ANDRE JACQUES
COFFRE! DE MARIAGE PROVENAN1 I >' VI i:l 1 /-l E-\ 1 1 i \ l63û
comme le bec d'un oiseau de proie et s'imbrique d'ocellures, afin d'imiter le plumage.
I e paysan, qui a taillé au couteau pendant la mauvaise saison ces objets familiers, interroge la vie quotidienne; ce sont les choses observées dans les champs, qui lui fournissent des sujets ; avec un outil minutieux. un métierlent.
mais parfois des rencontres et des trouvailles d'autant plus émouvantes que spontanées, il tache d'exprimer ce qu'il ressent au spectacle de son village, et c'est sa manière à lui de dire qu'il trouve son village plusbeauque lesautres.
Le long hiver lui a suggéré d'occuper ses mains, l'abondance du bois lui a indiqué la matière ; la nécessité de se suffire lui a désigné les objets qu'il devait façonner et orner; le j^oût des légendes et du mystère, un certain sens de la religion ou des pratiques superstitieuses, ont développé en lui l'imagination qui aide à trouver dans la vie les signes concrets de tous les symboles.
Ainsi a germé dans le vallon un art rustique dont la technique s'est transmise par la tradition ; l'habitude que tous avaient de travailler à la veillée, chacun selon sa force et ses moyens, a diversifié ingénieusement les objets les
plus humbles et caractère original .Maintenant le v la politique, à lire avec eux par les
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les a tous empreints d'un
et particulier.
illage, qui commence à faire de ■ .1 nauv. se laisse envahir
produits industriels, et li local, celui qui conforme chaque chose au style des mœurs, du paysage et de la race, accepte d'autres éléments, se mêle et s'efface comme s'il avait honte de lui-même. Il faut l'empêcher à tout prix de mourir, pendant qu'il est encore vivant, car il fait partie de la vie journalière. Les objets qu'il crée ne correspondent pas seulement à un hasard, à une fantaisie, mais dérivent du climat.des matériaux qu'on trouve sur place, des conditions physiques de l'existence, et comme .es o mditions n'ont pas sensiblement changé depu siècles, il n'y a pas de
ju'ils se modifient dans l'esprit qui semble les animer.
En les décrivant, en les louant.
en désirant qu'on revienne à eux. je ne fais pas qu'exprimer un regretde dilettante, un scrupule d'artiste, mais conseiller aux habitants une idée v ivante.
leur souhaiter un bon outil, qu'ils auront bien en main, leur demander la résun d'une chose pratique, prêt
Le Mouvement Artistique à l'Etranger
ALLEMAGNE
t i monument de la Bataille dus Peuples qui, désormais, ■*■"' obscurcit de sa masse de granit rouge l'horizon de la banlieue de Leipzig, est l'un des échantillons les plus typiques de cette architecture moderne allemande, dont tout le côté inassimilable au génie latin a été fort bien caractérisé en ces termes par l'architecte suisse Charles- Edouard Jeanneret : « Rien, depuis des ans que j'étudie ce peuple dans ses œuvres, ne m'a semblé autre que les cristaux durs et brutaux des phénomènes géologiques; rien n'a pris encore dans l'assemblage et la structure des pierres, la forme en racines, tige, feuilles et tête d'un épi de blé ou d'une Heur de lin bleue. C'est le triomphe de l'organisme obscur avec la cristallisation géométrique infrangible. Quelle dureté, quelle brutalité, quelle unité, quelle inexorabilité ! »
'"cries il y a de cela. Sans relever du reste la contradiction de ['organisme obscur avec la géométrie infrangible et avec la volonté de force, d'unité et d'mexorabililé, hàtons-nous d'observer qu'il n'y a pourtant pas que cela a envisager dans la conception de l'architecte Bruno Schmitz et du statuaire Franz Metzner. C'est l'effort de tout un peuple, c'est le soi même de l'Allemagne, Ses assises géologiques, je le veux bien, qui se soulèvent en cette masse de cvanite et de donte, comme pour exprimer la résistance de la nature allemande elle-même à l'envahisseur. -Mais quelles sont les quatre colossales figures assises, supportées par les huit guerriers terribles qui donnent au monument son vrai sens? La foi en les ancêtres, la puissance nourricière de la race, la confiance qui se repose en la race, l'intrépidité du peuple allemand. Ce sont là, en effet, symboles qui n'ont rien à voir avec la Heur de lin... .Mais était-ce bien le moment de penser à une Heur des champs ?
Voici désormais qu'au cœur même de Saint-Pétersbourg, cette architecture allemande moderne pose celte même empreinte « inexorable » en le palais de l'Ambassade, dernière création de l'architecte Peter Behrens, l'un des rénovateurs les plus admirés et les plus discutés. Cependant je me chargerais volontiers de démontrer l'existence d'une architecture plus humaine en d'autres œuvres particulièrement bien venues d'architectes plus intimes. ,\\. Théodore Fischer, auquel on doit à Munich des écoles qui sont un bienfait et un enchantement pour les cillants comme poulies parents; a Stuttgart une maison d'art ou les artistes wurtembergeois se sentent mieux qu'on n'a jamais été
dans un palais de corporation, vient de remporter un des plus beaux succès du sa carrière à Cassel avec se m .Musée National hessois. Les journaux allemands qui en ont retracé l'histoire, depuis le Landgrave Frédéric II. son fondateur en [77g jusqu'aujourd'hui, ne se sont pas tait faute de rappeler le mot de .Madame Laetitia « [ci il faut VOler-» si bien suivi au pied de la lettre. C'est que sous Jérôme, déjà, le musée de Cassel était l'un des plus beaux d'Allemagne. Ses trésors sont aujourd'hui mis en valeur d'une façon telle qu'aucune ville de l'Empire, certes, ne saurait montrer mieux.
Les liens qui rattachent l'art de la Suisse allemande .1 celui d'Outre-Rhin ont toujours été fort étroits et nous en avons eu la preuve l'autre jour en voyant M. Baud-Bovj abandonner sans le moindre regret a l'Allemagne un artiste par certains cotés aussi profondément suisse que Bœcklin. A ce compte-la, le soleurois Frank Buchser, dont tant d'ieuvres sont restées à l'étranger — j'en ai trouvé jusque chez des collectionneurs polonais — pourrait presque passer pour un artiste français. On le remet en honneur beaucoup ces temps-ci. C'est un peu partout que de belles publications lui sont consacrées. M. Jules Coulin se distingue entre tous par son zèle à servir la mémoire de ce grand voyageur devant l'Eternel. Les beaux clichés des éditeurs bàlois Lichtenhal et llelbing leront le reste. M. Coulin. du reste, avait été précédé dans sa noble tâche par le Docteur Johannes Widmer de Zurich. Buchser est certainement le premier artiste qui ait pénétré à Fez (i858), et jusque dans la mosquée de Mouley l)riss, ce qui n'était pas sans danger alors. Il a rapporté du Maroc, de Corfou , du .Monténégro et d'Albanie, comme aussi d'Irlande et du Sud des Etats-Unis, un certain nombre d'ieuvres d'un caractère fortement exotique, d'une lumière bleuie par l'éblouissement et d'un métier de peintre bien à lui. L'autre jour à Munich, les Galeries lleinemann en exposaient un morceau napolitain superbe. Il est impossible que d'ici peu, le regain d'actualité dont bénéficie, sous les auspices de tels écrivains et amateurs d'art, l'œuvre de ce grand artiste ne se change pas en cette gloire durable à laquelle il a si bien droit et qui ne l'a fui de son vivant que par un de ces caprices dont elle est coutumière, semble-t-il, la Gloire, à l'égard de ceux qui ont trop compte sur elle.
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AUTRICHE = HONGRIE
¥JN1 Exposil très importante pour l'histoire de
^^ l'art tchèque a été ouverte le 20 septembre au Radolfinum de Prague, ('.'est celle des 3oo œuvres qu'il a été possible de rassembler du vieux Y. -Y. Hemer et de Jan kupccky, ce slave né par hasard en Hongrie, que deux nationalités se disputent. Les tableaux sont arrives des galeries de .Milan, des collections du comte Vaclav kounitz, du chevalier Mettal, en Bohème: du musée de Budapest. — un superbe portrait de famille — de chez le comte G. \11dr.1ssv. des musées de Troppau et de Graz, du OU eut de Strahov. Cet ensemble est Complété par loin ce qu'on a pu retrouver de dessins, de gravures sinon de
photographies des œuvres dispersées à travers l'Europe. lai ce qui concerne Peiner, on a obtenu quarante tableaux d'autel, des paysages et portraits, et de nouveau des dessins et gravures. Les peintures murales sont représentées par de magnifiques photographies. Décidément l'étude de l'art tchèque va devenir de mieux en mieux possible. Il n'était du reste que temps.
I 1 voici qui ■< I air d'un conte de lee. Dans le château de Zbiroch, au sud de la Bohême, un Mécène hospitalise M. Alphonse Mucha, attelé à son grand cycle de l'Epopée slave que lui commande un autre Mécène, un Américain, M. Charles Crâne, qui s'est entiche de l'artiste et
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enthousiasmé Je l'histoire slave. M. Crani
à Prague un pavillon spécial pour y loger cette
e à en juger par le morceau divulgué jusqu'ici : une fête du vieux dieu slave S\ intovit à Rujana (l'île Je Rugen). < >n pense j la fois à du Gustave Doi et à du Rochegrosse. L'oeuvre de M. Mucha n'a du reste pas une trop boum pn lans les milieux vraimenl i La nation certes est très flattée de cette mun ricaine : on regrette toutefo l trompée de
chemin en un pays où vivent des artisti W, Max
Svabinsky et se décorateur né qu'est M. lan Preissler. Cependant les sarcasmes ï 01 lient
de cutte t. n un pi u trop l
A Zakopane, la petite ville au pied des Tatry, qui lieu de villégiature élégante de la Pologne, une exposition d'artistes polonais auxquels s'étaient adjoints un ou deux Moraves a nus en vedette une fois de plus M. Vlastimil Hofman dont l'art prouve à merveille qu'il y a moyen, en pleine vie moderne, de retrouver l'idéal quatrccentiste sans aucun détriment de l'acquit du siècle dernier, le Saint- Jean-Baptiste, en son inexprimable mélange de slavisme et d'italianisme, est l'une des œuvres les plus significatives produites depuis longtemps en Autriche et console de bien des aberrations. Quand je vois ces villes slaves, prises des mêmes goûts el hallucinations cubistes ou autres que Paris, régularité mathématique, juste un an après
Pans, je suis chaque fois tente de poser a ces gens qui toujours se lurent bien sincères et indépendants, la petite question : Commei donc qu'aucun de vos
avatars, si organiques, prétendez-vous, ne précède jamais celui correspondant en Allemagne ou en I ' Quand
vous verrons-nous i
donl trontiercsr
Pai mi les i mu lu
el du sculpteur et médailleui li Pelrjimov, qui a d
. tembre ; à Pisi k celle de cent quatorze œuvres de M. Ludwig Kuba et de feu Vaclax Jansa, évertué à rendre à l'aquarelle les aspects les plus typiques du vieux Prague et de qui héme.
lue bonne nouvelle, au moment de finir, nous de Vienne. I i ma, son |, Lœwj est parvenue à p
i .ce une pei II qui surpasse tout ci l jusqu'ici dan
en Autriche, quinze les principaux chefs-d'œuvre de la Galerie Liechtenstein. Au prix incroyablement modique de
momies par estampe, il est possible maint d'étudier à d UX tels que le portrait du
jeune hommi ! OU le laineux
R ; .e les
tableaux sur bois de petites dimensii , ident
beaucoup mieux du procède qui toiles repré-
sentant des personnages en pied, de Van Dyck ipar exemple, l'incomparable prince si de faxis) el le Franz Hais. ] 'a u\ ie sera i ontin I I immé-
diatement ce port i i elle!
qui évoque au le paysage .1' ' ries privées de Vienne ne
sont pas toujours d'ui ai i - facile. Aussi convient-il de ter hautement M I. Lœvt tanl di si n initiative que ultats obtenus.
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