I. Register van pansioenen, octroyen, etc
nopolisce par une décision oniciellc, fut suffisamment lucrative, car nous verrons tout à l'heure qu'elle aida notre artiste à se constituer une importante fortune.
Riche, honoré, ayant exercé dans sa ville des fonctions publiques qui témoignent de la confiance que ses concit03'ens avaient en lui, père de deux enfants : un garçon qui naquit juste un an après son mariage (le 24 janvier 1619^, et auquel il donna le nom de son père, Jacob, et une fille née un an plus tard (4 janvier 1620), qui reçut le nom de Christina, il fut assez aimé des dieux pour mourir sinon jeune, du moins encore dans la force de l'âge, sans avoir connu les infirmités et dans la fleur de sa renommée. Le 16 avril i638, il s'éteignit doucement, précédant dans la tombe sa femme et son beau-père, et n'ayant point, comme ce dernier, la douleur d'assister à l'écroulement de cette famille Mierevelt qui, pendant tant d'années, avait été si prospère et si glorieuse.
Son portrait, peint par Mierevelt quelque temps avant sa mort% nous montre ses beaux traits, calmes, dignes, un peu sévères, tels qu'il convient à un homme que la fortune a comblé de ses modestes faveurs, de cette médiocrité très dorée, qui, n'excitant pas les convoitises et n'attirant point la haine, est le lot que souhaite le sage.
Le 6 novembre i638, sa veuve dut comparaître devant la Chambre des Orphelins^. Elle produisit un testament reçu, le 5 juillet 1 634, par ^^^ Adriaen van der Wiel, notaire à Delft, testament confirmé à son lit de mort par le défunt, et par lequel les maîtres de la Chambre étaient exclus de toute ingérence dans la tutelle de ses enfants.
1. Ce portrait dont la trace semble perdue aujourd'hui fut, en lySj, reproduit en dessin par Tako Hajo lelgersma; c'est ce dessin dont nous donnons un fac-similé en tête de cette monographie.
2. Chambre des orphelins de Delft. W. K. Registre n" 3, f° 33.
WILLEM. JACOBSZ DELFF.
(Jetait là, pour celle Imunclc Icmmc, un ^rand dcvoir qui restait à accomplir. .MalhcLireiisement la mon ne lui permit pas de le mener à bonne lin. Mnins d'im an après sa comparution de\ant la JW^cskamo', Cjeriruijt van Micrevclt mourut à son tour; et cette fois la Chambre des Orphelins eut à connaître de la succession. Un conseil de tutelle fut nommé. On procéda à l'inventaire des biens, et par-devant notaire à la vente d'une partie d'entre eux.
J'ai été assez heureux pour retrouver dans les archives ro3\ales de la Ha3'enon seulement l'inventaire mais encore le bulletin des vacations de la vente qui sui\ it. Ce sont là des documents curieux et intéressants à plus d'un titre, parce qu'ils jettent un jour important sur une personnalité de valeur, et en outre parce qu'ils nous permettent d'apprécier ce que pouvaient être le luxe et le confort d'un habile artiste hollandais, au premier quart du xvir siècle. Ils avaient donc leur place marquée dans ce travail.
Comme tous les inventaires de ce temps, celui qui fut dressé à la mort de Gertruijt van Mierevelt commence par un préambule, et comme ce préambule nous révèle des particularités bonnes à connaître et des dates utiles à enregistrer, j'ai cru qu'il était de mon devoir de le conserver ici. Le voici donc littéralement traduit:
« INVENTAIRE de la succession et des biens, actions, créances, laissés par feu Gertruijt van Mierevelt, décédée le 3o octobre de l'année iôoq, en sa vie veuve et légataire universelle de feu Willem-Jacobusz Delft (^zc), mort le i6 avril i638. Etant dans cette succession men-
tionné le sommaire de tous les biens laissés par les deux défunts ; lesquels biens reviennent en jouissance et doivent être conserves pour leurs deux enfants nommés : Jacob Delft, né le vingt-quatre janvier 1619, et Christina Delft, née le quatre janvier i(32o. Dressé et fait par Cornelis- Jacobsz Delft, Pouwcls Cornclisz van Oijen, Michiel van Mierevelt et Johan van Becst, en tant que tuteurs des orphelins susnommés. »
Comme dans tous les inventaires de ce temps, le premier chapitre est consacré aux propriétés foncières et porte le titre :