XXXI MARS A° XVI'' QUARANTE
Le matin. — J"" Vacation.
D'abord quelques poteries, des verres et des bouteilles, et ensuite :
Une statue de la Vierge 6 fl. 7 s.
Une morsure de serpent (Een slang bijting, sans doute une « Cléopatre »), d'après maître Cornelis iS — » —
WII I KM-.I XCOUS/. 1)11 FF. 29
Une rcsurrcction de I-;i/,;iic 5 (i. » s.
Un [Klil laMc:ui rcprcs.'iit.jnl I.otli, d^iprcs
Hlockhiiul -r — 7 —
Une composition rcpi"cscnl;inl : " II lant ilc la
mesnre en tout. » 5 — () —
Le lion el le rai 2 — 10 —
Une composiiion i.ics cinq vierges sages et des
cinq \ierges toiles 7 — i5 —
Le jngenient de Paris (j — 4 —
Un Christ en croix (i — 14 —
Un moine avec une religieuse 4 — » —
Une composition représentant la Diligence et
la Paresse -S — 2 —
Un petit tableau représentant Marcus Curtius. i — 8 —
Une Suzanne, d'après Swanenburcli 7 — 10 —
Un tableau représentant Argus, d'après maître
Cornelis 8 — i5 —
Une Lucrèce 9 — 5 —
Un Adam et Eve, d'après Blocklanl 9 — 17 —
Un panier de Heurs 3 — i r —
Un tableau représentant six chanteurs .... 4 — 8 —
Une peinture représentant Ezéchiel 20 — " —
Un enfant en grisaille 2 — » —
Quatre tètes, d'après maître Cornelis 9 — » —
Un petit tableau représentant Apollon .... 2 — 7 —
Une grande cuisine 19 — « —
Trois petits enfants ô — » —
Une nymphe et un satvre 5 — i3 —
Un Hercule, d'après maître Cornelis 6 — » —
Un saint Sébastien 3 — » —
Le reste de la vacation est occupé par des objets de ménage, notamment des ustensiles en cuivre. — J'y note une rapière et une hallebarde. •
^^ ]\ication.
Elle eut lieu l'après-midi du même Jour, commença
par des clVcts de corps, et se continua par les porcelaines et faïences dont voici la liste :
Neuf plateaux en terre vernie ou faïence ... i fl. 9 s.
Cinq petits plats — ... » — 1 3 —
Un bol en terre » — 14 —
Quatre petits plats en porcelaine 2 — » —
Un bol — 2 — » —
Un bol — 3 — 10 —
Un bol — 5 — 12 —
Deux bols — • 4 — 7 —
Deux plateaux en porcelaine 4 — 4 —
Deux plateaux — 4 — 12 —
On procéda ensuite à la vente des meubles, caisses, etc. et des objets journaliers en étain et cuivre. L'ensemble de la vente produisit 2,5 16 fl. 6 s., dont il fallut déduire, pour frais divers, 96 fl. 17 s.
Indépendamment des articles adjugés en vente publique, il fut livré à l'orfèvre ArentWouters pour igôfl.Ss. d'objets en métal précieux. Michiel van Mierevelt, de son côté, se réserva pour 1 o5 fl. 1 3 s. d'objets à sa convenance, et Ghristyna Delff pour i38 fl. 10 s. 8 d. C'est encore de ce chef 429 fl. 1 1 s. 8 d. qu'il nous faut ajouter. L'ensemble de la vente, en l'augmentant de toutes les reprises faites par les héritiers, s'élève donc à près de 5, 000 florins, soit plus de 10,000 livres françaises, et comme l'argent a quadruplé de valeur depuis ce temps, ce mobilier représenterait de nos jours une quarantaine de mille francs.
Si l'on considère la condition relativement modeste dans laquelle vivaient alors les artistes, on reconnaîtra que cet amour du luxe et du confort, dont leurs successeurs font preuve aujourd'hui, est en quelque sorte traditionnel. Les documents que nous venons d'analyser, en
Wn.LEM-JACOBSZ DRLFF. 31
ctlct, nous pci-inciiciu de comiaîuc non seulement la situation (inancicrc d'mi t;ra\ cur de i;imik1 talent, un peu cilace peut-être, moins oii^inal c|ue beaucoup d'autres assurément, mais tiès dii^ne cependant de fixer notre attention; ils nous ouvient encore à deux battants le ]i<))}ic d'un artiste à cette époque bénie, qui constitue, en quelque sorte, l'aurore du grand art néerlandais.
Grâce à eux, nous avons pu parcourir la maison, du grenier à la cave. A ce titre, ils étaient dignes de voir le jour. De son côté, la physionomie de Willem Dell!" nous apparaît maintenant plus complète, plus claire, et bien placée dans le cadre qui lui convient. Si quelque jour l'histoire de cet homme de mérite tente un biographe ami des restitutions détaillées, il trouvera là les éléments d'un tableau coloré et bien vivant.
Pour nous, dont la tâche prend fin, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de terminer cette monographie en donnant le fac-similé de la signature de Willem-Ja-
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cobsz DellT, et à titre de renseignement, nous joindrons celle de toute sa famille, dont nous avons retrouvé les paraphes confondus au bas d'une des pièces de la succession.
On y reconnaîtra la griffe du vieux Mierevelt, le beaupère de notre artiste: celle de son beau-frère, le notaire Johan van Beest, et celle aussi de ses deux enfants, Jacob et Christ3'na.
BPTTV
JOHANNES DE VISSCHEH
i:s analogies sont grandes entre le talent de Johannes\'isscher et celui de Willemjacobsz Dellï. Comme le gendre deMierevelt, Johannes est avant tout un artiste sérieux et soigneux, grave, un peu sec peut-être, mais toujours consciencieux.
Comme lui encore, il ne brille point par Tinvention et son originalité se subordonne volontiers à celle des maîtres dont il se fait l'interprète.
N'ayant point eu cette bonne fortune de trouver dans sa famille un protecteur illustre, un inspirateur auquel il pût exclusivement consacrer son burin, il s'adresse un peu à droite et à gauche, et emprunte ses modèles aux peintres les plus en vogue. Il assouplit^ alors sa manière et la conforme au sujet qu'il traduit, à l'artiste qu'il interprète.
On a de lui des copies de ^'an Go3-en, d'Ostade, de Wouwerman d'une pointe tine, souple, délicate, qui peuvent compter parmi les plus exactes traductir>ns qu'oit
ait laites de ces divers maîtres. Avec Brouwer, sa factare s'élargit, il met surtout en relief les grands plans d'ombre et de lumière, et, dans ce sj'stème de parti pris, il obtient des eflcts d'une puissance inattendue; enfin il semble avoir admirablement saisi l'esprit et les intentions de Berghem.
Dans ses portraits, il n'est ni moins attachant ni moins curieux à observer. Sans atteindre à la maestria de son frère Cornelis, il se montre cependant dessinateur de talent et coloriste consommé. Parfois môme, comme dans le portrait d'Abraham van der Hiilst, il s'élève à des hauteurs inattendues, et si ses chairs demeurent toujours un peu molles, un peu flasques, par contre, dans les étoffes, il déploie une souplesse de burin étonnante, et la façon dont il manie les ombres et les lumières rappelle les meilleures œuvres de son frère aîné.
Les maîtres qu'il a interprétés sont au nombre de dixhuit % et le catalogue de ses planches ne compte pas moins de centcinquante-sept numéros. M. J.-E. Wessely*, qui a donné le recensement définitif de son œuvre, a fait précéder la description de ces cent cinquante-sept planches d'une notice biographique, qui jamais (que je sache) n'a été traduite en français, et, pour cette cause, je crois bien faire en la translatant ici. Cette notice porte le titre très modeste de :