‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 182 sur 186 · FAÇADE DE L HOTEL · texte numérisé non relu

FAÇADE DE L HOTEL

Au premier, se trouvent : la grande salle pour les assemblées, salons de lecture et une pièce réservée au Comité. Dans sa solide simplicité, cette grande salle est digne d'être admirée tant pour la forme que pour son ameublement sévère, mais commode, qui plaît aux yeux.

Chaque détail révèle un artiste : Westman est notre premier architecte d'ameublement, et l'étoffe si originale.

forte et belle, qui recouvre les meubles, a été composée iid hoc par « les Amis des travaux à la main » ; c'est un de ces joyaux de l'art textile dont on aime à se souvenir. La salle du comité est lambrissée de pin sombre, ornée des portraits des médecins suédois marquants, aux cadres de même bois, ce qui fait éviter l'horrible banalité des cadres dorés.

La grande salle, où la docte Compagnie s'assemble pour entendre des conférences ou pour ses séances, produit un effet imposant. Blanche, avec de discrètes dorures, nmnie de fort jolies lampes électriques, cette salle est extrêmement distinguée. Des tapis d'Orient, appendus aux murs, forment l'arrière-plan pour l'orateur.

Le 2" et le 3": étages renferment des salles à manger et de réunion.

L^n petit détail pour terminer. I,es bouches de chaleur et de ventilation, qui sont souvent si laides, sont empreintes d'un cachet artistique et varié dans toute la maison, elles rappellent les gardes à jour des Japonais, mais sans perdre jamais leur caractère national et indépendant. De même que pendant la Révolution, une femme célèbre a pu s'écrier : « O liberté ! que de crimes neconmiet-on pas en ton nom ! » on peut dire aujourd'hui : « Art nouveau, que de fautes de goût ne commet-on pas en ton nom ! » La caricature de la liberté et les tortillements du nouvel art décoratif ont effrayé bien des esprits. Mais la vraie liberté, le véritable art nouveau sont en tout cas la bonne terre, où la nouvelle semence vigoureuse poussera sans rejeter ce (ju'il y a de légitime chez ses devanciers.

L'Hôtel de la Société médicale de Suède, érigé par Cari Westman, est un grand pas dans la bonne direction. C'est un foyer digne du corps médical suédois, si avant et si consciencieux, qui, pendant près de deux siècles, a su conquérir et conserver l'estime de ses confrères du continent et de l'étranger.

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