La Schoutesteeg ou « ruelle du bailli
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La seconde mention, postérieure de trente années ù la première, est du 8 février lôi^. En voici la copie :
Dirck Both inde Schoiitestccg- Jialat" een mundige dochler met ccii onmondicJi dochtcrskindt.
Je traduis :
Dirck Both dans \i\Sclu)utesteci^\ laissant une fille majeure et de sa fille un enfant mineur.
Ainsi donc, à cette époque, tous les autres enfants du vieux peintre sur vitraux étaient morts. Par conséquent, Andries et Jan n'étaient plus de ce monde.
C'est à cette seule certitude et à la maigre récolte de documents latéraux, dont on vient de lire la copie, que se trouva réduite notre visite à Utrecht et notre enquête dans les archives. Le résultat était peu satisfaisant, à vrai dire, d'autant que rien ne laisse prévoir dans quel lieu on pourrait continuer utilement les recherches.
Revenant à notre Jan Jansz Both d'Amsterdam, et à la qualification de schilder qui lui est donnée par les mentions de la Chambre des Orphelins, nous sommes amené à conclure que la Hollande a possédé en même temps deux peintres du même nom, et à nous demander à quel genre de peinture s'est adonné le second, celui dont les œuvres ne sont point parvenues jusqu'à nous.
Un mot, dans la seconde des pièces dont nous avons publié plus haut le résumé, va nous fixer à cet égard. La mention in't goude Leerhiiis (dans la maison aux cuirs dorés) ne désigne pas, comme on pourrait le croire, une maisoo tendue avec ces beaux cuirs étampés, gaufrés,, repoussés au marteau, peints de couleurs changeantes et rehaussés d'or, mais bien la fabrique même où l'on apprêtait ces admirables tentures.
JA\ nom. l8i
Loiii^temps on s'ctaii (.Icmaiulc d'où pro\ci)aicnt ces niagnifuiLics spccinicns de l'art du « coi-doiiamiicr » qu'on rencontre presque à chaque pas en Hollande. Avaient-ils été importés d'Kspaj^ne ou de Portu<;aI : Étaient-ils, au contraire, le produit de l'industrie hollandaise ? C'est ce qu'il était assez dillicile de préciser. Les documents relatifs à Jan .lans/. lîoth jetterit une première lumière sur ce point, tandis qu'un document consigné sur les Rci^is/)\'s des actcs^ poision.s cl octrois des Ktats- Généraux, achè\c de lc\er tous les doutes qui pouvaient encore subsister à cet égard.
Comme cette restitution a son importance, je demande la permission de résumer ici ce document. Le vc^ici donc débarrassé de ses paraphrases sacramentelles et de ses formules otlicicUes et redondantes.
OCTROI POUR J.VCOB DIRCKSZ I)F. SWART ET H AXS Li: MAIRE
Les Etats-Généraux, etc., sur la requête présentée par Jacob Dirckszde Swart, gainier (custodiemaker) de son Excellence, et Hans le Maire, tous deux bourgeois de la Haye, •expliquant qu''après de longues années ils sont parvenus à fabriquer des feuilles de cuir peintes de diverses couleurs et ■dorées, et que, grâce à leur travail et à leur industrie, ils sont •arrivés, à Taide de procédés artistiques par eux inventés et inconnus avant eux, à pouvoir représenter des personnages, des histoires, des bosquets, des chasses et autres sujets divers; qu'en •outre, ils sont parvenus à imprimer avec toute espèce de couleurs sur des tissus tels que satins, taffetas, toiles de lin et autres étoffes, desquelles impressions ils ont fait des échantillons; et que ces échantillons ayant été présentés à leurs Excellences le prince et la princesse d'Orange, LL. AA. en ont exprimé un tel contentement, que la haute princesse a témoigne le désir d'avoir quelques chambres tendues de la sorte. ^L^i^
i82 L'ART IIOLI.ANDAIS.
que les suppliants sont dans Pimpossibilité de mettre en pratique leurs procédés et inventions, parce que la divulgation permettrait à d\iutres de iaire de pareils cuirs dorés et argentés, au grand dommage et à la ruine de leurs personnes. Ils demandent en conséquence qu'il leur soit permis, seuls et à Texclusion de tous autres, de fabriquer et de vendre les produits dont ils sont les inventeurs.
Nos postulants exposent ensuite qu'un certain Claes Jakobsz, marchand à Amsterdam, a depuis environ une année obtenu des États de Hollande un privilège du même genre pour pouvoir seul, dans les provinces de Holland et West-Frisland, jfaire certaines sortes de ces mêmes cuirs dorés, mais qu'ils ont acquis la preuve que ce Claes Jakobsz tirait ses instruments et faisait venir ses ouvriers du royaume du Portugal et autres pays, les faisant transporter à grands frais, et que toute son industrie s'exerce par des mains étrangères, par lesquelles il fait façonner et imprimer ses cuirs, fabriquer ses couleurs au grand détriment des travailleurs nationaux. Qu'au contraire, les suppliants offrent d'établir une invention nouvelle qui n'a Jamais été exploitée, pas plus en ces provinces qu'en d'autres pays, et dont les produits atteignent une perfection qu'on ne peut obtenir qu'avec leurs procédés. Qu'en outre, ils procureront du travail aux bourgeois de la ville et répandront ainsi l'aisance dans le pays, etc.
Le privilège est accordé pour une durée de sept années, comprenant les impressions en or, argent de toutes nuances, non seulement sur le cuir, mais encore sur les satins, taffetas, toiles de lin et autres étoffes pouvant servir comme vêtements, tapis et tentures de salles, chambres, voitures et autres, défendant à tous et chacun, dans cette période de sept années, de contrefaire les produits de « l'art décrit ci-dessus » [voorschrevenciinste), de fabriquer ni vendre, ni colporter, sous peine de la confiscation des ouvrages contrefaits et en outre d'une amende de 3oo florins carolus à partager, etc.
Fait à la Haye, le 17 décembre lûij.
Ainsi donc, grâce à cet octroi des États-Généraux, nous savons qu'en iOi3 il existait déjà deux fabriques de cuirs
JAN l'.oill, 181
dores cl i;;iiirics; ruiic, sise à Aln^tcl\l.•ln1 cl diii^cc par (^lacs Jacobs/ ', iiisiallcc depuis 1111 an, laisaiii iravaillcr des ariisles porluf^ais, cl favorisé par un privilège des Ktats de Hollande; raiitre, établie à la Haye, employant un procédé nouveau cl occupant des ouvriers du pays. Cette dernière joij^iiait à sa labricalion des ateliers d'impression sur étoiles, et jouissait du pri\ilège à elle accoixlé par les États-Généraux.
Il est probable que ces deux maisons rivales se firent une assez ihkIc concurrence. (Cependant, ni l'imc ni l'autre ne succombèrent dans la lutte. Nous lisons, en clTet, en i(358, un nouvel octroi des États-Généraux qui renouvelle le privilège de la veuve et des héritiers de Jacob de Swaart; pendant qu'un autre octroi de la même année nous apprend qu'une nouvelle fabrique, dirigée par un certain Charles de Riemcr, s'était élevée à Dordrecht. Enfin nous savons, par les documents relatifs à Jan Jansz Both, que la maison d'Amsterdam continuait d'exister. Toutefois, un nouvel arrêté, toujours de cette même année i()58, nous apprend qu'à cette époque la fabrique amsterdamoise était passée entre les mains d'un sieur \^an den Heuvel, lequel avait sans doute succédé à Claes Jacobs.
Quant à l'adresse de cette dernière fabrique, elle nous est révélée par l'acte mortuaire suivant, qui clôt la biographie de Jan Jansz Both, le modeste artiste, premier objet de cette notice.
I. Nous manquons de renseignements précis sur Claes Jacobs, mais avec Jacob Dircksz de Swart nous sommes plus heureux. Nous savons qu'il était primitivement gainier et, dans ce genre, habile artiste, puisqu'il était fournisseur du stathouder; et un privilège qu'il avait obtenu deux ans plus tôt (8 juin 161 1), pour un nouveau système de boucliers et rondaches, nous le dénonce comme un industriel ingénieux et inventif.
Deccmbcr !(")()().
//. Jaii Jûiisc Bout op de Uytei'sestraat aiide osscmarct Leydschc Kcrkhoff Y, : 7.
Ce qu'il faut lire :
Le 14 décembre 1G66, inhumation de Jan Janse Boot, demeurant dans V UtJ^echtschestraai , sur le marché aux bœufs. Enterré au cimetière dit de Leyde, division E, fosse 7,
Sil7J^A:Ju'jJJJLLi^j^j.l^'^y^^:-.Myi''ju'^j^Lk:!j^^ju'^\jL:j,iA:^'^'^ tMi\
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DIRCK ET PIETER SANTVOORT
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on. A encore deux de ces peintres dont les productions (pour l'un au moins) ont trouvé un accueil bienveillant dans les plus illustres musées, et dont on ne sait rien, absolument rien, pas même une date.
Ni Houbraken, ni Campo We3'erman, ni van Eynden, ni Pelkington, ni Descamps, ni Balkema, ni van Goll, ni Biirger n'écrivent ce nom. Immerzeel lui-même l'oublie. Il semble que pour eux il n'ait pas existé, Kramm est le premier qui le mentionne % et pouvait-il faire autrement, quand Santvoort figure sur les catalogues du Louvre et d u Trippcii h u is - ?
I. Voir De Levens en Werken, déjà cité (Amsterdam, 1861), t. V,
2. Voici la description du tableau qui se trouve au Louvre telle que la donne le catalogue de M. Villot :
« 477. Jésus-Christ à Einmaiis : Bois, haut., o'",6ô ; larg., o™,5o.
« A droite, Jésus-Christ, vu de prohl, assis devant une table ronde, bénit le pain et lève les yeux au ciel. Au milieu, un vieillard à longue barbe
Après Kramm, M. Waagcn, dans son Manuel \ et M. van der Willigcn, dans l'excellent livre qu'il consacre
blanche; à gauche, un autre vieillard dans l'ombre; tous deux dans Tattitude de l'étonnement. Au fond, à droite, un serviteur, coiffe d'un turban, descend un escalier en portant un plat. — Signé au bas, au milieu du tableau, D. V. Santvoort, i633. »
(( La description du tableau conservé au Trippcnluiis est ainsi conçue :
N" 3o2. Portraits du seigneur de Bas et de sa famille. H. i32. L. 25o. B. Fh. 90.
n Au centre du tableau sont assis, en se donnant la main, le seigneur DiRK DE Bas et son épouse Margriet Snoek. II a la barbe grise, la tête couverte d'un chapeau noir, une large fraise et un- manteau noir bordé de fourrure. Elle est vêtue de satin noir, une très large fraise autour du cou, et la tête couverte d'un petit bonnet. A gauche, se tient debout, en posant la main sur le dos de la chaise de son père, leur fils Jacob, le chapeau à la main, en satin noir, large collet de dentelle, les cheveux blonds. A côté de lui, leur fille Magtilda et son époux Abraham de Visscher, tous deux en noir avec de larges collets de dentelle, la femme en satin et tenant à la main un éventail en plumes d'autruche, le mari en manteau et le chapeau sur la tête; il indique du doigt son fils qui se tient devant lui en habit rayé bleu, une petite toque relevée de plumes et tenant un petit chien brun. A droite, à côté de la mère, est placée la seconde fille Agatha, mise comme sa sœur, et ayant dans la main une chaîne d'or; à côté d'elle, son frère Nicolaas, en habit gris, collet de dentelle, botte de cuir jaune, chapeau sur la tête et canne à la main; tout à fait à droite, la troisième fille Elisabeth, habillée, ainsi que les deux sœurs, en robe noire, et un éventail de plumes à la main. Les figures sont toutes en pied, les costumes sont riches et selon la mode du xvi*' siècle. Dans le fond est une porte entr'ouverte à travers laquelle oa voit une partie d'un grand tableau.
« Dans la partie supérieure du tableau se trouvent 9 armoiries de famille. »
Enfin, un troisième tableau de Santvoort, également réunion de portraits, se trouve à l'hôtel de ville d'Amsterdam, où il est catalogué sous la rubrique suivante :
« Santvoort Dirk (?) vivait à "Amsterdam, au milieu du xvii"^ siècle. Toile, haut., 2'",o5; larg., 2",95. — Tableau de corporation avec cinq personnages représentant les quatre syndics de la halle aux serges, assis à une table que recouvre un tapis vert. Sur un livre, posé sur la table, on lit : « Anno 1643. Dese gedaen naer s' Jacques de Win, Pieter Noor— DYCK, Gerrit Kuycken, Gerrit Anslo. » Le cinquième personnage est le domestique de la Halle aux serges; il se nommait Jan Stockmans. »
1. Voir Manuel de l'histoire de la peinture, Écoles allemande, flamande.. hollandaise (i863), t. III, p. 37.
DiRCK ET l'ii Ti lî S wrvoofrr. 187
aux ailistcs de sa ville natale', soin a\ec .M. Siret à peu près les seuls biographes qui s'occupent, le premier, ele Dirck, et le second, de Pictcr.
« D.-D. Sandvooki) {sic% écrit M. W'aagen, se distingua surtout dans le portrait. On peut le Juger par son tableau représentant (^)italrc Ikiiucs, slu^né et daté de HV3S, au Werkhuys d'Amsterdam-. Les têtes sont d'une grande vérité, malgré leur ton jaune un peu lourd. Il brille moins dans la peinture historique, comme on peut voir par le (Ihrisi cl les pèlci'iiis d'I'.iiiinaiis, iG'3'3,au Louvre. n° 477, tableau faible de couleur et de procédé. »
Et c'est tout. Pas un détail biographique, pas une date.
Pour M. van dcr Willigen, il ne parle que de Pieter, et n'est guère plus explicite. « Pieter vax Santvoort. dit-il, était un peintre originaire de Haarlem. Le registre des décès mentionne qu'il fut enterré le 10 octobre 1681 au cimetière de S -Anna. »
Quant aux autres biographes, c'est en vain que nous les interrogerions. Voici ce que AL Siret, qui les résume tous à lui seul, peut nous apprendre sur le compte de nos deux peintres :
« Santroort ou Va7i Santvoort E. H. xvn* siècle. Marines. — Détails inconnus. Nagler le nomme Pierre van Santvoort — on lui attribue un paysage gravé — manière de Jan van Acken ou de Breughel ; coloris très gris. »
« Saiitvoort (Thierry van) E. H. i635; histoire et portrait. — Détails inconnus. — Portraits de quatre dames. Amsterdam (maison de travail).. — Le Christ à Emmaiis,