‹ L'art et les artistes hollandais (volume 5)Chapitre 40 sur 63 · PHILIPS DE KONING · texte numérisé non relu

PHILIPS DE KONING

oici encore un peintre de premier mérite dont la biographie est des plus tjbscures. Je n'ai certes pas la prétention de la démêler complètement, ni surtout de déterminer exactement l'étendue et le caractère de son œuvre.

Celui qui voudra assumer cette charge entreprendra une besogne difficile, car rien n'est moins clair que la part qui revient à ce grand artiste, non seulement dans le lot collectif de ses homonymes, mais aussi parmi les ouvrages attribués à d'autres maîtres plus recherchés et mieux cotés dans le monde des arts.

Il est à remarquer, en effet, que les tableaux de Philips de Koning, relativement abondants à la fin du xvii' siècle et au commencement du siècle suivant, cessent tout à coup, vers le milieu de celui-ci, d'apparaître dans les ventes. Comment expliquer cette disparition subite^?

I. Le premier volume des catalogues de Hoet ne mentionne pas moins de douze ouvrages du maître. Le second n'en enregistre plus qu'un.

Un mauvais sort pèse-t-il sur sa peinturer Par quel hasard, ses toiles fort estimées jusque-là, et dont quelquesunes, au dire des faiseurs de catalogues*, ne le cèdent en rien aux ouvrages de Rembrandt, cessent-elles de figurer dans les collections? Autant de mystères dont il n'est pas absolument impossible de deviner la cause, mais qu'il est bien difficile d'éclaircir complètement. Ceux qui, de nos jours, ont tenté de résoudre le problème, se sont fourvoyés pour la plupart, Biirger tout le premier. Il ne faut donc désormais aborder la question qu'avec une prudence extrême.

« Philip Koninck, dit l'auteur des Musées de Hollande^ ^ est né à Amsterdam, en 1G19, probablement, et il a étudié chez Rembrandt vers 1640, au milieu de la pléiade illustre, Bol, Flinck, Jacob Backer, van den Eeckhout et autres. Personne ne s'est mieux que lui approprié le style panoramique de Rembrandt dans le paysage, et ses vues de Hollande, souvent signées, détachent son individualité de tout mélange avec une autre. Nous pourrions citer une vingtaine de ses paysages parfaitement incontestables, dont une dizaine peut-être avec des signatures ou monogrammes et même avec des dates. Il est certain poin^ nous qu'il na jamais peint que le paysage, et nous défions qu'on montre de lui un tableau à figures avec un signe quelconque^, nom ou monogramme, qui prouve l'attribution. »

1. Notamment le Philosophe assis, vendu à Amsterdam, le i6 septembre 1739, et qualifié Zo goed als Rembrandt et la Scène biblique, vendue le 27 avril 1640, et que le rédacteur du catalogue déclare être « Niet minder van deugt als Rembrandt. »

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