‹ L'art étrusqueChapitre 101 sur 357 · Munumeiili, I, pi. XLIII, E · texte numérisé non relu

Munumeiili, I, pi. XLIII, E

h. Bas-relief de Florence représentant une maison.

('•. Koti-U; lî<87, p. 9,">.

au lieu d'être en saillie comme les précédentes, sont soit à l'aplomb du mur, soit même en retrait (fig. 139, 2, 3, 10). Quelques-unes ne sont pas sans quelque parenté lointaine avec celles de l'Egypte et de la Phénicie '. L'imitation est très libre et montre de la part des architectes étrusques une certaine indépendance; mais c'est l'indépendance d'ouvriers inintelligents, qui n'ont pas le sentiment du style qu'ils imitent et dont toute l'originalité se borne à déformer, à surcharger, à alourdir les formes et les reliefs dont le modèle est venu jusqu'à eux, sans doute par l'intermédiaire des ouvriers phéniciens. A cet égard l'autel qui figure sur une des plaques peintes de Cervé-

Fig. 139. — Profils lie moalares de style ssialiiinc. DcnnLs I. p. 186. 91C, 38S; II, p. l.^.

tri est un exemple curieux. 11 est impossible de rêver quelque chose de plus luurd et de plus disgracieux que cet entassement do moulures sur une base hémisphérique (planche IV, 2).

A côté des moulures (jue j'appellerai, si l'on veut, les moulures d'imitation égyptienne, vous en trouvez d'autres en Etrurie qui raj)pellent la iiiodéiiature hellénitjue, en particulier les cymaises des frontons et des architraves, les listels, les tores et les scoties des bases, les échines et les gorgerins des chapiteaux, les triglyphes du dorique, les oves, les perles, les raies de cœur, les postes, les ]»orles, les entrelacs, les denticulcs, les volutes et les t'euillages, tnus les ornements enfin de rioni(|ne et du corintliien. Mais ici encore tout est défiguré et abâtardi. L'architecte étrusipio, en emj)runtant tous ces motifs, ne se rend pas comi)te de leur valeur logique et pdur ainsi dire

1. Perrot et Chipici, lliil. <U lart,î, p. 603; III, p. lîll'.'û.

organique. Il les répand à tort et à travers partout où il a un champ vide à remplir, et il lui arrive souvent de les placer où ils n'ont aucune raison d'être : c'est ainsi par exemple que les triglyphes, dont le rôle est de décorer des architraves, lui servent ù garnir un socle ' ou le milieu d'un 2>ilier ".

D'autres moulures enfin dérivent des procédés de la construction en charpente. Dans un contrat d'adjudication trouvé à Pouzzoles ' il est question de doucines à clouer à l'extrémité des solives et des chevrons : cette pratique était familière aux charpentiers étrusques. Sur les plafonds en caisson, on distingue des quarts de rond et des filets qui jouent le rôle de moulures rajjportées le long des angles rentrants et qui dissimulent les joints des solives ''.

En résumé, les Etrusques n'ont pas de moulures qui leur soient propres. Ils prennent de toutes mains, reproduisent, sans se préoccuper de la précision du style, les motifs les plus divers, les associent, les combinent au gré de leur fantaisie, les détournent enfin de leur destination primitive : il est évident que pour eux tous ces détails empruntés n'ont pas de sens et ne dérivent pas d'un système raisonné.

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