‹ L'art étrusqueChapitre 243 sur 357 · Corsvto. Helbig, Annali, 18r>3, p. 844 et · texte numérisé non relu

Corsvto. Helbig, Annali, 18r>3, p. 844 et

euiv.. tnv. d'agg. M. Bulltdno, ImJS, p. 107; Mi>numrnri, VI, pi. LXXIX, Brann, Annali, l»66, p. 425. Dcnni», I, p. 3TT-880.

LA PEINTURE

fient guère l'aspect général de ces tableaux.

Les danseurs sont tantôt nus avec un pague autour des reins, tantôt vêtus d'un manteau court brodé sur les bords et dont les pans flottent; ils ont souvent une couronne sur la tête. Les danseuses sont parées avec tout le luxe que comporte leur métier. Elles étalent des robes voyantes, mouchetées de petits dessins, dont l'étoffe légère et transparente se prête à tous leurs mouvements et les découvre autant que si elles étaient sans voiles. Par-dessus est jeté une sorte de châle d'un tissu plus consistant et d'une nuance moins claire, tout orné de broderies, dont les pans, plissés avec art, s'agitent comme des ailes, et avec lequel il semble qu'elles jouent.

Les pieds sont souvent chaussés de riches san-

dales. La chevelure flotte en longues tresses et mêle ses couleurs sombres à l'éclat des vêtements, tandis que sur la tête, autour du cou, aux oreilles, aux bras, aux doigts brillent toutes sortes de bijoux. La ballerine se montre dans toute la gloire de sa parure de théâtre.

3' Jeux. Comme le banquet et comme les danses, les jeux tigurent souvent sur les fresques étrusques. Pugilats à main libre ou avec le ceste, sauts à la perche, sauts avec haltères, luttes corps à corps, courses à pied, à cheval ou eu char, tirs à l'arc et au javelot, danses de V ascoliasmos sur des outres gonflées, danses de pyrrhicistes, gladiateurs, discoboles, bateleurs, nains, bouffons, mimes, charmeurs de serpents, équilibristes, acrobates, musiciens, singes, rien ne manque de tout ce qui constituait d'ordinaire les réjouissances publiques en Etrurie, si ce n'est ces fameux jeux scéniques dont l'usage existait chez les Etrusques, puisque c'est d'Etrurie qu'ils furent apportés à Eome. Des rhabdophores se promènent au milieu de tout ce monde et font la police des jeux avec des bâtons (fig. 286). Ces différentes scènes fonnent rarement des tableaux séparés. Elles sont le plus habituellement représentées pêle-mêle dans le cadre d'une seule et même composition, comme si le peintre s'était moins préoccupé de reproduire l'aspect vrai du spectacle que d'en montrer toute la variété au moyen d'un certain choix de groupes significatifs, disposés les uns à côté des autres.

Les jeux du cirque sont ceux qui reviennent le plus souvent. Tantôt ce sont deux cavaliers lancés au galop, dont l'un s'apprête à lancer le javelot, tandis que l'autre armé d'un arc est assis sur la croupe de sa monture comme un écuyer faisant des exercices de voltige (fig. 265). Tantôt c'est le défilé des concurrents avant la course ' : trois chars {hi'f/œ) avec un cocher debout, s'avancent au pas l'un derrière l'autre; un quatrième va suivre, mais on est en train d'atteler les chevaux. Le défilé s'exécute devant la tribune oîi sont assis les invités : celle-ci est une estrade avec un rideau qui fait tente : sous l'échafaudage sont accroupis de vulgaires curieux qui ont réussi â se glisser hV et cnntem-

i. Tombe Mit bighe k Cornito; on rappelle 1 Mic.ili, .VoiiPimwfi /i^rKn-ir.-, pl.LXVIII. Denni». kasti groUe Slacttlirrg. MiuroGrti/orlaiio, p]. Cl- \ I, p. 378-375.

LA PEINTURE

plent le spectacle. Ailleurs, des fresques nous transportent au milieu même de la course : les chars sont lancés dans la carrière et longent la spina du cirque , laquelle est figurée par des poteaux surmontés d'une touffe de feuillage, peut-être des cyprès (fig. 291). Les cochers vêtus de tuniques blanches, avec un petit bonnet sur la tête et un fouet à la main, se tiennent lebout sur leur char, les rênes la'i'if'es derrière

Fig. 2G6. — Viande, gibier, TolaîUe pour les apprêts dû bauquet funèbre. Tombe Golini îi Orviéto. Conestabilc, Pillure miiraU. pi. IV.

le dos, et se penchent en avant pour ne pas perdre l'équililn-e '. Voici maintenant les accidents de la course, les chevaux qui tombent, le cliar qui vole en pièces, le cocher qui culbute'. Voici d'autre part la lutte terminée, le vainqueur en tête, levant les bras en signe de triomphe, et les concurrents battus suivant d'un air confus'', ou liien encore le vainqueur descendu de cheval et venant

1. Tombe CasucciniàChiusi.Brunn, Amiall, 1851, p. 255-2G7. Mommenli, V, pi. XXXII-XXXIV. Dennis, II, p. 321-.'527.

2. Depofito (lei <hi h Gbiasi. Micali, Monnmenli jter servire, pi. LXX.

3. Grottadelk iscrhioni k Cornéto. Annnli, 182i>, p. 10(i; 1^31, p. 311) (Gerhard); 1863, p. 343 (Helbig); 18GG, p. 423 (Bruno). Mic.ali, ihnumenti per sciTire, pi. LXVII, fi, G. ^fll.<eo Gregoriano, I, )'l- cm. Dennis, I, p. 3G4-368.

LART ETRL'SgUE.

recevoir ses couronnes aux sons de la musique, eu présence de la personne qui donne les jeux et qui les préside, assise sur un fauteuil, les pieds sur un tabouret, à l'ombre d'un grand parasol '.

4° Mort et funérailles. Ce genre de sujets revient moins souvent que les précédents. Deux fresques de Cornéto, provenant l'une de la tombe ciel morto' , l'autre de la tombe <h'l moribowlo^ , nous montreut la chambre mortuaire : un défunt est couché sur un lit et autour de lui se presse sa famille é[ilorée : on lui ferme les yeux, on lui couvre la tête d'un capuchon {tiitulus), au son de la musi(ine des pleureurs et des pleureuses. Dans la tombe ciel letto funèbre ' on voit un grand lit vide, sorte de lit de parade avec deux oreillers, sur chacun desquels est posé un tutulus. C'est la couche qui vient sans doute de servir ù l'exposition de deux corps. Ceux-ci ont été emportés au bûcher ou au tombeau, mais la décoration funéraire reste jusqu'à ce que la cérémonie des obsèques soit achevée. Une fresque de la tombe Golini, ù Orviéto, nous fait assister aux préparatifs du banquet funéraire : nous voyons les pièces de viande et de gibier, les volailles suspendues sous un hangar, et plus loin les esclaves disposer des taliles pour les coiivive.s (fig. 266, 279)=.

5" Défiés funèbres. Je classe sous ce titre un peu vague un certain nombre de scènes d'un caractère indéterminé et qui montrent des groupes en procession. Ici c'est un génie ailé qui tient une jeune fille dans ses bras et la porte vers un autel, accompagné de divers personnages". Là c'est une figure d'enfant qui s'avance à cheval, conduite ])ar deux génies dont l'un porte un maillet". Dans la tombe Golini, à Orviéto, on voit un personnage vêtu d'une toge blanche bonlée de ])ourpre et debout sur un char; une femme ailée marche à côté de l'attelage; derrière le char, se tient un joueur de trompette". Dans la

1. Cbiusi, tombe dtlta tcimia. Voir plus loin, p. 111, fig. 278.

2. Jnnali, 18«8, p. 323-342 (Hdbig); ISfiii, p. 423 (Brunn)i 1«70, p. 47, 48 (Helbig). .1/onumtnti, II, pi. II. Muico Grtgoriano, I, pi. XCIX. Dcnnii", I, p. 325-32". Voir p. 4:I0, fig. 2».').

8. Bri/io, Bulletiiio, Ih73, p. iy(>-200. Dennis, ], p. 3i;2-3iM.

Page 1