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LES TOMBES A POZZO SONT-ELLES ÉTRUSQUES

Avant d'aller plus loin et de considérer dans le détail le contenu des tombes à pozzo, nous devons montrer que ces tombes sont bien étrusques : c'est un point sur lequel tout le monde n'est pas d'accord.

On remarquera tout d'abord que ce type de sépulture se rencontre précisément dans les régions de l'Italie oii nous savons que les Etrusques ont vécu pendant des siècles. On le trouve en effet au nord de l'Apennin, à Este, à Villauova, mais surtout à Bologne, c'est-à-dire dans im pays où les Etrusques ont eu de nombreux établissements, et sur l'emplacement d'une ville {Felsina) qu'ils ont fondée et qui a été la capitale de leur confédération dans ces parages". On le trouve d'autre part au sud de l'Apennin, dans le pays que l'on peut considérer comme la vraie patrie des Etrusques, en Toscane. Et là les tombes à pozzo ne sont pas un accident isolé : on peut dire qu'il y en a à peu près partout. Des ossuaires et plusieurs objets de style villanovieu ont été signalés à Arezzo, à Cervétri, à Cortone, à Grossetto, à Cosa, à Orviéto, à Pérouse, à Sienne, à Viterbe, à Vulci''. Les reuseiguements précis manquent sur les fouilles qui ont donné ces objets, mais il est certain qu'ils proviennent de ces diverses loca-

1. XvtUie, ls81, p. 349, pi. V, IS ; 188-2, p. 148, 150,178, 180.

2. II suffit de rappeler d'un mot les belles découvertes faites depuis 18.53 par Mil. Gozzadini et Zannoui à Villanova, à la Certosa de Bologne et sur plusieurs points de l"antique nécropole de Felsina. Voir Gozzadini, Di un sepohreto etrusco sco-

perto presso Bolofjna. — Intornoad altre... tombe del sepoJcreto etrusco. — La Nécropole de Villanova. — ,Intorno ayli scaci... Arnoaldi Veli. — Zaunoni, Cli Scavi délia Certosa. — La nécropole d'Esté a été décrite dans les Xoti3ie, 1882, p. 5 et suW.

3. Toutes les indications ont été recueillie.'! avec soin par JI. Undset. (Annali, 188.3, p. 32-47.)

lités et Ton est fondé à croire qu'il y avait là des pozzi. Ailleurs, à Bisenzio', ('liiusi = , Cornéto', Livourne', Sartéano', Tolt'a d'AlIumiere', Vétuli-uia', Volterra*, ce genre de sépulture a été constaté par des fouilles méthodiques, dont plusieurs, celles de Cornéto et de Vétulonia entre autres, ont eu dans le monde archéologique un grand retentissement. Quand toute la Toscane aura été explorée avec soin par des personnes préoccupées avant tout des intérêts de la science et capables de rédiger les procès-verhaux de leurs découvertes, on verra que l'usage de la sépulture à puits a été universel dans cette partie de l'Italie à un moment donné. Mais dîs à présent on peut observer, et c'est là un fait capital, qu'il y a des pozzi dans le voisinage de presque tous les grands centres de population étrusque historiquement conims et que l'emplacement des nécropoles de ce genre les plus considérables correspond à l'emplacement des cités étrusques les i>liis importantes, Chisiinii , Fcl.v'na, Tarquimi, Vetvloiii'a. Il y a là une coïncidence fraj>pante, laquelle est en favi-ur de l'origine étrusque des tombes k pozzo.

Mais, dira-t-on, lespoz^/'ne peuvt-nt pas appartenir aux Etrusques, I)ar la raison que ce sont des séjniltures à incinération et que les sépultures véritablement étrusques, celles dont on véritie l'origine au moyen des inscriptions, sont toutes à inhumation; on y retrouve les squelettes entiers couchés sur des lits funéraires". Est-il possible d'admettre que les Étrusques aient brusquement changé de rites funéraires et sul'stitué du jour au lendemain l'inliumation à la crémation? Si donc dans les nécropoles de l'Italie centrale l'incinération fait place à l'iidiumation, il faut suppo.ser qu'tuie race d'hommes nouvelle, une race <|ui ne brûlait pas ses morts, s'est jetée sur la Péninsule, a vaincu les anciens occupants, les a anétintis, ou tout au moins a si bien réussi

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