‹ L'Art et les artistes (volume 5)Chapitre 185 sur 186 · X.XIV · texte numérisé non relu

X.XIV

PROCESSION DES PAXATHÉ.NÉES (FRISE DU PARTHF.N'OX) (/.(( Siulf>liiic au Musée du J.oiivn\ jiai G. Geftioy.)

Tableaux inùdits ou peu connus, tirés de collections françaises. — Lévy et ses fils.éiUteuis, 44. rue Letellier.

Incontestablement le titre de cet ouvrage est un peu long, mais il dit fort bien ce qu'il veut dire, à savoir que le lecteur, en tournant les larges feuilletsde ce superbe album, peut se donner l'illusion d'une promenade à travers nos plus riches collections particulières. L'ouvrage est précédé d'une préface explicative de M.Salomon Reinach.et suivie d'une série de cinquante-six connnentaires descriptifs dont chacun s'adapte à l'une des cinquante-six planches en ]ihotot\'pie contenues dans l'ouvrage.

Les Silaitres italiens d'autrefois (École du Nord), par ïliéodore de \\'vzew.i. — Librairie académique Pkreis et Cie, ^5, quai des Grands-Augustins.

Aux fervents de belles études d'art, à ceux qui ne se contentent pas uniquement de la somptuosité de l'illustration et de la richesse des procédés, nous recommandons le livre tout récemment paru de Th. de ^^'yze\va. sur les maîtres italiens d'autrefois (y compris un Vénitien de "Nuremberg : Albert Durer). Ils y liront de très éloquentes pages, aussi savamment documentées que pieusement émues sur toiis ces divins maîtres qui s'appellent : Giotto, Fra Angelico, Fra Bartolomeo, Sandro Botticelli, Vcrrochio Maiitegna, Carpaccio, Gandemio Ferrari, Titien,Tù'polo, etc.

Le dernier chapitre, La mort de Venise, est d'un poignant intérêt. Cet ouvrage est orné d'un certain nombre de photogravures.

Comment devenir Connaisseur, par L. Rockk Miles et Ed. Rouveyees. — IMeubles et objets d'art, bijoux, émaux7 faïences, cristaux de roche, étains, restauration des objets d'art, etc., in-40, illustré de 1.337 reproductions, cartonnage artistique, prix : 2 S fr. — Librairie G. Bakaxgek tils, 5, rue des Saints-Pères. Paris.

La Peinture française au début du XVlll'^ Siècle, par l'ierre ^Iaelei.. — Ce volume, particulièrement intéressant pour les collectionneurs, et amateurs de tableaux, est illustré de 80 reproductions dans le texte et de 14 planches hors texte, petit in-40, broché, prix: 25 fr.

Librairie G. Bakaxgek, fils, 5, rue des Saints-Pères, Paris.

Le Musée d'Art (xix'- siècle). Librairie Larousse. 17. rue -Montparna.sse.

On sait quel rôle capital jouait l'illustration dans le premier volume du MUSÉF D'ART et avec quel relief on était parvenu, grâce aux procédés modernes de gravure photographique, à rendre le caractère et la beauté des œuvres d'art reproduites. On retrouvera dans le 2e volume, en vente aujourd'hui, la même intensité d'effet et la même valeur éducative, qui font du livre un véritable musée commenté, un enseignement concret et frappant. On ne s'est pas contenté de montrer au lecteur les chefs-d'œuvre consacrés ; on a recherché dans les musées de province, dans les collections particulières, les pièces caractéristiques qui pouvaient apporter une note originale, un témoignage intéressant. Le Musée d'Art réunit ainsi une sélection de documents artistitjues dont on ne rencontrerait nulle part l'équivalent.

Indépendamment des gravures répandues à profusion dans le texte, l'ouvrage contiendra de magnifiques planches hors texte, d'une exécution extrêmement soignée, dans lesquelles on trouvera, soit la reproduction des œuvres les plus importantes, soit des groupements qui permettront d'instructives comparaisons.

Luxueusement édité dans la Collection in-4n Larousse, le Musée d'Art (xixi? siècle) couronne l'œuvre entreprise avec le précédent volume. Ces deux livres embrassent, sous une forme exceptionnellement suggestive, le cycle complet de l'histoire de l'art et constituent, par la leçon parlante du beau reprodint dans toute sa vérité et analysé sous les yeux du lecteur, la meilleure école de goût. Ajoutons que si cette seconde partie s'impose, comme un complément naturel, aux personnes' qui ont déjà la première, elle n'en forme pas moins un ouvrage entièrement indépendant, qui se suffit à lui-même et qui sera d'un intérêt tout particulier pour la compréhension de l'art d'aujourd'hui : tous ceux-là tiendront à le posséder qui désirent visiter avec fruit les Salons et les Expositions artistiques, parler des choses d'art en connaissance de cause et s'en faire une opinion personnelle.

Les Grandes Institutions de Franee : Les Gobelins et Beauua/s, par Jules GviEFREV, de l'Institut, administrateur de la manufacture des Gobelins. i volume in-S"-

illustré de 94 gravures. Broché 3 fr. 50. Relié toile 4 tr. 50. H. LArKEUS, éditeur, 6. rue de Tournon.

Ainsi que l'indique le titre de ce volume, l'histoire et la description abrégées de nos deux Manufactures Xatioiales de tapisseries inaugure une collection de monographies consacrées aux Grandes Institut imis ou. si on le prélère.aux grands établissements littéraires et artistiques de Paris et de la France. Des volumes sur la Monnaie, la Manufacture de Sèvres, la Bibliothèque Nationale, l'Institut, etc. actuellement en préparation, paraîtront bientôt. Le public possédera ainsi, sous un format élégant, avec une illustration originale et abondante, les renseignements les plus précis sur l'histoire, l'organisation et la situation actuelle d'institutions fort anciennes qui sont la gloire de notre pays.

Le hvre LES GOBELIXS ET BEA CVAIS consacré à nos deux Manufactures Xationales de Tapisseries par la plume particulièrement compétente de l'Administrateur des Gobelins, présente en 94 reproductions photographiques des spécimens des tentures les plus lameuses, anciennes et modernes, tant à Paris qu'à Beauvais, en même temps que l'aspect des ateliers, des magasins, des écoles, enlin de tous les services pouvant intéresser le public. C'est une visite des plus complètes et des plus instructives que tout amateur peut faire dans son fauteuil sans quitter le coin de son feu.

Les i'illcs d'Art célèbres. — Vient de paraître : Padoue et 'Vérone, par Roger Peyre. professeur agrégé de l'Université, I volume petit in-4'' avec 127 gravures. Broché 4 francs. Relié 5 francs. H. L.vrîRESs, éditeur. 6. rue de

Tournon.

La collection des Villes d'Art célèbres présente une utdité particulière, lorsqu'elle met en lumière des centres d'art, dont la célébrité n'est pas devenue banale, et qui pour cette raison ou tout autre n'aient pas déjà fait l'objet de nombreuses études.

On ne pouvait donc trouver deux noms qui conviennent mieux à cette collection que PADOUE et VÉRONE, vieilles cités intéressantes par l'histoire aussi bien que par l'art, liais pour les présenter aux lecteurs il fallait un écrivain qui fut également historien de valeur et critique d'art autorisé, chez qui une érudition approfondie ne fit pas tort au pittoresque, et sût en un mot placer l'œuvre d'art dans le cadre qui l'anime et qui l'explique. Par sa connaissance de l'Italie, par la diversité de ses études antérieures. M. Roger Peyre était tout désigné pour bien s'acquitter de cette délicate mission. Tout en ayant ses préférences il a su faire à chaque époque sa part, ne pan couvrir d'un mépris dédaigneux l'art postérieur à Michel-Ange et parler comme il convientde l'art moderne et même contemporain.

Il faut bien dire que peu de sujets se prêtaient mieux à la manifestation des qualités de l'auteur, que la description de PADOUE et VERONE avec les scènes dramatiques de leur histoire et l'originalité de leur art.

Un aperçu de la table des chapitres donnera une idée de la façon heureuse dont M. Roger Peyre a réparti son travail : (

PADOUE. — Ancienne gloire de Padoue. — Souvenirs et débris antiques. — Le moyen âge : Eccelino, etc. Les Eglises et la Basilique Saint-Antoine. — Les monuments

civils. Les habitations privées. — L'Ecole de peinture de

Padoue : Giotto et ses successeurs, Mantegna, Titien et Véronèse. — La Madona dell'Arena. — Les Eremitani. — La sculpture à Padoue : Donatello Sansovino, etc.

VÉRONE. — Aspect général, Noms illustres, Roméo et

Juliette. L'Antiquité. — Le théâtre, les arènes, etc. — Le

Moyen âge. — Théodoric et Pépin. — Domination des délia Scala, la piazza délia Signoria, le Castello Vccchio et le

pont des Scnligers. Le campo Santo. — Les « intarsiatori » véronais. — La peinture véronaise. — Pisanello, médaillcur et peintre, etc.

William Hogarth, par Julico Méiek-Gi-.jîfe. — Munclien und Leipzig, R. Piper et Cie. Verlag.

L'intérêt du sujet et la qualité de l'auteur sont les plus sûrs garants du succès de ce livre, dont l'intérêt est encore augmenté par une importante illustration : cet ouvrage contient, en effet, une cinquantaine de planches choisies, avec le plus grand soin, dans l'œuvre satirique et iconographique du grand peintre, j'allais dire du plus grand peintre de l'école anglaise.

S\fonographies de Peintres suédois. — Le-; collections Aktieliolaget I.jus à Stockholm.

Les monographies artistiques se généralisent un peu partout. Les historiens d'art ne peuvent que s'en réjouir: ce sont des sources précieuses ouvertes à leurs recherches documentaires. En cette matière, la Suède n'est pas en retard, et nous ne saurions trop signaler aux lecteurs de l'.Art et les Artistes \es intéressants travaux publiés par la librairie Aktiebolaget Ljusde Stockholm, sous lessignatures de JIM. Oscar Levertin, Auguste Harr, John Hertz, Georg Pauli, Wentzel Hagelstram, Georg Nordensvan, Tor Hedberg, Y. Ahrenberg... Les sujets traités sont l'œuvre et la vie des Ehrenstrahl, Roslin, Engstrom, E. Josephson. Axel Gallen, Cari I.arsson, Anders Zorn. Albert Edelfelt. Karl Nordstrom, Richard Beigh, Bruno Liljéfors... L'étude de ces jolies publications, égayées de belles illustrations, ne fait que rendre plus vif, chez nous, le désir de voir prochainement s'ouvrir à Paris une exposition collective des maîtres si intéressants de la peinture suédoise contemporaine...

Inventaire général des dessins du SMusée du Louvre et du 3tusée de \'ersailles.

Un travail, d'un intérêt d'art considérable, vient d'être entrepris par MM. Jean Guiffrey et Pierre Marcel : c'est l'inventaire général des dessins du musée du Louvre et du musée de Versailles. Le premier volume de cet important ouvrage vient de paraître et il ne contient pas moins de 794 numéros, chacun accompagné d'une notice explicative. 427 illustrations, d'une très grande finesse, sont répandues dans le volume. Le nom de Victor Adam, inscrit en tête de l'ouvrage, dit assez que les auteurs n'ont pas voulu augmenter la somme de leur embarras, déjà très grand, en substituant dans leur travail de classification toute autre méthode à la méthode alphabétique. Et c'est grâce à cette heureuse détermination que le nom de Victor Adam brille en tête de ce livre d'or.

On jugera tle l'importance de cette œuvre lorsqu'on saura que le premier volume, malgré ses 794 numéros, s'arrête au nom de Bouchardon, dont la suite des dessins, nous dit-on, .sera décrite en tête du deuxième volume... Alors. c'est une suite d'une vingtaine de volumes d'une utilité historique appréciable que nous promettent le labeur opiniâtre et la clairvoyante activité de JIM. Jean Guiffrey et Pierre Marcel. Puissent-ils mener jusqu'au bout leur noble tâche et démentir ainsi l'opinion trop pessimiste de l'honorable M. Reisertrop vite découragé au début le ses premiersessais de classement.

DIVERS

La Terre ensorcelée (roman), par Jean Vui.vAvo. E. Fasoi-ki.i.e. éditeur. 1 1 . rue de Grenelle.

Les JVlystérieuses, par Henry Kistem.ieckers. — E. F.VSQUELLE, éditeur, rue de Grenelle, 11.

La puissance du mensonge, par Johan Bojei:, roman traduit du norvégien par Guy-Cliarles Cros. — Calman-Léw, éditeur. 3. rue Auber.

Le long des heures (poésies), par Pierre Alix. — r.iïoT et Cie, éditeurs, Lausanne.

]'ie)il de parailn'. cMlmanach ^ationaU Annuaire

officiel de la République Française ])onr 191,6-1907. (2oS<î et 20g' années.)

La ZOQ'^ année de cet Almancich officiel de In France va être mi.se en vente.

Se compo.sant aujourd'hui de cent une feuilles in-8'' (1616 pages), il en avait à peine trois (4S pages) à son origine, qui remonte à 16S6. Pré.senté àLouis XIV, en 1699, par Laurent d'Houry, il reçut le titre û'Almanach royal, qu'il échangea, en 1793. contre celui A'Alinanach national. IJ Almanach impérial lui succéda en 1S05. A la chute de l'Empire, la publication, après une interruption d'une année, fut continuée avec son aircien titre d'^ imanach royal, qu'elle conserva jusqu'à l'année 1847. Elle ne fut reprise qu'en 1850, avec le triple millésime de 1848-1849- 1850 et le titre d' A Imanach national, sous lequel elle parut également en 1851 et 1852. En 1853, le volume reparut sous le titre d'Almanach impérial, qu'il conserva jusqu'en 1870 ; puis, après une interruption en 1871. la publication reiM'end, en 1872, avec le doulile millésime de 1871-1872.

le titre û'Almanach national, sous lequel elle reparaît régulièrement depuis.

Le premier exemplaire est présenté chaque année au Chef de l'État par les éditeurs.

Bekgek-Levk.wlt et Cie. éditeurs, Paris, 5, rue des Beaux-.\rts. — 18, rue des Glacis, Nancy.

Annuaire de la Jeunesse pour 1907. — Vuibert etXoxY. éditeurs. Paris.

Plus haut froman), par Jacques Labour. — P.-V.

Stock, éditeur. 155. rue Saint-Honoré.

Le Gouffre de la Liberté (roman), par M. Reepma- KER. — P.-V. Stock, éditeur.

La Vie finissante (roman) par L'Espinasse-Moxr.EXET. — Librairie classique Perrix et Cie, 55, quai des Grands-.\ugustins.

Sytémoires sur les fouilles d'oAbbon-Gosch

(Palestine), par JM. l'abbé .Moreai". — Puri.Aix-RocHEi;. libraire-éditeur. Sens.

Études sur les transformations de Paris,

par JI. Eugène Hêxard. — Librairies-Imprimeries réunies, 7, rue Saint-Benoît.

Sonnets, par L. R. .\miel. — Alphonse Lemekre. éditeur. 2î. passage Choiseul.

REVUE DES REVUES

REVUES ALLEMANDES

Kiinst und Kunstler (Berlin, V, 4). — Étude très documentée de M. Konrad Mûller-Kaboth sur le peintre Ferdinand von Rayski dont les portraits excellents ont été découverts à l'occasion de l'Exposition centennale de Berlin (ill.). — Souvenirs des Impressionnistes, par Georges Jloore (ill.). — M. Karl Scheffler apprécie dans un article très spirituel l'art de la danseuse miss Ruth. qui fit sensation à Berlin et qui a inspiré à il. Ludwig von Hoffmann une série de dessins délicieu.x (repred. des dessins de M. Hoffmann). — il. H. von Trenkwald sur le musée de Darmstadt, (euvre de l'architecte ilessel (ill.).

Zeitschrift fiir hildende Kunst (Leipzig, 18. 4). — M. .Alfred Hagelstange sur l'édifice nouvellement construit du Kaiser Friedrich-Museum de Magdebourg (ill.). — il. Konrad Lange donne une explication nouvelle et très probable de la gravure de Durer Le Cuisinier et sa Femme. — il. O. Wulff sur des peintures inconnues de l'École Florentine du xv"^ siècle (ill.). — M. J. Engel sur le mouvement d'art décoratif à Magdebourg (ill.).

Kunst und Décoration (Darmstadt. X, 4.) — il. Paul Borchardt sur l'œuvre du peintre Paul Biirck (Rome). — .\rticle de il. W'ilhelm ilichel sur l'Exposition d'Art décoratif dent Vereinigte Werkstdtten » de ilunich. reproductions d'intérieurs très intéressants de Bruno Paul.

Innen-Decoration. (Darmstadt, 1907, 1.) — Reproductions de travaux d'art décoratif très intéressants exécutés par il. A. Bembé de ilayence (nombr. ill.).

Kunst und Handwerk (Munich, 57, 3). —Reproductions d'œuvres d'artistes Dresdois, exposées à l'Exposition d'Art décoratif de Dresde.

Hohewarte (III. 4). — il. Joseph A. Lux donne des impressions très intéressantes d'un voyage en Hollande.

Kunsiwart (ilunich, XX. 7. 8). — il. Wilhelm Bode sur la question des monuments commémoratifs qui inondent les places publiques en .Allemagne.

U'erkkunst (Berlin, 2. 7,8). — il. Ernst Schur sur l'École d'Art décoratif de il. ilohrbutter à Berlin.

i'akt français ex .Allemagne.

Exposition d'une Andrcmcda de \\atteau et d'autres tableaux français anciens chez Cassirer à Berlin. — Exposition d'œuvres d'Eugène Carrière à la Sécession de Vienne. — Exposition d'une copie du monument aux morts de Bartholomé au salon Keller und Reiner de Berlin. — Exposition d'une série d'œuvres de Daumier, Delacroix, de l'Ecole de Barbizon et d'Impressionnistes chez Casper.à Berlin. — On vient d'offrir au musée Staedel de Francfort une petite toile de Corot et un paysage d'iiiver très important de Courbet.

R. il.

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REVUES ITALIENNES

.-J )-5f/Z.nfcoi( 15 janvier, Milan).— Vn article delNI""' Bruno Sperani essaye de dcniontrer que les critiques ont eu tort de ne pas vouloir reconnaître aux envois des femniespeintres italiennes, l'importance que ces œuvres ont eue à l'Exposition de Milan. L'auteur accepte en principe que les femmes- peintres ne sauraient pas être élevées à la hauteur de leurs collègues hommes. Elle nomme quelques-uns de ces peintres, consacrés par le consentenient du public, qui vraiment sont sans conteste bien inférieurs à Mlle Emma Ciardi, dont quelques reproductions ornent l'article de Mme Bruno Sperani.

L'art de Mlle Emma Ciardi est ancien. Son inspiration est de Watteau. Elle a le goût des élégances que nous ne connûmes point, et ses paysages, empruntés aux grandes villes romaines, ont cette beauté sereine et cette noble ordonnance joyeuse qui nous enchante dans les toiles du xyiiit^ siècle. La vision de Mlle Emma Cardi est donc antique, et son grand défaut est là. Mme Bruno Sperani en exalte les manifestations sans réserve.

L'auteur nous renseigne aussi sur les envois des autres femmes-peintres réunis à Jlilan dans la salle XVIII autour de Jlme Ida Bidoli Salvagnini. On parle de Mmes Labriola, Chausset-Guillière, Besso, Orlandini, Bricherasio, Ippoliti, Tansini.

Rivista d' lialio (Janvier, Rome). — Un article remarquablede M. F. Bottazzisur Lconardde Vinci. L'auteur étudie avec force documentation la pensée de celui qui demeure comme le génie synthétique de la Renaissance. C'est surtout un Léonard de Vinci théoricien que M. F. Bottazzi nous présente dans une étude savante et complète.

il. X. Medin parle de l'Art et la vie vénitienne au siècle d'or. Il démontre que la « véritable grandeur civile et politique de Venise commença à déchoir aux débuts de l'âge moderne ». Il appuie la thèse qui soutient que la légende de Venise, cruelle et perverse, est assez fausse, si l'on compare l'ordonnance de la vie vénitienne, et même ses prisons et ses supplices, à ceux des autres pays, à la même époque. La vie de la République de Venise doit servir à plus d'un point de vue comme exemple de grandeur et de sagesse.

De très nombreuses illustrations enrichissent ce fascicule dans sa dernière partie, consacrée à l'Art. M. L. Montaltoy parle du Couvent de S. Bcncdetto in Polirone.

NiiovaAntologia ( 1 6 janvier, Rome). — Cette revue publie une étude plus sentimentale qu'esthétique, faite de plus de phrases apologétiques que de pensées critiques, sur un peintre mort récemment, Teophilo Patini. C'est M. Primo

Levi l'Italico qui a voulu aflïrmer l'importance de l'œuvre d'un peintre, en insistant surtout sur les souffrances morales de l'homme.

Les reproductions cjui illustrent cet article sont très intéressantes. Teophilo Patini fut, comme l'appelle l'auteur de l'article, le peintre de la misère campagnarde. Ses sujets sont donc forcément très pathétiques. Ils n'arrivent jamais à une représentation géniale de la douleur. Les paysages mornes semblent assombris par la peine des paysans, et les faits choisis pour iî.xer en peinture cette peine sont trop grossièrement pathétiques, et leur gestes et leurs expressions trop extérieurs, pour nous communiquer un véritable frisson. Le tableau, L'Héritier, où, dans une pièce qui témoigne de la plus sombre misère, un enfant nu joue à côté de son père mort et étendu par terre, et de sa mère en pleurs, résume assez bien toutes les qualités et tous les défauts d'inspiration du peintre. Un sens remarquable du paysage anime cependant le fond de la plupait de ces œuvres, où le paysage, dans la terre des .\bruzzes, est, dans sa vigueur et dans son e.xpression sauvage et douloureuse, plus significatif et plus intéressant que des sujets tels que le Médecin de campagne, Retour au bercail, Bêche et lait, etc.

Rivista di Roina (25 janvier, Rome). — La Rivista di Ronia publie en hors-texte dans chaque numéro un dessii d'un peintre vivant. Ce numéro reproduit l'hellénique et élégant ex-libris de M. Gabriel d'.\nnunzio, représentant la flexueuse nudité d'un homme jeune, en état de rêve. Le dessin porte en haut la devise qu'on peut lire sur les portes delà villa de d'Annunzio, àlaCapponcina, près de Florence. Cette devise, digne d'un travailleur sans répit, porte ces mots : Per non dormire, pour ne pas dormir.

U Ex-Libris Gabrielis Nunciis est dû au crayon aristocrate et pensif de M. G.-\. Sartorio.

Emporiuni (janvier, Bergame). — De M. William Ritter, une très remarquable étude sur l'Architecture et l'Art roumain, admirablement illustré par 21 reproductions.

M. William Ritter, avec une connaissance parfaite de l'harmonie qui existe entre la vie collective d'un peuple et les mouvements les plus profonds de son âme, révélés par les manifestations esthétiques, montre l'évolution lente et sûre de l'esprit esthétique roumain vers un ■< style ». sinon vers une véritable renaissance.

Xatura ed Artc (!<=' février. Milan). — L'n intéressant article de M. Francesco Picco sur les Fêtes et les Modes florentines du xvii" siècle.

CHRONIQUE DE LA CURIOSITE

Le Temps annonce que M. Charles Vogt, directeur des travaux chimiques à la manufacture de Sèvres, vient de trouver enfin la formule d'une nouvelle pâte tendre correspondant à tous les desiderata des céramistes. Depuis un siècle on cherchait une pâte tendre qui, capable de revêtir les mêmes émaux que la célèbre pâte tendre du xviii<= siècle, jouît des mêmes qualités que la porcelaine dure, et fût apte à la confection des grandes pièces. En 1802, 1826, 1848, on fit à la Manufacture Nationale des tentatives qui échouèrent. En 1S84, MM. Charles Lauth et M. Georges Vogt combinèrent une pâte analogue à la pâte chinoise comme composition, et avec laquelle on exécuta

des biscuits légèrement ambrés. En 1900 on reconstitua exactement la matière du xym« siècle ; mais, comme celle du xvinc siècle elle était difficile à fabriquer et à décorer. Tout récemment enfin eut lieu la découverte de M. Vogt. Il imperte de signaler que des tentatives ont eu lieu en dehors de Sèvres. M. Xaudot, le céramiste delà rue Auber, a depuis longtemps trouvé une pâte tendre aussi belle que celle du xviii'ï siècle. Le procédé d'autre part a eu des contrefacteurs. Quand le chimiste Brongniart devint directeur de la Manufacture de Sèvres, il résolut de se défaire de la pâte tendre pour donner toute sa faveur à la porcelaine dure.

«En 1S13, écrit Jacquemart, trois brocanteurs. Pérès, « Irlande et Jamart acquirent à vil prix tout ce qui restait « de vieux Sèvres. Pour tirer parti de ce marclié, nos 1) industriels vinrent établir, auprès de la manufacture, un « atelier de décoration. Tâtonnant quelque peu.^recueillant " les traditions partout où c-ll;s pouvaient s'offrir, aidés <c par les conseils des ouvriers, ils finirent par jeter dans le « commerce des produit assez parfaits pour tromper les • « curieux et dérouter les plus fins connaisseurs. »

Aux amateurs de vieux meubles, je signalerai un album absolument indispensable. Il s'agit de l'album où JI. Metman et M. Gaston Brière ont réuni des reproductions de tous les meubles qui sont actuellement au musée des'Arts décoratifs, il. Metman, le directeur, caractérise ainsi son ouvrage :

<i Nous avons essayé de montrer par des groupements méthodiques quels furent, pendant plus de quatre siècles, les éléments décoratifs appliqués à l'art du mobilier, et comment ils se sont transformés sans cesse en se pliant aux besoins et aux nécessités des demeures qu'ils étaient destinés à embellir ».

Dans un autre ordre d'idées, mais se rapportant à la chronique de la curiosité, qui s'occupe de la valeur marchande des oeu\Tres d'art, je dois indiquer un projet que la Société des amis du Luxembourg (reprenant bien tard l'idée que notre excellent confrère Maurice Guillemot, après l'avoir traitée dans le Gi! Blas, avait insérée au Bulletin du Syndicat de la Presse artistique du 25 ianvier 1904) vient de soumettre au ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

Il s'agirait de créer un droit de tant pour cent qui s'ajouterait aux autres frais (10%) payés par l'acheteur en ventes publiques. Ce droit serait perçu sur les œuvres d'art, tableaux, dessins, estampes, sculptures et autres objets. Le produit en serait attribué aux artistes dont les «?uvres passeraient en vente, ou, en cas de décès, à leurs héritiers et ce pendant quelques années après le décès de l'artiste. II. Chéramy, rapporteur de ce projet, remarque en effet la disproportion, parfois effrayante, entre le prixdonné à l'artiste et celui que l'oeuvre atteint souvent en vente, dans la suite. L'Art et les Artistes s'associe de tout son pouvoir aux intentions de JI. Chéramj'.

Dans les ventes de l'Hôtel Drouot, rien de bien sensationnel : des succès prévus comme celui de ce portrait de femme par Roniney, qui a atteint 41 000 francs ; d'autre part, des dépréciations non moins prévues, qui prouvent que les amateurs et les soi-disant experts sont dans l'ignorance absolue des belles choses, puisqu'ils ne mettent le. prix aux œuvres d'art qu'autant qu'elles figurent dans une collection haut cotée, et dont les on-dit font toute la réputation. C'est ainsi que le 15 février, le Polichinelle de Charlemont, payé S 800 frajics à la vente du comte Daupias, en 1892, est resté à 900 francs. Deux Gérâmes, qui avaient fait, à la vente Daupias, 4 900 et 5 500 n'ont pas dépassé hier i 515 et i 050. Un ileissonier. En vedette. vendu 1 3 ;oo à la vente de l'artiste, est resté à 3 200 francs. La dépréciation est injustifiable pour le Meissonier. Détail piquant ; un portrait de femme, par Carolus Duran. n'a pas dépassé 350 francs. La vogue est aux impressionnistes, à l'école des paysagistes de 1S30, à l'école anglaise et française du xtiii« siècle. On ne saurait croire la quantité de peintures dites impressionnistes amoncelées dans les caves ou dans les greniers de certains marchands : la vente Depeaux, l'an dernier, a prouvé leur succès. ^

— Comment, avec les lois existantes en Italie, peut-on

procéder à de pareils enlèvements, tels que celui que l'on sait à Pavie?

C'est ce que V Art et les Artistes se'donnera à tâche d'e" pliquer. Il y a tant de choses inexplicables ! Ainsi la disparition de têtes de statues ornant les anciennes églises, et la présence de ces statues dans les collections particulières. Le champ de nos recherches est illimité. Un fait d'un ordre analogue s'est produit dans un petit village de l'Est. Il y avait là au pied d'un calvaire une statue authentique représentant Marie-Madeleine, offerte à la commune au siècle dernier par une riche famille du pays. Or, un jour la statue disparut. Emoi. Dernièrement on sut que la statue avait été offerte au Louvre par un généreux donateur et qu'en dernière main, elle avait été payée 40 000 francs. Lorsque la commission du Musée du Louvre eut à se prononcer sur l'admission de la Marie-Madeleine dans nos collections, nationales M. Raymond Poincaré, sénateur de la Meuse, qui fait partie de la commission, fut frappé de l'origine meusienue de la statue. Il s'enquit, sur place, des conditions dans lesquelles elle avait quitté le sol meusienet on parvint alors à reconstituer les pérégrinations diverses de l'œuvre d'art. Au village, vive émotion, on cherche qui a pu disposer ainsi de la Madeleine du Calvaire. Spontanément un dimanche, au prône de la grand'messe, le curé déclare aux fidèles rassemblés que c'était lui qui, au mois de mai dernier, avait vendu, pour le prix de 500 francs, la statue, qu'il considérait comme sa propriété, à un antiquaire de la région. D'où revendication du conseil municipal. Il est probable que le nrême fait a dû se produire souvent.

En attendant l'exode de nos œuvres d'art continue. M. Pierpont Morgan vient d'acheter, à Paris, un livre d'esquisses du XI v-' siècle, qui est comme le pendant de l'album de Villard de Honnecourt, conservé à la Bibliothèque nationale. Il comprend six panneaux de buis, où l'on voit, dessinés à la pointe d'argent, la Madone et l'Enfant, une Adoration des Mages, un bal masqué, des études de draperies, de têtes, de guerriers, de femmes, etc., dans un style analogue, à celui d'André Beauneveu, miniaturiste du roi Charles VI, vers I ^70-1390.

\'entes annoncées jiour le mois de mars :

Le i'"'. Hôtel Drouot. — Tapisseries de Beauvais, Aubusson, Flandres, une tapisserie d'après Bérain, meubles et bronzes anciens, tableaux et dessins anciens. M. Lair- Dubreuil, comraissaire-priseur. Mil. Paulme, Lasquin Sortais, experts.

Les 4. 5. 6. Hôtel Drouot. — Deuxième vente Kotschoubey. — ileubles et bronzes du xviii': siècle. Objets du Japon, il. Lair-Dubreuil, commissaire-priseur. ilil. Paulme, Lasquin, Legay. Bing, experts.

Le 4. Galeries Duraud-Riiel. — Vente Georges Vian. — Tableaux impressionnistes.

Les 5 et 6. — Galeries Georges Petit. — Tableaux de l'atelier de Vuillefroy. M. Chevallier, commissaire-priseur.

Le 1 1. — GalcriesGeorges Pi'///. -- Première venteChappey Porcelaines de Saxe et Sèvres. Objets de vitrine, ileubles, bronzes, sculptures du xviiie siècle, ilil. Chevalier et Lair-Dubreuil. commissaires-priseurs.

Du 18 au 22. — Hôtel Drouot. — Vente de M. Parés, de iladrid. — Art du xviii<! siècle, il. Lair-Dubreuil, commissaire-priseur.

Le 22 mars. — Hôtel Drouot. — Objets d'art, ameublement, tableaux anciens, dont un Watteau et un Boucher, provenant d'une collection très connue, il. Lair-Dubreuil, commissaire-priseur. ilil. Ferai et Maunheim experts.

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