe d'autel en reticello de Venise (xvu" siècle); une parure en dentelle du Slesvig, spé- 'cimen ancien de la dentelle à l'époque de son invention, et enfin une collection de coilTures allemandes du xviii' siècle.
Le Collège de France va recevoir, en souvenir de feu Eugène Guillaume, qui fut, on le sait, professeur dans cet établissement, la dernière œuvre due au ciseau de l'éminent sculpteur. C'est un groupe de marbre représentant François I" qui écrit sous la dictée de Marguerite de Navarre l'acte de fondation du Collège de France. Ce beau groupe sera placé, soit dans la cour d'honneur, soit dans un des vestibules du Collège.
Exposition Rétrospective du Mobilier. — La
deuxième exposition des Industries du Mobilier va s'ouvrir au Grand-Palais.
La Chambre syndicale des Antiquaires a décidé de participer à cette exposition et elle a organisé, dans la grande salle centrale, une exposition rétrospective d'objets d'art, tableaux, tapisseries et curiosités, qui sera certainement le clou de cette intéressante manifestation artistique et industrielle.
Si l'on prend comme point de comparaison le succès qu'obtinrent en igoo les expositions rétrospectives de chaque classe, on peut prédire à celle-ci un accueil des plus favorables. Le mobilier comprenant tout ce qui peut orner une demeure, on verra donc là des faïences, des porcelaines, des meubles, des tapisseries, des étoffes, des livres, des tableaux, des estampes, de l'orfèvrerie, des objets de vitrine, etc., qui montreront, à côté des productions de nos artistes modernes, ce que savaient créer leurs ancêtres.
Lne Exposition Rétrospective de l'Art Belge s'ouvre à Bruxelles. Elle est spécialement consacrée à l'œuvre des peintres, des dessinateurs et des statuaires qui depuis i83o ont marqué dans l'art de la Belgique : Leys de Brakeleer, Joseph et Alfred Stevens, Charles de Groux, Fourmois, Agneessens, Verwée, Boulen-
ger, Evcnepoel, Constantin Meunier,.!. Dillens, Fclicien Rops, etc. Plusieurs amateurs belges ou français, qui possèdent des œuvres de ces différents maîtres, les ont prêtées à cette exposition.
Notre distingué collaborateur belge, M. Vanzype, rendra compte de cette intéressante exposition dans le prochain numéro de l'Art et les Artistes.
On parle d'un Congrès de Peintres, qui se tiendrait à Paris, cette année, au mois de novembre. Kntre autres questions, ce congrès traiterait des questions de la constitution du jury et de Torganisalion du placement des œuvres.
Le Comité de l'Exposition Je la Gravure originale, rétrospective et moderne, s"est réuni ces jours-ci au Palais de la Présidence de la Chambre des députés et a décidé d'ouvrir sa première exposition l'hiver prochain.
Du 21 au 28 septembre prochain se tiendra à \'enise, sous la présidence d'honneur de iM. 1". Grimani, syndic de cette ville, un Congrès international d'art, auquel pourront prendre part les artistes, écrivains, hommes d'Etat ou autres qui s'intéressent à un titre quelconque, dans tous les pays, aux questions d'art. Des personnalités éminentes ont déjà donné leur adhésion à ce Concrès.
Le bureau du Salon d'Automne et les deux présidents d'honneur delà Société, MM. Eugène Carrière et Renoir, ont été reçus par M. Dujardin-Beaumetz. Ces messieurs venaient remercier le sous-secrétaire d'Etat de la sollicitude qu'il avait montrée à la jeune Société, et de la mesure prise par lui pour assurer au Salon d'Automne la jouissance des locaux du Grand-Palais pour cette année et les années suivantes. Le Salon d'Automne ouvrira donc, comme d'habitude, ses portes au public du i5 octobre au i5 novembre prochain.
Dans une lettre qu'il vient d'adresser au journal le Temps, M. J. Combarieu propose d'adjoindre au Salon annuel des auditions musicales qui seraient pour les musiciens ce que le Salon est pour les peintres, une Exposition publique de leurs œuvres. Les musiciens exécutants, car c'est de ceux-là surtout qu'il s'agit, sont nombreux, mais trop dispersés pour pouvoir se faire connaître facilement. Il s'agirait donc, dès le Salon de 190G, de leur faire une place au Grand-Palais, sans diminuer en rien l'espace dont jouissent les peintres. Dans la salle des fêtes, par exemple, à un jour donné, sans en enlever un seul tableau, on organiserait des concerts payants ou gratuits. Ces concerts, en rendant service aux musiciens, ne pourraient qu'accroître les entrées au Salon. Il y a là une innovation qui mérite d'être accueillie en principe et sérieusement étudiée dans ses détails. Une fois ceux-ci équitablement réglés, c'est-à-dire sans que la Société des Artistes Français en éprouve le moindre préjudice, nous ne voyons pas pourquoi on n'ajouterait pas cet élément nouveau d'intérêt au Salon des peintres.
M. le Sous-Secrélaire d'Etat des Beaux-Arts vient d'adresser au Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts un rapport sur la création d'une Commission chargée d'étudier toutes les questions relatives à l'organisation des Musées de province et à la conservation de leurs richesses artistiques. A la suite de ce rapport, une Commission a été nommée par le ministre. Nous en ferons connaître la composition en même temps que le texte du rapport.
La Comission des monuments historiques a appelé l'attention de M. le Sous-Secrétaire d'Etat des Heaux- Arts sur l'intérêt que présentent les tombeaux romains conservés sur la place de Choulans, à Lyon, et elle a proposé d'en prononcer le classement au nombre des monuments historiques. Ces tombeaux antiques, découverts à Trion, offrent une importance de premier ordre au point de vue historique, surtout celui de Sévir Quintus Calvius Turpio, contemporain d'Au2uste.
La Chambre syndicale des Négociants en objets d'art, tableaux et curiosités, vient de communiquer à la presse la note suivante :
« La Chambre syndicale des Négociants en objets d'art, tableaux et curiosités, émue des scandales soulevés devant la 10° chambre correctionnelle, s'est réunie et a voté à l'unanimité de faire des démarches auprès des pouvoirs compétents pour obtenir qu'on nomme des experts qualifiés de façon à donner toute sécurité au public amateur et acheteur. La Chambre syndicale proposerait la nomination d'experts responsables désignés par elle et choisis parmi les personnes honorables faisant profession de marchands de tableaux et objets d'art, ainsi que cela se pratique dans toutes les autres branches du commerce. »
A propos d'une toile d'Isabev, on écrit de Toulouse :
Le Tribunal civil de Toulouse vient de rendre son jugement dans un procès en responsabilité et dommages-intérêts intenté à la Compagnie du chemin de fer d'Orléans, à M. Bouguereau et aux membres du Comité qui, sous sa présidence, organisa en igoj les fêtes artistiques du (Centenaire d'isabey et de Raffet. Il s'agit d'un tableau d'isabey, le Port de Boulogne, prêté par le Musée de Toulouse au Comité parisien du Centenaire et qui a été avarié en cours de route, puis réparé d'une façon défectueuse. Le Tribunal établit une distinction entre les diverses
avaries constatées dans la toile d'isabey. Puis il déclare la {^Miipagnie d'Orléans responsable des conséquences de la mouillure svirvenue pendant le trimsport à Paris du tableau le Port de Boiiloiiiie. Il désigne les peintres Gervais Marro et Blanquière — ce dernier conservateur du Musée de Perpignan — pour évaluer le dommage éprouvé de ce chef par le chef-d'œuvre d'isabey. M. Bougucreau et le Oomite du Centenaire sont mis hors de cause et la Compagnie d'Orléans condamnée aux dépens envers eux. Mais tous les droits de la ville de Toulouse sont réservés au regard des auteurs des réparations ou réfections défectueuses apportées au tableaLi d'isabey en dehors du transporteur.
« Les délégués des Sociétés des Beaux-Arts des départements viennent de clore leur vingt-neuvième session. Celle-ci, qui aura duré une bonne seiliaine, se tenait comme d'habitude, depuis sa fondation en 1877, à l'École des Beaux-.\rts, Si elle n'a pas eu l'éclat accoutumé et si l'on a pas beaucoup parlé d'elle, c'est que, depuis trois ans, elle ne s'accomplit plus en même temps que le Congrès des Sociétés savantes qu'un caprice ministériel fait vovager chaque année. Cependant, ainsi que ses procès-verbaux en témoignent, il s'y est lu des rapports intéressants pour l'histoire de l'art en province. Et, ainsi que l'a fait remarquer dans la séance d'ouverture M. GuifTrey, qui la présidait, les Sociétés Artistiques de province sont qualifiées pour coopérer au grand travail de l'inventaire général de nos richesses dans les départements. M. Dujardin-Beaumetz, qui se proposait d'entretenir les congressistes de cette question, n"a pu clore la session comme on l'espérait. Il a laissé ce soin à M. Valenlino, chef de bureau de l'enseignement et des manufactures nationales, qui a exprimé les regrets du Sous-Secrétaire d'Etat, .^u nom du Ministre de l'Instruction publique, M. Valentino a remis les palmes académiques à M. Alfred Gabeau, et la rosette d'officier de l'Instrucpublique à M. l'abbé Bossebœuf. Et puis, sans tambours ni trompettes, sans réception, comme jadis, on s'est séparé.
IK
Sous le titre de : « Société des Artistes », vient de se fonder une Société nouvelle ayant pour objet la
défense des droits des artistes. Elle s'est réunie en assemblée constitutive mercredi dernier, .^ juillet, dans la salle de l'hémicycle de l'Ecole des Beaux- Arts.
Cette assemblée avait été provoquée parla .Société des Amis du Luxembourg. l"n grand nombre de peintres, sculpteurs, graveurs, décorateurs, y assistaient, et beaucoup d'autres y avaient envoyé leur adhésion. Le président de la Société des Amis du Luxembourg, M. Edouard Delpeuch, ancien soussecrétaire d'Etat, après avoir exposé le but de la « Société des Artistes », demanda que les artistes, prenant en main leur propre cause, nommassent une grande Commission pour l'étude des divers projets de défense des droits des artistes. Une Commission de trente-six membres fut aussitôt nommée.
Mme la comtesse Greirulhe, toujours attentive à toutes les manifestations d'art, a pris l'initiative d'une conférence sur le théâtre antique d'Orange à l'occasion des représentations qui vont être données dans cette ville pendant le mois d'août. Le conlérencier, M. Germain Bapst, a été vivement applaudi par une foule élégante accourue le 21 au château de Bagatelle, cadre fort bien choisi pour cette solennité artistique.
Une réforme à l'École des Beaux-Arts. — M . le
Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts vient d'introduire dans le budget de 1906 une adjonction qui sera fort bien accueillie dans le monde des arts : il ouvre les portes de l'Ecole des Beaux-Arts à la gravure sur bois, à l'eau-forte et à la lithographie.
Le Ministre de l'instruclion publique et des Beaux- .\rts vient d'accorder une subvention de 10 000 francs à la municipalité de Montpellier, comme part contributive de l'Etat au monument d'Auguste Comte, qui sera prochainement inauguré sur une des places de cette ville. L'exécution du monument est confiée au sculpteur Injalbert.
Publications d'Art
L'h'Jititin LfArt, dirigée par M. Henri Piazza, au goût duquel on doit déjà quelques très beaux livres, publie sous ce titre. Trois Femmes de Flandre, trois contes de M. Camille Mauclair, illustrés de cinquante aquarelles de M. H. Cassiers. Ces vies émouvantes, tragiques ou tendres, de femmes du peuple, parmi des tableaux intimistes de la Flandre et de la Zélande, ont été commentées par le jeune aquarelliste belge avec un art délicieux. On savait de M. Cassiers de
ravissantes estampes, mais cette illustration l'achemine vers une réelle maîtrise. Texte et aquarelles, présentés avec un goût rare, constituent un précieux document d'art psychologique, fait pour passionner les bibliophiles.
Dans la collection, aujourd'hui classique, de la Bibliothèque de l'Enseignement des Beaux-Arts,
-MM. Alcide Picard et Kaan font paraître un nouveau volume : Li Djiise.
M. F. de Ménil a su à la fois grouper judicieusement des documents précis et gracieux, et les accompagner d'un texte érudit et intéressant.
La danse y est étudiée comme le geste noble qui relie la poésie à la musique dans le langage muet qu'est la pantomime.
A signaler dans les publications d'art de la librairie Larousse : le Musée de Rouen, par M. Paul Lafond, orné de trente-cinq gravures qu'accompagne un texte d"une rare précision explicative.
Cours théorique cl pratique d'Instrumentation et d'Orchestration à l'usage des sociétés de musique instrumentale, harmonies et fanfares, par Th. Diukat.
Cet ouvrage constitue levade-mecum indispensable à tout directeur ou à tout aspirant-directeur de Sociétés musicales (harmonies ou fanfares). Il convient aussi parfaitement aux musiciens qui préparent les examens de chef ou de sous-chef de musique de l'armée.
11 est le plus clair, le plus complet et le plus moderne qui ait été écrit sur cette matière, et présente, sur les traités similaires existant déjà, l'avantage d'être plus substantiel, c'est-à-dire de contenir le plus grand nombre de notions précises sous une forme très condensée.
Il est, de plus, coté à un prix modique qui le met à la portée de tous.
La première partie (instrumentation) enseigne les lois de la sonorité, du mécanisme et de l'étendue des divers instruments actuellement en usage.
La monographie de chacun des instruments est suivie d'exercices spéciaux en vue de préparer à la lecture au diapason réel, de la notation écrite, pour les instruments transpositeurs.
(jràce à ces exercices, on se familiarisera d'une manière très rapide avec la lecture de la partition.
La seconde partie (orchestration, fanfares i étudie l'art de grouper les différents agents du matériel sonore séparément ou simultanément suivant leur degré d'expression ou leur caractère.
Le texte est appuyé de 70 exemples empruntés aux œuvres les plus célèbres des meilleurs auteurs (Beethoven, Berlioz, Bizet, Delibes, Gounod, Lalo, H. Maréchal, Massenet, Mendelssohn, Meyerbeer, Mozart, Parés, Pessard, PfeifTer, Rossini, Saint- Saëns, Schumann, SellenicU, Verdi, Wagner, Weber, etc.l. Des extraits particulièrement développés sont consacrés aux auteurs modernes qui accusent de la manière la plus significative l'art musical contemporain. Ces exemples sont incorporés dans le texte même, ce qui évite l'emploi simultané de deux volumes différents, toujours fort incommode.
l.'n livre documentaire et indispensable : le Livre d'or des Peintres exposants, 2° édition, 190.^.
C'est l'annuaire biographique illustré des principaux peintres exposants à Paris. Prix de la souscription : 10 francs. 025, rue de Vaugirard, Paris, XV',
Les Livres du Mois
Librairie P. OUendortT. - Touii, roman, par Pierre Librairie DouviUe. — L'Aventure de Cabassou,n(.n\-
Valdagne. velle de Paul Brulat, illustrations de Widhopf.
Librairie E. l'asquelle. — La Vie Belge, étude so- Le Crime des Riches, par Jean Lorrain; couverture
claie, par Camille Lemonnier. en couleur d'Orazi.
Causerie Sportive
Nous avons gardé en France la Coupe Gordon Bennett. La maison Richard- Brasier, dont les voitures tombent heureusement entre les mains des n Théry » et des « Caillois », s'est chargée de défendre les intérêts français contre la coalition des industries étrangères; cela fait penser à Jemmapes et à Valmy. Les Italiens étaient venus concourir avec des voitures d'une vitesse étonnante ; ils n'ont pu, malheureusement, soutenir leur train jusqu'au bout. Les voitures allemandes, anglaises, autrichiennes et américaines ont été victimes de malencontreuses « pannes » ou étaient insuffisamment préparées. II y avait foule en Auvergne. Toutes les élégances avaient quitté Paris ou les villégiatures poyx-le Circuit, ne craignant pas l'insuffisance du
gîte et l'imprévu de la route. D'ailleurs, le sport, en cette saison, a déserté la capitale. Les réunions de courses importantes sont en province, à Lyon, à Nantes, à Rouen, à Amiens; les propriétaires malheureux à Paris envoient leurs chevaux gagner leur avoine. A Saint-Brieuc a été célébré le centenaire de la Société des Courses, qui est, il me semble, une des plus anciennes de France. Nous allons avoir bientôt, à Maisons-Laffitte, le Prix du Président de la République, qui sera la fin de la Campagne des trois ans. La saison normande va commencer avec les produits de deux ans. Je ne sais si nous retrouverons des Adam et des Val-d'Or.
Le Yachting semble, cette année, particulièrement favorisé par le beau temps. La saison de Kicl touche
à su lin. Commencée par la course-croisière « Douvres Heligoland », Coupe de l'Empereur d'Allemagne gagnée par la goélette allemande « Suzanne », battant la goélette allemande, « Thérèse » et un lot nombreux de yachts anglais et américains, elle s'est terminée par la victoire dans les petites séries des yachts allemands. Cent-vingt-cinq yachts ont participé aux diverses épreuves, ce qui fait paraitre bien modestes les quelques engagements réunis pour notre grande semaine maritime du Havre.
Les régates anglaises commencent à l'heure actuelle, et toute l'animation se porte à l'île de Wight.
L'américain Kramer vient de nous quitter après
avoir remporté de haulL- lutte le (irand Pii\ Ac Paris sur le champion français Poulain. Mais l'intérêt de ces courses à bicyclette semble bien diminue quand on pense aux efforts que font actuellement les industries automobiles en vue de remporter la Coupe de ^'rancc. Le sport français semble s'être uniquement localisé là, alors qu'en Angleterre et en .'Mlemagne il compte, dans ses applications diverses, de définitifs champions. L'évolution semble lente chez nous, mais elle existe réellement. Les établissements d'éducation en font un point d'honneur. Les Sociétés se fondent. Dans quelques années, esperons-le, nous serons à la hauteur des autres nations. Kkr-Goz.
SOUSCRIPTIOIM STE^DHAli
Un Comité s'est constitué pour élever un monument à Stendhal. Rodin sera l'auteur de ce monument. La revue l'Art et les Artistes, qui a déjà publié dans un de ses derniers numéros le portrait de l'illustre écrivain, ne peut que s'intéresser au succès de cette manifestation artistique et n'hésite pas à accueillir favorablement le désir du Comité d'ouvrir ses colonnes à la liste si brillante des souscripteurs, avec l'espoir que cette publication ne pourra que contribuer au succès de l'entreprise.
La revue l'Art et les Artistes accueillera volontiers les nouvelles souscriptions, en indiquant leur provenance.