PORTRAIT DE PHILIPS DE KONING
(Dessin de C. Goutzwiller, d'après Houbrakcn.)
décembre 1640. On voit que le pauvre artiste avait été marié bien peu de temps.
Voici la copie de ce premier acte de mariage :
Dcji c? december 1640.
Extraordinaris ^
Cojnpareerden als rooren, op den act van V. Berlicom
I. La Diaconie, Onde mannen en Vroinvenhuis, hospice des vieillards, existe encore, bordant l'Amstel d'une de ses façades et de l'autre le Nieinve Kei::ersgracht. Il serait donc facile de retrouver la demeure de Philips de Koning, si tant est qu'elle n'ait pas été détruite.
sccrc/<.Tris te Rollci-daiu iui^e/cckcud Philips Coninck i>a?i A. en CoRNELiA FuRNERius bcydc içrctvojvt tôt Rotterdii}}!.
C'est-à-dire :
Le S décembre 1640,
A l'extraordinaire,
Ont comparu comme plus haut, d'après acte enregistré de V. Bcrlicom, secrétaire à Rotterdam, Philips GoNiNCK, d'Amsterdam, et Cornellv Furnerius, tous deux mariés à Rotterdam.
Comme contre-partie de cet acte, nous relevons sur les registres matrimoniaux de Rotterdam^ la double mention suivante :
Jacob heY \i.eers^ jongman van Leydcn met Elisabeth Furnerius ived^ van Gerrit Bâton.
Philips Coninck, jongman van Amsterdam, met Cornelia Furnerius, jonge dochter van Rotterdam.
Dese twee par en syn getroiit den i january 1641 . Présent Nobel en Sonmans (biirgmeesteren).
Ce qu'il faut traduire :
Jacob de Vileers, jeune homme de Leyde, avec Elisabeth Furnerius, veuve de Gérard Bâton.
Philips Coninck, jeune homme d'Amsterdam, avec Cornelia Furnerius, jeune fille de Rotterdam.
Ces deux couples ont été unis le i" janvier 1641, en présence de Nobel et Sonmans (bourgmestres).
I. Dans le Stadstroiiwboek n" 2, à l'hôtel de ville de Rotterdam.
l' Il II 11' s Dl. KOMNG. Ijy
Ce n'est pas sans intenti(in que j'ai donne en entier ce double acte. On y remarquera que, sauf le nom de Philips, t<nis les autres, j'entends ceux des jeunes époux, sont d'()i-ii;inc Irançaisc : de \'illers, Haton, et I-'urncrius qui n'est autre que le nom de Fournier, latinisé sans doute par quelque prédicant, ou par quelque professeur père des deux liancées, et que nous retrouvons sous sa vraie forme dans l'acte d'Amsterdam du i \ a\ril if'tny, et légèrement falsitié (Cornelia Fornier) dans l'acte de Rotterdam du i3 mai de la même année.
Or ce nom de Fournier, ou pour mieux dire de Furncrius, figure parmi les disciples de Rembrandt. Hoogstraaten le cite comme un de ses camarades d'école : « Furnerius, dit-il, qui devait montrer dans la suite tant de talent dans le paysage'... » M. A^osmaer, de son coté, le retrouve avec son prénom d'Abraham dans plusieurs dessins du musée de Dresde, paysages au faire large et à la touche savante ^ L'historien de Rembrandt le rencontre en outre dans les catalogues de Bosch et de Muilman, auxquels on peut ajouter encore celui du graveur Feitama% où il est qualifié « Discipel van Rembrandt, A% 1647 "
Donc, en présence de cette coïncidence pour le moins singulière, on est amené à se demander si l'Abraham Furncrius du musée de Dresde, le Furncrius des catalogues et le Furncrius de Hoogstraaten, qui assuré-
1. Voir Inleyding tôt de Hooge schoolc der Schilderkunst, p. 95. Voici le passage auquel il est fait allusion : Ik stelde wel eer in on:^e schilderschool aen Furnerius, die namaels in ^ijn lantschappen :^eer aer~ dich was, dee:;e vraeg voor : Waer uit dot men y onde weeten en kennen, of ecn Historié ivel was uitgebeelt... »