‹ L'art et les artistes hollandais (volume 5)Chapitre 31 sur 63 · I. Voir le Catalogue de la vente du cardinal Fesch · texte numérisé non relu

I. Voir le Catalogue de la vente du cardinal Fesch

BARTHOF OMEUS BREF.NBERGH.

Pour la coiiiniitdilc du Iccieur, je iraduis :

Du -i-] aoùi I ()'3'3,

Ont comparu coininc plus haut, IV\i' i iioi.omfus BRnF.NBORc.ii, de DcvciUcr, peintre, sans ascendants, assisté de Jacubus Breenborg, son frère, demeurant sur \ OosUrmavkt , et RFBECCAScHEF.LiNTiWoiiw, d'Amsterdam,

âgcc de , sans ascendants, assistée de Tryntieii

Schcllingwouw, sa s(x:ur, et d'Hcyndrick liouwer, son bcau-frèrc, dans la Dyckstraal.

Et les deux époux ont signé.

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Nous voici donc maintenant avec une date de naissance certaine. Qu'on ne vienne point, en eflct, se prévaloir de la syllabe finale pour supposer qu'il s'agit ici d'un autre peintre. Tous ceux qui connaissent les ditTcrences de prononciation des diverses provinces néerlandaises, savent que cette finale en borch, fréquente dans rOveryssel, se trouvait modifiée en hurg ou en bevg par la plupart de ceux qui quittaient ZwoUe, Deventcr ou Kampen pour se diriger vers l'Ouest. Un exemple, illustre entre tous, de cette transformation nous est fourni par Ter Borch, originaire de Zwolle, et qui n'est connu, de» biographes que sous le nom de Terburg. Breenbergh lui-même a souvent signé ses tableaux du nom qu'il

apposa au bas de son acte de mariage, et le musée de l'Ermitage possède de lui un Sacrifice païen, signé en toutes lettres B. BRiii:NBou(:ii.

Le doute n'est donc pas permis. C'est bien notre peintre, c'est bien notre Breenbergh, c'est bien l'artiste italianisant qui peignait, en 1(332, le beau tableau de la galerie Fesch, et, en iG36, \q. Pajsage antique du musée de l'Ermitage; c'est bien le graveur dont la pointe exercée commençait, en iG38, la série si remarquable d'eaux-fortes cataloguées par Bartsch,que nous venons de retrouver; et c'est pour moi un plaisir d'autant plus grand de pouvoir le restituer à la jolie ville de Deventer, que j'ai gardé de cette hospitalière cité le plus aimable et le plus charmant souvenir.

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i: ne sais rien qui montre mieux le peu 1.1e créance qu'il faut accorder aux dires des biographes hollandais, que la rie des Ostade, telle qu'elle a été écrite jusque dans ces derniers temps.

Avec Adrien et Isaac van Ostade, nous ne nous trouvons plus, en effet, en face de demicélébrités, d'artistes de talent méconnus durant leur vie, peu goûtés après leur mort, et qui ont dû attendre de la postérité une sorte de réhabilitation. De leur vivant même, les deux frères, auxquels on pourrait appliquer les vers qu'Ampzing adressait à Frans et à Dirk Hais,

Gebroeders in de Konst, gebroeders in het bloed, Van eener Konsten-min en moeder opgevoed > ,

jouirent, nous le savons, d'une réputation méritée, et si Isaac mourut trop jeune pour avoir pu amasser une

I. « Frères dans l'art, frères par le sang, ils ont été nourris du même amour de Fart et par la même mère. » Beschryvinge ende lof der stad Haarlem in Holland, etc., door Samuel Ampzing; à Haarlem, 1628, p. Sji.

grosse fortune, du moins avons-nous aujourd'hui la preuve qu'Adrien fut riche et considéré. Leurs ouvrages, recherchés de leur vivant, atteignirent après leur mort des prix considérables % et depuis n'ont pas fléchi. Leur mérite a continué d'être estimé à sa juste valeur; il n'est pas de musée qui ne s'enorgueillisse de posséder quelqu'un de leurs chefs-d'œuvre; enfin, ils ont eu cet honneur, et ccn est un grand, de voir leurs tableaux catalogués par Smith, rendant hommage à la juste estime dont on entoure leur talent^ Eh bien, malgré cela, tout ce que les biographes du siècle dernier ont raconté sur leur compte n'est qu'un tissu de fables.

Cependant entre la mort d'Adrien van Ostade et le temps où Houbraken prit la plume pour écrire son Groote Schouburgh, il s'était à peine écoulé trente années. C'est, en effet, le 2 mai i685 que les amis du peintre reçurent le billet suivant» :

« Vous êtes prié d'assister, mercredi deux mai, à deux heures précises de Taprès-midi, à Tenterrement d'Adriaen van Ostade, demeurant Nieuwe Kruysstraet; entrer comme ami dans la maison mortuaire, vêtu du long manteau, n

Église Saint-Bavon.

Et, en 1718, Houbraken publiait son premier volume,

1. T émo'mV Estaminet hollandais, Y>^yé 5i,5ooliv.à la vente Patureau.

2. « His superior genius led him to invent a style of his own, which assiduity in the study of nature carried to the highest perfection. His profound knowledge of chiara-scuro, and of ail the various reflections and refractions of light, enabled him to give a charm to his pictures, which no other artist's works possess in an equal degree. » Catalogue raisonné of the works of the inost eminent dutch, flemish and french painters,

3. Voir les Artistes de Haarlem, Notices historiques avec un précis sur la gilde de Saint-Luc, par A. van derWilligen. La Haye, 1870, p. 238.

celui prcciscnicnt où se trouve la biographie de notre peintre. Depuis bien des années déjà, il était donc en possession des matériaux et des renseignements qui devaient lui servir de canevas. Le temps qu'il dut mettre à exécuter ces magnifiques portraits qui sont un des attraits, et non le moindre, de son li\re, prouve assez qu'il était depuis longtemps à la besogne. Que nous dit-il cependant ?

Il raconte qu'Adriaen et Isaak van Ostade passèrent la plus grande partie de leur existence à Haarlcm', mais qu'ils sont nés ù Lubcck. Il est vrai qu'il ajoute « Zoo îk'twdhcb », c'est-à-dire « si je ne me trompe », mais cette restriction n'a point empêché son dire de faire le tour de l'Europe et de prendre pied dans toutes les biographies postérieures.

Pour ce qui regarde les derniers temps de la ^ ie d'Adriaen, il n'est guère mieux renseigné que pour les commencements. Il nous le montre, en 1662, réahsant sa fortune, tourmenté par la peur de la guerre, obsédé par la crainte d'être pillé par les Français, et prêt à s'aller réfugier à Lubeck, quand, passant par Amsterdam, un amateur l'engagea à demeurer chez lui, lui montrant quels avantages il aurait à se fixer dans une ville riche, où les arts étaient en honneur et ses ouvrages estimés'. Autant de fables qui ont eu la même fortune que les assertions relatives à la naissance de notre peintre.

Il fallut qu'avec une patience, un soin, une méthode

1. « Adriaen en Isaak van Ostade. Deze waren, zoo ik't wel heb, Lubekkers van geboorte, maar hebben hunnen nieesten levenstyd tôt Haarlem gewoont. » Houbraken, Groote Schouburgh, t. I", p. 347.

2. « Deze maakte in den jare 1662 al zyne konst en huisraad, dien hy had tôt geld, en kwam van Haarlem met dien buidel naar Amsterdam, met voornemen, om daar mee (beducht voor de geweldenary der Fransen) naar Lubek te vluchten ... etc. » Ibid.

qu'on ne saurait trop louer, M. A. van der Willigen retrouvât, dans les méandres de l'état civil, leurs extraits de baptême; qu'il reconstituât, morceau par morceau, la généalogie de leur famille ; qu'il les suivît tous, père, mère, frères, sœurs, fils et filles, depuis le berceau jusqu'à la mort, pour arriver à démontrer la fausseté de ces assertions.

On comprendra que Je ne veuille point ici reprendre ni même anal^'ser le beau travail de M. A. van der Willigen. Les Ostade sont deux très grands peintres, deux figures considérables, qui demandent autre chose qu'une étude rapide et sommaire comme celles que j'enferme dans le cadre un peu étroit que je me suis tracé. Dans un genre secondaire, en ne traitant que ce que Descamps et ses contemporains appelaient des « sujets bas », Adriaen van Ostade s'est élevé par la magie de son pinceau, par le génie de sa couleur, à des hauteurs magistrales. Comme paysagiste, Isaac, son frère, est demeuré un des maîtres les plus parfaits qu'on connaisse. Il ne faut donc toucher qu'avec précaution à l'œuvre de pareils artistes. Aussi mon but aujourd'hui est-il simplement de compléter, par quelques documents inédits, les belles découvertes de M. A. van der Willigen.

Grâce au savant auteur des Ai^tistes de Haarlem, nous savons déjà qu'Adriaen van Ostade, né en décembre 1610, épousa en premières noces, le 26 juillet i636, et par-devant les échevins, Machtelgen Pieters, dont il eut une fille qui reçut les prénoms de Johanna-Maria. Cette union dura quatre années. Le 27 septembre 1642, JMachtelgen Pieters étant morte, son mari demanda pour elle l'ouverture d'une tombe à l'église Saint-Bavon de Haarlem. Elle fut enterrée dans la chapelle du centre et les frais mortuaires s'élevèrent à dix florins.

Ici je cède la paiolc au lidclc bio;^raplic de notre peintre :

« J'ignore la date du second mariage d'Adriaen, c'crit M. van der W'illij^en, c]uoique je puisse assurer qu'il se maria une seconde lois. Le registre des décès nous apprend que, le 24 novembre ihùG^ il fut demandé de nouveau une ouverture de tombeau pour son épouse, en la nef du milieu, n" 411. Les Irais qui résultèrent de ces funérailles et qui montèrent à 24 11. (ainsi que ceux qui furent faits lors de son enterrement, c'est-à-dire iG fl.;, sont si considérables en comparaison de la plupart des dépenses annotées dans le registre, qu'ils nous fournissent la preuve qu'Ostade appartenait à la classe très aisée. »

Eh bien, c'est cette date du second mariage d'Adriacn que n'a pu découvrir M. A. van der Willigen et le nom de sa seconde femme que j'ai été assez heureux pour retrouver dans l'état civil d'Amsterdam. C'est sur le Putbock, n° 23, à la date du 2() mai 1657, qu'est inscrite la mention vainement cherchée par l'auteur des Artistes de Haarlem. En voici la transcription :

Den 26 may.

Compareerden aïs j'ooren en syn op d'acte van Ibenning secj^etaris tôt Haerlcni ingeteckent ; Adriaen van OsTADE, wedmvenacr van Haerlem — Anna Ixgels, jonge d' van A.

C'est-à-dire :

Du 26 mai.

Ont comparu comme plus haut, et suivant acte dressé par Ibenning, secrétaire, à Haerlem, enregistré; Adriaen

VAN OsTADi:, veuf de Haerlem et Anna Ingkls, jeune fille d'Amsterdam.

Pour qui sait l'extrême exactitude qu'apportaient, dans leur travail et dans leurs informations, les scribes officiels d'Amsterdam, la mention u van Haerlem » viendrait encore, s'il était besoin, confirmer la certitude produite par les découvertes de M. van der Willigen. C'est, en effet, le lieu de naissance que l'on mentionnait toujours à la suite du nom sur l'acte de mariage. Le lieu de domicile ne venait qu'après; il fallait donc qu'Adriaen van Ostade eût déclaré être né à Haarlem, pour que la mention fût tracée comme on l'inscrivit.

Le second point que nous allons aider à éclaircir est celui qui touche aux dernières années de notre peintre. Houbraken raconte que, en 1662, la crainte des Français fit fuir Adriaen, qui s'en vint habiter Amsterdam, On a fait fort judicieusement remarquer qu'en 1662 on était en pleine paix avec la France, et que dès lors notre artiste n'avait rien à redouter des Français, Mais ce que ni M. van der Willigen ni aucun biographe, à ma connaissance, n'ont constaté, c'est que, dans un autre passage de son livre, Houbraken s'inflige à lui-même un formel démenti.

A la page 58 de son second volume, après avoir raconté qu'Adriaen Verdoel vint s'établir à Flessingue et qu'il fut admis comme membre de la chambre de rhétorique de cette ville, il ajoute : « Jan de Groot, né à Flessingue en i65o, l'eut pour premier maître dans son art. Plus tard, en l'année 1666, il prit des leçons d'Adriaen van Ostade et finalement de Frans de Jong de Haarlem*. »

I. « Jan de Groot geboren tôt Vlissingen in den jare i65o, heeft hem tôt eerste onderwyzer inde konst gehad. Naderhand inden 1666, Adriaen

Il est bien clair après cela que notic peintre résidait encore dans sa ville natale, sans quoi Houbrakcn n'eût pas manqué de dire qu'il vint à Amsterdam pour prendre ces fameuses leçons, et, en tout cas, on ne s'expliquerait pas qu'ayant résidé à Amsterdam, où les maîtres ne manquaient pas, il fût retourné à llaarlem suivre les cours de Frans de Jong, peintre fort ordinaire. C'est du reste en cette même année, le 24 novembre, que l'aîné des Van Ostade faisait enterrer sa seconde femme à l'église Saint- Bavon. En iGùG, il n'avait donc point encore abandonné Haarlem. Maintenant voici un document qui prouve qu'en 1G68 il y demeurait encore.

Ce document provient de la Chambre des Orphelins; j'ai eu cette bonne chance de le découvrir dans celui des livres de tutelle* qui va de l'année i653 à l'année 1G71. Il est inscrit au folio 147 v" et conçu dans les termes suivants :

(( Les maîtres des Orphelins {Weesmeesters) de la ville de Haarlem % premiers tuteurs de Hendrick Jansz. van Ostade, fils mineur de Jan van Ostade et de Annetje Huybrechts d"" van Berckel et pareillement de deux enfants du même Jan van Ostade et de Lj^sbeyth van Riewenhof, ensemble héritiers de la somme de cinq cent vingt-cinq florins, provenant de l'héritage de Maria de Leuteringh, fille de Hiéronimus de

van Ostade, en eindelyk Frans de Jong van Haarlem. » Groote Sclioubiirgh, etc., t. II, p. 58.

1. Remisier van de Voochdyen van Wecscamer. lôSS-iôyi, aux archives royales de la Haye.

2. Jan van Ostade, frère puîné d'Adfiaen, né en 1616, mort en i665, fut tour à tour boulanger, fabricant de toiles, et messager sur la Zélande. Il se démit de ces dernières fonctions en 1664. De son premier mariage naquirent quatre enfants : Johannes, 1642; Huybert, 1645; Hendrick, 1647; Saartje, i653; de son spcond mariage il eut encore Janneke, i663, et Johannes, i665.

f^o L'ART HOLLANDAIS.

Leuteringh, autorisent le sieur Adriaen van Ostade, maître peintre, pour la portion revenant audit Hendrick Jansz van Ostade, aussi bien que pour celle revenant aux deux autres enfants, de toucher ladite somme de 525 florins des mains de l'exécuteur testamentaire du susdit Hiéronimus de Leuteringh, et de sa fille Maria de Leuteringh, etc., etc. — Daté du 24 novembre 1668. »

Adriaen van Ostade, tuteur des enfants de son frère Jan, mort en iG65, se trouvait donc, par suite de la lourde charge qu'il avait acceptée, empêché de quitter sa ville de résidence. Il n'avait même pas la ressource d'emmener avec lui les orphelins confiés à ses soins, car leur mère, Lysbeyth Riewenhof, leur demeurait, et nous savons qu'elle mourut àHaarlem, en octobre 1702. Ce document vient donc ajouter un puissant appoint à la quasi certitude résultant déjà des découvertes de M. van der Willigen et s'inscrire en faux contre le récit de Houbraken, controuvé aussi bien à la fin qu'au commencement.

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LA CONSUL,TATION o-jvre - Galerie La Caze

Q.UIRING BREKELENKAM

r. existe au Louvre, dans la galerie Lacazc, à peu près au milieu de la salle, sur le panneau de droite et au second rang, un délicieux petit tableau d'une tonalité discrète, d'une coloration exquise, plein d'harmonies contenues, qui peut compter parmi les meilleurs ouvrages hollandais que possède notre riche musée.

Deux personnages animent ce petit tableau. Une femme déjà sur le retour est assise au milieu de la composition. Elle est tournée à gauche, vue de trois quarts de face, la tête coiffée d'un béguin blanc, un fichu autour du cou. Un manteau fourré est jeté sur les épaules. Ses jambes sont couvertes d'un jupon brun verdàtre. Le second personnage est un cavalier debout, vu de profil, avec une grande collerette blanche, un chapeau à larges bords et tout de noir vêtu.

La femme, la tête légèrement inclinée sur l'épaule droite, a un air dolent, fatigué, affaissé, qui indique une

personne malade. La main gauche appuyée sur son genou, elle abandonne sa main droite au grave docteur (car l'homme en noir n'est autre qu'un médecin), qui lui tàte le pouls.

Le disciple d'Esculape, le chapeau gaillardement planté sur son chef, la moustache sous le nez, la barbiche au menton, drapé magistralement dans son court manteau à la mode du temps, tient de sa main droite le poignet de la malade et lève la main gauche, comme pour faire une observation et peut-être un reproche. Il semble gourmander sa cliente de quelque imprudence commise, de quelque violation au régime ordonné.

Au premier plan, un tabouret avec un chandelier de cuivre et certain vase d'étain dont l'usage se devine, indiquent assez la nature de ses préoccupations. Au fond, un mur gris, borné à droite par les rideaux roux d'un lit, à gauche par une porte de même couleur, est coupé au milieu par un grand tableau, pa3^sage montagneux, un peu roussàtre, qui pourrait bien être de W3-nantsz.

Cette petite scène naïve, simple, je dirais même vulgaire, si l'art ne parvenait à ennoblir tout ce qu'il touche, est enveloppée dans une belle lumière ambrée, d'une douceur infinie, où tout se modèle avec une force et un naturel exquis. Il est impossible de rien percevoir de plus harmonieux que cette symphonie de tons discrets, baignant dans le jour incomplet et diffus d'un « intérieur » faiblement éclairé. Les verts, les bruns, les roux et les noirs 3^ chantent à l'unisson une mélodie exquise, rendue plus agréable encore par les deux notes rouges fournies par les bas et le corsage de la malade, par les blancs de son bonnet et de la collerette du docteur, qui sont, en quelque sorte, les « lumières « du tableau.

Pour enfanter, avec un sujet aussi modeste, une œuvre

QUI RING MHr.KKI.ENKAM. 93

aussi parlaiic, il laiii Cire mi bien <;iaiKl artiste. Voyons donc un peu ce que Jii Je ce peintre si lin, si délicat, si maitrc de ses ellets, si puissant, le catalogue du musée Laca/e ' :

<( N" 4(). — Hiu:ki:i. r:\KAMi' {(Jiiiryn iwi] traraillail 01 i66<S'. ).

C'est peu ; mais le catalogue du musée Lacaze est beaucoup trop laconique. Celui du Louvre, plus complet, moins sommaire, ne nous ménagera sans doute pas autant les détails-. Consultons-le donc.

(( BRl:(:K^:LI:NCA^U' ou Bri:klincamp [Qiiiriii l'aii vivait eu 1660 et en 1668 (École hollandaise). On ignore la date de sa naissance, celle de sa mort et le nom de sa ville natale. Quelques auteurs le disent élève de Gérard Dov, sans donner aucune preuve à l'appui de leur opinion, et seulement parce qu'ils croient trouver dans ses travaux une imitation de la manière de ce maître. Les dates des peinturées de ces deux artistes prouvent seulement qu'ils étaient contemporains, w

Voilà encore qui est bien maigre. Ainsi, à Paris, on ne sait rien sur ce peintre aimable, on n'est pas même fixé sur l'orthographe de son nom. Peut-être, dans son pays natal, sera-t-on mieux renseigné. Mais non \ le catalogue du Trippenhiiis'^ se borne à mentionner seulement le nom de notre artiste, en l'orthographiant d'une façon nouvelle,

1. Notice des tableaux légués au musée du Louvre par M. Louis Laca\e. Paris, 1873.

2. Notice des tableaux exposés dans les galeries du Louvre, par Frédéric Villot, conservateur des peintures. 1^ partie, Ecoles allemande, flamande, hollandaise; g" édition.

3. Notice des tableaux du musée d'Amsterdam. Amsterdam, 1876.

Brekfm;xkam. Et même, si nous en croyons le catalogue du musée de Berlin \ ce serait là la véritable orthographe. JMM. Julius Meyer et Wilhelm Bode n'en reconnaissent pas d'autre -. Quant aux indiscrétions biographiques, ils se montrent tout aussi parcimonieux que leurs collègues d'Amsterdam et de Paris. « Les détails de son existence et le lieu où il travailla sont inconnus. Les peintures datées de sa main sont comprises entre les années i()53 et 1669 ' » ; et voilà tout.

Cette absence de tout commencement de biographie n'était pas sans chagriner les amateurs et sans contrister les critiques. L'un d'eux, et des plus compétents, M. Paul Mantz, avait même, à différentes reprises, témoigné son mécontentement de ne pouvoir percer l'obscurité qui continuait d'envelopper Brekelenkam. Dans un excellent article publié en 1874, à propos de la collection Suermondt% il avait adressé un premier appel à tous ceux qui pouvaient éclairer la vie de ce peintre si intéressant, de cet artiste si précieux. En 1878, à propos du musée d'Augsbourg, il in\oquait de nouveau le secours de ses confrères, et même dans un passage charmant, où il dépeint magistralement le talent du maître qui l'inquiète, passage que je demande la permission de reproduire ici % il prenait directement à partie l'auteur de ces études.

« Quiryn Brekelenkamp, disait M. Paul Mantz, ce

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