JIDITH COUPE LA TETE D HOLOPHERNE
Jean \lanscl La «Fleur des Histoires^
(\v' siècle)
Jean Wauquelin offrant à Philippe le Bon le manuscrit des Chroniques </e Hainaut. L'auteur inconnu de cette miniature a été recherché vainement, nous dit M. Eugène Bâcha; mais qu'importe son nom ? Il a dessiné tous les personnages de son tableau d'après nature. Un à un, ceux-ci ont défilé devant lui. au palais du duc ou dans son propre atelier, et l'artiste a pu composer, d'après eux. ses esquisses préparatoires. Pendant la pose, le grand-
lantes de l'art de la miniature, et aussi un document historique d'un inappréciable intérêt dans son inaltérable précision et dans son expression si méditée. Songez donc qu'il s'agit ici de personnages de très haute marque, avec qui, comme nous l'apprend le commentaire, l'artiste put converser seul à seul, tout en les observant, son cravon au doigt.
Et ces personnages devant lesquels s'agenouille
LES TRES BELLES MINIATl RES DE LA BIBLIOTHEOI E ROYALE DE BELGIQUE»
MARIAGI Dl CHARLES V, ROI Dl FRANCE, M Dl J BANNI Dl BOIRBON Sacre »lu r"i - Distribution d'à ; ision dune n.i ampagne.
Jean \tansel ■ La Fleur des Histoires - I XV1 s
Jean Wauquelin, le précieux manuscrit à la main, s'appellent Philippe le Bon, duc de Bourgogne, debout dans une attitude imposante, sous le dai, prêt à tendre la main pour recevoir le précieux chefd'œuvre composé sur son ordre, et son fils, le futur Charles le Téméraire, qui parait s'intéresser vivement à la cérémonie de la présentation du
moins dans les douze illustrations du calendrier et les quatre miniatures des évangélistes. C'est le joyau de la collection. L'histoire de ce livre est piquante. La voici, d'après le récit qu'en fait M. Eugène Bâcha :
Ce livre d'heures, de provenance inconnue, a été exécuté au début du .xvie siècle, apparemment dans
Victorieux à la bataille de Bouvines (1214) le roi de France Philippe-Auguste entre à Pans, précédé de son prisonnier Ferrand,
comte de Flandre. — Le clergé vient à sa rencontre. — (Miniature de Loyset Liedet)
« Les Chroniques de Hainaut », de Jacques de <Suyse, traduites en français par Jean Wauquelin.
livre, dont la solennité est encore accrue par la présence d'un groupe de seigneurs portant tous les insignes de la Toison d'or, ordre à peine fondé par le grand-duc d'Occident lui-même.
Vient ensuite le délicieux manuscrit appelé les Heures de Notre-Dame, dites de Hennessy, rempli d'enluminures d'un charme si précieux qu'il est permis de croire qu'il n'existe pas ailleurs un travail de miniaturiste supérieur en beauté, du
un atelier des Flandres. Longtemps il fut la propriété de la famille irlandaise des Hennessy, établie aux Pays-Bas depuis le xvne siècle. Ceux-ci en avaient-ils hérité des Hennessy de la branche aînée, qui habitaient en Irlande, dans le château de Duncan, ou bien l'avaient-ils acheté à Gand ou à Bruges, dans la boutique d'un antiquaire ? L'ancien échevin de Bruxelles. Pierre d'Hennessy, mort en 1 855, prétendait que le manuscrit avait