L'ART CONTEMPORAIN
En 1861, les artistes anversois invitèrent à un « congrès universel » tous les grands artistes de l'Europe; dans le programme de ce congrès figuraient plusieurs problèmes que les assistants étaient invités à résoudre. C'était là un appel à tous les utopistes de tous les genres et une occasion de plaider en faveur du bon principe.
Je répondis donc, dans la Bévue trimestrielle, aux quatre questions suivantes, les dernières du programme du Congrès artistique d'Anvers :
î. Quels sont les rapports entre la philosophie et Fart?
II. L'art n'exerce-t-il pas une certaine influence sur le développement intellectuel et moral des nations?
III. Quelle influence peut-on reconnaître à l'esprit moderne sur l'art contemporain? Notre époque ne possède-t-elle pas un principe nouveau qui puisse donner aux arts plastiques une expression et une direction nouvelles?
IV. Si l'art, en exprimant la pensée contemporaine, doit en offrir le symbole à tous les yeux, par quel genre d'œuvres peut-il atteindre ce but?
On remarquera qu'il y a dans ces quatre questions une sorte de malaise, un doute sur le caractère de l'art au xixe siècle. Les signataires de ce programme n'étaient pas bien certains qu'il y eût un art original, bien caractéristique, à notre époque. Ceci est pour prendre acte de la perplexité générale qui met le désordre dans les intelligences.