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LE TERR.ASSIER ALLANT AU TRAVAIL

déroulent les scènes de la vie champêtre. Les personnages y sont nombreux ; chacun d'eux a été l'objet d'une étude approfondie. Chacun a été retrouvé parmi les figurines de la fameuse armoire, à l'état de ronde bosse dans son attitude empruntée à la nature même, et le plus souvent sous divers aspects.

Chacune de ces minuscules figurines a été pour le moins massée tout d'abord nue d'après le modèle nu.

Les plantes et les bêtes n'ont pas été l'objet de moindres soins.

Sans s'arrêter au.x plantes dont il" existe de merveilleuses petites études. Citons, parmi les animaux, un mouton paissant, en basrelief, puis une petite statue de mouton, toujours paissant, puis, comme si tout cela n'était pas assez, pour bien comprendre les moutons, qui ne sont pourtant qu'un accessoire de son œuvre décorative, l'artiste s'est donné le plaisir d'exécuter une tête de mouton en grandeur naturelle, si méticuleusement parfaite, qu'il semble — comme disait

un critique d'art distingue — qu'il semble, (( qu'elle a le museau humide ».

Tous CCS efforts aboutissent, en tin de compte, à l'établissement du Semeur, c'està-dire l'une des seize figures en haut -relief qui devaient former une gigantesque bague ornementale au pied du M()n\mient aux Ouvriers.

Ce Semeur et ini Terrassier sont les seules de ces seize figures dont le modèle définitif existe (au quart de grandeur d'exécution).

L'histoire du Terrassier et celle du Paysan sont au fond la même. 11 existe au moins quatre statuettes de Terrassier en ronde bosse : l'une nous représente un type de terrassier à forte barbe, au geste large, soulevant sa pelle, un autre terrassier se rendant à l'ouvrage sa pelle sur l'épaule, un autre, ou plutôt deux autres, ont les mains sur le haut du manche de la pelle, la tête levée et dans l'attitude de l'homme (|ui souffle un instant avant de se mettre à la besogne. Le modèle définitif, le haut-relief au quart d'exécution, nous montre enfin l'homme au torse nu, au pantalon large, la ceinture de laine au.x reins, coiffe d'un vieux chapeau de feutre, le menton appuyé sur les deux mains croisées sur le manche de l'outil.

Tout cela est modelé et bien modelé jusqu'au bout, mais cela ne satisfait point encore Dalou, et, pour étudier ce qu'il aura à faire sur le grand modèle, pour mieux apprendre sa leçon — comme il se plaisait à le redire — il fait, de grandeur naturelle, un buste de son terrassier, comprenant la poitrine, le dos, les avant-bras, et, enfin les mains sur quoi s'appuie le menton. Le tout est si méticuleusement poussé qu'on peut, sans aucune retouche, le faire fondre en bronze.

Et tout ceci ne serait rien, comparativement à ce qui a été détruit par suite de circonstances indépendantes de la volonté de Dalou.

Au lendemain de la Commune, comme il était obligé de quitter Paris, il laissait son petit atelier de la rue du Cherche-Midi à l'abandon et confiait à un mouleur quelconque et de moralité quelconque le soin de sauver ce qu'il pourrait.

Or, il y avait là la statue de la Brodeuse. un plâtre que l'Etat venait d'acheter et dont l'exécution en marbre devait bientôt commencer.

Cette statue de la Brodeuse qui' était un morceau important fut d'abord ébauchée dans le marbre en l'absence de Dalou et quand le maître revint en France, après dix ans d'exil,

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